Lithium Breed – Inspirations #10

Publié: 17/03/2013 dans Ecriture
Tags:, , , , , , , , , ,

Tous les dimanches, je mets en ligne une source d’inspiration pour l’écriture de mon roman Lithium Breed. Ca peut être une photographie, une chanson, une phrase… Par contre, je dis pas pourquoi ou pour quoi ça m’a parlé et la façon dont c’est digéré dans l’écriture : c’est juste pour le plaisir des yeux et/ou des oreilles (et vilement faire revenir les habitués aussi le dimanche !).

C’est parfaitement inutile, donc parfaitement  indispensable.

Aujourd’hui : Ralph Greenson. 

Il convient peut-être de faire un brin d’histoire avec cette personne, puisqu’il n’est pas dit que tout le monde connaisse. Et puis, il y a des gens qui ne viennent que le dimanche, autant leur faire plaisir en étayant un peu de temps en temps. Qui se cache derrière ce sourcil arqué charmeur et cette moustache frissonnante ? Le Dr Ralph « Romeo » Greenson était le dernier psychanalyste de Marilyn Monroe. M’attachant comme il se doit aux derniers mois de l’actrice, il était normal que je me penche un peu sur le personnage et que j’évalue dans quel mesure je devais l’introduire dans mon livre.

J’ai découvert nombre de choses intéressantes, voire troublantes, dans la relation qui le liait à la blonde d’Hollywood. Greenson avait une véritable influence sur sa patience, remplaçant (comme Gable ou Lee l’ont fait) la figure paternelle absente (le père biologique de Monroe ayant préféré prendre la poudre d’escampette bien avant sa naissance). Monroe était une femme pétrie de névroses et elle avait trouvé dans la psychanalyse un moyen d’évacuer le trop plein, au point d’aller tous les jours chez Greenson, plusieurs heures de suite pour exprimer ses angoisses (depuis la peur de parler en public jusqu’à ses complexes physiques). Le jour de sa mort, elle aurait passé pas moins de 6 heures avec lui. Figure d’inspiration, l’actrice a longtemps bu ses paroles, se laissant guider dans sa vie au point, par exemple, d’acheter une villa qui était l’exacte réplique de celle de Greenson, à littéralement 200 mètres de celle de son praticien. Cependant, il est rapporté par différentes sources que dans les dernières semaines, Monroe aurait cherché à se séparer de lui et de son influence.

Si Monroe était connue pour ses frasques libertines, ce serait une erreur de considérer Greenson comme l’un de ses amants. Ce dernier s’était montré professionnel jusqu’au bout des ongles (enfin… autant que faire se peut) (il avait notamment réussi à mater ses retards capricieux pour leurs séances) et l’avait accueilli au sein de sa famille comme on adopterait un enfant : Marilyn s’était ainsi liée d’amitié avec les enfants du docteur et s’invitait régulièrement en tant qu’amie de la famille pour becter.

Pourtant, difficile de rester de marbre face au contrôle qu’exerçait Greenson sur sa patiente. La maison reste un exemple parmi d’autres. Ralph Greenson a fait placer un de ses amis proches (Henry Weinstein) à la production de Something’s Got To Give, placer Eunice Murray en tant que « gouvernante » dans la baraque de Monroe… de sorte que Greenson s’est retrouvé « consultant » pour la Fox afin de s’assurer que l’actrice tienne les termes de son contrat (genre être à l’heure, être en forme, ne pas être stone sur le plateau, etc.), de sorte que Murray puisse lui rapporter ses faits et gestes…

Entre médecin trop attentionné et profiteur, il n’y a qu’une frontière floue. S’il essayait effectivement de réduire sa consommation de drogue (pardon, de « médicaments »), il n’en reste pas moins vrai qu’il n’a jamais essayé réduire sa propre dépendance à la psychanalyse ni à réduire les prescriptions. S’il essayait d’aider l’actrice, il n’en reste pas moins vrai qu’il agissait dans le dos de cette dernière via des intermédiaires discrets (et qu’il s’est accessoirement emporté quand elle lui a fait part d’arrêter de se voir… à 50$ de l’heure, tu m’étonnes qu’il était vénère de perdre son plus gros client).

