Articles Tagués ‘70’s’

Turbo Kid

Stop ! Arrêtez tout ! Posez ce DVD ultra générique que vous alliez acheter (sûrement un truc avec des types en collants puisque c’est à la mode) et demandez au vendeur d’aller vous chercher celui de Turbo Kid ! Turbo Kid est probablement le film le plus cool que j’ai vu depuis des mois ! La musique synthwave déboite, l’univers rétro-futuriste est génial, les personnages sont attachants, les effets gores rigolos, le casting permet de revoir Michael Ironside et de découvrir une pétillante Laurence Lebœuf ! Je ne veux pas en dévoiler plus pour vous laisser la surprise de la découverte ! Combien de points d’exclamation dois-je mettre pour prouver que ce film est extraordinaire ?! Foncez, foncez, foncez !

5/5

Rurouni Kenshin – Meiji Inferno & The Legend Ends

Comme je disais le mois dernier, le premier film live sur la licence Rurouni Kenshin a trouvé son public en salle. Donc, une suite s’est rapidement mise en chantier. Et dans la tête d’un producteur, on s’intéresse avant tout aux billets verts donc « la suite » s’est aussitôt muée en trilogie. Une trilogie rushée (le premier opus est sorti en 2012, les suites en 2014) qui souffre du syndrome trilogie Matrix. Donc un épisode 2 sans fin conclusive et un épisode 3 vide. C’était long et ennuyeux, tout juste rattrapé par les combats qui arrivent ça et là. Mieux écrit, on aurait pu avoir un seul film potable, avec plein d’action. Bref, potentiel gâché sur un autel de billets, encore une fois…

1/5

Gate: jieitai kanochi nite, kaku tatakaeri

Une série anime qui propose un pitch un peu éculé : quelqu’un de notre monde se retrouve dans un univers de fantasy. Le gros point innovant reste de se placer à l’échelle d’un pays (le Japon) et de se focaliser sur l’aspect diplomatique de la découverte d’un nouveau monde. Beaucoup de critiques semblaient dire que le pro-militarisme était gavant mais pas tant que ça si on y réfléchit. Certes, des Japonais avec des fusils automatiques bousillent par paquet de douze des trouffions dont le summum de la technologie militaire est l’épée. Mais ce serait pareil dans un film américain. On regrettera que certains passages aient vite été expédiés, que la fin n’en est pas vraiment une (comme d’hab’ avec les séries animées) mais si vous aimez, rien ne vous empêchera de vous rabattre sur les manga. La galerie de personnages est intéressante (à part l’elfe, comme tous les elfes…) et présente des archétypes qu’on voit assez peu, comme la déesse de la guerre en lolita ou l’otaku fainéant comme héros (encore que, on est borderline cliché là). Un anime divertissant en somme. Profitez qu’on puisse trouver le premier épisode sur youtube…

4/5

You Again

Il m’avait tellement marqué qu’aux 3/4 du film, je me suis dit « Mais en fait, je l’ai déjà vu ! ». Donc voilà, ça en dit assez long sur l’intérêt du film et l’impact qu’il aura sur votre vie. Sa seule curiosité est de réunir Sigourney Weaver et Jamie Lee Curtis et de les opposer autour d’un prétexte adolescent un peu bidon. Avouez qu’on aurait préféré voir les stars de Alien et Halloween dans un film d’action badass plutôt que dans une comédie pleine de bons sentiments. Les amateurs de Kristen Bell trouveront également une raison supplémentaire de regarder. Les autres ont déjà un DVD de Turbo Kid à regarder.

2/5

Kokoro Connect

Deuxième série animée du mois. C’est le pitch de base qui m’a semblé intéressant : un groupe d’adolescents commence à changer de corps. En soi, c’est pas nouveau-nouveau comme concept surtout avec un couple qui ne peut pas se piffer pour finir ensemble à la fin. Du coup, oui, c’est un anime romantique. Mais la notion de groupe apporte un petit plus. Et surtout, le côté échange de corps ne dure quelques épisodes avant de passer à d’autres types de phénomènes et d’échanges. Ce qui est intéressant dans Kokoro Connect, au-delà de romances un peu clichés, c’est que les interactions entre ados finissent par poser des questions plus profondes sur la nature de l’homme : qu’est-ce que l’âme ? le corps est-il une composante de soi ? Ce genre de considérations que je ne m’attendais pas à trouver dans un anime vendu comme de la romance ados. On regrettera que l’anime reste évanescent sur l’origine des phénomènes. Avis aux amateurs qui n’aurait pas fait le tour du genre.

