Blanche-Neige et le Chasseur est un film réalisé par Rupert Sanders avec Kristen Stewart (Adventureland), Chris Hemsworth (Thor) et Charlize Theron (Prometheus) sur un scénario dont la meilleure partie vient sûrement de Hossein Amini (Drive), la pire étant sûrement due à Evan Daugherty.

C’est l’histoire de Blanche-Neige. Ou presque. Disons qu’à un moment, ya une pomme et sept nains.

Je me demande ce qui s’est passé dans la tête des producteurs à l’horizon 2010-2011. Visiblement, leur grande marotte était de pondre le plus grand nombre de films ou séries tirées de contes populaires. La même année, on a dû se frapper Mirror Mirror avec Julia Roberts et ce film, sans compter la série de qualité discutable Grimm ou encore Once upon a time. Ou comment resucer jusqu’à la moelle des histoires vues, revues et si profondément ancrées dans la culture populaire grâce à la firme de Mickey que toutes variations ne peuvent prêter qu’à sourire quand on voit les premiers communiqués de presse. Et attendez, on nous réserve un nanar en puissance avec le prochain Hansel et Gretel: Chasseurs de sorcières qui a retardé sa sortie pour surfer que la notoriété post-Bourne Legacy de l’acteur principal.

Mais étudions plutôt le cas de Blanche-Neige et le chasseur, premier volume d’une trilogie qui ne sortira jamais. La faute à Kristen Stewart qui finalement, en dépit de 5 épisodes d’une saga romantique mielleuse n’a pas compris le concept de fidélité et s’en est allée se fourvoyer dans les draps du réalisateur. Ce mec a littéralement le cul bordé de nouilles, c’est un inconnu sorti de nulle part, qui se retrouve aux commandes d’un des plus gros blockbusters de l’année 2012 et qui se tape l’actrice principale de son film… Non, je ne suis pas jaloux, je constate ! De toute façon, sa réalisation est quelconque et sa direction d’acteur plutôt limite si l’on considère que ce film aurait pu plus simplement s’appeler Bella et Thor.

Bon, alors, ce film…

Dans un pays lointain et merveilleux, une reine fait le voeu d’avoir un enfant. Par le truchement de la magie et des roses, c’est fait. Le pays est en liesse, mais la reine meurt rapidement. Le roi inconsolable part en guerre et tombe « par hasard » sur une jeune fille à la beauté hallucinante. Il en tombe aussi amoureux, l’épouse sur le champ et meurt assassiné par la nouvelle concubine au milieu d’une érection. L’épouse n’est autre que la vilaine sorcière qui suce la force vitale des gens pour conserver sa jeunesse, et elle a aussi une armée à son service. Et plutôt que d’envahir proprement le pays comme n’importe quel chef de guerre, elle fait ça en perfide, mariage après mariage, façon Elizabeth Taylor. Soit.

Reste Blanche-Neige, qui ne s’enfuit pas du château. Non, la vilaine sorcière va l’emprisonner dans la plus haute tour du château. Pourquoi ? Je sais pas trop. Disons que c’est dans le script.

10 ans plus tard. Blanche-Neige est toujours en vie. C’est devenu une adolescente bien développée avec de sérieux problèmes de variations dans son jeu d’acteur, des dents nickels et une passion pour la fabrication de petites poupées en paille. La méchante reine règne sur un immense royaume et tout va bien dans sa vie. Sauf qu’en bonne névrosée, elle ne peut s’empêcher de demander à son miroir en CGI pourraves qui est la plus belle. Le miroir en question lui fait savoir que désormais la plus belle, c’est Blanche-Neige. Parce qu’elle vient d’avoir 18 ans. Hier non, c’était juste un gros thon enfermé dans un cachot et maintenant c’est genre une giga-bonnasse qui peut briser le charme magique de la sorcière éternellement jeune. Et comme on connait pas la chirurgie esthétique et que les bains de lait ne suffisent pas, la méchante reine se voit donc contrainte et forcée de buter Blanche-Neige pour reste jeune… Elle aurait fait ça il y a dix ans, elle m’aurait économisé deux heures de ma vie.

Bref… La reine fait quémander sa némésis, qui s’échappe parce que – comme d’habitude –  le grand méchant est entouré d’incapables. Elle s’enfuit dans la forêt interdite, là où personne ne pénètre. Sauf le chasseur. Enfin Thor, quoi. Thor, il a perdu sa femme, il picole comme un trou, il a des problèmes avec l’autorité, mais c’est LA personne dont la reine a besoin pour retrouver une idiote. Le chasseur va se rebeller contre la Reine parce que voilà, Blanche-Neige elle est bonnasse (j’ai pas vraiment trouvé d’explication, même les 100 pièces d’or promises me semblent légères pour justifier de se mettre sciemment dans de telles emmerdes). La reine va alors dépêcher 10 mecs pour récupérer Blanche-Neige et le chasseur. Si vous aussi vous vous demandez pourquoi la reine n’a pas commencé par embaucher ces 10 mecs, vous faîtes bien de lire mon résumé plutôt que de mater ce film.

