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Young Justice: Invasion est la deuxième saison du show de la chaîne US Cartoon Network. Pour ceux qui ne s’en souviennent pas, j’avais déjà fait un article dithyrambique sur la première saison, il conviendrait de commencer par là si vous ne connaissez pas du tout la série et/ou l’univers.

En toute logique, la saison 2 se veut la suite de la saison 1. Le premier épisode commence de façon assez classique, avec une mission banale menée par Superboy et Miss Martian. Mais on va très vite réalisé qu’il s’est écoulé 5 ans entre les deux saisons ! 5 ans ! Et en 5 ans, il y a eu des nouvelles recrues, des morts, des changements de leader (Nightwing, ex-Robin remplace Aqualad), des trahisons (justement Aqualad qui est devenu méchant), des ruptures amoureuses (Superboy/Megan, qui est désormais avec Lagoon Boy)…

En d’autres termes : WOW! Dès le premier épisode !

Et puis… les choses se sont vite tassées pendant quelques épisodes. Avant de revenir à du WOW! à tous les épisodes, avec à chaque fois une révélation dans les dernières secondes.

Et puis, plus rien. Le vide de plusieurs semaines.

Quelques épisodes. Puis de nouveau une coupure de plusieurs semaines.

Pour ceux qui n’ont pas leur diplome de DClogie: Superboy et son nouveau « costume », Beast (résultant d’un épisode de la saison 1), Blue Beetle et Wonder Girl.

Comme l’année dernière, la programmation du show (et son suivi) fut un véritable bordel incompréhensible, segmentant encore plus le rythme pas toujours bien géré des épisodes. Parce qu’un épisode de Young Justice se déroule vite, très vite. Pour un type comme moi qui s’est farci littéralement 50 épisodes de combat entre San Goku et Freeza, des fois, Young Justice, on ajuste envie de lui demander de se détendre le slip et de prendre le temps de nous poser les situations, personnages et enjeux à différents termes. Certaines résolutions sont tout de même bien catapultées…

Si l’intrigue de la saison 2 fait suite aux évènements de la saison précédente, notamment vis-à-vis des magouilles de Vandal Savage et de The Light (sous-titrée invasion, vous vous doutez bien qu’on va avoir droit à une invasion de la Terre, et la Justice League est tenue éloignée pour une sombre histoire de tribunal galactique), on ne peut pas s’empêcher de lui trouver une certaine inconsistance. La faute au rythme bizarre, certes, mais surtout à l’overdose de Blue Beetle au mépris des autres personnages qui auraient mérité plus de place tout court, et dans leur intrigue personnelle. L’arrivée des autres nouveaux est anecdotique (le nouveau Robin, Batgirl, Wonder Girl…) et les vieux sont laissés de côté.

Humour décalé…

Nightwing et le poids de ses décisions auraient mérité un développement plus psychologique et Superboy aurait pu prendre des vacances tant il est absent de la saison ! Heureusement, on a du Roy Harper, du Lex Luthor, de la résistance, des twists imprévus… Il n’en reste pas moins vrai que la série à conserver son ton résolument adulte et que, moi comme à la première, j’ai – globalement – très apprécié cette saison autour de l’invasion extra-terrestre.

En comparaison de toutes les séries DC qu’on a pu avoir à la télévision, depuis Smallville aux Teen Titans, Young Justice se situe encore et toujours sur le dessus du panier. Oui, même avec ses épisodes aux animations si foirées qu’on parvient à peine à reconnaître les protagonistes ! L’amateur de l’univers à Terres multiples et ceux qui ont vu la saison précédente y trouveront toujours de quoi se satisfaire en dépit de mes remarques de type exigeant et pinailleur.

Malheureusement, à cause de cette diffusion anarchiste (qui se répercute fondamentalement sur les taux d’audience), à cause du ton trop (qui se répercute fondamentalement sur les taux d’audience), à cause de la trop grande césure avec la saison précédente (qui se répercute fondamentalement sur les taux d’audience), à cause du parti-pris scénaristique faisant la part belle aux Beetles au détriment de l’équipe (qui se répercute fondamentalement sur les taux d’audience)… à cause de tout un tas de facteurs économiques (pas assez de vente de jouets…), le sort de la série pour une saison 3 est encore incertain à l’heure où j’écris ces lignes. L’annulation n’a pas officiellement été présentée comme ça a été le cas pour Green Lantern, diffusé dans le même créneau horaire.

