Lithium Breed – Jour 187

Publié: 03/01/2013 dans Ecriture
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Ne cherchez pas à compter, je mets les jours complètement au pif. C’est déjà suffisamment le bordel à écrire comme roman, je ne vais pas non plus tenir compte un carnet de bord précis de son écriture !

La nouvelle année commençant, je suis pétri de bonnes résolutions comme celles de me lever plus tôt ou de finir le roman en cours. Je me suis dit que ce serait une bonne idée de vous faire partager un peu ma méthode d’écriture pour Lithium Breed. Déjà parce que ça me fait un article pas très compliqué à écrire. Aussi parce que je me dis que ça pourrait intéresser des gens de voir un bout de l’envers du décor. Il s’avère, en toute modestie, que je fais presque figure de référence chez mes amis qui veulent s’essayer à l’écriture de roman, l’une ou l’autre me demandant conseil sur tel ou tel point.

Ou alors, vous pouvez simplement considérer que cet article, comme tous les articles Lithium Breed, n’est qu’une excuse à peine voilée pour mettre des photos de Marilyn Monroe sur mon blog…

nathalielenoir:Marilyn

Alors, oui, parlez de sa méthode quand on est un écrivaillon qui n’a encore rien publié, ça peut paraître légèrement pompeux. Mais le fait est que je suis quasiment persuadé que si j’étais une mégastar de romancier, j’aurais autre chose à faire que de discutailler du roman que j’essaierais de terminer. Sans même parler du fait que mon éditeur serait pas hyper jouasse que je balance des infos sans passer par l’équipe marketing. Profitons donc du fait d’être un total inconnu persuadé d’écrire le roman du siècle pour en parler en toute simplicité.

Entre les jours 99 et 153, on peut dire que je n’ai quasiment pas écrit. La faute à des occupations annexes, pas toujours très folichonnes mais importantes (je vous renvoie à cet article pour plus d’informations). Par voie de conséquence, quand j’ai ouvert mon Scrivener pour me replonger dans Lithium Breed, j’ai dû remettre les mains dans le cambouis et essayer de comprendre le pourquoi du comment du plan à long terme.

J’aurais pu faire comme d’habitude – à savoir relire les derniers trucs écrits, jeter un coup d’oeil au plan et repartir à pianoter la suite – mais j’ai préféré réviser ce que j’avais prévu grâce à ma feuille de route.

Et là, c’est le drame…

Ne pas y avoir touché pendant des semaines m’a forcé à avoir un oeil neuf sur ce que j’avais fait et à suivre ma propre logique avec celle du mec qui a tout oublié et essaie de piger tout de même, rien qu’en lisant le plan. Normalement, ça aurait dû couler de source. Premier acte, incident déclencheur, twist, twist, fin d’acte, patati et patata. Jusqu’au point où je ne pige plus rien dans le patata. Pour prendre une analogie, imaginez que rédiger un plan équivaut à résoudre une équation basique. Facile. Maintenant, comme mon histoire traite de voyage dans le temps et que, par définition, les voyages dans le temps, c’est TOUJOURS le bordel, rédiger un plan équivaut une intégrale moisie entre moins l’infini et plus l’infini avec toutes les fonctions les plus foireuses de la création mathématique.

Je ne parle même pas de paradoxe « et qu’est-ce qui se passe si je tue mon grand-père » (t’as qu’à pas aller voir ton grand-père, idiot). Il faut simplement replacer son personnage dans le temps, l’espace et les restrictions que vous vous êtes vous-même imposées parce que vous êtes un gars logique. Je me suis donc retrouvé avec trois moments-clés limite sortis du chapeau, justifiés sur un malentendu et, en définitive, complètement impossibles dans le cadre du temps/espace/restrictions fixé. Conséquence : faut tout refaire, avec la dose d’aspirine obligatoire pour éviter que mon cerveau liquéfié ne coule par les oreilles. Donc on prend son crayon et on gribouille.

LithiumBreed01

Voilà un document que j’ai donc fait pour essayer de piger ma propre logique et essayer de mettre en corrélation plusieurs lignes temporelles. Donc là, vous vous dites sûrement que vous n’avez plus qu’à décrypter mes hiéroglyphes pour vous spoiler l’intrigue. Hahaha, quels naïfs feriez-vous ! D’une part, ce dessin a été fait pour passer le plan de la version 3 à la version 4. Je suis aujourd’hui à la version 6. Donc, il est foireux et incohérent. Moins que la version 3, plus que la version 5.

Comme je suis sympa, je vais quand même lister des petites informations que vous pourriez récupérer, histoire de vous teaser un peu (sachant qu’on n’est carrément pas à l’abri de version 7, 8, 9… tout ceci est à prendre au conditionnel). Vous pouvez noter :

  • Des dates : 1962, 1972, 1980, 1994. Elles n’y sont pas toutes, mais celles-ci ne bougeront pas.
  • Des noms de personnages : Marilyn Monroe (MM), Ceres, Beaumont et un KC (Kalium Crayne)
  • Une histoire de bracelet

Pour le reste, honnêtement, ce n’est plus d’actualité et les histoires d’assassinats étaient impossibles en v4.

