Articles Tagués ‘3D’

Independence Day: Resurgence

J’avais entendu plein de mauvaises choses sur la suite d’ID4, et le bide au box office tendait à confirmer les dires. Mais bon, comme il est bon de se faire une idée par soi-même, j’ai entrepris de mater la résurgence qui fleure bon le décérébrage en règle. Pour poser les choses clairement, c’est moins bon que le premier (donc ça pose certaines bases rapport à votre propre système de valeurs) mais ça ne mérite pas le lynchage qu’il a connu. J’ai même été étonné d’apprécier certains moment du film. A ma décharge, vous avez pu constaté à quel point le mois de Septembre à rabaisser toutes les exigences que je pouvais avoir envers Hollywood. Donc, ID4-Resurgence, c’est pas le film de l’année, loin de là, mais ça remplit largement l’objectif d’une soirée pop-corn sans prétention, avec le cerveau aux abonnés absents. Au moins, on n’est pas trompé sur la marchandise : c’est du Roland Emerich, ça casse pas trois pattes à un canard, mais ça fait le job… largement mieux que n’importe quel autre blockbuster de cet été !

3.5/5

Atari: Game Over

Ce documentaire s’adresse probablement avant tout aux trentenaires qui ont connu les glorieuses années Atari et qui s’intéressent un peu au milieu du jeu vidéo. Mais les jeunes feraient tout aussi bien de s’y intéresser, ils pourraient deux trois trucs intéressants sur leur média favoris. On suit donc les aventures d’une équipe d’archéologues du dimanche qui a décidé de retrouver les fameuses cartouches ET sur Atari 2600, le jeu le plus mauvais du monde qui aurait fait tellement honte à Atari que la société aurait décidé d’enterrer toutes les cartouches dans le désert. SAUF QUE. Il y a la légende urbaine et il y a la vérité. Et ce docu s’intéresse avant tout à débunker le mythe ET. Certes le jeu est pas terrible, mais de là l’enterrer… Alors on va revivre les années années Atari par l’intermédiaire d’interviews de gens de l’époque, ce qui nous permet de mieux comprendre comment se fabriquaient les jeux et comment la crise de 83 a réellement coulé Atari. C’est vraiment intéressant, historiquement parlant. On déplorera l’intervention de bouche-trous (genre l’écrivain de Ready Player One) et un manque de données plus techniques mais globalement c’était vraiment intéressant à regarder ! Et une fois que vous l’aurez vu et que vous comprendrez la manière dont ET a été fait, vous ne pourrez plus dire que c’est le jeu le plus mauvais du monde ni qu’il a coulé Atari !

4/5

Kingsglaive (Final Fantasy XV)

Pour être tout à fait franc, j’en avais rien à carrer de FFXV et c’est la curiosité de mater un film 3D made in Square Enix qui m’a poussé vers cette production. Je fais partie des rares défenseurs des Créatures de l’Esprit (rien que le fait de savoir que ce premier long métrage a entièrement été animé à la main sans recours à la motion capture devrait forcer le respect de chacun) et Advent Children a pour lui d’être joli à regarder. Mais ce Kingsglaive, il se positionne dans une stratégie cross-marketing douteuse pour « hyper » la future production vidéoludique (donc, pétri de préjugés sans fondement, je l’ai abordé comme tel). Et c’était d’autant plus mal barré qu’on se tape une scène d’exposition foireuse et un montage épileptique sur la première scène de bataille. Bref, ça partait hyper mal. Et puis, à ma grande surprise je me suis retrouvé happé par l’univers et les enjeux (même si le placement de produit Audi est scandaleux), les choses escalades assez vite, y compris la qualité de l’animation que scotche réellement quand tout se met à dégénérer et fait passer Warcraft pour du travail d’arabe. Hormis quelques plans foireux et des animations faciales parfois à la ramasse, il faut bien reconnaître que ça décolle la rétine et met à l’amende n’importe quelle production 3D du moment. Comme je le disais, on pourra déplorer un début beaucoup trop alambiqué et un univers complètement hermétique pour le néophyte mais une fois dedans, ça passe tout seul. On notera également l’absence de personnage féminin fort et des retournements de situation prévisible. Mais force est de constater qu’il souffle un véritable souffle épique sur le film et qu’on passe un agréable moment. Et vous savez quoi, si j’en avais rien à carrer de FFXV avant, je suis désormais hyper hypé et j’ai hâte qu’il sorte sur PC (genre dans 150 ans) ! Ils sont forts chez Square Enix, ils sont forts…

