Drive est un roman de James Sallis, édité en français aux éditions Rivages, collection Noir. Il a aussi été adapté en film, avec Ryan Gosling.

Un cascadeur pour Hollywood arrondi ses fins de mois en étant chauffeur pour des opérations illégales. Un jour, un des braquages tourne mal. Le Chauffeur comprend très vite qu’on a essayé de le niquer. Il n’aime pas ça et va le faire savoir.

Allez, promis, c’est la dernière fois que je saoule mes habitués avec Drive ! Si vous avez lu ma chronique sur le film, vous savez déjà que j’adore ce film.

D’ordinaire, je ne lis pas les livres qui ont servi de matériaux de base pour des adaptations si j’ai déjà vu l’adaptation. Je l’ai fait pour la saison 1 de Game of Thrones (j’aimerais vraiment lire le tome 2 avant de voir la saison 2… mais la saison 3 va sortir et c’est toujours pas à l’ordre du jour…). Je l’ai fait pour les Harry Potter (et heureusement d’ailleurs !). Blade Runner, évidement. Mais c’est tout. J’avais bien essayé avec Jurassic Park en 1994, mais je n’y étais pas arrivé (le fait que j’étais alors un jeune branleur de la lecture ne m’a sûrement pas aidé…). Donc en général si j’ai le choix, je lis d’abord et ensuite je crache dans la soupe fade de l’adaptation.

Pour Drive c’est différent. Si le film était aussi génial, qu’en était-il de son roman original ? Car il faut savoir que, en général, les adaptations sont toujours pourries pour des raisons aussi diverses que variées inhérentes à la sacro-sainte rentabilité des productions filmiques. En d’autres termes, si on peut se faire un max de blé mais que pour ça il faut sacrifier l’essence du bouquin pour attirer la ménagère de moins de 50 dans les salles obscures, on le fait. Il y a tout de même des exceptions notables. La plus connues étant sans nul doute Fight Club, dont le film surpasse le livre. (Je ne cite pas Blade Runner, les deux supports étant trop éloigné pour réellement fonder une critique sur l’adaptation.)

Dans le cas Drive, je suis partagé. L’histoire est sensiblement la même à quelques variations près, notamment dans le rôle de Carey Mulligan, celui de son mari ou la sous-histoire avec la course automobile. Chacun sera libre de trouver les changements malheureux. On trouve dans le livre des morceaux très intéressants sur le passé du chauffeur, sur son très délicat sens de l’humour, etc. Un peu comme Blade Runner, l’adaptation prend des libertés et, honnêtement, si on me demandait de ne garder que l’un ou l’autre, je garderais le film. On comprend surtout pourquoi et comment le film est devenu culte et la façon dont il a façonné le film ou l’interprétation de Ryan Gosling.

L’écriture de James Sallis est très sec, très polar noir, avec un talent particulier pour décrire les villes et les quartiers comme des protagonistes à part entière. C’est fluide et agréable, même si la déconstruction de l’histoire dans les 2 premiers tiers pourraient perturber la compréhension (si on n’a pas vu le film, ça doit demander un petit effort pour suivre les allers et retour dans le temps et les différents personnages qui popent ci et là). L’humour est présent, en touches fines et noires. Il est court, il s’avale vite.

A noter que James Sallis a vu le film est c’est dit impressionné par la qualité de celui-ci et bluffé par l’interprétation de Ryan Gosling, campant un Chauffeur parfait. C’est notamment la raison pour laquelle il a entrepris d’écrire la suite de Drive (Driven, paru l’année dernière en VO), en pensant à l’acteur comme référence. La séquelle se déroulerait plusieurs années plus tard, ailleurs, avec un Chauffeur qui s’en irait buter du malfrat en masse après l’assassinat de sa fiancée. Bien sûr, Hollywood s’est dit intéressé. On espère simplement que les atouts du premier (réalisateur et acteur) seront de la partie si cela aboutit.

Drive est un excellent roman, dispensable pour ceux qui ont vu le film, indispensable pour ceux qui ont vu le film et veulent en apprendre beaucoup plus sur le passé du protagoniste. Si vous n’avez pas vu le film, comme toujours l’ordre, c’est livre puis film.

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commentaires
  1. Naja dit :

    Toujours pas vu ce fameux film, pour raconter ma life de fidèle lectrice ! Je suis ravie d’apprendre qu’il existe en bouquin, ça me donne une excuse pour repousser à nouveau la séance cinoche. Court, écriture sèche ? Mon style. Les villes et les quartiers sont décrites comme des protagonistes à part entière ? Là, tu me mets l’eau à la bouche.

    (Ouais, j’me bats pour mon rang de commentatrice 🙂

    • Oliver Castle dit :

      Ca me dérange absolument pas que les gens racontent leur vie sur mon blog, au contraire ! Ca lui donne un peu de réactivité et le sentiment qu’au delà de faire ça pour la gloire, ça touche ou interpelle une personne de temps en temps. En plus, je réponds à chaque comm’ pour motiver les gens à revenir… Un peu comme toi qui dévies de ton fix du dimanche pour revenir le jeudi 🙂

      Pour revenir sur Drive, je ne suis absolument pas polar et j’avais peur – au regard de la collection et des précédentes oeuvres de Sallis – que ce soit ça et que le film ait pris des libertés. En fait, c’est plus noir que polar et ça m’a vraiment plus. Si tu as l’occasion de passer dans une librairie ou sur amazon et que tu sais comment dépenser 7€15, Drive est une bonne piste.

      Tu peux te battre pour ton rang, mais la compétition n’est pas réellement féroce. Tu n’es vraiment plus très loin du top 6…

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