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Une fois n’est pas coutume, nous allons parler de jeux vidéo, de contenu dématérialisé et du fait que, comme d’habitude, je suis un vieux con.

Qu’est-ce qu’un contenu dématérialisé ? C’est un produit que l’on télécharge légalement et en payant soit pour avoir des bouts de jeu en plus, voire un jeu complet. Avant, c’était réservé à une poignée de studios sans grande finance produisant des jeux pour esthètes très loin du marché « grand public » (genre un obscur jeu de stratégie pendant 1 année particulière de la guerre de sécession dans un état X ou Y). Avec l’avènement de la 360 et de la PS3, c’est un peu la foire (bien que ça avait commencé avec Steam sur PC, encore que, même là, ça n’enlevait pas les boîtes de nos rayons). Et je ne parle pas de cette aberration qu’est l’achat de jeu vintage sur Wii (un jeu Super NES, ça se joue sur Super NES !), je parle de vrais jeux parfois développés par des grands studios.

Avec le contenu dématérialisé, le X-Box Live et le PSN, on voit apparaître une foule de jeux parfois de qualité qui ne passent plus par le circuit de distribution classique, avec une boite et un CD. C’est la mort de l’Objet. Si vous allez jeter un oeil à mon profil, vous constaterez à quel point je suis attaché à l’objet. Pour moi, un jeu, c’est : une boite + une notice + un support physique pour les données. Le tout en bon état, bien évidement. Même un jeu PC avec une notice en pdf, c’est une hérésie, gamme budget ou non.

Fort heureusement, je n’ai pas de 360 ou de PS3, la question du dématérialisé ne se pose pas et, la plupart du temps, le contenu supplémentaire téléchargeable sur consoles finit dans une boite en rayonnage pour le pc ou bien il se télécharge gratuitement et légalement.

Pas de raison de faire tout un pataquès alors, allez-vous me dire. Oui, mais non. Vous ne le savez pas encore, mais la révolution est déjà en marche et ça va finir par arriver dans vos foyers.

La PSP GO, pour l’instant repoussée va être la première console à ne pas avoir de support physique pour les données. Il faudra télécharger les jeux. Bien évidemment, la France va être l’un des derniers pays à accepter cette nouvelle hérésie : nous sommes un pays dont le marché du jeux vidéo repose sur les magasins et l’occasion. PSP GO, chronique d’un flop annoncé ? A voir, de mon point de vue, Sony est un peu trop en avance par rapport à la génération de joueurs actuels. En avance de trois à cinq ans.

Mais il y a pire : le Cloud Gaming. Je synthétise : plus de console, plus de jeu, plus rien ; juste une manette branchée sur un boitier qui vous permettra d’aller jouer à n’importe quoi toute console confondu contre une somme d’argent. C’est du jeu à la demande et c’est pour bientôt. Peut-être pas pour demain, mais la première technologie en date (OnLive) a tellement impressionné son monde lors de la dernière Game Developpers Convention que tous les grands type EA optionnent déjà des bouts de serveurs pour y placer leurs jeux.

Sur le papier, l’amateur de science-fiction et de cyberpunk regarde ça avec un oeil assez émerveillé, c’est vraiment le début d’un cybered everywhere, every time. Pour mon petit coeur de collectionneur, le Cloud Gaming me fait un peu mal au ventricule ! Plus de boîtes, plus de consoles… On aura toujours des jeux de qualité, ça ne change rien au métier, ça coûtera probablement moins cher qu’aujourd’hui et l’expérience de jeu devrait rester identique, et pourtant, je ne peux m’empêcher de me placer en vieux con rabougri sur le principe.

Entre ça, la profusion de jeux mi-moyens sur les live stores, la casualisation à outrance, la prolifération d’univers virtuels estampillés jeux avec un gros LOL derrière, je me dis que le monde est vraiment en train de changer pour le jeu vidéo. Bien sûr, il reste des Bioware avec des Mass Effect, il reste encore beaucoup de sociétés qui ont envie de créer des jeux pour des gamers comme moi…

Mais pas en France…

Ai-je envie de rester dans une industrie qui n’a plus envie de moi ?

(Ca n’a rien à voir, mais saviez-vous que Nintendo n’a arrêté le support de la Super NES qu’en 2007, soit prêt de 15 ans (!) après le lancement de la console, après avoir écoulé le stock de pièces de rechange ? Rapport à mon amour du retro gaming, j’ai juste envie de dire : c’est vraiment dans les vieux pots…)

Ce matin, l’œil hagard devant une télévision qui débitait son flot habituel d’inepties, entre deux tartines, un journaliste a eu l’excellente idée de me faire part des résultats d’un sondage qu’il devait penser être intéressant. Le sondage a été réalisée en Grande Bretagne, en Angleterre surement. La question était :

Si l’on vous annonçait que l’humanité n’avait plus qu’une heure à vivre, que ferez-vous ?