4.5/5

Nerve

Là encore, c’était pas gagné d’avance vu je n’apprécie pas particulièrement l’actrice Emma Roberts ni son partenaire de jeu. Pas plus que j’apprécie le jeu « Action ou Vérité ». Où les réseaux sociaux de manière générale. Donc, bon, j’y allais à reculons. Au final, c’était moins nul que ce à quoi je m’attendais, voire même c’était sympathique. Le sujet n’est pas forcément nouveau sur les dérives des réseaux sociaux, de la quête de buzz, sur les réseaux underground… Le film a pour lui une certaine fraîcheur dans la mise en scène, surtout au début. Après, on va pas se mentir, c’est clairement un film pour ado et, en soi, c’est cool de voir qu’on commence à voir le bout du tunnel des adaptations de bouquins.

2.5/5

Mr Church

Comme tous les enfants des années 80, Le Flic de Beverly Hills trône assez haut dans ma liste de films les plus vus et les plus appréciés de l’époque. Eddy Murphy est un acteur que j’apprécie dans cette décennie, avant qu’il s’enlise dans des films à l’humour douteux. Depuis plus de 10 ans, j’ai boycotté tous ses films jusqu’à Mr Church dont la bande annonce m’avait intrigué. Il s’avère que Mr Church est un film incroyablement humain et qu’Eddy Murphy y trouve sa rédemption à mes yeux. La force du film, c’est son côté « vrai »  (très loin des « hé mec ») et c’est pour ça que ça marche et c’est un coup de cœur.

4.5/5

Stranger Things

J’ai enfin pris le temps de regarder la série phénomène de cet été et je dois admettre que ça mérite amplement le buzz qu’elle a reçu. Tout est absolument génial. L’histoire, l’ambiance, la musique, les acteurs, les références, le rythme… TOUT. C’est à voir absolument, point barre ! Je nuancerai toutefois mon propos en pointant du doigt la prestation de Wynona Rider beaucoup trop « over the top » et un abus de références qui passent de « oh, je vois ce que vous avez voulu faire » à « oh, c’est bon, on a compris, vous pouvez les faire moins obvious s’il vous plait ». Mais à part ça, c’est une vraie perle ! Qu’il va être long d’attendre la saison 2 de la série des Duffer brothers…

4.5/5

Bad Moms

Encore une comédie sortie un peu de nulle part qui a trusté le box office américain. Je me demande si c’est pas finalement symptomatique de l’effet « on essaie – pour une fois – de vous proposer d’un scénario qui soit vaguement différent et non une suite, reboot, préquel, remake », ce genre de petites surprises au box-office. En tout cas, c’est largement plus rigolo que de voir des mecs en collants faire de la bagarre. Il n’y a rien de particulièrement novateur, c’est finalement assez bien pensant, mais ça fait le boulot de vous divertir pendant une heure trente.

3/5

Imperium

La carrière post-Harry Potter de Daniel Radcliffe frôle le sans faute ou presque (Now You See Me 2). Imperium ne déroge pas à la règle et, s’il n’a pas la puissance d’American History X, Imperium dévoile la facette trumpesque des USA avec tout ce qu’elle peut avoir d’effrayant : les neo-nazis. C’est assez intéressant à voir et de réaliser le large spectre d’intolérance et de groupuscules différents tous plus frappés les uns que les autres dans leur haine aveugle. Le scénario manque un poil de tension pour être réellement parfait mais Radcliffe et les enjeux du terrorisme interne portent le film. A voir !