3.5/5

Pelé

Dire que j’en ai rien à battre du foot relève de l’euphémisme. Mais j’adore les biopics. Du coup, ma curiosité m’a poussé à regarder celui sur la légende vivante du ballon rond brésilien. Donc la bonne nouvelle, c’est que même si ce sport, la FIFA, les stades, les beaufs ou la grammaire approximative de Ribéry vous filent de l’urticaire, c’est que cela ne vous empêchera pas d’apprécier ce film, découvrir une facette du Brésil méconnue ainsi que l’ascension de celui que l’on nomme Pelé. C’était étrange de voir des Brésiliens parler anglais et non portugais mais je suppose qu’on ne peux pas tout avoir… Divertissant, bien calibré pour la gloire du sport et du pays de Pelé (et non à la gloire du personnage lui-même). Je ne suis pas assez calé pour juger de la véracité de l’histoire racontée mais ça fait le job pour les ignares comme moi.

3.5/5

Friday Night Lights

Avant d’être une série de 5 saisons de qualité, Friday Night Light était un film, toujours de Peter Berg. Le film reprend globalement la trame de la première saison, avec les mêmes personnages et parfois les mêmes acteurs. La grande force de FNL est non pas de proposer un classique film de sport, avec une équipe de losers, des discours enflammés dans les vestiaires, des moments de bravoure… Non, FNL est un film nettement plus profond et s’intéresse à ce que cela signifie de jouer au football dans un trou du Texas où l’on considère ce sport sur une religion. Fardeau, contrainte, libération, promesse… chacun porte une croix avec une chaîne reliée au ballon ovale. C’est touchant, dur, intéressant mais ne mérite pas le note parfaite à cause d’une caméra un peu gerbante. A choisir également, je penche plutôt pour la série.

4/5

The Trust

J’ai un nouveau théorème : « si Nicolas Cage porte une moustache, son film sera bon ». J’attendais pas grand chose de ce direct-to-DVD, avec un acteur qui accepte tous les rôles que son agent propose pour assurer son train de vie onéreux, même – surtout – si le film est pourri et tourné au fin fond de la Moldavie. Il se trouve que c’était bien, ce film de braquage peu conventionnel. Pas le film du siècle, mais il est porté un duo d’acteurs sympathique (Cage et Frodon) sur un scénario qui se permet d’être un peu plus profond qu’il n’y parait. En fait, c’est un des rares scénarios récents qui évite l’écueil facile de tout raconter pour laisser place à des expositions et explications tacites. Bref, je recommande.

4/5

Un Fauteuil pour Deux

C’était la séance vidéo-club du mois, avec un film que je n’avais pas vu depuis genre 20 ans après l’avoir loué dans mon ancien vidéo-club qui puait le tabac. Etrangement, le film n’a pas tant vieilli que ça et il est toujours agréable à regarder. J’avais complètement oublié que Jamie Lee Curtis était au casting, aux côtés de Dan Aykroyd et Eddie Murphy (qu’il est décidément difficile d’entendre autrement qu’en français…) Ca fleure bon la nostalgie et Hollywood n’a pas encore eu la brillante idée d’en refaire un remake avec gender-swap à la mode. On ne boudera pas son plaisir devant cette comédie culte des années 80.

4/5

The Big Short

J’ai dû m’y reprendre à trois fois avant de rentrer dedans. Et même une fois dedans, c’était chaud à suivre. Car même si Margot Robbie ou Selena Gomez expliquent des concepts financiers de haute volée en termes simplifiés, ça reste tout de même hyper compliqué à suivre ! Pourtant, c’est un film intéressant qui retrace le pourquoi du comment de la crise financière de 2008 (en gros, on sait que c’est la faute aux banques, mais c’est largement plus compliqué que ça). On regrettera que le film est américano-centré (en même temps, c’est de leur faute si on a eu tout ce caca). Le casting 4 étoiles est parfait, surtout Steve Carell dont le potentiel dramatique ne cessera jamais de me surprendre.

