Dans l’épisode précédent…

Mercredi 8 Avril

Il est midi. Nous prenons connaissance du sujet donné par la présidente du Jury Création, Céline Sciamma (Tomboy). Sujet dont je me fais fort de partager l’intitulé :

La fête était réussie, glorieuse. Jusqu’à l’ouverture d’un cadeau anonyme. La découverte du paquet pourra avoir lieu en public ou dans l’intimité d’un aparté. Dans tous les cas, il y aura un avant et un après son ouverture.

Nous avons désormais jusqu’à vendredi 14h pour plancher dessus. Pour bien vous décrire l’ambiance, il faut vous  imaginer en train de passer une épreuve du baccalauréat ! Une épreuve de dingue. Les tables sont côte-à-côte, il fait bien sûr un temps magnifique dehors alors que nous sommes contraints de rester à l’intérieur si on veut profiter du wifi. Et puis surtout l’atmosphère est très studieuse !

D’après mon T-Shirt, cette photo date du premier jour…

Tout le monde s’enferme dans sa bulle immédiatement pour se plonger dans son premier document Word. Certains même quitteront la salle 10 minutes après la découverte du sujet pour aller travailler dans une ambiance qui leur correspond plus (hôtel, bar, parc…). Je décide quant à moi de faire de cette salle mon lieu de prédilection en dépit d’une connexion internet aléatoire. On est plus de 40 dans le même bâtiment à tirer sur un pauvre relais wifi, mais peu importe, je suis venu pour vivre l’expérience marathon la plus complète possible ! Même si ça veut dire rester enfermé dans une salle avec une connexion neurasthénique.

Mais il faut bien dire que je suis vraiment surpris de voir le sérieux qui règne dans la salle, même après plusieurs heures de travail. J’étais assurément dans les plus vieux marathoniens, pas le plus vieux, mais pas du tout le plus jeune. Du coup, je me demande si les plus jeunes, encore à la fac ou à peine sortis de l’école, ne sont pas en train de faire un transfert d’un examen scolaire sur ce marathon. De mon côté, ça m’amuse. Je prends le temps de bien réfléchir et même celui de faire un début de Live-Twit (oui, on peut pas dire que je me suis mis la pression au début…).

Deux heures plus tard, je pars bouffer, me faisant presque violence pour m’oxygéner et aller écouter un peu de musique. Mon processus créatif étant indissociable de la musique, c’était nécessaire. Il me vient d’ailleurs une idée à partir de l’écoute de My Idea of Fun des Stooges.

Sur les coups de 16h, j’ai désormais une demi-douzaine d’idées jetées sur divers papiers et résumées sur un doc Word. En voici d’ailleurs le contenu :

  • Idée 1 : Dans le futur, science-fiction, on donne une réception X pour célébrer Y, les cadeaux s’ouvrent les uns après les autres jusqu’au moment où on découvre un paquet qui remet la Terre en cadeau. L’ambassadeur terrien n’est pas d’accord et ne comprend pas comment cela est légalement possible.
  • Idée 2 : Epoque victorienne. On donne une réception pour les 16 ans d’une jeune fille. Tous les cadeaux sont plus somptueux les uns que les autres, jusqu’à ce qu’on découvre le cadeau qui renferme un doigt ou quelque chose de sordide relatif à un meurtre.
  • Idée 3 : Quelqu’un s’invite à une fête, quand on lui demande de remettre son cadeau (sous bonne surveillance), il donne le premier truc qui lui tombe sous la main et provoque par la suite un quiproquo. Il va ensuite chercher à récupérer le truc pas tous  les moyens sans faire attention aux conséquences. Ca peut être un diamant recherché également par la police, des cambrioleurs
  • Idée 4 : Soirée de nouvel an. Une bande de potes adolescent se réunit. Le but du jeu est de se distribuer des cadeaux de façon anonyme. Chacun apporte un cadeau le pose sur une table et puis après minuit chacun en prend 1 au hasard. 1 -> le cadeau d’un invité a été sciemment mis pour s’adresser à quelqu’un d’autre 2 -> le protagoniste choisit son propre cadeau pour semer la zizanie. 3 garçons et 3 filles. Probablement 3 couples, ou 1 couple et des célibataires. L’un des garçons est amoureux de la fille en couple et se sert du cadeau pour semer la zizanie et faire éclater le couple. 6 cadeaux à définir, avec leur sens pour les donneurs. Une boite de préservatifs « ça peut toujours servir ».
  • Idée 5 : Fête d’enfants, anniversaire. La petite fille qui ouvre les cadeaux tombe sur un jouet pour adulte
  • Idée 6 : Soirée nouvel An. Un groupe d’ado se réunit et décide de se faire des cadeaux anonymes les uns les autres. Quand une des filles ouvrent un cadeau, elle découvre un machin qu’on met sur les tombes « A mon amie » ou un truc du genre. Et ça vire au slasher quand la fille en question est retrouvée morte.
  • Idée 7 : le cadeau ouvert est un simple carton offrant la vie éternelle.