4/5

Batman: The Killing Joke

The Killing Joke est l’un des comics fondamentaux de Batman, aux côtés de Long Halloween ou The Dark Knight. Un chef d’oeuvre quasi-inadaptable sur un autre support. Et pourtant, avec la nouvelle ligne éditoriale sombre des films DC, la branche dessins animés a dû se dire que c’était une bonne idée de faire l’adaptation maintenant. Et le résultat est une purge sans nom ! C’est long, c’est chiant, ça prend des libertés loufoques avec le matériau de base, ça n’a absolument pas le côté subversif de la plume d’Alan Moore… C’est nul ! A jeter !

0.5/5

The IT Crowd

Je me suis refait une fois de plus l’intégrale de la série anglaise qui a inspiré The Big Bang Theory (et qui, très accessoirement, met KO la série US dès la première vanne sans lui laisser la moindre chance – oui, je ne suis pas hyper fan de TBBT). Je suis hyper fan de The IT Crowd, c’est une véritable merveille malheureusement trop courte (6 épisodes par saison seulement) Si vous ne l’avez pas vue, arrêtez ce que vous êtes entre train de faire et matez-la illico ! Vous réaliserez à quelle point votre vie était terne avant !

5/5

Shadowrun: Dragonfall est un jeu développé par Harebrained Schemes disponible sur PC, Mac et tablettes.

Vous êtes un runner fraîchement débarqué à Berlin. Au cours de votre première mission avec une vieille connaissance, tout va nécessairement partir en couille en cinq minutes et vous embarquer dans des machinations conspirationnistes avec un dragon.

Du Shadowrun classique, quoi ! Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est Shadowrun, il s’agit à l’origine d’un jeu de rôle papier futuriste et cyberpunk qui intègre de lourds éléments de fantasy comme les nains, les elfes et la magie. Un mix de genre, en somme. J’ai eu l’opportunité d’être joueur sur une campagne Shadowrun d’un an. Si j’apprécie les jeux futuristes, ils ont pour moi l’inconvénients d’être des usines à gaz en terme de micro-gestion (notamment l’inventaire) souvent au détriment du plaisir de jeu. Pour cette campagne, j’avais donc choisi de faire un avocat pur mage qui ne savait pas se battre, ni au corps-à-corps ni à distance, qui n’avait aucun sort de combat (que de l’illusion), qui ne pigeait absolument rien aux ordinateurs et qui comptait uniquement sur sa chance naturelle et sa grande gueule pour s’en sortir. En un an de Shadowrun, mon personnage avait réussi l’exploit de ne tuer aucun PNJ et celui d’avoir sa tête mise à prix par le reste des joueurs autour de la table (une sombre histoire de triple bluff qui a failli coûter la vie des autres runners et qui m’avait rapporté un paquet de thunes sur leur dos…). Bref, je m’étais super amusé !

Du coup, j’étais curieux de revenir à l’univers de Shadowrun. Et à défaut d’avoir une table réelle, il y a les jeux vidéo. Dont ce Dragonfall récupéré sur une promo Steam.

Il s’agit d’un jeu tactique au tour par tour dans lequel vous dirigez une escouade de runners. Exactement comme X-COM. Sauf que X-COM est laaaaaargement mieux à tous les niveaux, surtout technique et tactique. Les combats ne sont pas spécialement compliqués, tant au niveau de leur difficulté que sur la façon de les appréhender. En effet, vous ne disposez que de 4 membres à gérer parmi un choix de 4 PNJ principaux et des mercenaires dont vous vous ficherez… Les possibilités de personnalisations pour vos coéquipiers ne sont pas folichonnes et vous finirez probablement par vous trouverez une équipe qui roule sans trop vous poser de questions et qui dépendra essentiellement de votre propre choix de classe.

