Batman: Mad Love

Publié: 16/01/2013 dans Comics, Lecture
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Mad Love est un comic-book de Batman écrit par Paul Dini et dessiné par Bruce Timm, un duo que tout le monde connaît pour avoir maté un jour un épisode de Batman sur Canal+, FR3 ou France 3 pour les plus jeunes.

Qui était Harley Quinn avant de devenir l’assistante iconoclaste du Joker ? Comment se sont-ils rencontrés ? A quoi ressemble le quotidien de ce couple étrange ? Autant de questions abordées dans ce Mad Love !

Au regard du nombre de chroniques sur des films d’animation DC que j’ai pu chroniquer, je pense que je n’ai pas vraiment besoin de rappeler que je vénère Bruce Timm. Aussi n’est-ce que normalité que je cherche à obtenir les productions sur lesquelles il a officié. A la télévision certes, mais aussi dans le milieu du papier bas de gamme truffé de pubs pour des céréales.

Les plus geeks des trentenaires qui passent pas ce blog ne manqueront pas de se rappeler que le pitch que j’ai à peine esquissé pour ce comic n’est pas sans rappeler celui d’un épisode de la saison 2 de Batman: The Animated Serie. Et pour cause, le premier a été produit sur une demande de DC qui cherchait des petites histoires pour Batman: Annual et fit appel à Paul Dini (qui fit lui-même appel à son pote). Le succès derrière les phylactères convainquirent d’autres gens (des producteurs) que porter cette aventure dans la série en cours n’était pas une si mauvaise idée. De toute façon, Bruce Timm (directeur artistique à l’époque) faisait un peu ce qu’il voulait avec les storyboards transférés aux décisionnaires, y compris les édulcorer suffisamment pour faire passer une pilule que des costumes-cravates approuvent sans se poser de questions. Ce qui est amusant car Batman: TAS était regardé par des teenagers qui étaient prêts à accepter bien plus que la censure ne voulait le croire, et force est de constater que si on n’avait pas eu un Bruce Timm un peu plus couillu que la moyenne, on aurait pas eu une série de si bonne qualité mais encore une espèce de pantalonnade de Batman (Adam West, anyone ?).

Tout ça pour dire que sans être violent, Mad Love est tout de même bien sombre, avec une plongée dans l’Arkham Asylum et la psyché d’une jeune thésarde aux dents longues. Harley Quinn, création pour la télévision puis intégrer à l’univers classique, est l’un de mes méchants préférés de Batman, mais il n’y a que sous le pinceau de Bruce que j’y trouve une réelle saveur. Son style très animé, très art-déco, la sublime à chaque plan, les plus enjoués comme les plus dark. Personnellement, c’est quand elle fait le pitre avec sa copine Poison Ivy que je la préfère, mais ce n’est pas pour ce comic-book, qui s’attache plus à la relation d’amour malsain qu’elle vit avec son Joker.

L’histoire en question alterne présent où elle essaie d’attraper Batman seul pour son choupinou et passé où elle découvre sa nouvelle identité criminelle. C’est maîtrisé, c’est propre. De toute façon, c’est lauréat d’un Eisner Award… Inutile de s’étendre en discours volubiles pour vanter les mérites de cette histoire courte !

Dans l’édition que je possède, Mad Love est complétée d’une préface et postface de Dini et Timm (respectivement) ainsi que d’autres mini-histoires de Paul Dini (mais pas toujours avec Timm) (et vice-versa) : un truc avec un démon, un truc sur Harvey Dent, un truc avec Batgirl pour Noël, etc. Tout n’est pas forcément intéressant et – de toute façon – moins bien que l’histoire principale.

Bon, le point qui fâche, Mad Love n’est disponible quand version originale, dans un TPB à couverture souple. Et j’ai bien peur qu’il ne sera jamais traduit :

  • Batman: The Animated Serie n’est plus diffusée à la TV
  • Dans la tête du grand public, Batman c’est la trilogie Nolan, un truc sérieux, pas des bouffonneries avec un Joker qui tire avec des pistolets-poissons
  • Bruce Timm n’est pas connu sous nos latitudes comme peut l’être un Jim Lee
  • Jamais il ne s’en vendra des brouettes, soyons réaliste.

Donc pour tous les amateurs francophones de cette version de Batman, il faudra donc se tourner vers les boutiques import et internet. Ou bien la série animée. Ceux (les nostalgiques, quoi) qui franchiront le pas de l’un ou de l’autre ne seront pas déçus ! Mad Love est l’une des meilleures histoires centrées sur les vilains du chevalier noir et un de mes coups de cœur !

En cadeau bonux, le début de l’épisode en question ! Si vous voulez plus, débrouillez-vous.

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commentaires
  1. xalendar dit :

    Tu viens de m’apprendre un truc, j’ai toujours cru qu’Harley Quinn était un personnage canon datant de bien avant la série animée. Comme quoi quand on laisse un auteur s’approprier un univers (j’entends sans qu’il y ai une horde de producteur bien pensant derrière son épaule) ça peut donner de très bon résultats.
    Je te concède que c’est également un de mes méchants favoris de Batman, la manière dont elle est revisité dans les jeux vidéo Batman: Arkham Asylum et Batman: Arkham City est également pas mal.

    • Oliver Castle dit :

      Derrière la création de la série animée, il y avait tout de même un tas de contraintes foireuses : les producteurs, les dirigeants de la chaîne, la censure… sans parler de l’externalisation de la fabrication en Corée. Mais comme je disais, Timm et son équipe se sont débrouillés pour légèrement biaiser certains voies de communication et rendre des trucs plus opaques qu’ils ne l’étaient réellement et faire « surprise » au moment de montrer l’épisode.

