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Je vais céder à la mode des bilans de fin d’année pour palier le manque relatif de chroniques culturelles durant le deuxième semestre. Concentrons-nous donc sur les séries télé de cette année (même si techniquement, on est en milieu de la saison US et des séries ont encore 4 ou 5 mois pour rattraper le niveau ou alors carrément s’enfoncer dans la médiocrité). C’est sélectif car on ne peut être exhaustif dans ce genre de cas : l’article se concentrera donc plus particulièrement sur mes nouveautés et mes séries qui ont atteint un tournant historique, dont les conclusions.

The Michael J. Fox Show : Affiche

Cette année aura marqué le retour d’anciennes gloires ou de star au potentiel sympathie indéniable. Michael J. Fox est revenu au petit écran pour essayer de renouer avec le succès (époque Spin City) avec une création fortement inspirée de sa vie: The Michael J. Fox Show. Il y est largement question de la maladie de Parkinson, d’une famille nombreuse et unie et du retour professionnel d’une star. Honnêtement, on a là affaire à une petite sit-com sympathique, pas extraordinaire mais toujours agréable à regarder.

Affiche

L’autre retour marquant aura été celui de Robin Williams et Sarah Michelle Gellar dans la sitcom The Crazy Ones, dont l’intérêt vaut surtout pour les pitreries de Williams et la présence rafraîchisante de Gellar après cette série catastrophique où elle tenait le double rôle titre, Ringer. De même que pour la précédente, le rythme de croisière est assuré par des lead-in puissants (le désormais indétronable The Big Bang Theory, et dans une très moindre mesure Two and a half men) mais n’assure en rien une deuxième saison.

A côté de ses 2 rouleaux compresseurs, Chuck Lorre a aussi présenté cette année Mom, avec Anna Farris. Sitcom qui m’a laissé de marbre et dont je n’ai pas réussi à aller plus loin que le premier épisode, et qui aura sûrement du mal à passer la première saison.

L’ultime tour de piste de How I met your mother est une torture sans nom: à trop tirer sur la corde du concept (on en avait déjà atteint les limites à la saison 6 ou 7), il est devenu pathétique et insupportable de suivre les aventures de Ted et ses amis qui ont perdu toutes leurs saveurs. Il est largement temps que cela s’arrête. Quant au spin-off How I met your father, inutile de dire qu’il faudra l’accueillir avec la prudence nécessaire et qu’on n’est pas à l’abri du néant créatif…

2013 est aussi l’année du départ définitif de la très géniale IT Crowd avec unique épisode pour la dernière saison. Episode pour le moins anecdotique et qui n’atteint même pas la cheville des trois premières saisons.

Autre déception, la quatrième saison de Community. Je n’en attendais rien après que le show-runner Dan Harmon fut viré comme un malpropre de la production, j’avais raison : c’était sans intérêt. Heureusement, son retour pour la cinquième saison augure du meilleur et j’espère que la série retournera à ses racines déjantées.

Toujours au rayon déception, Doctor Who. Je n’ai jamais caché mon amour pour la série et ma déception au changement Tennant-Smith. En fait, pour être exact, la déception ne vient pas tant de Matt Smith qui campe un Doctor fort appréciable mais plutôt du show-runner Steven Moffat et de la façon trop distanciée dont il a choisi d’aborder la série. Il clame que c’est par le spectre de ses compagnons qu’il écrit la série ; certes, mais on s’en retrouve presque à manquer d’empathie pour le personnage principal et le choix de multiplier les siècles qui s’écoulent pour le Time Lord n’aide en rien. L’ajout de Clara est certes appréciable mais elle manque d’une caractérisation claire pour – encore une fois – s’y attacher (et pourtant, j’ai très envie de m’attacher à Jenna Louise Coleman !). Qui plus est, le choix des intrigues est parfois trop haut perché pour qu’on puisse réellement s’y investir (j’en veux pour preuve les deux derniers épisodes en date avec l’anniversaire des 50 ans et un ennemi pour le moins obscur et le spécial Noël et la multiplication inutile des ennemis). Bref, je me suis particulièrement ennuyé et j’ai hâte que Moffat lâche les reines (autant que j’ai hâte de voir Peter Capaldi en action). Je ne retiendrai que l’épisode anniversaire et les adieux poignants du 11ième Doctor pour cette année 2013.