Votre classe sera à déterminer parmi street samurai (CàC ou distance), mage (pur, adepte ou shaman), rigger (decker ou drone) avec finalement assez peu de personnalisation comparée au matériel de base. J’ai fait un pur mage. Rétrospectivement, c’était sûrement pas le meilleur choix, le jeu faisant clairement la part belle aux protagonistes orientés « matrice » de part les choix possibles (allez dans la matrice, utiliser son intelligence, etc.).

Le jeu est un portage de version tablette (ou, dans le meilleur des cas, simplement pensé pour être multiplateformes). En d’autres termes :

  1. c’est esthétiquement moche sur PC (sur tout ce qui est 3D, les décors 2D sont jolis à regarder)
  2. c’est fonctionnellement très limité
  3. c’est ergonomiquement assez pourrave.

Sur l’histoire, comme je le disais plus haut, c’est très classique pour du Shadowrun. Une mission tourne mal et vous vous retrouvez au cœur de machinations qui vous dépassent avec un potentiel catastrophe qui croit à chaque retournement de situations (tous plus ou moins attendus, ou devinables pour peu que vous ayez fait un peu du jeu de rôle papier avant). Considérant son héritage, l’accent est mis sur le role-play et sur la façon dont vous déciderez d’incarner votre personnage. Dans les dialogues, certes, mais aussi sur des décisions en jeu pour gérer certaines crises. En soi, c’est super. Dans la pratique, c’est sous-exploité : vous n’aurez que très rarement des conséquences sur vos décisions et aucun arbre narratif. Vous suivez une trame narrative dont vous ne dévierez pas et dans laquelle je ne me suis pas spécialement senti investi en dépit de mes choix extrêmes. Mais au moins, vos co-équipiers ont des histoires personnelles intéressantes…

De plus, je l’ai trouvé assez mal équilibré. En tant que mage, j’ai finalement assez peu eu l’occasion de briller dans les dialogues, rarement en combat (sauf à la fin du jeu avec les sorts les plus puissants et les stats boostées au max. Il manque pas mal de fonctionnalités basiques (genre donner un item à un coéquipier en mission) et son côté simpliste réussira à attirer le joueur occasionnel mais laissera sur le carreau ceux qui cherchent un jeu de la trempe de X-COM.

Le jeu est normalement disponible pour 15 euros. Ce que je trouve personnellement trop cher pour un jeu de ce calibre. Car en dépit de sa durée de vie (30-40 en hard), il reste pas moins vrai que ce n’est qu’un jeu de qualité « tablette », un portage au frame-rate chancelant et aux bugs présents (et bien présents, une demi-douzaine de crashs et autant de combats à recommencer de zéro…). De plus, les réfractaires à l’anglais pourront carrément passer leur chemin car il n’y a pas de traduction proposée.

Shadowrun: Dragonfall est un jeu sur lequel j’ai passé un agréable moment sans pour autant être porté par le jeu. A réserver aux amateurs du jeu de rôles papier ou à ceux en manque de jeu tactique au tour par tour… De préférence en période de promotion.

Summer Wars est un long métrage d’animation réalisé par Mamoru Hosoda (Les Enfants Loups, Ame et Yuki) et le studio Madhouse (Redline). Distribué chez nous par Kaze.

OZ est un monde virtuel à l’échelle mondiale. Tout le monde possède son petit avatar, l’univers est découpé en ville, les applications en ligne se compte en milliards et même les entreprises les plus reconnues possède une façade électronique pour être représentées. En gros, OZ, c’est l’internet de dans 50 ans. Sauf que l’histoire se passe en 2010. Passons. OZ est génial. Sauf que OZ est piraté par une intelligence artificielle et que c’est l’économie mondiale et la sécurité (physique ou virtuelle) de chacun qui est en jeu. Qui va pouvoir se soulever et mater l’IA gourmande ?