3/5

The Nice Guys

Stop ! Arrêtez tout ! Gardez votre DVD de Turbo Kid dans le panier, mais faîtes demi-tour et demandez au même vendeur de vous indiquer le chemin le plus court vert le DVD de The Nice Guys. C’est drôle, c’est fun, ça se prend pas au sérieux, c’est intelligemment mis en scène, la musique des 70’s est cool, les acteurs prennent visiblement leur pied. Au milieu de tous les films en copier-coller qu’on est en train de se taper soit parce que c’est des mecs en collants, soit parce que c’est des reboots, soit parce que c’est des suites, soit parce que c’est des remakes, autant dire que le duo Russel Crowe – Ryan Gosling souffle comme un vent de fraîcheur sur les collines d’Hollywood ! Coup de cœur !

5/5

Switch

Voici le premier film 100% norvégien que j’ai vu. Dans le cadre de mes cours, pour être précis. Donc sans sous-titres, même dans la langue locale. Autant dire que j’ai eu du mal à piger toute la subtilité des dialogues de ses films pour ados. Ceci étant dit, Switch est un plagiat à peine éhonté de Karate Kid ! Remplacez les arts martiaux par le snowboard et voilà. Je me demande combien de producteurs et scénaristes norvégiens ont sérieusement cru que ça se verrait pas… Je veux dire : tout y est, absolument tout. Le gamin qui déménage avec sa mère célibataire à l’autre bout du pays, le héros qui tombe amoureux d’une nana qui a déjà un mec qui se trouve être le rival du héros, le rival se fait larguer par la gonz’ parce qu’il a été méchant, les humiliations du rival, le mentor qui sert d’homme à tout faire, qui est également un exilé (d’Amérique), qui prend en pitié le héros pour lui apprendre les arcanes secrètes d’un sport, le tournoi, le héros blessé au tournoi, le mentor qui rasfistole le héros au tournoi, le héros qui gagne le tournoi et la nana, l’entraînement mystique qu’on croit qu’il veut rien dire au départ… Pomme+C, Pomme+V. Littéralement. Mais comme je doute que quelqu’un regardera un jour Switch, autant que je conseille de mater à nouveau l’excellent Karate Kid ! Ou Turbo Kid

1.5/5

Now You See Me 2

Le premier volet pourrait être considéré comme « sympathique ». Genre un 2.5/5 avec un casting intéressant et une idée peu exploitée avec des magiciens mais à des lieux de qu’est Le Prestige. Et comme le premier film a fait un score décent au box office US, les exécutifs se sont dit que ce serait orignal de faire une suite… Le résultat est d’un ennui profond, accumulant des scènes de m’as-tu-vu à rallonge (comme le vol de la carte…), des couches d’épaisseur ridicule sur des personnages dont on se fichait dans le premier (Mark Ruffalo…). Globalement, le film cachetonne sur le précédent et n’a aucun intérêt. D’ici à ce que ça tourne en trilogie, y’a pas loin…

1/5

Les Délices de Tokyo

Stop ! Arrêtez tout ! Un dernier DVD dans votre panier et on en a fini avec ce mois. Les japonais ont un art particulier de filmer la vie, tout en pudeur et en contemplation, sans renfort de surexposition, de blabla ou d’effets de manche. Un film magnifique, tout simplement ! Dernier coup de cœur du mois !

5/5

Tous les dimanches, je mets en ligne une source d’inspiration pour l’écriture de mon roman Lithium Breed. Ca peut être une photographie, une chanson, une phrase… Par contre, je dis pas pourquoi ou pour quoi ça m’a parlé et la façon dont c’est digéré dans l’écriture : c’est juste pour le plaisir des yeux et/ou des oreilles (et vilement faire revenir les habitués aussi le dimanche !).

C’est parfaitement inutile, donc parfaitement indispensable.