      L’avantage d’autant de contraintes de production, c’est que ça a permis de rendre des effets plus intéressants : la mort des parents de Robin – souviens-toi – est suggérée hors-champ, rendant le drama derrière nettement plus intense qu’avec une débauche d’hémoglobine.

      J’ai pas fait les jeux vidéos, mais j’adore son look à l’intérieur. Je suis également curieux de voir ce qu’elle donne dans le « Suicide Squad » du reboot DC.

  2. […] (qui, pour le coup, ne sont qu’un bête copier-coller de ce qu’on a pu lire dans Mad Love). De toute façon, il n’a probablement pas eu le choix : car qui dit Harley dit Joker et à […]

  3. nib tuck dit :

    bonjour,

    j’aimerai trouver Batman Mad love an other story en français mais je galère un peu… pourriez vous me venir en aide svp? Harley Quinn et le Joker sont un des mes couples préféré et je rêve de lire ce comics depuis un moment…merci de votre aide.

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour Nib Tuck et bienvenue !

      J’adorerais te (je tutoie tout le monde ici) venir en aide malheureusement Mad Love et les histoires qui l’accompagnent se révèlent être d’une rareté sans nom pour le collectionneur francophone. Je n’ai pas eu vent de traduction à venir et comme je disais dans l’article, il est fort peu probable que cela arrive un jour. On peut toujours croiser les doigts, Urban a bien réédité « The Killing Joke ».

      Ceci étant dit, pour pouvoir profiter de Mad Love, il te reste deux options :
      – La série animée avec le double épisode en question
      – La première et unique traduction française que je connaisse a été publiée en kiosque dans les « Batman Magazine » par les éditions Semic en 1995. Il s’agirait des numéros 10 à 18. Pour les retrouver, les sites de reventes d’occasion, de la patience de la chance et sûrement un peu d’argent te seront nécessaires 🙂

      Bon courage dans ta quête et à bientôt.

      • nib tuck dit :

        Merci pour ta réponse, et les informations données Olivier.

        Je me vois attristée de cette nouvelle, étant très attachée aux dessins papier, soit je prends la décision de le prendre en Anglais, soit je patiente mais j’ai peur que ce soit très long.

        Si jamais si, comme j’aime chanter.

        Merci encore et à bientôt

      • Oliver Castle dit :

        Mais de rien, j’aime bien qu’on me pose des questions sur mon blog et j’aime bien me rendre utile 🙂

        Tout dépend de ton niveau d’anglais ensuite, c’est loin d’être du Shakespeare et ça a l’avantage d’avoir un épisode animé pour combler d’éventuels trous dans la compréhension de l’histoire. Si en plus du tu connais les personnages, ça aide. Comme je le soulignais, l’avantage de l’édition anglaise, c’est les quelques pages pré- et post-faces des auteurs qui expliquent des petites détails sur la genèse du truc.

        Je prêche un peu pour la paroisse VO, mais il est à noter qu’on trouve des exemplaires allant d’environ 7 à 14 euros sur amazon suivant le revendeur qu’on choisit. C’est pas la ruine, quoi.

      • Jim Lainé dit :

        Hello tout le monde

        il me semble (et le site comicsvf le confirme… confirmerait, disons) que Mad Love a été traduit, effectivement dans Batman Magazine de Semic, numéros 16 à 18 (octobre à décembre 1995).
        Des infos ici :
        http://www.comicsvf.com/us/613.php
        Donc oui, les sites d’occasion, les bouquinistes (ceux de province ne sont pas chers, ceux de Paris chargent la mule…).
        Ah, ça m’a donné envie d’aller le relire, tiens (je dois avoir et VF et VO, il me semble…)

        JML

      • Jim Lainé dit :

        Après vérif (et relecture hier soir, pour le plaisir…), Oliver a bien raison (et Comicsvf est incomplet sur ce coup), Mad Love a été publié en feuilleton dans Batman Magazine #10 à 18, en complément des épisodes mensuels.
        Hier soir, j’ai relu la VO (dans le très excellent TPB « Dangerous Dames & Demons »), et j’ai ensuite relu la VF. Alors pour faire court, si vous lisez l’anglais et que vous avez l’occasion de fouiner, préférez ce TPB. La VF est traduite avec un grand manque d’imagination (pour faire dans la litote), et certains numéros font preuve d’une impression pas terrible. Donc la VF restera, pour le coup, une solution de repli.
        Quant au Mad Love lui-même, c’est somptueux, drôle, super vivant, avec des dialogues épatants et un dessin magnifique. Oui oui, on le sait, mais ça fait jamais de mal de le répéter !

        Jim

      • Oliver Castle dit :

        Bonjour Jean-Marc ! Merci pour tes commentaires et précisions. Ca fait plaisir ! On s’était rencontré il y a fort fort longtemps dans une galaxie fort fort lointain autour d’une dédicace sur Omnopolis avec l’ami GeyseR. (Ce dernier s’était d’ailleurs lâchement esquivé devant la tâche de faire un Albator, c’est Mitric qui avait dédicacé Omno à sa place. Quel bande de taquins ceux-là ^^)

        On tombe tous d’accord sur les qualités du Mad Love, reste plus qu’à espérer que Urban se penche dessus pour les moins anglophones d’entre nous.

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