Voilà pour les grandes lignes. Mais ce serait occulter ce qui se passe en dehors de OZ et qui occupe la plus grande partie du film. En effet, l’histoire est celle de Kenji, 17 ans, lycéen qui a échoué de peu aux Olympiades mathématiques. Oui, c’est ça, un gros nerd. Sur un malentendu, Kenji se retrouve embarqué à Nagano pour se faire passer pour le petit ami de Natsuki (encore une tsundere, tiens…) à l’occasion des 90 ans de sa grand-mère. Vous l’aurez compris, Kenji, c’est probablement celui qui devra affronter OZ, une famille étrangère, une grand-mère étrange et un tas de quiproquos.

Lors de sa sortie en 2010, je m’étais dit que ce serait vachement bien que j’aille le voir au cinéma. Manque de bol, j’ai pas pu. Ca aurait pourtant bien claquer sur grand écran. En 2010 toujours, je m’étais fait une idée complètement absurde du pitch : les avatars d’un MMO sortaient de leur univers pour prendre le contrôle du monde réel… Rien à voir avec la choucroute, donc.

Et c’est pas plus mal, car sous ses dehors de film ultra-techno-nerd, il s’avère que le vrai propos du film est complètement détaché de OZ ou des mondes virtuels. Le film se déroule pendant l’été, dans une très verdoyante campagne, au milieu d’une famille nombreuse et soudée. Le choc des mondes entre l’hyper-internet et le côté intimiste de cette famille est pour le moins flagrant, l’un et l’autre se contrebalançant en permanence pour appuyer les différents propos et thème sous-jacents :

  • Les dangers de l’infomatique non maîtrisé
  • L’importance de la famille
  • L’importance de se serrer les coudes, même en tant qu’étranger et surtout en temps de crise
  • Le passage à l’âge adulte (pour Kenji et Natsuki) si cher aux Japonais
  • Les valeurs familiales
  • Le courage et le surpassement de soi
  • Le deuil
  • Tradition vs modernité

Des thèmes que je qualifierai de « typiquement japonais ». Tous bien retranscrits et exploités, avec justesse et finesse, sans renforts de mots ou de poudre aux yeux. On retrouve dans la réalisation de Mamoru Hosoda une délicatesse rare et appréciable, un talent indéniable qui contribue à la très grosse réussite de ce film tant au box-office japonais que dans les divers festivals d’animation internationaux. J’avais déjà ressenti cela en matant son précédent film, The Girl who leapt through Time, et force est de constater que c’est devenu un réalisateur qui compte réellement dans le milieu et dont les amateurs attendent chaque nouveau film avec impatience.

Riche, complexe, en couches superposées, Summer Wars s’apprécie sur plusieurs degrés de lecture, grâce à une écriture subtile, une écriture fine et des personnages fouillés et attachants. J’allais faire une métaphore avec un tiramisu, je me suis retenu, mais l’idée gustative est là. Film catastrophe, d’anticipation, familial, d’adolescents… difficile de le cataloguer tant il jongle avec virtuosité sur plusieurs genres.

Bon, par contre, je vais pas vous la faire à l’envers, on se situe au niveau ++ du film d’animation, du genre qu’il sera délicat de placer devant des mirettes complètement néophytes (commencez par du plus accessible, genre Totoro…).

Bon, c’est bien les films contemplatifs sur fond de ciel bleu sans nuage et de cigales, mais dans Summer Wars, il y a War, et le film sert à l’amateur des combats bien shonen avec du poing qui va dans la gueule, des gros moments de tension, des cliffhangers de ouf, des climax de folie et des hurlements quand on appuie sur la touche « Entrée » qui vous feront jubiler sur votre canapé.

Le design de OZ est certes particulier et ne manquera pas de  choquer l’œil non averti ou habitué aux univers virtuels made in USA (j’étais pas averti avec mon pitch bidon, je le dis, ça m’a surpris). De base, je ne suis pas fan de la 3D dans les films d’animation, mais je reconnais sans mal que son utilisation et le choix couillu du design permet de renforcer le clivage technologie/tradition susnommé. Une fois qu’on est dedans, on s’y fait très vite. Je dirais même plus : une fois qu’on est dedans, ça déboite un poney !