Thor et Bella sont donc en train de sortir de la forêt, ils se font agresser par un troll qui se plie à la volonté de la princesse. Pourquoi ? Comment ? Je sais pas. Parce qu’elle est bonnasse et que ce détail sera utilisé dans la suite de la trilogie qui n’aura jamais lieu ? Parce que ça fera cool dans la bande-annonce ? Ils se trouvent un refuge dans un village où il n’y a que des gonzesses scarifiées. Pourquoi scarifiées ? Parce que comme la reine suce l’énergie vitale des personnes agréables à regarder pour conserver sa jeunesse, il est de notoriété publique d’une petite cicatrice au visage vous rend inintéressant. Si j’étais Blanche-Neige, je me serais scarifié le visage. Ca mangeait pas de pain, j’aurais pas vraiment perdu en sex-appeal et j’aurais été tranquille le reste de ma vie.

Le village se fait attaquer, Bella et l’avenger nordique se casse et se font attraper par des nains. Nains qui sont de vieilles connaissances de Thor. Ca tombe bien, vive le CDLS ! Les nains, comme toutes les personnes qui ont croisés le chemin de Blanche-Neige la reconnaissent instantanément comme la descendante de feu le bon roi (alors que, je le rappelle, elle a passé 10 ans au cachot… et qu’elle ne porte pas de marque de naissance significative). Les nains lui jurent allégeance et tout le monde décide de se rendre dans le bastion de la résistance contre la reine. Un duc cousin germain ou équivalent du roi décédé. Le duc en question a un fils, fils qui était amoureux de Blanche-Neige durant leur enfance et qui s’est juré de la ramener, se faisant passer pour l’un des 10 gars susnommés. Le bogoss les retrouve et se joint à eux.

Je sais plus trop comment. J’ai un peu décroché à ce moment là du film. Il faut dire qu’on était presque déjà à 1h40 de films et pour bien vous faire comprendre à quel point c’était chiant, j’avais eu l’impression de mater 1h40 de stock-shots d’un documentaire sur la Sologne de la chaîne Chasse et Pêche, entrecoupé ça et là de plans sur Kristen Stewart qui avait l’air d’être constipée en permanence, sur Charlize Theron un peu en roue libre dans son trip vilaine sorcière et de Thor qui répétait visiblement pour les Avengers

Donnez-moi cette pomme que je mette fin à mon propre calvaire cinématographique !

Donc, je ne sais plus vraiment comment la sorcière réussit à se faire passer pour le bogoss amoureux de Blanche-Neige et à lui faire bouffer une pomme moisie. Par contre, ce que je sais, c’est que le baiser du fils du duc amoureux ne la ramènera pas à la vie… Non, parce que quitte à foutre en l’air un conte populaire, autant le faire si complètement que :

  1. C’est le baiser du chasseur qui la ramène à la vie
  2. Blanche-Neige qui – je le rappelle – a passé sa vie au cachot prend la tête de la rébellion en enfilant une armure complète alors que, jusqu’à preuve du contraire, quand on est en taule, on apprend ni a faire du cheval, ni à se battre. Au mieux, quand tu t’appelles Jeanne Garnier, tu peux apprendre à pirater des téléphones portables…

C’est donc dans un grand n’importe-quoi final que Blanche-Neige – qui, je le rappelle encore, ne sait même pas manier un couteau pour étaler du beurre sur sa tartine – s’en va en guerre épée et bouclier à la main contre un château entier et une sorcière adepte de la magie noire…

L’air constipé, sur un cheval.

A ce moment du film, je voulais sincèrement que la méchante reine remporte la victoire. Finalement non. Le bien triomphe du mal et le pays s’offre une nouvelle reine. Hourra.

Mais alors, le fils du duc, il épouse Blanche-Neige ? me demanderez-vous.

Non.

Le chasseur alors ?

Non plus. Les résolutions sentimentales du film sont laissées au bon soin de la suite de la trilogie. Qui n’aura pas lieu pour cause de résolutions sentimentales hors caméra. Ironique, n’est-ce pas ?

De toute façon, il faut bien se rendre compte d’une chose, c’est que en dehors du fait de vouloir revisiter le mythe de Blanche-Neige en le destructurant façon bouffe moléculaire, le scénariste (dont c’est le premier long) a surtout pioché comme un gros rapace dans une vaste collection de films, depuis le Seigneur des Anneaux (et je soupçonne l’accessoiriste d’avoir eu un prix de gros sur les boucliers du Gondor) jusqu’à Mononoke Hime et sa scène quasi-copiée-collée avec le Dieu-Cerf… 

Blanche-Neige et le Chasseur est une gigantesque perte de temps, sauf si vous êtes fétichiste de Kristen Stewart, Charlize Theron, Chris Hemsworth ou de la Sologne… Surtout la Sologne.