Aujourd’hui : Fugues de Lewis Shiner. Un roman sur les voyages dans le temps et les années 70. Un roman que j’avais apprécié et que je m’étonne de ne pas avoir chroniqué ici…

Mais où est donc passée ma chronique du dernier album studio de Kiss ? En fan absolu du groupe, elle aura malgré tout mis le temps pour arriver. La faute au vinyle, tout simplement, disponible en import avec un décalage monstrueux, même pour la FNAC. Et puis écouter un vinyle, c’est pas un truc qui se fait entre la poire et le fromage, il faut prendre le temps (c’est une des principales raisons pour laquelle j’ai laissé tombé les moderneries).

Souvenez-vous, le dernier album historique était Psycho Circus, puis plus rien jusqu’en 2010 avec la sortie surprise de Sonic Boom et un nouvel line-up où Tommy Thayer et Eric Singer remplaçait Ace Freyley et Peter Criss sous les maquillages respectifs de Space Ace et Cat Man. Ce Monster arrive seulement trois ans après et vient tester la valeur et la force de « nouveau » Kiss.

La pochette 3D, réservée à l’édition CD

Force est de constater que le bisou est là et bien là, sur la scène hard rock, après 40 ans de carrière et une énergie digne des débuts !

Gene Simmons, 63 ans, et Paul Stanley, 60, tiennent toujours la barre d’un navire qui a connu bien des tempêtes depuis leurs débuts explosifs. Surtout le Star Child qui produit seul l’album et démontre que si Kiss est devenu une marque à produits dérivés, il n’en reste pas moins vrai qu’il s’agit avant tout d’un groupe de rock, avec des signatures musicales et vocales. A force de travail, de sueur et parfois de quelques compromis (vous avez dit disco dans « I Was For Loving You » ?), Kiss est toujours là, toujours reconnaissable entre mille.

Sur le cellophane de l’album, il y avec un petit sticker qui disait globalement « Que des tubes, pas de ballades, pas de bouche-trou ». Bon, personnellement, je pense que la ballade, ça fait un peu parti du hard rock et que Kiss doit aussi son succès à des choses comme « Beth ». Ceci étant dit, il faut bien reconnaître que, sous les dehors un peu provocateur du sticker et les batailles de clochers entre Paul Stanley et Steven Tyler (Aerosmith) pour savoir qui a la plus grosse, Monster sonne comme le vrai retour de Kiss aux origines de Kiss.

Alors, non, ce n’est pas le meilleur album de Kiss. Il n’y aura peut-être d’ailleurs jamais de meilleur album de Kiss si l’on compare avec les bijoux qu’ils ont sortis dans les années 70… Mais c’est le meilleur album de Kiss nouvelle génération, loin devant le Sonic Boom. Crédité sur la plupart des titres, Tommy Thayer a fait un boulot de malade pour montrer à la Kiss-Army qu’il n’avait pas à rougir d’être le Space Ace. Singer envoie de la grosse patate derrière la batterie. Simmons compose du lourd dans son style très sexué et renoue avec certains poids lourds entendus sur Love Gun, c’est probablement aussi lui qui dispose de la meilleure énergie sur les titres de l’album. Et Paul Stanley, en front lead de toujours, assure un chant posé sur la plupart des gros titres. Alors, oui, c’est un album studio avec des ordinateurs qui aident bien : car pour l’avoir entendu en vrai, sa voix fatigue doucement.

Mais on s’en fout ! Monster envoie du gros son qui rappelle les 70’s et on prend plaisir à l’écouter, à le ré-écouter. Il est bien difficile de trouver dans l’album des perles qu’on écoute en boucle comme on en trouve instinctivement sur les plus vieux albums, mais je suppose que ça viendra avec le temps et les prestations live. Les bons candidats restent « Hell or Hallelujah » (festif et très clairement calibré pour du stade), « Freak », « Back to the Stone Age », « Shout Mercy » et le « Take Me Down Below » chanté par le duo Simmons/Stanley (ce qui n’était pas arrivé depuis trop longtemps). Il est possible que les bons candidats soient juste une réflexion de mes préférés…

Si la galette reste sobre (j’aurais tellement voulu une impression vinyle un peu funky avec de la couleur ou une image), il faut bien reconnaître que la pochette est très, très moche ! Photoshopée à mort pour faire paraître les vétérans plus jeunes et mise en scène bidon, cette photo est hideuse. On regrette qu’il n’y ait pas eu un directeur artistique pour nous pondre un truc plus sympa… M’enfin, on peut pas tout avoir.