Summer Wars est à l’image du Japon d’aujourd’hui : à la recherche d’un équilibre entre ses valeurs traditionnelles et sa conquête technologique. Oeuvre ambitieuse et complexe mais parfaitement maîtrisée, le film est une vraie réussite, une petite perle à placer sur l’étagère des Hayao Miyazaki et des Satoshi Kon. Un indispensable quoi !

Rango est un film de Gore Verbinski (Pirates des Caraïbes), également scénarisé par John Logan (Le Dernier Samourai), avec Johnny Depp (Blow), Isla Fisher (Confessions d’une accro au shopping) et Abigail Breslin (Definitely, maybe). Entre autres.

Animal de compagnie acteur mais sans réelle identité, un caméléon va échouer dans une petite ville en crise. L’opportunité est parfaite pour s’inventer un nouveau rôle et devenir le nouveau shérif : Rango est né ! Sauf que ce job implique un certain nombre de responsabilités et des prises de risque, et le héros affabulateur va devoir assumer ses choix et son identité.

Rango fait partie des films sur lesquels j’étais complètement passé. La faute à une bande annonce pas hyper vendeuse, à un design qui me laissait particulièrement froid et le manque d’une carte cinoch illimitée pour aller tout et n’importe quoi. Et puis un ami m’a convaincu de m’y intéresser. Et force est de constater que j’ai bien fait. Rango est vraiment cool !

Comme je disais le design est particulier. Un peu réaliste, un peu comique… pas ce qu’on a l’habitude de voir avec Pixar ou Dreamworks. Il faut croire que je commence moi-même à être formaté… J’ai toujours eu un peu de mal avec certains choix de chara-design mais ceci étant dit, les gars d’ILM ont fait un super taf et c’est finalement très agréable à regarder et techniquement au top (poussière, flotte, animations…). Le plus délicat, c’est de rentrer dans l’univers de l’accepter tel quel (genre le serpent à sonnettes, sa queue c’est une mitrailleuse…) sans trop se poser de questions car l’absurde est une composante de ce film à part entière.

Derrière l’animation se cache en fait une véritable direction d’acteurs de la part de Gore Verbinski qui faisait jouer Depp, Fisher et compagnie sur une scène avec des accessoires (flingues, chapeaux, portes…) de façon à avoir des prises de son hors studios avec des expressions émotionnelles en résultante du jeu et comme si c’était du théâtre. Les jeux d’acteur servaient ensuite de bases aux animateurs qui pouvaient très largement des prises de vues réelles et expressions faciales pour créer Rango et ses amis. Au final, c’est transparent pour le spectateur, mais si on compare avec d’autres films d’animation (Kung-Fu Panda ou Cars par exemple), on se rend compte que Rango possède un truc en plus : une vie, des émotions, du charisme, à vous de voir.

Bien sûr, comme toujours dans les excellents films, il faut saluer avant tout le scénario. Il reste peut-être un peu classique mais c’est une petite réussite pour tous les amateurs de western comme moi qui trouveront référence à foison (trilogie de l’homme sans nom, 7 mercenaires, etc. et y compris des références plus pop… comme le seigneur des anneaux) et autres « clichés » détournés pour une plongée jubilatoire au coeur de l’univers des cowboys. On retrouve la plupart des thèmes chers au western comme le héros solitaire, la petite ville a défendre, les politiciens véreux, les duels, les vilains très vilains, la donzelle à sauver… Ajoutons à cela une bonne dose d’humour pour le moins raffiné (j’étais peut-être fatigué au moment de le regarder, mais ça m’a vraiment fait sourire ou marrer à de nombreuses reprises !) et plusieurs degrés de lecture (la découverte de soi, l’impact du capitalisme autour de l’eau, le passage à une nouvelle ère…), et vous avez un film de très bonne facture. Un film qui de surcroît plait autant aux plus jeunes pour son personnage principal attachant comme aux plus vieux pour sa grande richesse.

