Outrun est un album de Kavinsky.

Je ne suis pas très musique électro. Déjà parce que j’y connais pas grand chose. Ensuite, parce que je suis pétri de préjugés sans fondements, j’ai tendance à rapidement classer les albums électro dans la catégorie des bouillies commerciales sans nom. La faute aux années 90’s sûrement où électro était souvent synonymes de grosses bouses au Hit Machine le samedi matin. Mais bon, je ne crache pas non plus sur un Chemical Brothers ou un Death in Vegas.

Disons que je suis sélectif.

Et donc au milieu de mes vinyles bien vintages des années 70 à la gloire des guitares électriques, de Kiss, Judas Priest et autres David Bowie, vient de s’en glisser un nouveau, 100% année 2013, 100% électro : Outrun de Kavinsky.

Je rabâche, à tous et à chaque fois que l’occasion se présente dans un dîner mondain, que le film Drive est une tuerie. Je ne vais pas m’étendre une nouvelle fois de plus dessus, mais parmi les tonnes de trucs géniaux dans cette oeuvre, la musique en faisait partie. Et dans la playlist, il y avait un petit Frenchie du nom de Kavinsky avec le titre « Nightcall » qui – bien que composé avant le film – donnait une certaine identité et un certain cachet au long métrage de Nicolas Winding Refn.

Voilà, la raison du pourquoi du comment je connais Vincent Belorgey alors que je ne m’intéresse absolument pas à ce genre de musique. A l’époque, je me disais que ça n’irait pas plus loin. (A noter que j’aurais joué à GTA 4, j’aurais pu aussi connaître via une des radios.)

Et puis, j’entends parlé de son premier album, intitulé Outrun. Pour les moins de 30 ans, Outrun, c’était ça !

Un jeu de bagnoles sur arcade Sega, avec un type qui fait une promenade avec une blonde à bord d’une Ferrari Testarossa.

La jaquette du vinyle était cool, il a joué sur ma fibre de vieux gamer, j’ai acheté sur un coup de tête. Et je ne regrette pas !

Car il se dégage de l’album une saveur toute particulière, qui dépasse le simple cadre de la musique pour embarquer l’auditeur dans une expérience nouvelle, aux confluences de plusieurs genres. C’est bien simple, quand j’écoute cette album, je ne fais pas qu’écouter des beats synthétiques, je me mate aussi un bon film comme on en faisait que dans les années 80 !

Car il fleure bon les 80’s cet album concept, la décennie où on pouvait pondre un scénario de film débile mais que tu le trouvais trop cool quand même. Et donc Outrun, c’est une histoire. Un ado de 1986 normal, qui trouve une bagnole, a un accident avec, devient une espèce de zombie qui aurait fusionné avec sa voiture et parcourt désormais les routes sous un ciel étoilé tout en faisant de la musique électronique.

Typiquement le genre de trucs débiles qui me parlent ! Le genre de VHS que vous auriez usée à trop la mater ! On sent du K2000 On sent presque du Albator avec le titre « Rampage », on entend littéralement le sample de San Ku Kai dans « Blizzard » ! Sans rire, c’est une véritable machine à voyage dans le temps cet album ! Rien que pour ça, il mériterait d’être écouté cet album !

Mais quand j’écoute Outrun, j’ai aussi l’impression de jouer à un jeu vidéo. Ca sonne comme la bande son d’un F-Zero, d’un Outrun nocturne ou d’un Need for Speed qui aurait été composé par un mec avec du goût. On sent bien les influences gamer du monsieur.

En fouillant un peu la toile, on découvrira que la plupart des titres sont des vieux singles compilés, on trouvera des aigris pour penser que c’est daté comme musique ou que rien n’atteint la cheville de « Nightcall », et patati et patata. La vérité c’est que même si la face B est qualitativement inférieure, Outrun comporte son lot de titres qui déboitent et qu’on serait bien idiots de bouder notre plaisir ! Pour les détails technico-musicaux, je suis certain que vous trouverez des articles plus pointus que le mien.

Ca reste l’avis d’un néophyte qui ne goutte à la came électro qu’une fois de temps et qui n’y connait pas grand chose, mais j’ai énormément apprécié Outrun, pour ses influences cinématographico-ludiques et son ambiance 80’s avec des néons. Si vous êtes dans le même trip culturel que moi (ou dans la même tranche d’age que moi), foncez dans votre Testarossa !

(Vous vous y voyez là, dans votre canapé, à mater K2000 ou devant un jeu de bagnole sur votre 16 bits ?)

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