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Enemy : Affiche

Enemy est un film de Denis Villeneuve (Prisoners) avec Jake Gyllenhaal (Source Code), Mélanie Laurent (Inglorious Bastards) et Sarah Gadon (Cosmopolis) sur une adaptation de la nouvelle José Saramago.

Professeur d’université discret Adam mène un peu une vie plan-plan avec ce qui semble être sa fiancée Mary. Par un truchement scénaristique catapulté, il découvre son sosie parfait dans un film. Particulièrement perturbé par cette découverte, il commence à observer la vie de cet homme et s’immisce peu à peu dans sa famille. Mais son double Anthony n’est pas moins troublé par Adam et entend tourner la situation à son avantage !

En premier lieu, je tiens à vomir sur l’affiche française, sans intérêt ni attrait. Dans la mouvance des films un peu tordu façon La Moustache. Je lui préfère sa version outre-atlantique nettement plus stylée et plus en phase avec le caractère du film.

Commençons avec le point négatif. En dépit d’une photographie bien chiadée et d’une mise en scène efficace, le rythme du film souffre d’une neurasthénie extrême qui risque d’avoir raison des plus motivés des spectateurs. C’est pas lent « contemplatif », c’est lent « chiant ». C’est d’autant plus dommageable que le film est réellement tordu, donc qu’il nécessite une attention constante pour essayer de comprendre ce qui se passe, les enjeux des personnages, le vrai du faux et – pour les plus motivés – le sous-texte.

Je n’ai pas lu la nouvelle du Prix Nobel de littérature qui a inspiré ce film, je peux donc difficilement comparer l’avant/après et dois me contenter de ce que j’ai sous la main : le film. Je n’en avais jamais entendu parler avant de le voir, je me suis passé de la bande-annonce pour faire confiance au simple pitch qui proposait une histoire de double et à l’affiche avec l’araignée qui marche sur la ville. Au moment du générique de fin, je pense avoir été comme tout le monde à me demander si l’oeuvre de Villeneuve tenait du pur génie ou d’une vaste perte de temps (je le rappelle, le film est très très lent).

J’ai décidé de faire une chronique sans spoiler, à l’image de Triangle, donc je me passerai d’analyse poussée afin que, comme tout le monde, vous ayez le plaisir de vous creuser les méninges pendant des heures en vous demandant comment mettre en place toutes les pièces du puzzle. Car déjà que l’histoire du double parfait est un poil difficile à accepter et à remettre dans le bon ordre, s’ajoute par dessus une couche fantasmagorique avec la symbolique de l’araignée et les références aux régimes dictatoriaux et schémas qui se reproduisent. Pourtant tout est dans le film, et ce qui paraît « caché », « obscur » voire « abscons » s’explique finalement de lui-même pour peu qu’on analyse parfois au premier degré ce qu’on voit.

Enemy : Photo Jake Gyllenhaal

Miroir, mon beau miroir, appuie la notion de double dans mon film…

J’ai longtemps cru que le film cachait une invasion d’araignées venu de l’espace pour contrôler les esprits humains sous le couvert d’une dictature sournoise et de fabrication de clones… Mon côté amateur de séries B et science-fiction se voyant excité par l’affiche US et certains plans du film. Que nenni, je vous le dis. Parfois, il suffit de rester terre à terre et d’embrasser des thèmes plus simple comme la dualité, la fidélité, l’engagement, l’inconscient, les pulsions, les femmes, l’adultère…

Il est plus que fort probable qu’un deuxième visionnage pour saisir chacun des allusions et messages s’impose, pour remettre en perspective la notion de double et comprendre l’histoire. Ceci fait, vous prêcherez comme moi pour la diffusion de ce film comme étant l’une des oeuvres cinématographiques les plus percutants de l’année 2014 !