Rango a également reçu l’Oscar et le BAFTA du meilleur film d’animation. Les prix, on en pense ce que l’on veut, mais c’est l’air de rien un bon indicateur…

N’oublions pas non plus la musique pour nous mettre dans l’ambiance, une réalisation qui joue à fond sur les codes du genre, des acteurs qui s’amusent visiblement… Que dire de plus ? Rien.

Ne faites pas comme moi et ruez-vous sur Rango ! Sortez votre chapeau de cowboy et plongez-vous avec délectation dans la peau du lézard un brin mythomane, vous ne le regretterez pas !

Street Dance 3D est un film réalisé par Max Giwa et Dania Pasquini avec Nichola Burley (Love + Hate), Charlotte Rampling (Never Let Me Go) et plein d’autres danseurs qui se font acteurs.

Carly et son groupe de street dance viennent de se qualifier pour la finale des championnats anglais. Mais le départ de Jay, son partenaire et petit ami, remet tout en cause. Pas de bol, hein ? Sans salle de répétition, c’est encore plus la galère pour s’entraîner. C’est alors qu’intervient le hasard et Helena, professeur à l’Académie de Ballet de Londres. Celle-ci lui propose gratuitement une salle pour s’entraîner si elle prend dans son groupe 5 danseurs classiques. Le choc des cultures va être violent…

Enfin, violent… Rassurez-vous jeunes filles en fleur qui passeraient par hasard sur ce blog, on ne verra pas une goutte de sang. Car Street Dance 3D, c’est avant tout un film sur la tolérance et les mérites du travail honnête. Pour ceux qui s’étonnent que je chronique un film de danse, c’est parce que je l’ai piqué à ma maman, dans sa DVDthèque.

Parce que je possède un fond de curiosité mal placée, tout simplement. Et puis, parce que j’aime bien les films de genre. Et que le film de danse (ou basé sur un art, comme le chant… ou des pom-pom girls) est un film de genre, très proche du film de sport dans sa construction en fait :

  • A la fin, il faut une épreuve importante, capitale même !(genre la finale d’un truc) (attention, la victoire des gentils est accessoire durant cette épreuve, ça va dépendre de la morale à insuffler dans l’histoire… et de la pression des projections-tests)
  • Toujours à la fin, il faut qu’on croit que, jusqu’au dernier moment, les méchants vont gagner (parce que l’équipe n’est pas au complet, qu’il manque la clef de voûte, etc.),
  • Il faut placer un tas de plans de coupe courts qui montrent l’équipe en train de s’entraîner dur, tout le temps,
  • L’antagoniste, c’est toujours l’équipe adverse, que l’on rencontrera durant l’épreuve importante de la fin,
  • Bien sûr, il faut que l’antagoniste rencontre les gentils plus tôt dans le film et qu’il leur mette une bonne rouste de façon à ce que les gentils se disent « Nan, mais ils sont trop forts, ça sert à rien »,
  • Comme ça, ça donne l’occasion au leader des gentils de faire son beau discours pour remotiver les troupes (souvent – toujours – à base de « restons-nous même et prenons avant tout du plaisir dans ce que nous faisons »),
  • Mais avant de faire des beaux discours presque totalement improvisés, le gentil doit affronter une crise d’identité dans laquelle il n’a pas totalement fois dans ses compétences,
  • Il faut que les gentils connaissent des dissensions au sein de leur groupe, que des personnalités fortes s’affrontent au départ de façon à ce que tout le monde se rendent compte vers le milieu du film (après la rouste des méchants et le discours du leader) que c’est ensemble et de leurs différences que naîtra leur victoire durant l’épreuve finale.

En gros.

Prenez American Girls, The Indians, High School Musical, Bandslam, Youngblood et plein d’autres qui ne me viennent pas instantanément à l’esprit, vous verrez que la structure est strictement la même, celle décrite ci-dessus.

