Dans l’épisode précédent…

Vendredi 10 Avril

Minuit et demi. J’envoie un mail à Emma. En retravaillant mon propre script, je repense à un défaut que j’avais cru lire dans le sien, lui en fait part et lui propose humblement une solution pour améliorer son texte et se rapprocher plus de l’intitulé du sujet, notamment sur la notion de « cadeau ». C’est ma copine de galère, je ne vois pas pourquoi je ne l’aiderai pas si ça peut améliorer son texte. Cette expérience folle est aussi une expérience d’échange ; après, c’est elle qui décidera ce qu’elle en fait.

1h30. J’ai tout juste fini d’écrire la 4ème version du scénario quand je reçois un mail de Pierre avec des commentaires sur la toute première version envoyée 8 heures plus tôt. Et là, c’est le drame : il n’aime pas l’intervention du dragon ! J’ai plus le temps de trouver une fin alternative, tout ce que j’espère, c’est que les itérations successives rendront son apparition justifiée. J’étais sur le point de partir, finalement, je commence la cinquième version du script à partir de ses commentaires.

3h. Les irréductibles travailleurs nocturnes ont tous jetés l’éponge. C’est mon tour et il ne restera plus que Jean-Baptiste en vaillant marathonien solitaire dans la nuit. J’envoie la dernière version du script, fébrile : je ne sais pas si la fin plaira à Pierre et je n’ai toujours pas de titre.

Couché 3h30, réveil 8h. C’est horrible. J’ai à peine bouffer une pomme au diner, je saute le petit déjà’… Oui, c’est n’importe quoi !

A 10h, Emma et moi retrouvons nos parrains. Emma qui était venue travailler de bonne heure, de bonne humeur, me fait savoir que la deadline pour remettre sa copie n’est plus 14h mais 13h ! Pour des sombres histoires d’impression de documents pour le jury. Not cool… On a donc maintenant seulement trois heures pour :

  1. Récupérer les retours de nos parrains,
  2. Réécrire tout ce qui va pas,
  3. Valider tout ce qui a été réécrit.

Et histoire de corser le défi, nos parrains ne découvrent les nouvelles versions de nos textes qu’à 10h…

On entre alors en mode warriors. Charlotte et Pierre vont maintenant être 100% du temps avec nous, chacun notre tour, pour pousser nos scripts dans les derniers retranchements de la perfection ! On n’a plus le temps de se pignoler sur les mots, pourtant on le prend (merci le relais wifi neurasthénique pour fouiller sur un dico de synonymes en ligne !). J’avais toute la fin à retravailler pour la rendre plus rythmée, et le dragon passe finalement très bien avec la nouvelle direction écrite quelques heures plus tôt. La bonne nouvelle, c’est que les textes qu’ils découvrent sont dans un état qui ne demande pas des corrections dramatiques ni pour moi, ni pour Emma. Même avec une heure de moins, ça devrait passer. On n’est pas large-large, mais il y a clairement plus stressé que nous dans la salle du bac !

J’ai trouvé un titre sur un malentendu, en discutant avec Emma et Charlotte. Trouver un titre est toujours délicat. Trouver le bon titre est une véritable galère. Le plus dur étant de garder l’effet de surprise. Et c’est en disant ça que Emma et Charlotte me regardent, tiltant toutes les deux en même temps. L’effet de surprise. Les Fées de Surprise… Bim !

Dernière relecture de Pierre, derniers pignolages et je peux remettre ma copie anonyme, avec mon numéro (quand je vous disais que c’était une épreuve du bac !). Pierre et Charlotte semblent extrêmement satisfaits des textes qu’Emma et moi remettons au jury. On a deux univers différents, deux traitements différents, deux textes compétitifs selon les termes de nos parrains.

13h. Tout le monde relâche la pression, c’est l’heure de partager un nouveau repas en terrasse, tous ensemble (ou presque), de lyncher une nouvelle fois le film d’ouverture et de se raconter nos expériences respectives avec nos parrains. J’écoute certains et je me rends compte qu’on est vraiment tombés sur des perles avec Charlotte et Pierre ! Plus les gens parlent de leur texte, plus le doute commence à monter. Des doutes idiots comme « est-ce que j’ai bien remis la bonne version du script ? », « mon script fait 23 pages, c’est beaucoup trop comparé à la moyenne des autres » et j’en passe…

Je retrouve ma marraine dans l’après-midi pour s’improviser un pot puis voir son intervention « Mes Premiers Pas » pour l’espace Bleus. C’est toujours intéressant de profiter de ce genre d’interventions, mais au regard de mon parcours et de mes envies, je réalise qu’une simple accréditation Bleus m’aurait vite frustré…

Le soir, on profite d’une soirée « After » dans un bar-restau chic prout-prout dont je tairai le nom par égard pour l’établissement et la qualité déplorable du-dit after. Zéro ambiance (voilà ce qui arrive quand on prend un DJ dont le boulot se limite à lancer une playlist Spotify), musique trop forte pour discuter, endroit pas adapté…

Samedi 11 Avril

Après un tel marathon, l’idée première de toute personne normalement constituée serait de s’accorder une grasse mat’. Pas pour votre serviteur, ma binôme et quelques autres motivés. Notre objectif du jour est de décrocher des rendez-vous avec des professionnels pour pitcher nos projets et récupérer des cartes de visites.

Après plus de 48h de rush, de stress et de pression, ce samedi à attendre est particulièrement étrange. Il faut dire que l’organisation est particulièrement inefficace. En effet, il n’y a guère qu’une seule personne – la pauvre Emmanuelle – qui se plie en quatre pour gérer les rendez-vous de presque 20 producteurs et les gens comme moi qui viennent quémander une rencontre. C’est bien simple, entre une question qu’on lui pose (« Je pourrais avoir un rdv avec X ? ») et sa réponse, il se passe en général 20 minutes durant lesquelles elle reçoit et passe 5 coups de fils, est dérangée par trois autres personnes, prend 25 notes… Sa capacité à multitâcher est impressionnante mais si quelqu’un de l’organisation me lit, je ne saurais que trop conseiller d’embaucher au moins une autre personne pour l’épauler et diviser sa charge de travail et l’attente par deux !

Je réussis tant bien que mal à décrocher deux entretiens. En soi, je les ai pris comme un entraînement au pitch. Vu le désastre avec Pierre et Charlotte la veille, un peu de pratique ne peut pas faire de mal.

Encore une fois, notre petit groupe de marathoniens se retrouve pour bouffer ensemble (à l’Auberge Polonaise, une excellente adresse, à réserver toutefois pour les après-midi où une sieste est possible…). En fait, maintenant, on attend plus qu’une seule chose, la cérémonie de clôture pour les résultats !

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  1. […] Festival des Scénaristes de Valence 2015 – Compte-Rendu 5 […]

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