Articles Tagués ‘Boxe’

Kimi No Na Wa

Un film grandiose. C’est tout. Les amateurs de Makoto Shinkai seront ravis et peu surpris, tant pas la qualité que par les twists narratifs. Les autres se prendront juste une claque visuelle et narrative dans la tronche. Your Name. est désormais le plus gros succès mondial pour un film d’animation, détrônant Le Voyage de Chihiro, et c’est amplement mérité. S’il n’y a qu’un film que vous DEVEZ voir, c’est Kimi No Na Wa ! (en japonais, de préférence). Énorme coup de cœur !

8/5

Live By Night

Descendu par la critique et flop au box office, la dernière réalisation de Ben Affleck avait la lourde tâche de passer après des pépites comme The Town ou Argo. Force est de constater Live by Night n’a rien du génie de ses prédécesseurs mais cela ne mérite pas d’en faire une montagne. C’est sympatique et on passe un bon moment. Le scénario souffre de certaines lourdeurs (voix off, épilogue à n’en plus finir, retournements attendus une heure avant) mais pas plus que d’autres productions hollywoodiennes plus mises en avant. Le film est surtout assez symptomatique de ce qui se passe à Hollywood : personne en a rien à branler de ce « petit » film de gangster de Ben Affleck, tout le monde le veut en Batman ; félicitations, vous tuez la diversité et vous fatiguez l’acteur-scénariste-réalisateur-producteur qui, se murmure-t-on, voudrait quitter son rôle de chevalier noir au plus vite…

3.5/5

Justice League Dark

Preuve s’il en est que DC, c’est en anime et nulle part ailleurs. Justice League Dark est une production « grand luxe » qui en met vraiment plein la tronche dans les combats. On regrettera l’ajout un peu artificielle de la vraie Justice League pour aider les gens à raccrocher aux personnages moins connus. Personnellement, j’adore l’univers Magie de DC (Constantine, Zatanna, Swamp Thing…) et je suis vraiment ravi du traitement que ce film a reçu. Après une trilogie centrée sur Batman qui m’a gonflé à titre personnel, j’ai vraiment apprécié ce nouvel anime. On espère maintenant qu’il y en aura plus, voire même que la branche live des films donne enfin carte blanche à Guillermo Del Toro pour faire son Justice League Dark.

4.5/5

The Lucky One

Une rom-com bien calibrée pour les midinettes, avec du Zac Effron en mode bogoss et un trame qui se contente de mixer les poncifs, comme à peu près tous les Spark. J’ai bien aimé la fin qui dédouane complètement le héros de se taper la meuf avec un bon deus ex machina des familles…

2.5/5

Jack Reacher – Never Go Back

C’était d’un ennui ! Mais d’un ennui ! Et pourtant, j’avais apprécié le premier opus. C’est mou, catapulté et probablement pas le bon moment pour introduire sa fille (où comment les films sérialisés ne prennent plus le temps de penser ni en film, ni en série). Mention spéciale pour Tom « bouffi » Cruise que j’ai rarement vu aussi peu investi.

1.5/5

The Good Place – Saison 1

On va pas y aller par quatre chemins, la nouvelle série du papa de Parks & Recreations et Brooklyn Nine Nine est « FORKING AMAZING ». C’est drôle, intelligent, bien interprété, bien écrit, souvent avec un degré de lecture plus profond que la moyenne. Tout, absolument tout est génial ! C’est à voir d’urgence et un énorme coup de cœur !

5/5

Bleed For This

D’habitude, je suis assez bon public sur les films biographiques sportifs. Celui-ci est malheureusement assez mal écrit, manque réellement de rythme et de punch pour un film sur la boxe. On est à des années lumière d’un Rocky, Creed ou Southpaw. En plus, Miles Teller n’est pas spécialement un acteur que j’apprécie à titre personnel. Bref, j’ai pas aimé du tout. Allez plutôt voir les autres films mentionnés.