Entrés à 4 dans les studios, on sent dans ce Monster la cohésion du groupe, qui compose, joue et prend du plaisir ensemble. Vingt album studio et Kiss n’a pas perdu de sa superbe ; il prouve que c’est dans les vieux pots – avec des vieilles recettes qu’on fait vraiment les meilleures soupes ! Pas le meilleur, mais du très bon tout de même.

La track-list de Monster :

  1. Hell or Hallelujah
  2. Wall of Sound
  3. Freak
  4. Back To The Stone Age
  5. Shout Mercy
  6. Long Way Down
  7. Eat Your Heart Out
  8. The Devil Is Me
  9. Outta This World
  10. All For The Love Of Rock & Roll
  11. Take Me Down Below
  12. Last Chance

Ah… Sinon j’ai pris le temps d’écouter le dernier album d’Aerosmith. Paul Stanley avait dit que la musique solderait les comptes entre Tyler et Kiss, il avait raison : Aerosmith peut aller se rhabiller !

Control est un film de Anton Corbijn (The American) avec Sam Riley (24 hour party people), Samantha Morton (Minority Report) et Alexandra Maria Lara (The Reader), sur un scénario de Matt Greenhalgh (Nowhere Boy) d’après le livre de Deborah Curtis, Ian Curtis et Joy Division, Histoire d’une vie.

Control s’attache à retracer la fulgurante vie de Ian Curtis, le leader du groupe de rock anglais mythique Joy Division. En l’espace d’une poignée de mois, Joy Division est passé de statut de groupe underground à celui de groupe mythique. Ian Curtis, poète et fan de David Bowie, enfant de Manchester, va connaître une ascension qu’il ne sera pas capable de maîtriser, tiraillé entre une vie de famille oppressante et une autre femme. Ian Curtis mettra fin à ses jours le 18 mai 1980, à la vieille d’une tournée américaine…

Je répète à loisir que j’adore la musique des années 70, de David Bowie à Iggy Pop en passant par Led Zep. Naturellement, quand un film musical sort sur cette époque, je le regarde. Parfois, c’est un peu mauvaise pioche (Velvet Goldmine que je n’ai pas spécialement apprécié), parfois, c’est carrément génial (The Runaways ou Almost Famous). Pour le coup, Control est très clairement dans la deuxième catégorie !

Quelques mots sur Joy Division pour ceux du fond qui ne seraient pas déjà allés voir sur Wikipédia.

D’abord nommé Warsaw, en hommage à la chanson Warszawa de David Bowie (Low), Joy Division nait en 1978. Le nom fait référence à ces femmes juives utilisées en qualité d’esclaves sexuelles par les Nazis. Autant le dire tout de suite, la musique de Joy Division ne respire pas la joie de vivre ; sombre, froide, mélancolique limite glauque et empreinte de désespoir, elle est à l’image de la vie en Grande-Bretagne à la fin des années 70 (récession économique, Magaret Thatcher et compagnie).

Succès fulgurant, Curtis devient rapidement une icône et son caractère naturel (sombre et solitaire) ne l’avait pas préparé à cette gloire (au contraire d’un David Bowie, par exemple). De plus, il souffre d’épilepsie à une époque où les crises n’étaient peut-être plus considérées comme une manifestation du Malin mais sans traitement viable. Entre la maladie et ses problèmes personnels, il tentera plusieurs fois de mettre fin à ses jours. Après sa mort, les membres du groupe fonderont New Order.

A la base du mouvement New Wave (Depeche Mode, INSX, Indochine et j’en passe), le véritable succès arrive en même temps que l’album Unknow Pleasure, sorti en 1979  (même si Closer est souvent considéré comme la masterpiece du groupe, bien que paru après la mort de Curtis).