Faudra apprécier Flash aussi, un des épisodes les plus intéressants

Au regard dernier épisode et des pistes ouvertes, j’espère sincèrement que nous aurons une bonne surprise dans les grilles de l’année prochaine suite à la mobilisation des fans (non, parce qu’une nouvelle série Batman et Teen Titans GO, ça me fait pas rêver…)

Malgré quelques défauts dans la gestion de son histoire globale qui la rendent moins passionnante que la saison 1, Young Justice: Invasion mérite que les fanboys (et fangirls) de DC prennent le temps de regarder ce petit bijou ! Les autres, je ne peux que vous poussez vers la saison 1 !

Pas de trailer, la plupart spoilent de trop ! Fouillez la toile à vos risques et périls ! Notons aussi que ceux qui voudront faire le lien entre les deux saisons devront se pencher sur le jeu vidéo Young Justice: Legacy (ils seront d’ailleurs invités à laisser un commentaire, puisque je n’ai nullement l’intention de m’y attarder!)

Young Justice est une série d’animation créée par  Greg Weisman et Brandon Vietti tout en s’inspirant du comic-book éponyme de Todd DeZago et Todd Nauck créée en 1998 (qui lui-même s’inspire des Teen Titans des années 60… Oui, c’est DC Comics, c’est un peu le bordel, mais c’est que le début !)

La Young Justice est une équipe de sidekicks de super-héros de la Justice League, créée sous l’impulsion de Robin, Aqualad, Kid Flash et Speedy après avoir découvert que le laboratoire Cadmus faisait des choses pas très claires. Notamment des clones de Superman… Dans sa grande mansuétude, la Justice League reconnaît que la Young Justice est un bienfait et consent à leur laisser une certaine liberté (ils seront tout de même surveiller par Batman et Red Tornado) pour enquêter sur Cadmus. Bien évidemment, Cadmus, c’est juste l’iceberg qui cache la forêt et les adolescents vont avoir fort à faire tout au long de cette première saison.

Young Justice fut l’excellente révélation de la télévision cette année. En dépit d’une programmation des plus chaotiques à suivre. Les résultats d’audience sont bons (saison 2 programmée), les histoires et personnages sont bien écrits (j’ai eu des surprises) et la qualité de l’animation reste très élevée pour de la télévision. Bref, c’est que du bonheur.

Voilà, les néophytes peuvent s’arrêter là et aller acheter le DVD (en Zone 1 pour le moment) et profiter en tout innocence de la qualité de la série. Les autres peuvent s’accrocher à leur slip parce qu’on va rentrer dans le détail.

Donc à l’origine, il y avait un comic-book qui partait un peu sur les mêmes bases : Superboy, Robin et Impulse décident de se créer un petit truc dans le coin, en marge de Superman, Batman et Flash. A la fin de la série, l’équipe avait bien grossie et elle s’éclata pour créer des New Teen Titans, dans une série qui s’inspirait de la vieille mais en reboot. DC, quoi…

Mais attention, la série télé Young Justice n’a rien à voir !

  • Superboy garde ses origines de clone (on appréciera grandement le fait que Superman ne sache absolument pas comment réagir avec lui et se comporte comme un asocial de base) mais sa personnalité sera modifié pour en faire quelqu’un d’extrêmement impulsif et colérique.
  • Robin n’est plus Tim Drake mais bien l’originel Dick Grayson, il a 13 ans et reste le plus expérimenté du groupe. Sa personnalité sera également un peu modifiée pour coller à son génie naturel (jeux de mots bizarres, frustration de ne pas être le leader, etc.).
  • Impulse (Bart Allen) est remplacé par Wally West qui est plus ou moins la même chose en terme de pouvoir, mais pas pareil.
  • L’équipe créative va rajouter un Aqualad (sidekick d’Aquaman) avec une ré-écriture complète de ce qu’il est, pour coller à son nouveau rôle de leader d’équipe. Attention, Aqualad n’est pas Garth pour les amateurs d’Aquaman (si si, je pense que ça existe), mais apparaît tout de même dans la série.
  • Speedy était également à l’initiative de la Young Justice, mais pour les besoins du scénario, il va se casser en freelance pour devenir Red Arrow (en opposition à Green Arrow, son maître… ah bah oui, dans Young Justice, il n’y a que des ados en crise d’une façon ou d’une autre !)