1.5/5

Hacksaw Ridge

D’habitude, j’aime pas les films de guerre, par extension du fait que j’aime pas particulièrement la guerre de façon générale. Mais là, le postulat de base historique réel m’a intéressé : un objecteur de conscience qui part à la guerre avec ses convictions, dont celle d’aller au front en tant qu’infirmier sans une seule arme. Et franchement, j’ai passé un agréable moment. Le film rappelle au passage que Mel Gibson n’est pas un manche derrière la caméra (les scènes au front sont réellement impressionnantes). Le seul gros point noir pour moi – historiquement justifié, mais sans doute trop appuyé – est l’inlassable rappelle de la religion catholique derrière le moindre fait et geste du protagoniste. Je le comprends, mais la façon peu finaude dont c’est mis en avant pourrait presque faire passer le film pour de la propagande chrétienne…

4/5

The Beat Beneath My Feet

Encore un film avec un jeune nerd qui trouve sa voix grâce à la musique (pun intended). On est loin du brio de Sing Street, très loin. Mais cela n’empêche pas le film d’avoir ses qualités et de faire un boulot propre sur les personnages. Mention spéciale à Luke Perry, dans un de ses meilleurs rôles (en même temps, c’est pas très compliqué). Après, on regretta le côté facile de certains passages qui ne sont au final que des clips musicaux insérés au milieu du film.

3/5

East Side Sushi

Encore un film dont j’en attendais rien et qui fut une agréable surprise. Une mère célibataire latino qui entre dans un restaurant japonais en aide de cuisine et décide de devenir maître sushi, dont qui va au devant des emmerdes en étant 1. une femme, 2. latino. Et le film évite de tomber dans le cliché ou le pathos, en montrant d’abord une femme volontaire, décidée et qui montre qu’elle n’est pas moins capable qu’un homme, au contraire. Quand on ne peut plus ouvrir Twitter sans être envahi de propos sur le féministe ou la place des femmes dans la société, East Side Sushi tient un propos cohérent et juste, sans le revendiquer.

4/5

Jiro’s Dreams of Sushi

Bon, c’est bien beau de voir un film où un cuisinier devient maître sushi en un an, mais qu’en est-il dans la vraie vie ? Ce documentaire vous plonge dans le quotidien du seul maitre sushi triplement étoilé au Michelin et montre une facette du Japon méconnu. C’est une excellente plongée dans l’état d’esprit japonais sur le travail et le devoir (à l’époque, Jiro Ono avait 85 ans et était toujours derrière son comptoir… il en a 91 aujourd’hui, il est probablement toujours derrière son comptoir à faire des sushis à 13 euros pièce…), sur le monde du sushi, la tradition et la cuisine. Au passage, il faut 10 ans pour devenir maitre sushi… Seul bémol, le manque d’historique sur les débuts de sa carrière et de son restaurant.

4/5

Passengers

On va pas se mentir, je me suis ennuyé. Il ressort de ce film une grande sensation de vide. Ca manque d’une touche d’originalité et n’est porté que par les noms sur l’affiche. Remplacez Chris Pratt par n’importe quel autre acteur limite un peu seconde zone, Jennifer Lawrence par une bimbo x ou y et vous avez un film de série B à moyen budget que personne n’aurait été voir en salle. Une grosse, grosse déception.

1.5/5

Fantastic Beasts and where to find them

Sans être un Potter-fan, j’avoue apprécié la saga de JK Rowling. Les adaptations ciné ne sont pas transcendantes comparées aux livres mais divertissent agréablement. C’est pareil pour ce spin-off que je découvrais avec l’oeil neuf du type qui n’a pas lu le livre. Donc, j’ai pu avoir quelques surprises auquel je ne m’attendais pas, tout comme j’ai pu voir les grosses ficelles de narration. J’ai aussi eu du mal avec certains personnages trop lisses (c’est dommage, c’était les roles-titres). Après, c’était cool de revenir dans l’univers d’Harry Potter, donc bon on passera sur les facilités…

3/5

Collateral Beauty

Le film de Noël de l’année dernière. Le mélo pour faire pleurer dans les chaumières. Sauf que les ficelles font 2 kilomètres de long. Will Smith continue son trip égo-paternaliste au point de tourner sa carrière en cliché. Encore une fois, il s’accapare le film (avec le tour de force d’avoir un minimum de lignes à dire) au détriment des autres acteurs qui n’ont pas des rôles moins intéressants. Dommage, dommage…

1.5/5

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D’habitude, je fais plutôt un article par film marquant. Soit parce qu’il est très bon, soit parce qu’il est très mauvais. Comme je vois beaucoup de choses et que je n’ai pas forcément le temps de faire de chroniques pour tout, je vais faire des mini-appréciations cette fois. Au pire, il y aura un film que vous ne connaîtrez pas dans le tas et qui attisera votre curiosité. Je ne sais pas ce que je ferai le mois prochain, à vous de me dire si vous souhaitez avoir l’avis succinct sur plein de films ou l’avis détaillé sur un seul film.