Greenson, sa femme et ses enfants aux funérailles de Marilyn Monroe

Parmi les nombreux témoignages contradictoires d’Eunice Murray sur la mort de Monroe, la plupart font état de coups de fil vers le domicile du docteur Grenson, qui serait intervenu dans l’urgence pour essayer de la sauver. Il aurait tenter des massages cardiaques, des piqûres dans le coeur (Pulp Fiction style), casser la fenêtre de la chambre pour y accéder et j’en passe. De toute façon, au sujet de la mort de Monroe, j’ai à peu près tout lu et son contraire mais sa présence sur les lieux reste toutefois indiscutable.

Notons que dans une interview réalisé quelques temps plus tard à ce propos, ce dernier laissa échapper un malencontreux :

Demandez à Bobby Kennedy !

De quoi satisfaire les amateurs de complots et alimenter les plus folles hypothèses sur la tragédie. Quelle est la véritable place du psychanalyste dans les circonstances mystérieuses qui encadrent la mort de Monroe ? Les pistes sont nombreuses, des plus farfelues aux plus tangibles. Finalement, j’en viens à croire que c’est ma version la meilleure !

Greenson a publié de nombreux livres sur la psychanalyse, dont certains reconnus comme des références dans le genre, suivit de nombreux acteurs et actrices d’Hollywood et reste un praticien reconnu dans le milieu. Cela ne reste qu’un survol du personnage et de son implication dans la vie de Monroe, il y aurait encore beaucoup à dire pour être réellement exhaustif, mais j’ai largement dépassé mon quota dominical !

Publicités
commentaires
  1. Naja dit :

    Enfin ^^

    • Oliver Castle dit :

      C’est long une semaine, hein ? 🙂
      Comme je poste pas beaucoup le reste de la semaine, je me suis dit que pour une fois j’allais détailler un peu et récompenser les rares fidèles lecteurs dominicaux ^^.

      • Naja dit :

        C’est ce que j’allais faire remarquer dans mon premier commentaire. C’est au top, un article un peu détaillé. Il est super intéressant en plus. J’imagine bien ce que ce genre de personnage peut apporter à un roman. ça met l’eau à la bouche : comme inspiration, c’est toi qui voit, mais pour donner envie, c’est plutôt réussi 🙂 Thanks 🙂

      • Oliver Castle dit :

        Et bien merci ! Je ne promets pas de faire ça toutes les semaines, mais une fois de temps en temps, surtout sur des trucs un peu obscurs, ça ne fait pas de mal 🙂

        Sinon, je suis tout de même relativement curieux de savoir comment j’ai pu attirer une fidèle lectrice sur la base d’un « Tiens, j’écris un roman je vais mettre des images le dimanche comme un fourbe » ? 🙂

      • Naja dit :

        Cherche plutôt la base d’un blog sympa, de quelques nouvelles pas trop mal foutue en livres accès, en bref, d’un contenu qui a de quoi attirer l’attention d’une fouine dominicale ^^

  2. Naja dit :

    Le fourbe et la fouine : ça fait très fable de La Fontaine 😀

    • Oliver Castle dit :

      ^^

      Cool, j’ai réussi à fidéliser une parfaite inconnue sur la base de mes simples écrits et petits délires littéraires :). Bientôt, la gloire ! En tout cas, je constate que j’ai de plus en plus de visites le dimanche (bon, c’est ptete parce que c’est le seul jour où un post est assuré – c’est ptete aussi la moral de la fable « poste et les fouines viendront » ^^). Je suppose que tu as fouiné un peu partout et trouvé les deux ou trois nouvelles qui trainent en pdf dans un coin.

      Je suis content d’avoir des commentaires, c’est rare que les gens en laissent sur les blogs, moi le premier. Ca motive, j’ai bien écrit aujourd’hui et avancé mes recherches.

  3. Naja dit :

    Pour raconter ma life plus en détail, je suis arrivée en cherchant sur Google des nouvelles en pdf publiées dans Lanfeust Mag. J’ai lu, j’ai trouvé chouette, j’ai exploré le blog et j’adhère à l’univers 🙂 alors je suis ravie si ma présence de fouine motive ^^ moi, j’apprécie ce que tu partages, c’est de bonne guerre !

  4. […] Il s’agit de la maison qu’elle s’était achetée tout seule (enfin, légèrement aidée par son ex-mari pour les fonds) début 1962. Comme j’ai déjà dû le mentionner dans un article précédent, la villa est une parfaite réplique – en légèrement plus petite – de celle de son psychanalyste Ralph Greenson. […]

  5. […] un autre dimanche. La photo est prise depuis une fenêtre, celle qu’aurait forcée Greenson pour pénétrer dans la pièce, soi-disant fermée à […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s