Voilà pour la base. On va rajouter une Megan (la nièce de Martian Manhunter), une Artémis (la nouvelle sidekick de Green Arrow), une Zatanna (la sidekick de son père) et une Rocket (la sidekick Icon) et on aura notre Young Justice de la saison 1. En gros, on pourrait croire que la Young Justice, c’est une espèce de camp de réinsertion pour adolescents abandonnés par leur mentor une fois qu’ils intègrent la Justice League… l’arrivée subite de Rocket prouve bien que c’est le cas !

Mais attends ! me direz-vous. Comment ça se fait que Zatanna elle soit dans l’équipe ? Elle pas « young » du tout !

Et je répondrais que c’est une excellente remarque. Je me fais fort de vous expliquer le pourquoi du comment. Vous savez tous plus ou moins si vous avez l’habitude de lire mes chroniques Superman que l’univers DC, c’est un vaste bordel de reboots dans tous les sens à coups de crises parce que l’entropie générale a atteint son point de rupture. L’origine des crises, c’est entre autres parce qu’un scénariste a dit un jour : « En fait, il y a une infinité d’univers, donc une infinité de Terre, donc une infinité de variations d’histoires des super-héros, donc c’est pour ça que si ça déconne dans notre continuité, c’est normal, par d’inquiétude ». Bon, après un scénariste inquiet a dit : « Je vais ranger et rationaliser ce bordel » et le bordel se prend une intégrale de – l’infini à + l’infini dans la gueule.

Donc, si Zatanna a 13 ans, Dick Grayson remplace Tim Drake, Aqualad évince Robin du leadership et compagnie, c’est parce qu’en fait, les créatifs de DC ont choisi la Terre numéro 16 pour placer leurs personnages. Du coup, tout est familier, mais ça n’a rien à voir, et c’est normal !

Aaaaaaaaaaaaaaaaaah ! font les lecteurs extatiques.

C’est donc pour ça que peu importe la continuité des comic-books ou des autres séries animées, peu importe le caractère originel des différents protagonistes, c’est la Terre 16 !

Oui, mais attends, comment ça se place dans la continuité post-Flashpoint ? demandera le plus taquin d’entre vous.

Et bien, je lui répondrais que, comme Dumbo, on s’en bat l’oreille !

En plus, dans la Terre 16, les super-héros sont un phénomène plutôt récent pour le grand public (ce qui explique l’hyper-médiatisation de leurs actions). En soi, cette facilité de traitement permet une plus grande liberté artistique et scénaristique pour tout le monde. De toute façon, le spectateur lambda s’en contre-fiche de savoir de comment tel personnage est différent de son comportement normal, tant que la qualité est au rendez-vous.

Et la qualité est là, disais-je plus haut. Les personnages sont très bien caractérisés, que ce soit pour les ados ou les adultes. Les relations entre les uns et les autres, sans être conflictuelles, font souvent des étincelles. En tant qu’amateur de teen-movies, j’ai apprécié le côté drama-soap des sous-intrigues en marge de tapage de vilains. Comme ce sont des ados, les histoires de cœur sont bien évidemment au centre des préoccupations hormonales. L’arrivée des nouveaux membres d’équipe dans la saison 2 promet.

L’arc général de la première saison déborde bien évidemment du cadre de Cadmus et va proposer une intrigue dont rien de moins que le sort de la terre sera en jeu. On va de surprises en révélations autour des personnages (et oui, comme c’est la Terre 16, les néophytes sont surpris tout court, les amateurs sont surpris de constater les variations) et de l’intrigue générale. J’en dis pas plus, je vous laisserai apprécier en temps et en heure et ne rien vous déflorer.

Toujours est-il que Young Justice, c’est de la bonne came et que ce serait dommage de passer à côté ! Pour toi le fan hardcore qui est arrivé jusqu’à cette conclusion en balançant un « Haha ! Evidemment ! La Terre 16 ! » au passage. Et pour toi aussi, le néophyte qui s’est cramponné à son slip pour tout savoir des tenants et aboutissant cette série.