Pitch Perfect

Je n’aime pas les comédies musicales (exception faite de Grease) mais j’apprécie les films à base musicale (genre les biopics façon Runaways ou les trucs un peu débiles comme Rock Academy). Mais Pitch Perfect, j’étais clairement pas dans la cible (c’est un peu beaucoup markété « pour les filles »). Du coup, c’est un peu par hasard que je suis tombé dessus et que j’ai maté. C’était nettement moins pire ce que je pensais, c’était même assez rigolo en définitif avec deux-trois passages un peu trashouille et une construction de film ultra-classique qui n’est pas sans rappeler les films de sport où une équipe de minables finit première d’un tournoi. Ca fait le boulot sans sortir des clous, on en demande pas plus.

4/5

Pitch Perfect 2

Du coup, la suite. Globalement du même accabit.

3/5

When Marnie Was Here

J’apprécie toujours un Ghibli quand il me tombe sous la main. Je ne vais pas spécialement les chercher ceci dit. Au delà d’une maîtrise technique toujours au top, le film souffre de certaines longueurs et de rebondissements étranges façon TGCM. Pas mon préféré, mais au moins, je l’ai rayé de ma liste.

2.5/5

The Hunger Games 3, partie 2

Conclusion d’une série trop longue avec un film trop long tirant sur une corde déjà bien usée. Ce fut un calvaire sans fin, plus encore si on se rappelle de la partie 1 (pour ceux qui le peuvent, perso, j’avais déjà occulté ces deux heures et quelques de ma vie). La plupart souffriront ce dernier épisode pour boucler la boucle commencée avec un premier opus qui tenait globalement la route. Les autres sont cordialement invités à passer leur chemin ou à mater Battle Royale à la place.

0.1/5

Cloverfield

J’avoue, j’ai seulement maté parce que la presse s’est montrée enthousiaste devant le mystérieux 10 Cloverfield Lane et que celui-ci est supposé faire partie d’un univers partagé ou un truc du genre. C’était sympa. Pas dingo. Mais sympa. Plus vraiment à la mode puisque le film-footage est « so 2010 » et pas vraiment mon genre préféré non plus. Ca se regarde comme un film pop-corn et ne cherchez pas plus loin.

3/5

Mr Baseball

J’ai revu the Ramen Girl. Pas parce que j’apprécie le film, mais parce que je voulais une petite dose de Tokyo. Et puis c’était ça ou Fast & Furious 3… Et puis, ça m’a rappelé que je n’avais pas encore vu Mr Baseball, un peu sur le même concept du gaijin perdu au Japon. Et puis, j’adore les films sur le baseball (n’ayant pas ce sport en France, il m’apparait un peu exotique) ou le sport en général. Le film souffre un peu de son âge, de personnages caricaturaux, d’un manque de souffle sportif épique, mais ça détend. A ne recommander que si vous vous sentez l’âme d’un complétionniste sur les films de baseball ou de Tom Selleck.

2.5/5

Creed

Comme j’étais dans un run film sportif, j’ai décidé d’enchaîné avec Creed. Ou le retour en grâce de Stallone après des Expendables catastrophiques. C’était une agréable surprise, bien mise en scène et qui va lancer une nouvelle série de film sur la boxe pour succéder à Rocky. On n’est plus dans le même contexte social, mais c’est suffisamment bien foutu pour qu’on s’y intéresse.

4/5

Southpaw

Voir Creed m’a rappelé que je n’avais pas encore vu celui-ci. Comme j’ai vu les deux à la suite, je peux plus facilement les juger. Si le premier vaut surtout pour la prestation d’un Stallone proche de la retraite (quoiqu’un brin dans le pathos) et l’émergence du « fils de », il est enterré par KO par Southpaw (qui aurait lui aussi mérité un article complet). Si vous ne deviez voir qu’un film de boxe, c’est bien celui-ci ! L’univers de la boxe est dépeint avec réalisme, le drame personnel aussi, la quête de rédemption, les combats brutaux… tout y est ! Un coup de coeur indéniable. A voir !