Le genre de question tout à fait rhétorique. Exposons d’abord les réponses (de manière très approximatives, je ne sais plus les chiffres exactes et je ne vais pas m’abaisser à les retrouver). 54% disent qu’ils chercheraient à (re-)joindre leur proches. 23% demanderaient à savourer une coupe de champagne. 9% se lacheraient côté sexe. 3% prieraient pour sauver leur âmes où le monde. 2% pilleraient tout ce qu’ils pourraient. Et 2% boufferaient des aliments gras.

Premièrement on est en droit de se demander à qui à été posé la question. La jet-set, totalement blasée du sexe mais qui refuserait de partir sans le goût du champagne dans la bouche ? Des mannequins, à peu près pour les mêmes raisons, l’aliment gras en plus ? Et personne n’a répondu qu’il chercherait à sauver sa peau en s’enterrant, ou en cherchant à abri, ou un truc du genre !

Deuxièmement, c’est bien beau d’effrayer les gens à coup de « on n’a plus qu’une heure à vivre » mais la vraie vie n’est pas le scénario d’un film catastrophe à base de « un astéroïde va collision la Terre, et c’est ballot parce qu’on est des scientifiques bardés de diplômes et d’instruments perfectionnés mais c’est que maintenant qu’on la voit à l’oeil nu dans le ciel qu’on se rend compte qu’on va tous mourir. Où est Bruce Willis ? ». L’hypothèse de l’astéroïde, c’est mort. La guerre mondiale apocalyptique aussi, on a bien précisé que tout le monde y passerait. Le changement climatique, vu comment on nous bassine à juste titre avec, on l’aurait vu venir aussi ! Non, sérieusement, le truc le plus probable pour expliquer qu’on a plus qu’une heure à vivre, c’est une attaque extra-terrestre subite (et les petits hommes verts prendraient tout de même le temps de nous envoyer un message avant « on va raser votre planète pour faire une déviation galactique, on vous laisse une heure pour vous barrez de la planète… »).

Bon, ça y est, j’ai trouvé la raison de l’heure restante. Et maintenant, je fais quoi ? Eh bien, qu’est-ce que je fais de mon heure restante ?

Et c’est là où ce crétin de journaliste a ruiné ma journée, car j’ai pas arrêté d’y penser. Car en fonction de l’heure et du jour où je suis prévenu que je vais mourir.

Si c’est en semaine et en journée, je suis au boulot. Je suis loin de mes proches et je n’ai qu’un téléphone portable. Je verrais le bureau se vider petit à petit mais très vite. J’imaginerais les métros pris d’assaut, les gens piller les grands magasins des Champs Elysées (autant dire qu’il ne vaut pas mieux mettre le nez dehors, par risque de mourir plus tôt à cause d’un effet de masse et de panique géant). Je passerais probablement pas mal de temps au téléphone avec mes parents. Je suppose que j’essairais aussi de joindre mes meilleurs potes, qui étant en couple seraient surement partagés entre les 54% et les 9%, donc virtuellement injoignables (non parce qu’il ne faut pas se leurrer, les gens qui feraient l’amour ne répondraient pas au téléphone et vu la masse d’appels que seraient passés en une heure, le réseau finirait down et il faudrait avoir une veine de pendu pour ne pas tomber sur des sonneries perpétuellement occupées). Donc techniquement, en une heure, j’aurais très peu de chance de joindre les gens que j’aime pour leur dire ou leur redire. Et je n’aurais, de fait, pas l’occasion de (re-)joindre une élue de mon cœur pour finir ma vie sur un grand moment de pathos. Et puis, connaissant ma chance naturelle, les aliens choisiraient de détruire le monde le jour où je n’aurais plus de batterie de portable, ou bien le jour où je l’aurais oublié à Compiègne.

Si c’est quand je suis à Compiègne… le constat est globalement le même. Il ne se passerait pas grand chose de plus. Ce serait peut-être plus tranquille dans les rues, par rapport à la capitale. Et puis, j’aurais la télé pour suivre les évènements en direct. En tout cas, j’aurais mon portable ou un fixe sous la main. Ce qui veut dire que je serais potentiellement deux fois plus joignable (sans parler des mails ou de msn). Et le drame, ce serait qu’aucun ne sonne… (bon, imaginons que je sois sur le fixe avec mes parents, il resterait juste le portable qui ne sonnerait pas)… …

Je voulais donc remercier ce journaliste. Grâce à lui, j’ai passé une fin du monde très déprimante.