Almost Human : Affiche

Restons dans la Science-Fiction avec un cop-show différent des sempiternels NCIS ou CSI : Almost Human. Les audiences ne sont pas fameuses (je me demande si ce n’est pas conditionné par l’effet J.J Abrams à la production et le public qui commence à s’en méfier…), mais pour une fois que l’on nous propose une série 100% SF non space-opera, on ne va pas faire la fine bouche ! D’autant plus que c’est avec Karl Urban (Dredd), Minka Kelly (Saturday Night Lights) et des androïdes ! J’espère une remontée dans les audiences car on a trop peu l’occasion de voir ce genre de shows ; et pour le coup, c’est nettement moins cheap que des Terra Nova côté FX et réalisation…

Dans le même thème, on remerciera Arte pour avoir diffusé Real Humans en début d’année…

Breaking Bad s’est terminé mais je n’ai pas encore eu l’occasion de voir la dernière saison (ce qui ne saurait tarder). Le spin-off en préparation, Better Caul Saul, me fait exactement le même effet que How I met your father

Arrow n’en fini pas de me surprendre. La qualité générale et les choix artistiques sont parfois discutables, mais j’accroche toujours. Si DC ne brille pas réellement par sa présence dans les salles obscures (même avec Man of Steel), force est de constater que la télévision lui réussit. On attend à présent la série dérivée sur Flash et la série Gotham pré-chevalier noir centré sur Gordon. On attend surtout que Cartoon Network nous remette des séries animées de qualité après la disparation tragique de Young Justice

Under The Dome : Affiche

La vraie purge de cette année 2013 toutes catégories confondus est l’ultra-buzzifiante Under The Dome. Malgré un concept assez intéressant (une petite bourgade isolée du reste du monde par un dôme mystérieux) et un livre de Stephen King pour support original, Brian K. Vaughan réussit le tour de force de proposer des personnages fades au possible (quand ils ne sont pas carrément clichés) et des situations particulièrement débiles. Ajoutons une réalisation des plus approximatives et nous avons LA série inbuvable par excellence, accumulant des audiences démentielles peu justifiées au regard du matériau et une inexplicable saison 2 pour une série au concept somme toute limité. (Pour moi, c’était à ranger avec Harper’s Island sur le concept, une mini-série en 12 épisode pour l’été, point barre !)

Si 2013 fut riche en séries loin de me retourner les chaussettes par leur créativité ou leur routine plan-plan (hein, Californication), il convient toutefois de présenter mes deux coups de coeur : Drifters et Orphan Black.

Drifters : Affiche

Drifters est une série comique comme seule les anglais savent en faire. On y suit le parcours de 3 filles un peu looseuses sur les bords qui essaient de jongler entre boulot et vie personnelle. C’est créé et porté par Jessica Knappett et cela vaut sérieusement le coup d’oeil pour ceux qui en ont raz la soupe des comédies « à la » Chuck Lorre. Comme toutes les séries anglaises, elle aura son goût de trop peu avec ses 6 épisodes pour la première saison.

Orphan Black : Affiche

Orphan Black est sans conteste LA surprise de cette année. Marginale et orpheline, Sarah est témoin du suicide d’une femme qui pourrait être sa jumelle. Pour des raisons financières, elle décide d’assumer sont identité et met le doigt dans un engrenage conspirationniste insoupçonnée à base de clonage humain. Tatiana Maslany est impressionnante dans les multiples rôles qu’elle assume, l’écriture mèle suspense, thriller et science-fiction dans un cocktail prenant qui vous force à bouffer les épisodes comme des dragibus. S’il n’y a qu’une nouvelle série que vous deviez regarder cette année, c’est incontestablement celle-ci ! Addiction garantie !

Young Justice: Invasion est la deuxième saison du show de la chaîne US Cartoon Network. Pour ceux qui ne s’en souviennent pas, j’avais déjà fait un article dithyrambique sur la première saison, il conviendrait de commencer par là si vous ne connaissez pas du tout la série et/ou l’univers.