5/5

Star Wars 7

N’étant pas un fan boy de la licence comme 82% de mes amis, j’étais volontairement passé à côté, prenant le risque de me faire spoiler de tous les côtes jusqu’à sa sortie en DVD. J’avais entendu beaucoup de choses, et durant mon visionnage j’ai été agréablement surpris d’être surpris par des choses que je ne savais pas ou par des choses que j’avais entendues qui étaient fausses. Toujours est-il que ça fait le job comme film. Et ça fonctionne parce que c’est très clairement un remake d’Un Nouvel Espoir, parfois au plan par plan. Rien de révolutionnaire donc, mais au vue de la prélogie, il fallait assurer et la jouer pas trop foufou. Du coup, c’est un clone de l’épisode 4 qui passe allègrement sous silence les épisodes 1, 2 et 3 (allô, les midichloriens ?) et prend vraiment des raccourcis pour mettre tout le monde ensemble et pour qu’il le reste. Probablement le film qui va relancer la SF familiale dans les années à venir et un succès public qui n’est pas démérité.

3.5/5

Point Break (2015)

Un belle bouse dopée à l’adrénaline qui aurait mérité une descente en flamme dans un article consacré. Tout est à jeter. Le casting, la réal, le casting, l’histoire, le casting, la philosophie de comptoir, le casting… Tout. Je suis tout de même allé revoir l’original, pour comparer. Pas de comparaison possible. Le film de Katherine Bigelow est un chef d’oeuvre (je vous invite d’ailleurs à regarder le reste de la filmographie de la réalisatrice : Démineurs, Strange Days…). Ce remake est une nouvelle preuve que Hollywood est en mal d’inspiration… Fuyez, pauvres fous !

-8/5

Sérieusement, l’original !

The Sure Thing

Dans ma grande quête de mater tous les films typés comédie romantique et ados pour nourrir un futur roman, celui-ci était passé entre les mailles du filet. On a pourtant l’icone du genre des années 80 dedans. Une agréable surprise, moins datée que ce que je pensais en voyant la bande annonce. L’un des premiers road-trip romantique à la sauce ado si je ne m’abuse. A réserver aux ultras fans du genre, ceux qui n’ont pas peur de mater des choses un peu désuètes mais qu’on ne trouve plus sur le marché (à moins de taper dans le très bas de gamme).

4/5

Man of Steel

J’avais déjà vu et chroniqué ce film. Mais je voulais me faire un rappel avant d’aller dans les salles obscures voir Batman v Superman. Mon avis n’a pas vraiment bougé : le film passe à côté de son propos à cause d’un scénariste assez mauvais quand il vole en solo et d’un Snyder qui impose sa vision sur un univers (et sa vision n’est pas forcément la même). Tout n’est pas à jeter, mais les effets de manche inutiles sont bien là. Mais surtout, ça m’a dissuadé d’aller payer ma place plein pot pour une « suite » jugée globalement décevante. Ca, et le fait que Warner a déjà annoncé une version longue du film en DVD. Du coup, j’attendrais la version longue.

3/5

Superman/Shazam – The Return of Black Adam

Quoi de mieux quand on est déçu des adaptations live que de se jeter à corps perdu dans des adaptations qui respectent un tant soit peu le matériau de base ? J’ai toujours apprécié (dans leur majorité) les films animés DC, celui-là est une petite pastille d’une vingtaine de minutes dont on aurait tort de se priver. D’autant plus que d’ici l’horizon 2018, Shazam va devenir hype avec une adaptation live avec The Rock. Au moins, vous ferez partie des initiés avant l’heure.

4/5

10 Things I hate about you

Encore une rom-com ado un peu vintage à côté de laquelle j’étais passée. Souvent cité comme l’un des meilleurs films du genre, j’aurais un avis plus mitigé. Le film a assez mal vieilli et on sent assez les artifices shakespeariens qui ont forgés le scénario. Au final, peut-être parce que j’ai vu quasiment tous les films post-80 du genre, celui-ci n’apporte rien de neuf, surtout à côté des mètres-étalons de John Hughes. La musique date aussi clairement le film dans une décennie révolue qui n’a pas le charme suranné des blazers à épaulettes et des coiffures bouffantes. A réserver aux complétionnistes des comédies romantiques adolescentes.

2/5

Dragon Ball Z, Résurrection de F

Les derniers films sont un véritable retour en grâce de la licence après le naufrage qu’était GT. Ce film est dans la continuité de ce qui a été initié avec Beerus. Super techniquement, une histoire sympa, des combats péchus, de l’humour… Du très grand DBZ comme je l’aime. Paf, coup de coeur ! Il n’y a plus qu’à patienter pour la série DB Super en DVD.

