Cher Journal,

Suite à mon épiphanie numérique, j’ai commencé à me faire une to-do list bien frustrante. En effet, on était au mois de Décembre, j’étais donc toujours à Dubaï, à des milliers d’années-lumières d’une connexion rapide (quand il y avait une connexion tout court) et cette to-do list nécessitait un retour en France pour vérifier un certain nombre de trucs. Notamment pour les statuts relatifs aux ebooks, son auteur et leur vente (spoiler alert : c’est un bordel sans nom, mais j’y reviendrai… une fois que tout sera un peu plus clair et qu’on arrêtera de me balader avec des réponses contradictoires).

En France, on regarde d’un sale œil l’auteur qui choisit de s’auto-éditer. La raison primaire invoquée se limite souvent à : « Nan, mais tu fais ça parce que ton livre a été refusé partout en fait »… Faire et vendre des ebooks, ça relève « malheureusement » de l’auto-édition. Aux USA, c’est devenu relativement commun et bien vu, car culturellement ça relève plus de l’esprit d’entreprise que de l’échec à placer son livre dans les circuits classiques.

Comme tout français ayant terminé un livre, je l’ai naturellement soumis aux éditeurs classiques avec pignon sur rue. Succès limité, avouons-le. Encourageant dans les retours, mais limité. J’aurais pu continuer à dépenser de l’argent en impressions, à renvoyer les manuscrits aux mêmes éditeurs, etc. Et puis, j’ai dit non.

Pour plusieurs raisons :

  • Imprimer ses manuscrits et les envoyer à des éditeurs revient en moyenne à 150 euros. J’ai préféré les investir ailleurs, dans un truc qui pourrait donner des résultats probants.
  • Je ne sais pas si vous avez accès à une librairie (pas Amazon, une vraie librairie avec un monsieur ou une madame qui passe commande des livres à mettre sur les présentoirs), mais faîtes l’expérience de chercher les livres relevants de la science-fiction. Pas la fantasy, pas la bit-litt, la science-fiction. Si vous le trouvez, il sera famélique et en grande partie composé de format poche. Si vous fouillez à l’intérieur, vous découvrirez rapidement que le nombre d’auteurs francophones SF se limite ensuite à peau de chagrin (même en incluant des Werber ou des Andrevon). La distribution classique en France reste suffisamment limitée pour considérer l’écriture SF comme un hobby.
  • Un auteur classiquement édité touche 10% de droits d’auteur en moyenne. Avec un ebook, c’est 70%. Alors 70% de 5 euros ou 10% de vingt, le calcul est vite fait.
  • Je voulais pouvoir gérer ces droits d’auteur comme je le voulais, y compris avec des partenariats. Ayant une conscience sociale, je me dis que ce serait bien d’user de mon maigre talent pour aider les autres avec des dons (genre au pif, la Croix Rouge). J’ai plus de liberté avec 70% qu’avec 10%
  • Je voulais toucher le marché anglo-saxon, et on va pas se leurrer c’est pas un éditeur classique français qui mettra les billes sur la table pour exporter un nouvel auteur. Et puis, le marché SF aux States tournent suffisamment bien pour oser s’y incruster.
  • Je voulais avoir une totale liberté artistique sur le fond et sur la forme. Notamment sur la couverture, et travailler avec des gens dont le travail me parle plutôt que subir le choix éditorial.
  • Je voulais aussi pouvoir suivre mon propre rythme pour les parutions
  • Je dois aussi être victime de la crise de la trentaine qui me pousse à faire des trucs tout seul de A à Z pour me prouver que je peux faire des trucs de A à Z.
  • Surtout, j’ai confiance dans mes produits !

Après, s’investir dans l’ebook n’est pas que gambadage dans un grand champ de barbes-à-papa ! Comme je disais, le flou qui règne autour du statut est assez décourageant. Le milieu n’est pas encore très développé en France et percer aux States va nécessiter une préparation et une espèce de plan marketing assez agressif. Ca implique aussi du temps (les relectures, corrections, mise en page, etc. sont pour bibi) et nécessairement un peu d’argent. L’avantage des inconvénients, c’est que j’ai les pleins pouvoirs pour suivre ma to-do list comme je l’entends.

Et l’un des trucs les plus importants sur cette to-do list, c’était de trouver un nom qui claque pour mes ebooks ! Vanité quand tu nous tiens… Mais on en parlera dans un prochain article.

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commentaires
  1. Naja dit :

    Une réflexion bien mûrie 🙂

  2. Kris dit :

    Plutôt que de te limiter a la SF, ne peux tu pas viser plusieurs genres et voir lesquels marchent? C’est ce qu’a fait Stross quand il s’est lancé. Je ne peux que te conseiller de jeter un coup d’oeil a son site d’ailleurs.

    Chris, 1er commentaire depuis pfff 3-4 ans de lecture.

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour Kris ! Ca me fait vachement plaisir d’apprendre qu’il y quelqu’un qui suit depuis 3-4 ans mon blog ! Et qui ne s’en est toujours pas lassé au point de posté un comm’, encore plus ^^.

      J’ai exploré des choses variées (notamment le young adult réaliste) mais pas en roman. J’y songe. Je table sur le fait que la plupart de mes beta lecteurs ne lisaient pas de SF et ont apprécié, preuve que j’ai ratissé un peu plus large en évitant la hard SF pour lorgner du côté du thriller ou de la romance.

      Par contre, ça me rappelle que j’ai du Stross à lire ^^.

      A bientôt (pas la peine d’attendre 3-4 ans pour reposter hein :))

  3. JB dit :

    Est-ce que tu peux envisager de passer par Kickstarter (ou équivalent) ? Ca ferai au moins parler de tes talents et projets ^^

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