Ecrire un biopic (un film biographique) ne doit pas être une mince affaire. D’une part parce que, même si c’est la rocambolesque carrière d’un rocker, la vie n’est pas calibrée en 3 actes avec la juste variation de positifs et de négatifs pour satisfaire une audience exigeante. D’autre part parce que dans le cadre de la vie de Curtis, on a plus souvent l’impression qu’elle n’est faite que de bas…

Pourtant, le scénario suit les aventures professionnelles et personnelles du charismatique chanteur sans temps mort (en dépit d’un rythme lent). Chaque élément de la vie de Curtis (mariage, première scène, rencontre avec Annik, naissance de sa fille, épilepsie, etc.) tend à décrire son état émotionnel et l’impasse dans laquelle il était arrivé. Le film porte un regard juste et objectif sur 3 ans de sa vie, les plus fous et les plus sombres, de manière à montrer comment un jeune homme de 23 ans, aux portes d’une gloire en passe de rentrer dans l’Histoire du rock (la fameuse tournée américaine), choisit de mettre fin à ses jours.

Bien sûr, on pourra mettre cela sur le compte de la maladie (même s’il avait tendance à en jouer dans les prestations scéniques) ou sur le caractère chaotique de sa vie entre ces deux femmes qu’il aimait de façon différente ; et cela ne serait sûrement pas faux. Mais comme souvent, le suicide d’un artiste est souvent conditionné par un mal-être bien plus profond, résultante d’une demande sans cesse renouvelée d’un public exigeant qui n’a que faire des états d’âme d’un rocker. Il suffit de regarder l’histoire pour avoir des exemples, l’un des plus récents et des plus similaires est sans conteste la vie et la mort de Kurt Cobain (Nirvana).

Derrière la caméra, nous avons la chance de ne pas avoir un opportuniste, mais un vrai amoureux du groupe. Anton Corbijn a d’ailleurs réalisé le clip de Atmosphere en 1988, et c’était un film qu’il avait besoin de faire, pour tourner la page, comme il dit. Filmé en noir et blanc, les images et plans choisis sont riches en métaphores et effets visuels simples et efficaces (deux personnages situés aux extrémités de l’écran pour signifier leur décalage affectif, Sam Riley filmé depuis l’intérieur du parc de sa fille pour signifier la prison qu’est sa vie familiale, etc.). On sent l’ancien photographe derrière chaque plan. Cannes ne s’y est pas trompé (et pourtant, le festival de Cannes et son palmarès, il me passe carrément au-dessus) en lui décernant quelques judicieux prix liés à sa mise en scène. Entre pudeur et romantisme noir, je ne vois pas comment il aurait été possible de faire autrement un film sur la vie de Ian Curtis !

Les acteurs semblent tous investis dans leur rôle et nous servent des prestations touchantes ou exaltées, à l’image de la vie de ce groupe de rock hors-normes. Mention spéciale à Sam Riley qui se glisse dans la peau de Ian Curtis plus vrai que nature dans son bouleversant tourment existentiel.

Enfin, il serait impensable de ne pas mentionner la bande originale d’un film sur Joy Division. On retrouvera She’s Lost Control, Love will tear us apart ou Atmosphere. On notera aussi une reprise de Shadowplay par The Killer, What goes on de The Velvet Underground, Problems par les Sex Pistols, Drive in saturdayTransmission et Warszawa de David Bowie, Sisters Midnight de l’album The Idiot d’Iggy Pop (produit par Bowie), celui que Ian Curtis s’est passé en boucle alors qu’il rédigeait la lettre décrivant ses intentions finales… Bref, si vous aimez les 70’s et Joy Division, vous serez aux anges (et si vous n’aimez pas mais que vous allez tout de même vous chercher la galette de Control, j’aurais pas perdu ma journée ni le temps dédié à cette chronique).

Control est un superbe film, un bel et touchant hommage à la vie de Ian Curtis, que je recommande plus que vivement – bien évidemment à tous les amateurs de Joy Division, mais aussi à tous les curieux. Une vraie et magnifique réussite !

Nan, sans dec’, matez ce film !