5/5

The Perks of Being a Wallflower

De toute la liste, c’est probablement l’un des films sur lequel j’aurais fait un article dédié. C’est un véritable coup de coeur ! Un film qui dépasse le simple cadre du passage à l’âge adulte pour proposer des personnages riches et une étude assez juste de la vie lycéenne au sens large du terme, surtout au travers l’oeil d’un « outcast ». Le trio d’acteurs est investi et crédible, la réal’ simple mais pas simpliste. Pour faire très court, foncez dessus ! Le meilleur film de mon mois de mars.

5/5

Only God Forgives : Affiche

Only God Forgives est un film écrit et réalisé par Nicolas Winding Refn (Drive) avec Ryan Gosling (Crazy, Stupid, Love) et Kristin Scott Thomas (Le Patient Anglais)

À Bangkok, Julian dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture au trafic de drogue familial. Sa mère débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy : le frère de Julian vient en effet de se faire tuer pour avoir sauvagement massacré une jeune prostituée. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers. Julian devra alors affronter Chan, un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics…

Voilà un film que j’ai fait trainé avant de le regarder. La faute aux mauvaises critiques qui ont jalonné la carrière du film depuis sa présentation à Cannes en 2013. « Simple », « idiot », « sans scénario », « vide », « chiant »… Il faut dire aussi qu’après le coup de massue qu’avait asséné Drive, les gens devaient attendre autre chose du duo Refn/Gosling. Sauf que Drive n’était pas un scénario de Refn, et que si ce dernier s’est vu offrir des ponts d’or, il a préféré finir un film qui le hantait : Only God Forgives.

Only God Forgives : Photo Ryan Gosling

Et je comprends le sentiment des gens qui tomberaient sur ce film avec l’espoir de voir un film à la Drive. Car c’est un film de Nicolas Winding Refn et sa filmographie loin du formatage hollywoodien est difficile à appréhender. Pourquoi ? Parce que Refn, inspiré par Scorsese et Jodorowsky, est un réalisateur qui implique dans la nature même de ses cadrages, compositions et choix de couleurs des éléments narratifs.

Pour mémoire, je vous invite d’abord à consulter cette vidéo très bien faite expliquant des logiques de cadrages sur Drive, ce qui devrait vous aider à saisir le style « Refn » :

Une fois que vous commencez à appréhender ce genre de techniques quand vous regardez un (bon) film, vous saisissez des non-dits du scénario. Aussi un scénario qui pourrait vous paraître creux ne l’est peut-être pas autant que vous le croyez… Et un personnage qui ne parle pas ne veut pas forcément dire qu’il n’a rien à dire…

Cette longue introduction étant faite, passons au coeur du sujet : Only God Forgives est en vérité un excellent film, et ne méritait absolument pas de se faire siffler à Cannes ! Attention, spoilers ! Donc allez voir le film avant !

La charmante Yayaying Rhatha Phongam qui joue la prostituée vous offre une chance supplémentaire de vous détourner des spoilers à venir !

Beaucoup ont reproché à Refn d’avoir dirigé Gosling de la même façon que dans Drive, en mode taciturne. Sauf que les deux personnages sont diamétralement opposés dans leur caractérisation. Le driver était un personnage très westernien, dont le silence reflète son contrôle sur l’environnement et sa puissance. Au contraire, le personnage de Julian est silencieux pour caractériser son impuissance et son vide intérieur.

Il apparait clair dans les dernières minutes du film que Julian, sous ordre de sa mère, est le meurtrier de son père et que c’est ce qu’il l’a poussé à quitter l’Amérique pour se réfugier à Bangkok. Et depuis, il est hanté par ce meurtre et cherche à la fois un sens à sa vie (un Dieu, une religion, quelque chose à laquelle se racrocher) et une rédemption pour son acte.

De nombreux plans du film sont consacrés aux mains, de façon très littérale avec des plans en vue subjective. Les mains de Julian représente indubitablement ce qui le hante au quotidien : le meurtre de son père. C’est la raison pour laquelle il n’arrive pas à les fermer, pour laquelle, il voit du sang sortir du robinet quand il se les lave… Ses mains sont vectrices de mort et il n’arrive pas à vivre avec. Mai la prostituée les attachent pendant qu’elle se masturbe. Au fond du fond, la culpabilité du héros est enfouie dans ses mains.