Tout ça pour dire que rédiger son plan est pri-mor-dial. Se jeter à corps perdu dans l’écriture sans avoir posé sur papier la trame complète, un synopsis et/ou un traitement (l’équivalent de mon plan détaillé), des descriptions psychologiques/émotionnelles de ses personnages relève du suicide scénaristique pur et simple. A moins de vouloir écrire des trucs comme Tokyo Drift ou les mystères de l’amour. Evidemment, on préfère tous écrire des dialogues parce qu’il n’y a qu’à ce moment qu’on a l’impression que tout prend vie, mais il faut savoir prendre son mal en patience et prendre le temps de lécher sa préparation.

Je vous vois venir avec vos gros sabots : Pourquoi ai-je commencé à écrire si ça fait déjà 5 fois que j’ai changé le plan ? Parce qu’écrire est un processus vivant ! A chaque version du plan, je suis persuadé que c’est la bonne ! Et puis on écrit, on se rend compte que tel personnage est intéressant, qu’il mériterait plus de place, que telle scène de ouf malade sur le papier est juste naze dans les faits, etc. Dans tous les cas, l’important est de ne jamais transiger sur quoi que ce soit ni de se laisser aller à la facilité sous prétexte que *insérer ici excuse bidon – genre « nan, mais c’est cool comme ça/nan, mais personne fera attention de toute façon »*. Remettre  en question son travail en permanence(sur tout après une période de pause) fait partie du coeur même de l’écriture.

Sur ce, je retourne travailler, je n’ai plus d’images à mettre.

Ha ! Et pour ceux qui se posent la question, oui, j’ai passé la scène de sexe. Six heures pour un pauvre paragraphe…

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commentaires
  1. kiliad dit :

    Pour bien faire il te faudrait un regard vraiment neuf, ça s’appelle des relecteurs.
    Tu peux les faire intervenir n’importe quand dans l’écriture…J’dis ça j’dis rien 😉

    • Oliver Castle dit :

      Le travail de relecture est super ingrat. Déjà, le texte est pas fini, bourré de fautes d’orthographes et relativement bancal, surtout en v1. Faire intervenir un relecteur en v1, c’est demandé à quelqu’un d’avoir le courage de se taper un pourcentage non négligeable d’horreur à tendance bousique. Pire, le lecteur v1 devra se frapper la v2 pour juger de la différence. En entier.
      Au final et d’expérience, j’ai constaté que des volontaires pour la relecture, il y en a des tas. Des vrais motivés qui lisent le texte en entier, yen a déjà 82% de moins, des apportent des notes et remarques autres de la simple correction orthographiques, yen encore 82% de moins. Pour Lithium Breed, j’ai décidé qu’il y aurait un seul relecteur qui se tape le boulot pourrave de la correction ortho de la v1 et juge du contenu.
      Quand j’aurais fini la v1 et repasser dessus pour une v2, je chercherai seulement à ce moment-là des relecteurs. Déjà que c’est compliqué, je tiens à limiter le nombre d’inputs avant le point final.
      En gros, la relecture, c’est pas pour tout de suite. Faudra vous contenter du leasing un moment 🙂

  2. JB dit :

    Haaa les chronologies tordues et gribouillages en tout genres … C’est indispensable à toute bonne création littéraire, meme si on oublie toujours de commencer par là. C’est aussi un grand moment de rigolade de retrouver ses hiéroglyphes incohérents quelques mois après ^^
    Pour être passé par là je te souhaite bien du courage !

  3. Naja dit :

    En fait, tu fais un plan, tu commences à écrire, tu t’arrêtes pour faire un autre plan, et tu reprends l’écriture, tu t’arrêtes pour un plan, tu écris, tu fais un plan, quelques dizaines de pages, un énième plan, pages, plan, pages, plan-page-plan ?… Tu deviens fou des fois ?

    • Oliver Castle dit :

      C’est pas tout à fait ça. Je fais mon plan et j’y travaille jusqu’à ce que j’en sois satisfait. Ensuite j’écris. Comme j’écris en suivant le plan, j’ai le nez dedans. Pour une raison ou pour une autre, je m’arrête et quand je dois reprendre l’écriture, je repasse sur le plan pour voir où je dois aller. Comme j’ai vidé la RAM de mon cerveau entre temps, je dois refaire le cheminement intellectuel et me reposer des questions auxquelles j’ai déjà répondues. Sauf qu’il arrive que je ne trouve pas les mêmes réponses et que je trouve des failles dans ma logique ! Des trucs bidons, des trucs énormes. L’un dans l’autre, je dois modifier ce que j’avais prévu pour des questions de logique humaine.