En toute logique, la saison 2 se veut la suite de la saison 1. Le premier épisode commence de façon assez classique, avec une mission banale menée par Superboy et Miss Martian. Mais on va très vite réalisé qu’il s’est écoulé 5 ans entre les deux saisons ! 5 ans ! Et en 5 ans, il y a eu des nouvelles recrues, des morts, des changements de leader (Nightwing, ex-Robin remplace Aqualad), des trahisons (justement Aqualad qui est devenu méchant), des ruptures amoureuses (Superboy/Megan, qui est désormais avec Lagoon Boy)…

En d’autres termes : WOW! Dès le premier épisode !

Et puis… les choses se sont vite tassées pendant quelques épisodes. Avant de revenir à du WOW! à tous les épisodes, avec à chaque fois une révélation dans les dernières secondes.

Et puis, plus rien. Le vide de plusieurs semaines.

Quelques épisodes. Puis de nouveau une coupure de plusieurs semaines.

Pour ceux qui n’ont pas leur diplome de DClogie: Superboy et son nouveau « costume », Beast (résultant d’un épisode de la saison 1), Blue Beetle et Wonder Girl.

Comme l’année dernière, la programmation du show (et son suivi) fut un véritable bordel incompréhensible, segmentant encore plus le rythme pas toujours bien géré des épisodes. Parce qu’un épisode de Young Justice se déroule vite, très vite. Pour un type comme moi qui s’est farci littéralement 50 épisodes de combat entre San Goku et Freeza, des fois, Young Justice, on ajuste envie de lui demander de se détendre le slip et de prendre le temps de nous poser les situations, personnages et enjeux à différents termes. Certaines résolutions sont tout de même bien catapultées…

Si l’intrigue de la saison 2 fait suite aux évènements de la saison précédente, notamment vis-à-vis des magouilles de Vandal Savage et de The Light (sous-titrée invasion, vous vous doutez bien qu’on va avoir droit à une invasion de la Terre, et la Justice League est tenue éloignée pour une sombre histoire de tribunal galactique), on ne peut pas s’empêcher de lui trouver une certaine inconsistance. La faute au rythme bizarre, certes, mais surtout à l’overdose de Blue Beetle au mépris des autres personnages qui auraient mérité plus de place tout court, et dans leur intrigue personnelle. L’arrivée des autres nouveaux est anecdotique (le nouveau Robin, Batgirl, Wonder Girl…) et les vieux sont laissés de côté.

Humour décalé…

Nightwing et le poids de ses décisions auraient mérité un développement plus psychologique et Superboy aurait pu prendre des vacances tant il est absent de la saison ! Heureusement, on a du Roy Harper, du Lex Luthor, de la résistance, des twists imprévus… Il n’en reste pas moins vrai que la série à conserver son ton résolument adulte et que, moi comme à la première, j’ai – globalement – très apprécié cette saison autour de l’invasion extra-terrestre.

En comparaison de toutes les séries DC qu’on a pu avoir à la télévision, depuis Smallville aux Teen Titans, Young Justice se situe encore et toujours sur le dessus du panier. Oui, même avec ses épisodes aux animations si foirées qu’on parvient à peine à reconnaître les protagonistes ! L’amateur de l’univers à Terres multiples et ceux qui ont vu la saison précédente y trouveront toujours de quoi se satisfaire en dépit de mes remarques de type exigeant et pinailleur.

Malheureusement, à cause de cette diffusion anarchiste (qui se répercute fondamentalement sur les taux d’audience), à cause du ton trop (qui se répercute fondamentalement sur les taux d’audience), à cause de la trop grande césure avec la saison précédente (qui se répercute fondamentalement sur les taux d’audience), à cause du parti-pris scénaristique faisant la part belle aux Beetles au détriment de l’équipe (qui se répercute fondamentalement sur les taux d’audience)… à cause de tout un tas de facteurs économiques (pas assez de vente de jouets…), le sort de la série pour une saison 3 est encore incertain à l’heure où j’écris ces lignes. L’annulation n’a pas officiellement été présentée comme ça a été le cas pour Green Lantern, diffusé dans le même créneau horaire.

Faudra apprécier Flash aussi, un des épisodes les plus intéressants

Au regard dernier épisode et des pistes ouvertes, j’espère sincèrement que nous aurons une bonne surprise dans les grilles de l’année prochaine suite à la mobilisation des fans (non, parce qu’une nouvelle série Batman et Teen Titans GO, ça me fait pas rêver…)

Malgré quelques défauts dans la gestion de son histoire globale qui la rendent moins passionnante que la saison 1, Young Justice: Invasion mérite que les fanboys (et fangirls) de DC prennent le temps de regarder ce petit bijou ! Les autres, je ne peux que vous poussez vers la saison 1 !

