Lost In Translation est un film écrit et réalisé par Sofia Coppola (Virgin Suicides), avec Bill Murray (Ghostbusters), Scarlett Johansson (Iron Man 2), Giovanni Ribisi (Gone in 60 seconds) et Anna Faris (Just Friends).

Bob Harris est un acteur renommé actuellement entre deux. Il profite d’une opportunité pub pour s’exiler au Japon, loin de sa femme, de ses tracas quotidiens et d’un plan de carrière pas spécialement établi. Charlotte est une jeune diplômée en philosophie qui cherche elle aussi un sens à sa vie (en même temps qui ne le serait pas en qualité de diplômé en philo…). Elle accompagne son mari au Japon et se sent bien seule tandis qu’il est accaparé par son travail à 100%. Charlotte et Bob partagent le même hôtel et vont respectivement trouver une épaule sur laquelle s’appuyer…

Après The Ramen Girl hier, ou l’histoire approximative d’une jeune fille vaguement perdue dans sa vie et au Japon, je me suis dit que ce serait bien que je parle d’un film où les protagonistes sont vraiment perdus dans leur vie et au Japon. Evidemment, Lost In Translation est le premier film qui me soit venu à l’esprit.

Pour le coup, rien n’est sous-titré quand ça parle en Japonais et on se sent rapidement dans la peau de ces deux américains en décalage horaire. Déjà, on comprend rien. Ensuite on comprend qu’ils ne comprennent rien eux non plus. Ajoutez à cela les crises existentielles de Bob et Charlotte et vous aurez un bon film de gens paumés ! Ou comment se sentir seul dans l’une des villes les plus densément peuplées du monde…

La relation et les affinités qui se créent entre les deux personnages ont été filmées avec une grande sensibilité, avec discrétion et pudeur, à l’image de la fin et de ces quelques mots chuchotés à l’oreille de Scarlett Johansson par Bill Murray. On se demande toujours comment évolue leur relation (père-fille, amants… ?) et c’est probablement la meilleure idée la plus frustrante du film. Au final, le type de relation n’a pas d’importance, l’important c’est qu’elle existe et qu’elle va permettre, en définitive, aux deux personnages d’évoluer et de se sentir moins perdus à Tokyo et dans leur vie.

Il faut toutefois savoir que le cinema de Sofia Coppola, c’est un peu quelque chose me passe au-dessus. J’ai tendance à le trouver particulièrement ennuyeux. Une espèce d’apologie de la contemplation nombriliste. J’avais apprécié Virgin Suicides, moins son caractère aérien (essentiellement supporté par la musique de Air) ; mais Marie-Antoinette m’avait complètement achevé ! Du coup, il m’a fallu du temps et du courage pour re-tenter l’expérience Coppola. Heureusement que le casting met en tête d’affiche Bill Murray (que j’adore !) et Scarlett Johansson (que j’adore pas plus que ça mais qui a le bon goût de passer une partie non négligeable du film en petite culotte…) pour faire passer la pilule !  Car oui, Lost In Translation, en dépit de sa sensibilité et de son humour discret, est long… Il ne dure qu’une heure et demie, mais il paraît nécessairement plus long que la moyenne avec son rythme lent. Et pourtant, je reconnais ce rythme est nécessaire…

Filmé un peu à l’arrache avec des autorisations peu réglementaires, Lost In Translation est une carte postale un peu plus fidèle du Japon que ne l’est le film d’hier. On y découvre un Japon traditionnel (temple, cérémonie,…), un Japon urbain (Tokyo, métro, salle d’arcade…), un Japon moderne (télévision, photographes hype, karaoke,…) et une vision du Japon biaisée. Car malheureusement, en dépit de ses qualités artistiques, on ne peut s’empêcher de porter un jugement sur le regard occidental de la caméra. Bien sûr, on pourra arguer (et c’est le cas !) que la caméra ne met en images que la façon dont les protagonistes (a fortiori Bob Harris et son caractère un peu cynique) voient le Japon : des gens petits par la taille, des gens sur-gentils au point d’en être énervants, des gens excentriques dans leur vie nocturne… Il suffit d’ailleurs de comparer le Japon de Bob et celui de Charlotte, plus spirituel (temple, bouddhisme, Kyoto…).

Du coup, il ne faut absolument pas regarder Lost In Translation comme un film sur le Japon (ce que l’on pourrait croire a priori), mais bien sur des Américains paumés au Japon et comment leur propre état émotionnel transforme ce qu’ils voient dans des extrêmes négatifs pour Bob et positifs pour Charlotte. Et c’est en cela que je trouve le film de Coppola très bien fait.

A part ça, Oscar du meilleur scénario original en 2004… Une bande-son sympathique (Air, Death in Vegas,…)… Des acteurs géniaux… Que demande le peuple ?

Lost In Translation, j’avoue que j’y allais avec une certaine appréhension et presque à reculons. Finalement, c’est un film que j’ai beaucoup apprécié, un film que je recommande même, pour ses qualités intrinsèques et malgré son rythme arto-contemplatif.

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commentaires
  1. […] qu’on allait avoir un traitement particulier du personnage et de la perte de repère à la Lost In Translation. Hahaha, des fois, je me fais rire tout seul… Car bizarrement, dans la tête de Chris […]

  2. Naja dit :

    Va comprendre pourquoi, mais ça me fait plaisir que tu l’ai bien aimé, ce film 🙂 Sur-fan des films « contemplatifs » pour ma part. Je ne sais pas si le terme est adéquat, mais c’est celui qui me vient à l’esprit pour ce genre. 2046, Avalon, Summer Palace, Vicky Cristina Barcelona m’ont fait le même effet…

    • Oliver Castle dit :

      Bill Murray y était pour beaucoup. Scarlett Johanson aussi. Le Japon évidemment. Après, j’ai un peu de mal avec le cinoch de Coppola.

      En fait, pour moi, la frontière entre contemplatif et chiant est relativement mince. Du coup, parmi les films que tu cites, la personne pleine de préjugés sans fondements que je suis les a aussitôt classés dans la catégorie « Chiants », sous-section « A mourir » :). Il faudrait que j’en mate un ou deux tout de même ! Je commencerai par Avalon, pour voir ce que Mamoru Oshii fait en live sur un fond de science-fiction (ce qui me parle déjà plus que Summer Palace).

      A noter que si tu aimes ce genre, cherche « Departures » sur mon blog.

  3. […] qu’ils ne sont plus en phase pour être ensemble, l’autre version de l’histoire Lost in Translation par Coppola en fait). Je ne ferai pas de chronique sur Her, sachez juste qu’il faut le voir […]

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