Redeemer of Souls est un album de Judas Priest, chez Columbia Records.

Une fois n’est pas coutume, parlons musique avec le dernier album en date de Judas Priest. Judas Priest est incontestablement l’un de mes groupes favoris, un monument du rock lourd qui – au même titre que Black Sabbath – a contribué à définir et à façonner le hard rock et le heavy metal tant dans sa sonorité que dans son esthétisme vestimentaire. J’ai eu l’occasion de les voir au Hellfest durant leur tournée d’adieu, contentant l’amateur que je suis de voir sur scène ces légendes. Et quand on apprécie la musique des 70’s-80’s comme moi, autant dire que c’est pas tout les quatre matins qu’on a l’occasion de voir sur scène ses groupes préférés ! D’autant plus que c’était la dernière tournée avant la retraite !

Bref, dans mon esprit naïf, c’était une dernière tournée et puis s’en va. Quelle ne fut donc pas ma surprise en apprenant après la bataille que le prêtre avait sorti un nouvel album en juillet dernier ! En fait, leur tournée d’adieu n’était pas leur tournée d’adieu. La magie de la langue de bois a tourné les mots de façon que l’Epitaph Tour soit en fait « leur dernière tournée de grande envergure ». Les fans ne vont pas s’en plaindre ; il faut dire que des monuments comme Judas Priest, Black Sab, Kiss, les Stones sont bien les derniers d’une génération qui a défini la (vraie) musique et qu’après 40 ans de carrière, la scène ne les quittera jamais et que le public est probablement ce qui les tient encore en vie !

Mais voilà, on aura beau dire, on aura beau faire, en dépit de leur énergie increvable, les fans comme moi ne sont pas dupes : on sait tous que les meilleurs albums sont derrière eux et que les nouveaux sortent plus par habitude que par envie. C’est mon constat sur les Stones par exemple. On achète aussi plus par habitude que par envie. Sauf que parfois, on n’est pas l’abri d’une bonne surprise. J’en veux pour preuve le dernier album de Black Sabbath, 13, avec son réalignement presque d’origine qui essaie de revenir aux sources Paranoid avec un brio dont j’étais le premier surpris. 13 sonne un peu comme le chant du cygne, mais la qualité est au rendez-vous !

Qu’en est-il alors de Redeemer of Souls alors ?

Il faut savoir que le précédent album date de 2008 et que ce dernier – Nostradamus – avait déconcerté les fans qui ne se retrouvaient plus dans les expérimentations du groupe. Personnellement, j’ai pas écouté encore, difficile d’émettre un avis. Mais comme je le disais plus haut, après de 40 ans de carrière, ce qui fait vivre ce genre de groupe, ce sont les fans. Autant les contenter. Et c’était pas gagné avec l’annonce du départ d’un membre fondateur, le guitariste K.K Downing, remplacé par Richie Faulkner (déjà présent sur l’Epitaph, ceci dit) ! Alors Judas Priest se contente donc de faire du Judas Priest sans prise de risque et je dois bien avouer que si les morceaux tentent d’explorer à chaque des pistes différentes, tous sonnent un peu comme quelque chose qu’on aurait déjà entendu, presque plan-plan et poussif et dépit des efforts.

Vous voyez, ça sonne propre mais pas fou-fou

Car le vrai problème de cet album, c’est qu’il se définit comme du Priest pur jus et qu’on le compare nécessairement avec les albums-pilier du groupe : British Steel, Screaming for Vengeange, Turbo et Painkiller. Aucun des albums de Judas Priest n’arrivera jamais à la cheville de ceux-là. C’est un fait. Alors on essaie de comparer avec Angel of Retribution, qui lui-même avait été composé dans une situation différente puisque le frontman Rob Halford reprenait les rênes du groupe et qu’il devait prouver vocalement et musicalement que le Priest était de retour (le premier titre n’était pas Judas Rising pour rien !).

Et donc, finalement, pour apprécier cet album, la solution est simple : il ne faut pas le comparer à quoi que ce soit ! Rob Halford n’est plus capable de monter dans les aigus comme à la bonne époque de la même façon que Paul Stanley n’est plus capable de faire Love Gun sans soutien. Mais le chanteur a bientôt 65 piges et sa retenue sur Redeemer of Souls est compréhensible. Et le plus amusant c’est que si ce n’est pas du « grand » Halford, c’est toujours impressionnant à entendre et met toujours à l’amende 95% des chanteurs actuels ! Les riffs sonnent classiques mais qui pourraient réellement s’en plaindre ? Richie Faulkner emboîte le pas d’une autre légende de la guitare et propose de rester proche du son Priest à défaut de le renouveler. L’alchimie K.K manque, mais il faut s’y faire.

Au fur et à mesure des écoutes, on apprend à apprécier Redeemer of Souls. Et puis alors on comprend ce qu’est réellement cet album : la fin. Ou plutôt le début de la fin comme laisse sous entendre le poignant dernier morceau du titre : Beginning of the End. Judas Priest prépare son départ mais il entend le faire à sa manière, d’une façon certes plus sage mais en rappelant qu’ils sont toujours les tauliers du Heavy Metal.

Et on comprend peut-être mieux le choix de « Redeemer of Souls » comme titre à l’approche du jugement dernier…

Fatigué ? Sûrement pas ! Convenu ? Assurément. Redeemers of Souls n’est pas l’album de trop comme je le croyais. Il n’est pas aussi bon qu’Angel of Retribution, ne doit pas être comparé aux albums des années 80 non plus. Le Judas Priest post-Epitaph existe bel et bien et ne tirera sa révérence que lorsqu’il sera prêt. Réjouissons-nous déjà de toujours pouvoir entendre la voix d’Halford. Je vois plus ce Redeemer of Souls comme un album de « transition », sans surprise, propre mais pas dément, qui plaira à la fan-base sans l’agrandir…

Beginning of the End peut-être, mais ça claque sévère tout de même ! Peut-être ma préférée, qui me fait dire que Judas Priest n’a pas besoin de chercher dans ses racines 80’s pour être toujours le patron…

A noter que l’édition vinyle semble exister en collector avec des disques couleurs. Si vous ne connaissez pas Judas Priest, je ne recommande pas cet album pour le découvrir : séance de rattrapage avec du back-to-basic et British Steel disponible en édition 30ième anniversaire ! C’est cadeau !

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commentaires
  1. […] à lire entre les lignes du film et à s’intéresser à sa genèse. Être fan du groupe Judas Priest aide aussi. En effet, Rock Star « s’inspire » du passage de Tim Owens […]

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