Pas de trailer, la plupart spoilent de trop ! Fouillez la toile à vos risques et périls ! Notons aussi que ceux qui voudront faire le lien entre les deux saisons devront se pencher sur le jeu vidéo Young Justice: Legacy (ils seront d’ailleurs invités à laisser un commentaire, puisque je n’ai nullement l’intention de m’y attarder!)

Young Justice est une série d’animation créée par  Greg Weisman et Brandon Vietti tout en s’inspirant du comic-book éponyme de Todd DeZago et Todd Nauck créée en 1998 (qui lui-même s’inspire des Teen Titans des années 60… Oui, c’est DC Comics, c’est un peu le bordel, mais c’est que le début !)

La Young Justice est une équipe de sidekicks de super-héros de la Justice League, créée sous l’impulsion de Robin, Aqualad, Kid Flash et Speedy après avoir découvert que le laboratoire Cadmus faisait des choses pas très claires. Notamment des clones de Superman… Dans sa grande mansuétude, la Justice League reconnaît que la Young Justice est un bienfait et consent à leur laisser une certaine liberté (ils seront tout de même surveiller par Batman et Red Tornado) pour enquêter sur Cadmus. Bien évidemment, Cadmus, c’est juste l’iceberg qui cache la forêt et les adolescents vont avoir fort à faire tout au long de cette première saison.

Young Justice fut l’excellente révélation de la télévision cette année. En dépit d’une programmation des plus chaotiques à suivre. Les résultats d’audience sont bons (saison 2 programmée), les histoires et personnages sont bien écrits (j’ai eu des surprises) et la qualité de l’animation reste très élevée pour de la télévision. Bref, c’est que du bonheur.

Voilà, les néophytes peuvent s’arrêter là et aller acheter le DVD (en Zone 1 pour le moment) et profiter en tout innocence de la qualité de la série. Les autres peuvent s’accrocher à leur slip parce qu’on va rentrer dans le détail.

Donc à l’origine, il y avait un comic-book qui partait un peu sur les mêmes bases : Superboy, Robin et Impulse décident de se créer un petit truc dans le coin, en marge de Superman, Batman et Flash. A la fin de la série, l’équipe avait bien grossie et elle s’éclata pour créer des New Teen Titans, dans une série qui s’inspirait de la vieille mais en reboot. DC, quoi…

Mais attention, la série télé Young Justice n’a rien à voir !

  • Superboy garde ses origines de clone (on appréciera grandement le fait que Superman ne sache absolument pas comment réagir avec lui et se comporte comme un asocial de base) mais sa personnalité sera modifié pour en faire quelqu’un d’extrêmement impulsif et colérique.
  • Robin n’est plus Tim Drake mais bien l’originel Dick Grayson, il a 13 ans et reste le plus expérimenté du groupe. Sa personnalité sera également un peu modifiée pour coller à son génie naturel (jeux de mots bizarres, frustration de ne pas être le leader, etc.).
  • Impulse (Bart Allen) est remplacé par Wally West qui est plus ou moins la même chose en terme de pouvoir, mais pas pareil.
  • L’équipe créative va rajouter un Aqualad (sidekick d’Aquaman) avec une ré-écriture complète de ce qu’il est, pour coller à son nouveau rôle de leader d’équipe. Attention, Aqualad n’est pas Garth pour les amateurs d’Aquaman (si si, je pense que ça existe), mais apparaît tout de même dans la série.
  • Speedy était également à l’initiative de la Young Justice, mais pour les besoins du scénario, il va se casser en freelance pour devenir Red Arrow (en opposition à Green Arrow, son maître… ah bah oui, dans Young Justice, il n’y a que des ados en crise d’une façon ou d’une autre !)

Voilà pour la base. On va rajouter une Megan (la nièce de Martian Manhunter), une Artémis (la nouvelle sidekick de Green Arrow), une Zatanna (la sidekick de son père) et une Rocket (la sidekick Icon) et on aura notre Young Justice de la saison 1. En gros, on pourrait croire que la Young Justice, c’est une espèce de camp de réinsertion pour adolescents abandonnés par leur mentor une fois qu’ils intègrent la Justice League… l’arrivée subite de Rocket prouve bien que c’est le cas !