      Exemple. Plan 1. Florence descend à la cave, elle se fait tuer par le maniaque à la tronçonneuse après avoir découvert son identité. *Pause* Plan 2. Florence et Naja décident de ne pas faire deux groupes de 1 parce que c’est stupide, elles descendent toutes deux à la cave, Florence se fait tuer, Naja s’enfuit mais connaît l’identité du vilain. *Douche* Plan 3. Oui, mais non, attends, elles savent qu’il y a maniaque dans cette baraque. Elles vont à la cuisine d’abord et prennent des couteaux, elles sont pas débiles. Bon, ça les empêche pas de descendre à la cave, Florence meurt toujours mais Naja avec son couteau blesse le vilain et découvre un indice sur son identité, genre un tatouage. Ouais, c’est mieux.

      Je ne reviens sur la structure de mon plan que si j’ai trouvé une faille grosse comme un éléphant qu’il est impossible de maquiller par un tour de passe-passe. Ca peut être un détail comme la logique d’un personnage, ou un objet qu’il a en sa possession qui change la donne mais que j’avais oublié, ou alors une pure idiotie comme une ubiquité magique, ou alors la découverte d’un fait historique qui m’ennuie ou m’arrange… Rome ne s’est pas faite en un jour !

      Je m’arrête pas sciemment d’écrire pour construire des nouveaux plans en tout cas (je ne suis masochiste qu’avec mes goûts cinématographiques), je suis ce que j’avais prévu jusqu’à ce que je découvre une mouche dans la soupe 🙂

      Quant à la folie… des fois :p Mais quand il est question de voyage dans le temps, tu t’arraches tout le temps les cheveux !

    • Oliver Castle dit :

      Plan 4. Et encore, aurais-je su que Naja courait le marathon, elle se serait dévouée pour courir seule les 30 bornes dans la forêt pour aller chercher de l’aide pendant que Florence et ses amies jouent à cache-cache dans la cave.

      Au final, c’est juste une histoire de choix et de perfectionnisme. J’ai surtout pas envie de me faire démonter sur mon scénar comme je prends plaisir à démonter des scénars bancals sur mon blog ^^. Alors je raffine encore et encore, même quand le point final aura été mis.

  4. Naja dit :

    Plan 5, Naja court chercher de l’aide dans la forêt et rencontre le scénariste, qui s’est transformée en FOUINE des bois pour l’occasion. Heureusement, elle ne se laisse pas abattre par le costume, traîne le scénariste dans la cave avec le tueur et Florence morte. La fouine ressuscite Naja, change le tueur en Pack de Bière, avant de retirer son costume. Plan 6 : Les trois rescapés fête leur victoire contre les forces du mal autour d’un feu de camp en sifflant la binouze. Puis, Naja et Florence renvoient Olivier en son Château.

    • Oliver Castle dit :

      Un happy end me paraît assez improbable si c’est un histoire de mon cru :). Mais bien essayé ! D’habitude, c’est toi qui fais la fouine :p (oui, bon, chacun son tour, ok)

      • Naja dit :

        Bah écoute, le prochain coup, c’est moi qui lance l’histoire et je te laisse le soin d’assassiner tout le monde ^^

        Ouaip, chacun son tour :p

  5. Naja dit :

    Oh, je me suis pas relue, y a quelques maladresses et une ou deux incohérences… C’est donc ça, le raffinage ? Pfiou ^^

    • Oliver Castle dit :

      Si seulement c’était aussi simple…

      Au fait : TOP 6 ! Le top 5 n’est pas très loin ! (Et merci de booster mes stats de fréquentation journalière, je vais ptete réussir à faire mieux que mars l’année dernière finalement)

      • Naja dit :

        Ou comment changer un blog en jeu interactif. Participez aux « commentaires dont vous êtes le héros » ! On peut gagner son poids en cacahuètes ?

      • Oliver Castle dit :

        C’est le privilège d’être un mini-bloggeur : j’ai du temps pour répondre et jouer avec ceux qui prennent le temps :). Y’a rien à gagner (surtout pas de la cahuète, c’est gras et salé – mon blog est doux et sucré… Bon, parfois un peu acide). Hmmm, sur un top 3-4 (i.e. 30 commentaires), tu gagnes l’insigne honneur d’être ajoutée à mes amis Facebook. Comment que je vends du rêve numérique :), j’ai raté ma vocation… Hmmm, sur un top 1 commentatrice, tu gagnes… Le début de la version courante de Lithium Breed ! Un ou plusieurs segment du premier chapitre, suivant la longueur. ‘Tain, c’est un bonne idée ça pour faire venir et revenir les gens ! Le fourbe a encore frappé de sa fourbitude !

  6. Naja dit :

    Mince, y a pas à dire… Le dimanche, c’est ton jour de Fourberie 😀
    Et t’as commencé tôt en ce dimanche de Pâques ! J’espère que ça augure du bon LTI#12 ^^

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