En bonus, une parodie sur les révélations de Kristen Stewart suite à son « oups, j’ai glissé sur un autre pénis que celui d’Edward ».

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commentaires
  1. Kyalie dit :

    Y a quand même un truc particulièrement notable dans ce film : le couple chasseur-princesse ne fonctionne absolument pas. Mais vraiment pas. J’ai eu l’impression tout le long du film que le Chasseur (on a jamais son nom d’ailleurs…?) perçoit Blanche-Neige comme sa protégée, sa fille ou sa soeur, mais pas du tout comme un love interest éventuel. En fait c’en était au point que j’en étais mal à l’aise quand il l’a embrassée (en plus, paye l’haleine de chacal qu’il devait avoir, m’est avis que c’est plutôt ça qui l’a réveillée).
    Et ça vaut aussi dans l’autre sens – pour la bonne raison que c’est Blanche-Neige qui roule un patin au Prince/Reine et pas l’inverse ! Ça paraît quand même assez clair quant à ses sentiments, non ? Et au réveil elle aurait tout simplement changé d’avis, what?
    D’ailleurs, je vois mal comment ils auraient pu se baser sur le triangle amoureux pour fonder un nouveau film ; quoi, le prince deviendrait jaloux au point de ressusciter la reine ou une connerie du genre ? Vraiment, je suis perplexe.

    Sinon ouai je me suis bien marrée avec les femmes scarifiées mais bien coiffées et surtout maquillées de 3 tonnes de khôl ! Elles se seraient rasées la tête, elles auraient déjà été plus crédibles.

    Mais pour l’histoire de Blanche-Neige qui impose sa volonté au troll ça me paraît quand même relativement expliqué : elle est l’opposée de la Reine, elle est la *vie*, et le voeu de sa mère pour qu’elle naisse me paraît semblable à celui qu’a fait la mère de la méchante reine. Donc en quelque sorte elle a des pouvoirs, du genre qui ‘apaisent’ (bêtes ou blessures).
    De même que pour la fine des équipe des 10 : après tout, Blanche-Neige n’est plus dans la forêt maléfique, donc n’importe qui peut la courser.

    Je veux bien qu’on m’explique par contre pourquoi le type tire sur le cerf, et 2 fois en plus, il aurait été plus simple de viser la jambe de Blanche-Neige, comme ça elle est plus facile à ramener. Et tout comme toi, j’ai pas franchement compris pour Blanche-Neige allait se balader toute seule dans la forêt (c’est là qu’elle tombe sur la Reine) alors que tout le monde dort et qu’elle se sait poursuivie…

    • Oliver Castle dit :

      Ouais, c’est vrai qu’il y avait un petit côté malsain dans ce baiser… en plus du fait qu’on y croyait pas hein ? Tu résumes assez bien quand tu dis qu’on avait l’impression que c’était sa fille.

      Nan, mais c’est pas la peine de chercher des excuses ou des explications aux trucs foireux à ce film. Ca relève du pur CDLS. Limite t’entendrais le scénariste dire « Fuck it » devant son Finaldraft et son propre scénario bancal.

      Par contre, je viens d’apprendre il n’y a pas très longtemps que la suite morte née s’était trouvée une renaissance avec l’expulsion de Rupert et le retour de K-Stew. En gros, la machine à pognon parle. Comme tu disais, la teneur du plot risque d’être bizarre (à moins d’aller de piquer des idées à la belle au bois dormant par exemple… je veux dire, en plus de la forêt maléfique…)

  2. Ameth dit :

    choquée comment kristen se justifie !
    elle est vachement enjolivée dans les films en fait !
    voici mon article sur le meme sujet : http://plumedamethyste.wordpress.com/2013/07/02/blanche-neige-du-mythe-a-nos-ecrans/

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour Ameth et bienvenue !

      Alors, je tiens à préciser que la vidéo d’excuses de Kristen est une parodie réalisée par une comique qui lui ressemble beaucoup. Je trouve ça tout de même très drôle.

      • Ameth dit :

        ah c’est une parodie !
        je comprend mieux, mais elle lui ressemble quand même beaucoup et c’est très bien réalisé !
        mdr est moi qui a passé la soirée d’hier à chercher d’autres vidéos comme ça sur les sites officiels xD
        merci pour cette découverte originale en tout cas !

  3. […] le scénariste c’est Evan Daugherty… qui pour mémoire nous a servi une bouse infâme : Blanche-Neige et le Chasseur ! Mais j’ai également noté au scénario la présence d’une régulière de Game of […]

  4. […] un tacheron incompétent comme Rupert Sanders (je vous invite à lire mon article sur son Blanche Neige), il n’y a pas de miracle : le film est une sombre bouse dénuée d’intérêt. Le plus […]

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