Mais attends ! me direz-vous. Comment ça se fait que Zatanna elle soit dans l’équipe ? Elle pas « young » du tout !

Et je répondrais que c’est une excellente remarque. Je me fais fort de vous expliquer le pourquoi du comment. Vous savez tous plus ou moins si vous avez l’habitude de lire mes chroniques Superman que l’univers DC, c’est un vaste bordel de reboots dans tous les sens à coups de crises parce que l’entropie générale a atteint son point de rupture. L’origine des crises, c’est entre autres parce qu’un scénariste a dit un jour : « En fait, il y a une infinité d’univers, donc une infinité de Terre, donc une infinité de variations d’histoires des super-héros, donc c’est pour ça que si ça déconne dans notre continuité, c’est normal, par d’inquiétude ». Bon, après un scénariste inquiet a dit : « Je vais ranger et rationaliser ce bordel » et le bordel se prend une intégrale de – l’infini à + l’infini dans la gueule.

Donc, si Zatanna a 13 ans, Dick Grayson remplace Tim Drake, Aqualad évince Robin du leadership et compagnie, c’est parce qu’en fait, les créatifs de DC ont choisi la Terre numéro 16 pour placer leurs personnages. Du coup, tout est familier, mais ça n’a rien à voir, et c’est normal !

Aaaaaaaaaaaaaaaaaah ! font les lecteurs extatiques.

C’est donc pour ça que peu importe la continuité des comic-books ou des autres séries animées, peu importe le caractère originel des différents protagonistes, c’est la Terre 16 !

Oui, mais attends, comment ça se place dans la continuité post-Flashpoint ? demandera le plus taquin d’entre vous.

Et bien, je lui répondrais que, comme Dumbo, on s’en bat l’oreille !

En plus, dans la Terre 16, les super-héros sont un phénomène plutôt récent pour le grand public (ce qui explique l’hyper-médiatisation de leurs actions). En soi, cette facilité de traitement permet une plus grande liberté artistique et scénaristique pour tout le monde. De toute façon, le spectateur lambda s’en contre-fiche de savoir de comment tel personnage est différent de son comportement normal, tant que la qualité est au rendez-vous.

Et la qualité est là, disais-je plus haut. Les personnages sont très bien caractérisés, que ce soit pour les ados ou les adultes. Les relations entre les uns et les autres, sans être conflictuelles, font souvent des étincelles. En tant qu’amateur de teen-movies, j’ai apprécié le côté drama-soap des sous-intrigues en marge de tapage de vilains. Comme ce sont des ados, les histoires de cœur sont bien évidemment au centre des préoccupations hormonales. L’arrivée des nouveaux membres d’équipe dans la saison 2 promet.

L’arc général de la première saison déborde bien évidemment du cadre de Cadmus et va proposer une intrigue dont rien de moins que le sort de la terre sera en jeu. On va de surprises en révélations autour des personnages (et oui, comme c’est la Terre 16, les néophytes sont surpris tout court, les amateurs sont surpris de constater les variations) et de l’intrigue générale. J’en dis pas plus, je vous laisserai apprécier en temps et en heure et ne rien vous déflorer.

Toujours est-il que Young Justice, c’est de la bonne came et que ce serait dommage de passer à côté ! Pour toi le fan hardcore qui est arrivé jusqu’à cette conclusion en balançant un « Haha ! Evidemment ! La Terre 16 ! » au passage. Et pour toi aussi, le néophyte qui s’est cramponné à son slip pour tout savoir des tenants et aboutissant cette série.

La nouvelle série des Thundercats est développé par Sam Register (Ben 10), pour le compte de la Warner Bros Animation. C’est diffusé sur Cartoon Network et les petites papattes qui dessinent tout ça sont japonaises via le Studio 4°C (Steamboy).