Il faut saluer la prestation de l’acteur principal, réellement impressionnante dans le double rôle (maintenant que j’y pense, j’ai aussi eu envie de voir le film à cause de Orphan Black…) et qui permet de ne pas vous endormir face à la lenteur du film. Sarah Gadon en épouse enceinte jusqu’aux oreilles est également parfaite et la composition juste de son personnage permet d’appréhender encore mieux l’histoire dans l’histoire. Le bémol ira définitivement pour Mélanie Laurent, une actrice avec qui j’ai du mal.

Enemy : Photo Jake Gyllenhaal, Sarah Gadon

Enemy n’est pas un film qui vous prend par la main. La main n’est même pas tendue vers vous. Ce n’est même pas un film qui fait l’effort de vous rencontrer à mi-chemin. Non, il va vous falloir passer par plusieurs états d’incompréhension et vous presser un peu le citron pour le comprendre, et comprendre combien ce thriller est génial et intelligemment mené. Quoi qu’il en soit, je vous le recommande chaudement !

Note: La bande-annonce ne spoile pas comme certaines, vous pouvez y aller. Si vous êtes en peine dans l’analyse de film et si vous avez la flemme de lire d’autres interprétations via google, je vous laisserai des indices sur demande dans les commentaires.

DC Comics: Les super-héros s’affichent est un gros livre d’illustrations aux éditions Huginn & Muninn.

Je ne sais pas si c’est le fruit du hasard ou une grande opération matraquage à l’occasion du 75ième anniversaire de la maison d’édition américaine mais l’année dernière, nous avons pu profiter de nombres d’ouvrages dédiés à DC Comics. Les super-héros s’affichent est l’un d’entre eux et propose un concept un peu particulier : exposer 100 couvertures de comics cultes.

Bien évidemment, le côté culte des comics sélectionnés peut être sujet à caution et à la subjectivité du journaliste qui les a réunies, mais globalement, elles sont bien représentatives des sept décennies DC. Le livre fait 30×45 cm environ et permet donc d’admirer les couvertures en grand, au format affiche. Chaque couverture est commentée par Robert Shnakenberg et permet d’en apprendre un peu plus sur les super-héros, la maison d’édition (qui n’a pas fait que du super-héros mais aussi de l’horreur et du romantique) et plus généralement la culture américaine.

Parmi les couvertures admirables (esthétiquement ou pour leur empreinte sur la vie de la maison d’édition), vous trouverez par exemple :

  • La première apparition de Superman, Batman, Wonder Woman, The Sandman, etc.,
  • La mort de Superman,
  • Fables (récompensée par des Eisner Awards),
  • La plupart des grands classiques d’Alan Moore dont The Watchmen,
  • Les Crisis qui changent tout,
  • Preacher,
  • Arkham Asylum
  • Y The Last Man
  • The Killing Joke
  • Et j’en passe plus d’une soixantaine !

Véritable plongée dans le passé et la pop-culture, toutes ses affichent possèdent leur propre caractère et chacun sera libre d’y trouver des affinités ou d’y rester complètement hermétique. Personnellement, j’apprécie la diversité des styles, l’évolution du style (de celle très typée 50’s à celle des auteurs plus contemporains comme Alex Ross en passant par les ovnis graphiques comme James Jean). Chaque couverture grand format est aussi accompagnée de 2 autres couvertures de la même série en format plus réduit. En définitive, c’est près de 300 couvertures DC que vous pourrez admirer.

L’avantage de ce livre pour ceux qui ne sont pas fétichistes comme moi, c’est la possibilité offerte de découper toutes les affiches  afin de les mettre sous cadre (ou punaisées aux murs, voire même en tapisserie) !

Petite note rigolote : c’est aussi l’occasion de voir la façon dont les prix ont augmenté.

Amateur d’art et de culture pop, amoureux des héros de DC Comics ou de pulp 20ième siècle, pour 35 euros vous pourrez avoir chez vous de vrais morceaux de couvertures cultes (ce qui est bien moins onéreux que d’aller chercher les comics d’origines, c’est même bien moins onéreux qu’une simple lithographie) ! Un ouvrage particulier, mais indispensable pour les fan-boys.