Aussi quand la scène finale arrive, avec Julian qui offre ses mains à Chan – que cette scène soit réelle ou non (personnellement, je ne pense pas) – il accepte la rédemption et de se libérer de la culpabilité qui le rongeait (car au fond, Julian est un type « bien » avec un sens aigu de la justice comme le prouvent ses choix hors de l’influence de sa mère).

Only God Forgives : Photo Kristin Scott Thomas

Cette « libération » fait suite à la découverte du corps sans vie de sa mère. Jouée par une Kristin Scott Thomas méconnaissable en Donna Versace du crime, la mère castratrice avait tellement d’emprise sur lui (je vous rappelle cette scène complètement folle au restaurant avec Mai et Julian où elle compare les tailles de bites de ses enfants…) que sa mort libère le protagoniste. Cette libération n’intervient qu’après une scène hallucinante où le héros découpe le bide du cadavre de sa mère pour y plonger la main… rappelant par la même la scène où il plonge la main dans l’intimité de Mai et le fait que sa mère entretenait des rapports incestueux avec ses deux enfants…

Only Gods Forgives, c’est un mythe d’Oedipe en trash.

Only God Forgives : Photo Kristin Scott Thomas, Vithaya Pansringarm

Disais-je plus haut, Julian offre ses mains à Chan, dans une scène mystique au milieu de la forêt. Chan représente donc la finalité de la recherche de Julian : Dieu. Et Julian va le reconnaître comme tel.

  • Quand il s’empare du sabre dans la maison de Chan, c’est comme s’il s’emparait d’une relique sacrée, de la symbolique du pouvoir de Chan (celle avec laquelle il rend son jugement) (et c’est avec cette arme que Julian tue symboliquement sa mère dans cette fameuse scène finale). L’arme étant un katana, il y a bien évidemment un symbole phallique évident, faisant de Chan une figure paternelle de substition…
  • Quand Julian défie Chan en combat, on retrouve la symbolique de l’homme qui se rebelle contre Dieu, ou veut le tester pour tester sa foi. Julian, même si on le dit mauvais boxeur, se fait littéralement défoncé la tronche, appuyant ainsi la « toute puissance » de Chan.
  • En dehors du châtiment punitif qu’il inflige à ses ennemis (mort, amputation, crucifixion ou pardon dans le cas du père qui à un fils handicapé), Chan est vénéré par ses anciens collègues policiers et possède une espèce de don de pré-science divin qui lui sauve la vie dans le restaurant, lui permet de retrouver son assassin dans les rues de Bangkok (et sûrement de prévoir les mouvements dans son combat contre Julian).
  • Chan c’est aussi le personnage qui disparait comme par magie quand Julian le traque…

Bref, Only God Forgives, c’est ni plus ni moins qu’un film sur un malfrat qui cherche une forme de rédemption dans la religion et à se libérer de sa mère

Only God Forgives : Photo Ryan Gosling

Tout ce propos du film est appuyé par les choix de lumière et de cadrage de Refn, notez l’utilisation démente des lumières, noirs et clairs-obscurs pour composer ses cadres, quitte à les rétrécir… Refn a produit un film « stylé », épuré dans sa narration. Ses choix de lieux de tournage dans la capitale thaïlandaise sont pertinents aussi pour la caractérisation des personnages :

  • Chan, la petite maison de banlieue toute simple
  • La mère, la suite d’un luxueux palace
  • Le hitman, un bar à hotesses rococco
  • Julian, la salle de boxe (donc sa mère) et la maison de passe (donc Mai), reflétant le poids de son passé et son désir d’avenir

Notons qu’il a fait une fois de plus appel à Cliff Martinez pour la musique et que celle-ci renforce le mythe insufflé par les silences et non-dits.

Only God Forgives est un film qui a laissé pas mal de monde sur le carreau, la plupart s’attendant à autre chose que le contenu réel du film. Pourtant, Nicolas Winding Refn a pondu une oeuvre authentique, viscérale et personnelle qui – que vous aimiez ou détestez – ne laisse pas indifférent. Pour moi, c’est un excellent film qui démontre une fois de plus que le cinéma est un médium visuel et que même minimaliste sur la forme, il n’est pas dénué de propos ni d’histoire. Un film à voir !

Vous avez noté ? Dans la bande-annonce, le plan où Julian pointe un flingue sur celui qui va tuer la fille de Chan, tout son corps est découpé dans l’encadrement de porte. Sauf la main qui porte le flingue. Cette main ne se sent pas coupable de tuer pour appliquer la justice… Alala, il y aurait tant à dire sur ce film et la réalistion de Refn de façon générale !