En fin tacticien, je décide d’évaluer la concurrence autour de moi. Je sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que mes camarades sont tous en train de plancher sur une histoire « à la Française ». Dans mon propre jargon, c’est l’équivalent de « chiant » (oui, des fois, je suis pétri de préjugés sans fondement, mais tant pis). Je décidé donc de développer l’idée 1 et l’idée 6. L’idée 4 était tentante mais restait trop proche de thématiques que j’ai récemment traitées avec Teenage Riot, donc…

L’idée 1 va très vite être abandonnée, faute de trouver une légitimité au cadeau de la Terre, que ce soit dans son origine ou ses conséquences. Et puis, il faut dire que ça puait la fan-fic de Dr Who à plein nez.

Du coup, je me concentre sur l’idée 6, celle qui m’est donc venue avec My Idea of Fun (allez chercher les paroles et vous comprendrez l’idée de développer un slasher). En bon élève, je décide de faire un synopsis complet de l’histoire avant toute chose. Cerner les premiers personnages, placer les premiers pivots narratifs et, surtout, trouver dès maintenant la fin pour éviter tout bricolage ultérieur m’est indispensable avant de commencer quoi que ce soit.

Par souci d’exactitude dans ce compte-rendu, voici le contenu de mon document de travail, toutes fautes d’orthographe comprises et support de ma futur écriture :

C’est l’anniversaire de Jennifer, son seizième. Fille d’une famille plutôt aisée, la réception a lieu dans l’imposante demeure familial (très Beverly Hills). La décoration intérieure est assez baroque et colle au faste à la dimension star de la figure paternelle. Patrick est une star de cinéma, film d’action principalement mais essuie des revers de carrière. La mère est une parvenue qui suce la fortune de son mari. L’amour est très clairement mort entre eux depuis des années : chacun va plus ou moins voir de son côté mais reste ensemble pour le côté pratique. L’un profite de la renommée de l’autre et la star ne veut pas risque de tout perdre dans un divorce.

Mais même si le vernis s’écaille, les apparences sont sauvées dans cette fastueuse fête sur le thème de « fête de princesse ». Jennifer porte donc une robe froufrou d’un gout douteux, très prom’ night et profite de chaque instant. C’est une fête très guindée avec des amis proches et de la famille. OU BIEN c’est une fête adolescente en comité réduit.

Sont invités à la fête et présentés dans l’exposition :

  • Andrew, le frère de Jennifer et sa petite amie Dixie
  • Laura, la meilleure amie de Jennifer
  • Billy, « le tueur désigné », l’ex. de Jennifer
  • Nathan, le soupirant caché
  • Sam, l’actuel petit amie de Jennifer
  • Le père qui fait une rapide apparition à la fête avant de s’enfermer dans son bureau. Mention de la mère qui n’est pas absente depuis l’après-midi.

C’est le moment du déballage de cadeaux. Tout le monde dans l’assemblée la regarde. Elle se dirige vers une immense table où trône une montagne de cadeaux. Elle en prends un au hasard, lis le nom et le déballe. Il s’agit d’un CD. Un autre dont elle lit le nom sur la carte. Il s’agit d’une bague. Un troisième. Cette fois, il n’y a pas de nom sur le cadeau. C’est lourd. Elle ouvre et découvre une plaque mortuaire « A mon très cher frère ».

