Si vous suivez mes trépidantes aventures sur Twitter, vous savez qu’il m’est arrivé une mésaventure avec mon mac. Un décès brutal du disque dur. Etant donné que j’avais pas mal vadrouillé dans les jours précédents, je n’avais pas pris le temps de mettre à jour ma sauvegarde Time Machine. MacBook vous le rappelle mais vous croyez toujours que demain vous aurez plus de temps…

Bref, en un mot comme en cent, ma dernière sauvegarde de fichiers datait d’une vingtaine de jours avant l’accident. Je n’avais guère eu le temps de travailler sur Lithium Breed mais suffisamment pour être dégouté de la version récupérée sur le nouvel outil de travail. Je dois être amputé de 5000 mots et toutes les corrections sur les 15000 autres… En soi, c’est vraiment rien, puisque je n’ai globalement pas avancé. C’est juste que derrière les 5000 mots se cachent le double ou triple en heures de recherche que je vais devoir faire à nouveau parce que mon cerveau avait stocké ses notes directement sur le futur MacAB…

Il faut voir le côté positif des choses, ça me force à prendre du recul sur ce qui a déjà été écrit et sur ce qui a été écrit puis perdu. Le tout afin de repartir sur une nouvelle base. Me voilà reparti pour corriger la version en cours pour la remettre vaguement dans le ton de ce que j’avais fait avant.

Les deux interrogations, puisque je recommençais, étaient :

  1. Est-ce que je garde la narration à la première personne ?
  2. Est-ce que je garde la narration au passé ?

Deux questions que l’on se pose avant de commencer et sur lesquelles on s’interroge toujours durant les premiers chapitres tant on n’est pas certain d’avoir fait le bon choix, a fortiori si vous n’avez pas l’habitude d’écrire comme ça. J’ai écrit Réveils et Sol Sunburst au passé mais à la troisième personne, dans un point de vue omniscient dans le premier et centré sur le protagoniste dans le premier. La tentation était grande d’y retourner encore. Et puis finalement, être dans la tête du narrateur pose un cadre bien particulier, y compris pour le lecteur : je ne connais que ce connaît le narrateur. Ça permet de ménager quelques effets de surprise, mais surtout de limiter la vision de ce qui est écrit à ce qui est connu. Là où ça devient compliqué, c’est que dans un contexte de science-fiction, le lecteur en connaît nettement moins que le narrateur et que perdre le narrateur est d’une facilité inversement proportionnelle à la complication susnommée.

Mais en relisant, j’ai décidé de conserver la première personne. Cela me permet également d’utiliser un langage et style moins précieux que sur Réveils par exemple. Les événements sont décrits avec l’implication du narrateur et ses mots parfois plus directs que ceux que j’aurais utilisés moi-même. Et puis, de fait, le décalage situation-récit vivant implique un peu d’humour. C’est important l’humour, presque autant que de mettre une nana bien gaulée sur la couverture.

Ecrire au présent est une conséquence directe du choix à la première personne. C’est plus naturel. « Je mange une pomme » sort plus naturellement que « je mangeais une pomme ». Par contre, écrire au présent représente une vraie difficulté pour moi. Je n’y arrive pas, le passé revient toujours pointer le bout de son nez. Il suffit de lire mes Journaux en Bordeciel pour vous rendre compte que la concordance des temps est des plus chaotiques possible ! Pour le blog, cela n’a pas vraiment d’importance, pour un roman, on va éviter de se tirer une balle dans le pied tout seul. Sans parler du fait que j’ai même du mal à lire des romans au présent (alors de la troisième personne au présent, c’est souvent un reposé sur l’étagère direct sans passer par la case achat). Je sacrifie donc l’immédiateté de la réaction au profit d’un parti-pris peut-être plus chronique racontée…

Une des raisons pour lesquelles j’aime bien écrire des scripts, c’est parce que ces questions de passé/présent, 1ère/3ème personne n’ont pas lieu d’être quand vous commencez effectivement à rédiger : c’est du présent, c’est du factuel, point barre.

Tout ça pour dire qu’on va dire qu’on est revenu un peu au jour 4 de l’écriture de Lithium Breed

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s