La bonne surprise en mettant la galette dans le lecteur, ce fut de voir le logo de la BBC. J’ai donc pu profiter de cet agréable accent britannique (indécrottablement associé au Doctor Who… d’ailleurs, il manquait de Dalek ce film…). Il faut savoir aussi que Street Dance 3D est le premier film européen en prises de vue réelles entièrement en 3D. Ca vous la coupe, hein ? Comme je l’ai maté en 2D, bah, ça n’apporterait rien, hormis les habituels plans bidons qui doivent impressionner quand on a une paire de lunettes débiles sur le nez.

Street Dance 3D est né de la volonté du producteur fan de film de danse (Dirty Dancing, Footloose et compagnie) de produire un film de danse à la mode. Surfant sur le succès de Sexy Dance sorti 4 ans plus tôt et la révélation de La Grande-Bretagne a un incroyable talent (un groupe de street dance que l’on retrouvera dans le film), le film est mis en branle et des réalisateurs-clipeurs débauchés. Commandé auprès d’un scénariste pas vraiment connu (enfin, au moins de ce côté de la Manche), le film va scrupuleusement suivre mon schéma précédent. Tellement scrupuleusement que le film en perd toute saveur du fait de son manque totale de surprise. Enfin, c’est pas comme si on n’avait pas déjà compris que le film étant une excuse pour se faire une montagne de fric rapidement…

En gros, vous n’irez pas regarder Street Dance 3D de la même façon que vous regarderiez Taxi Driver (oui, je place Street Dance 3D et Taxi Driver dans la même phrase si je veux !). Vous ne le regarderez ni pour son scénario ni pour sa qualité d’interprétation (globalement pas terrible puisque souvent les acteurs sont danseurs avant tout). Je ferai une exception pour Nichola Burley (oui, c’est une fille) qui – d’après la légende du making off pas vraiment en accord avec wikipédia – ne savait pas danser avant le film et nous livre une prestation pour le moins acceptable en nouvelle meneuse de groupe. Et je ne dis pas uniquement cela parce qu’elle est mimi…

Si ce n’est pour son scénario ou ses acteurs, vous regarderez Street Dance 3D parce que vous kiffez grave les films de danse. Ou que vous êtes bien peu exigeants avec que vous mettez sous vos yeux (comme moi, quoi). Par contre, de la street dance, vous allez en bouffer. Tant et si bien que le film se relève bien plus du fan-service que du 7ième art. Vous sentez bien l’influence du producteur qui veut mettre absolument dans son film des stars du milieu : s’en suivent 2 scènes sans aucun intérêt pour le scénario mais joliment exécutées.

Ajoutons à cela quantité de plans bouche-trous avec des plans sur Londres. Pour rappeler que c’est un film européen, oui madame !, et que nous les européens, on n’a pas peur de mettre des plans qui servent à rien et de dire dans le making qu’on voulait faire en sorte que Londres deviennent un personnage à part entière du film…

Parmi les choses qui ne servent à rien, on notera aussi des personnages un peu en carton et l’utilisation de la caméra dite Matrix pour faire style. Supprimez tout ce qui ne sert à rien pour faire avancer l’histoire et vous obtenez un film de 70 minutes, nettement plus digeste.

A part ça, vous aller aussi bouffer de la musique de rue en permanence. Un salut vous sera accordé avec le Lac des Cygnes. Bref, ça manque non seulement de Daleks mais aussi de guitares électriques et de chevelus…

Street Dance 3D est une espèce de gigantesque clip d’une heure et demi qui plaira essentiellement aux amateurs de danse de rue. Scénario sans intérêt, calibré pour les masses et pour engranger un maximum de recettes sans prendre de risques, il ne transcende absolument rien et ne se laissera regarder qu’en mettant son cerveau de côté pour les quelques courageux qui s’y attaqueront.

Je dis ça, je dis rien, mais quitte à mater un film sur l’univers de la danse, allez plutôt mater Black Swan (oui, je compare Black Swan à Street Dance 3D aussi si je veux !)