Ambiance de mort et gênée. Jennifer accuse Andrew d’avoir une blague de mauvais gout (« t’as gâché la fête ! » et elle part s’enfermer dans sa chambre. Celui-ci s’en défend et va plutôt allez se chercher à boire. Laura prend la défense de son amie et suggère qu’on continue de déballer les cadeaux plus tard. La musique et la fête reprend.

Sam va retrouver Jennifer dans sa chambre et essaie de la réconforter. Il est un peu grave sur les bords et se propose de lui offrir son gros cadeau maintenant (il déboutonne son pantalon).

Débarque au même moment Laura qui les interrompt. Elle cherche son frère Nathan. Jennifer use de cette opportunité pour aider à la recherche. En descendant à la cave, ils découvrent le cadavre d’Andrew (on confond la mare de sang avec du vin d’une bouteille cassée). Pour ajouter dans le cliché, on découvre aussi une phrase peinturlurée sur le sol « Je sais ce que tu as fait ».

« Il faut appeler la police ». Ils se dirigent alors vers le bureau du père de Jennifer pour y découvrir un nouveau cadavre, celui de son père. Au milieu d’un nuage de poudre. « Maintenant, tu sais ce que ça fait d’être seule » Le téléphone est coupé.

Réapparition de Sam : « holy shit, qu’est-ce qui se passe ici ? ». Assez insensible, il analyse la situation avec désinvolture. Apparition de Nathan « t’étais où ». Remarque « t’es toute seule, je suis la moi ».

On entend un cri depuis la cave. Tout le monde y va. Dixie vient de trouver le corps. Arrivée de l’ex de Jennifer, qui découvre aussi la situation.

« Il faut se casser d’ici ». Les voitures ont toutes eu les pneus crevés. « C’est forcément l’un d’entre nous à la fête. »

On découvre le cadavre de Laura. Elle simule sa mort avec une quantité industrielle de sang. Affalée sur le capot de la lambo.

La mère dans le pavillon de jardin, nue et avec Julio le jardinier. Mort tous les deux.

Le meurtrier apparait à une fenêtre, il porte un masque/casques de Iron Man. Il est immédiatement reconnu comme appartenant à Nathan, le geek de service.

Il reste Nathan et Jennifer. Elle a sa hache à la main et l’attaque directement. Il essaie bien de se défendre, notamment contre l’argumentation du casque d’Iron Man (cosplay). Il lui balance qu’il l’aime depuis le collège, ce qui la surprend. Mais elle attaque quand même.

Quand il est a terre, on entend des applaudissements lents. Laura tout en sang refait son apparition. elle est heureuse d’avoir gâché sa vie. Et fait le monologue explicatif du vilain. Elle pense que c’est elle qui a tué son frère, d’après les déclarations de Sam. Oh ça va, on couche ensemble pour le fun ! C’est pas sérieux, tu peux le garder. Ou alors on fait moitié-moitié.

Background : Dans une virée alcoolisée, Sam et Jennifer emprunte une des lamborgini de son père. Eméchés, elle percute un type qui rentrait visiblement chez lui et le laisse pour mort. Le week-end où ses parents n’étaient pas là. Laura est une fille qui n’a que son frère.

Note: J’ai bien conscience du caractère abscons – voire même d’incohérent – de certains passages, mais je vous assure que ça avait du sens pour moi…

A la fin de l’écriture de ce synopsis, j’ai un sentiment mitigé. Si je suis sûr et certain que personne ne fera de slasher, j’ai aussi l’intime conviction que c’est une banalité à mourir ! (hu hu) Du slasher certes, mais sans âme sur lequel je m’ennuierai probablement lors de l’écriture, hormis pour les passages avec une adolescente couverte de sang avec une hache. Et puis, c’est un court-métrage, et j’ai aussi l’impression que j’ai beaucoup trop de contenus à retranscrire. Bref, je le sens pas…

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  1. […] Festival des Scénaristes de Valence 2015 – Compte-Rendu 2 […]

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