Les Thunderians vivaient en paix dans leur belle cité. Un soir, suite à la félonie d’un de ses plus loyaux sujets, Thundera est attaquée et rasée par l’armée des Lizards, les vils servants du maléfique Mum-Rah, qui comme tout méchant qui se respecte veut conquérir le monde après des siècles d’emprisonnement. Le valeureux roi est tué, son plus jeune fils est propulsé nouveau seigneur des Thundercats. Mais pour défaire Mum-Rah, le jeune Lion-O doit aller trouver le « Book of Omens ». Il sera aidé par son frère aîné jaloux, la belle Cheetara, le redoutable Panthro, un couple de gamins et un tas d’alliés à raison d’environ un par épisode…

Cette nouvelle série est fait un reboot de celle des années 80 (plus connue sous nos latitudes sous le sobriquet des Cosmocats – sobriquet pas si ridicule puisque cette série justifiait dans son scénario que les chats soit d’abord dans le cosmos… je me demande comme va s’appeler cette nouvelle série quand elle viendra en France tandis que la dimension science-fiction se limite à quelques blasters).

Evacuons tout de suite la technique, le savoir-faire des japonais reste comme toujours au top avec une bonne utilisation de la 2D et de la 3D. C’est fluide, ça bouge bien. Rien à redire.

Mes souvenirs de la première série sont vagues. C’est donc avec une fraîcheur toute naïve que je me suis attaqué à la version 2011. La bonne nouvelle, c’est que niveau reboot, on ne peut pas faire plus débile que Conan niveau scénario. Donc, même si les scénaristes ont sacrifié le côté « ado prisonnier d’un corps d’adulte », les choix opérés pour remettre au goût du jour les personnages fonctionnent, en dépit de leurs clichés :

  • Lion-O est juste insupportable comme tout héros jeunesse qui se respecte
  • Tygra est le ténébreux réfléchi
  • Panthro est le bourrin bourru
  • Cheetara est une excuse de plus pour attiser la jalousie entre les frère
  • WilyKat et WilyKit servent de faire valoir humoristique
  • Mum-Rah est un gros vilain qui préfère se tourner les pouces plutôt que de mettre la main à la pâte

Si les choses sont aussi bien codifiées, c’est que le public cible reste les 6-12 ans (ce qui n’empêche pas les éternels enfants comme moi d’apprécier la série, au contraire). De fait, les épisodes sont eux aussi calibrés suivant un bon gros schéma répété qui vise à mettre Lion-O dans une difficulté qui le fera mûrir et devenir un bon roi à l’avenir. Ce qui ne va pas sans un caractère tout feu tout flamme irréfléchi et crétin de notre héros (d’où son caractère tête à claques !). Et ce qui ne va pas sans un dimension moralisatrice de l’épisode… Au moins, on échappe aux fins à la MASK…

Ces successions d’épreuves ont tendance à ralentir le rythme général de la série, limitant au minimum les vraies avancées du scénario. Et comme les méchants ne sont pas hyper agressifs, nos amis chats ont le temps d’apprendre de leurs échecs sans trop sentir leurs moustaches roussir. La bonne nouvelle, c’est que certaines relations entre personnages sont un peu plus fouillées que la moyenne pour un show pour enfants, avec son lot de rivalités fraternelles et amicales – ce qui n’atteint pas la teneur de mon coup de cœur dessin animé 2011 dont je vous parlerai bientôt. La saison 2 devrait démarrer sur un peu plus de tension ! (Si tant est qu’on ne considère pas une ville et un peuple rasés comme de la tension de début de saion…).

J’aurais vraiment aimé que la série assume plus son côté science-fiction, tout aussi perdue et ancienne qu’elle soit dans cet univers. J’aurais également apprécié que le côté « derniers représentants des Thunderians » soit plus présent, quitte à lorgner vers Escaflowne, de sorte que Lion-O se pose réellement en meneur et chef de guerre. Enfin, je suppose qu’on ne peut pas tout avoir dans une première saison de 13 épisodes d’une durée standard de 20 minutes.

Mais globalement, la série de suffisamment bonne qualité pour m’avoir fait accroché. Hormis quelques épisodes trop balisés pour être réellement intéressants, le pilote d’une heure et quelques autres épisodes (je pense notamment à celui qui explique la genèse des races) sont plutôt bien fichus et méritent le coup d’œil des curieux et des nostalgiques.

Sinon, histoire de placer un rétrolien l’air de rien, Cheetara est doublée par Emmanuelle Chriqui, que j’avais sûrement dû mentionner dans l’article sur Detroit Rock City.