Photo Adam Pally, Casey Wilson, Damon Wayans Jr., Elisha Cuthbert, Eliza Coupe

Happy Endings est une série créée par David Caspe avec Elisha Cuthbert (Girl Next Door), Zachary Knighton (Hitcher), Damon Wayans Jr. (New Girl), Adam Pally (Californication), Casey Wilson (Gone Girl) et Eliza Coupe (Anchorman 2).

Quand j’étais à Dubaï, dans un appartement sans internet (vive le moyen-âge quoi !), je me suis retrouvé à mater la télévision. Passée la tristesse de devoir regarder TV5 Monde et ses programmes qui fleuraient bon la France, je me suis naturellement tourné vers les chaînes américaines. Moi qui ne supporte pas la publicité au milieu d’un film, j’ai dû apprendre à composer avec des réclames toutes les 10 minutes. En dehors d’éprouver votre force mentale déjà bien affaiblie par votre quotidien dans une ville surréaliste, s’affliger un tel supplice doit vraiment valoir le coup.

Et Happy Endings, c’est probablement le truc le plus génial qu’il m’ait été donné de voir en sitcom ses dernières années. Alors oui, j’étais d’accord pour pleurer du sang en voyant des pubs pour Doritos et Moutain Dew si c’était pour voir Happy Endings.

Photo Adam Pally, Casey Wilson, Damon Wayans Jr., Elisha Cuthbert, Eliza Coupe

Happy Endings, ou l’histoire d’une sitcom géniale sacrifiée sur l’autel d’un audimat trop pédant pour lui donner une chance. Il faut dire que depuis Friends, la comédie au format 20 minutes qui réunit un groupe d’amis est sérieusement formatée et que le plus gros défaut de la série de David Caspe est d’embrasser son héritage. Six amis, trois garçons, trois filles, des rendez-vous quotidiens dans un café… Il y a fort à parier que beaucoup se sont arrêtés à ce constat sans chercher à comprendre les personnages et ni ce qui les motivait. Il faut aussi avouer que le public américain était obnubilé par les sitcom made in CBS et préférait rester dans sa zone de confort avec la sitcom post-Friends de référence : How I Met Your Mother.

Et le plus triste, c’est que Happy Endings a débuté au moment où HIMYM aurait dû tirer sa révérence avant de s’embourber dans des saisons toutes plus embarrassantes les unes que les autres, avec des personnages qui devenaient des caricatures d’eux-mêmes. Le public regardait CBS mu par la force de l’habitude sans se rendre compte de la médiocrité de ce qu’il regardait (tiens, exactement comme Les Mystères de l’Amour). En d’autres termes, je suis dégoûté et vert d’avoir suivi une série de grande qualité, annulée avant d’avoir pu donner aux personnages une conclusion.

Mais qu’est-ce qui rend cette sitcom si attractive ? me demanderez-vous. Et bien les personnages ! Dans une série du genre, sans personnages forts, elle est déjà enterrée. Happy Endings propose une galerie de personnages attachants dans leurs défauts et particulièrement travaillés au travers de ceux-ci. En d’autres termes, ils avaient tous un petit côté looser et des traits de caractères marqués :

  • Alex. Elle plante Dave devant l’autel pour fuir avec un type qui interrompt la noce en patins à roulettes… Premières minutes du premier épisode. Ensuite, on découvrira qu’elle n’est pas particulièrement futée, naïve et adorable. Elle tient un magasin de fringues sans jamais croiser un client, ce qui ne manque pas de devenir un gag récurrent au milieu de sa bande d’amis. Avec Dave, elle va former l’équivalent du couple Ross/Rachel… Leur aurait-on laisser une saison 4, il y a fort à parier que la situation serait devenu un triangle avec Penny (à l’image de ce que vous pouvez voir dans l’affiche en haut d’article).
  • Dave. Dans un épisode, il est montré que toute la force de Dave est de ne justement n’avoir aucun trait de caractère. Rien qui le rend exceptionnel. En soi, je trouve ça particulièrement malin d’avoir un héros auquel on pourrait finalement s’identifier. Surtout au travers de son côté self-made man cher aux Américains et sa volonté à avoir une vie « normale ».
  • Penny. C’est la bonne copine qui n’arrive pas à se caser. Celle qui se retrouve toujours dans des plans amoureux un peu foireux.
  • Max. Après une courte relation adolescente avec Penny, il se découvre une homosexualité et l’embrasse à bras le corps en multipliant les aventures, non sans faire rager Penny (avec qui il forme malgré eux le troisième « couple » de la série). Le prototype même du personnage un brin je sais tout, philosophe, sur de lui et grassouillet.
  • Jane. La sœur parfaite d’Alex. L’épouse comblée mais névrosée, manipulatrice et obsessionnelle.
  • Brad. Epoux de Jane, il enfonce la porte du stéréotype black, mais représente le seul avec un boulot corporate qui ne lui conviendrait pas.

Happy Endings : Photo

En soi, la galerie de personnages verse clairement vers les caricatures un peu grossières sans pour autant verser dans le cliché (et dieu sait que c’est facile de dériver dès lors qu’un personnage gay fait son apparition). Et pourtant. Et pourtant ça marche ! La sitcom est loin d’être aussi inventive que Community mais elle a su apporter au genre « série mettant en scène des amis pour la vie » un vent de nouveauté à la fois sur les intrigues mais aussi sur l’évolution des personnages hauts en couleurs. En effet, contrairement à Friends avec des Monica et des Chandler qui se sont perdus en cours de route, contrairement à l’insipide Ted, aucun des protagonistes de Happy Endings n’est plus faible que les autres et tous contribuent à nourrir la veine comique et sentimentale propre à la série.

Comme toute les séries qui se lancent, elle souffre d’un début un peu poussif (regardez à nouveau les premiers épisodes de Friends, vous verrez qu’il n’y a pas lieu de critiquer ça) mais explose dans les saisons 2 et 3, osant des épisodes-hommage de grande qualité (celui sur Usual Suspects est à mourir de rire) et des mises en situation originales. Si la série ne réinvente pas la roue, elle lui met indubitablement des jantes alliage 16 pouces !

Je ne me suis toujours pas remis de son arrêt prématuré après seulement trois trop courtes saisons… Bien évidemment, aucun DVD n’est disponible par chez nous et comme je ne peux pas décemment faire l’apologie du téléchargement illégal, il faut se tourner vers l’import pour se les procurer. Et ça vaut le coup ! Ou alors… vous allez sur youtube et vous regardez tout gratos avant que quelqu’un les retire !

Happy Endings : Photo Adam Pally, Casey Wilson, Damon Wayans Jr., Elisha Cuthbert, Eliza Coupe

Happy Endings est selon moi la meilleure chose qui soit arrivée aux sitcoms ces dernières années. Une série nettement plus riche et profonde que l’ersatz de Friends ou de HIMYM pour laquelle on a bien voulu la faire passer. Franchement, maintenant qu’on a arrêté de souffrir avec Ted, je ne peux que vous recommander de foncer sur cette série, les yeux fermés. Vous ne le regrettez pas !

Et pour vous prouver que j’ai raison, le premier épisode est à suivre pour les anglophones.

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