Flashback est un jeu de Paul Cuisset (il était pas tout seul, mais c’est l’occurrence de son nom qui revient régulièrement un peu partout dans les crédits), édité par Delphine Software International. Enfin, feu Delphine Software International. Reste que DSI était vraiment l’un des acteurs majeurs, un fer de lance même, de la scène vidéoludique internationale. Et cela pendant presque 15 ans. Oui, madame !

Vous êtes Conrad Hart. Je vous le dis, mais techniquement, vous êtes amnésique au début du jeu. Par contre, si je me limite à ça, ça faire léger pour un pitch. Donc, la Terre est envahie en secret par des extraterrestres, celui qu’on appelle Conrad Hart sait pour les aliens, il a même mis au point un dispositif visuel pour les repérer, il s’est fait complètement gaulé et il s’est auto-effacé la mémoire pour assurer sa survie. Maintenant, la mémoire, il va falloir la récupérer ! Et très accessoirement bouter l’extraterrestre hors de notre système solaire.

Je me souviens très bien de cette année 1992 et du magazine Megaforce (dédié exclusivement aux jeux sur les plateformes Sega) qui avait fait tout un dossier spécial sur le prochain jeu de DSI : Flashback. 16 pages. 16 pages que j’ai lu, relu et relu dans tous les sens en attendant que ce jeu veuille bien atteindre les rayonnages de Leclerc ! Déjà à l’époque, j’avais développé un goût certain pour la science-fiction (O. Castle, 10 ans). Je me souviens aussi que mes amis ne comprenaient absolument pas mon emballement pour ce jeu que je ne voyais que sur du papier glacé. Pour information, j’ai toujours été fin juge pour les jeux vidéo et pour a priori détecter les perles en lisant des articles de magazines. On me prenait aussi pour un dingue quand je disais que Tomb Raider sur Saturn allait révolutionner le monde du jeu vidéo…

Bref, Flashback, je l’attendais comme un môme de 10 ans qui n’a pas accès à l’Internet (oui, la préhistoire) et a déjà fini trop de fois Quackshot ou Sonic 2. Quand j’ai enfin pu mettre la main sur ce jeu (je me souviens encore, c’était un soir de semaine, il faisait nuit), il m’a fallu attendre encore quelques jours pour y jouer (et oui, on ne jouait pas – à juste titre – en semaine à la maison). Mais ce n’était pas grave, j’avais la boîte, je pouvais lire la règle et m’extasier dessus.

Flashback reste définitivement comme l’une des expériences les plus marquantes de ma vie de joueur. Je jouais à un titre qui, déjà à l’époque, me correspondait parfaitement : scénario dense et riche en rebondissement, univers adulte, gameplay exigeant…

Bien sûr l’histoire n’est pas sans rappeler celle de Invasion Los Angeles de John Carpenter et utilise quelques poncifs du genre, mais on s’en fiche, elle déboite ! Et elle reste un excellent souvenir et, comme un bon film, c’est toujours un plaisir de la redécouvrir en jouant.

Bien que Another World soit aussi une production française aux graphismes similaires, Flashback n’en est absolument pas la suite ! Rien à voir avec la choucroute. C’était une erreur de jugement fréquente dans les années 90, je suppose que l’amalgame existe toujours dans les esprits les moins avertis.

Alors, je me doute bien qu’aujourd’hui, les graphismes 2D, réalisés à la main, animés vectoriellement peuvent prêter à sourire mais pour celui qui a toujours 10 ans, Flashback est toujours la Rolls de ce qui se faisait à l’époque. Et la magie de la 2D, c’est que 20 ans après, c’est toujours aussi agréable à jouer et à regarder (vous voulez qu’on compare avec les premiers jeux Playstation, qu’on rigole un coup ?)

Au niveau du gameplay, c’est du Prince of Persia, quasi-littéralement. Enfin, le PoP de l’époque. Vu de profil et niveau plateformes et un peu puzzle (oui, des fois, il faut jeter le téléporteur pour résoudre un piège et réapparaître plus loin). Conrad dispose d’un large panel de mouvements lui permettre de : marcher, sauter, courir, faire des roulades, s’accroupir, dégainer son arme, tirer, rengainer, s’accrocher à des plateformes, jeter des objets, activer des bornes… Là où c’est rigolo, c’est que le jeu étant particulièrement dense en données et en calcul pour les cartouches de l’époque, il y a un décalage entre l’input sur la manette et sa réalisation effective à l’écran. On atteint même presque la seconde. Et le petit cerveau des joueurs de l’époque s’en contrefichait complètement, on apprenait à jouer avec, on adaptait notre tempo pour réaliser les actions qu’on avait à réaliser : c’était instinctif.

Les décors (sur 7 niveaux) proposent une grande variété : jungle, ville, plateau de jeu télé-réalité, planète extraterrestre… Le jeux existent en trois niveaux de difficulté, des sauvegardes temporaires (comprendre effacées au reset de la console) et des mots de passe obtenus en fin de niveau pour reprendre là où on s’était presque arrêté.

Flashback est un jeu que j’adore, encore aujourd’hui. Un réel pilier du jeu vidéo moderne. Mieux, le jeu vidéo français le plus vendu au monde dans les années 90 !

Quand j’ai recommencé à me refaire une ludothèque d’oldies, c’est le premier jeu que j’ai racheté (sur SNES et non mégadrive, question d’opportunité). Pour se le procurer aujourd’hui (complet, toujours), il faudra compter entre 15 et 20 euros, un prix très raisonnable pour le marché. J’aurais l’occasion de présenter plus de jeux oldies à l’avenir, vous aurez tout le loisir de constater que 15-20, c’est le niveau carrément abordable (pour mémoire, retournez lire l’article sur Saturn Bomberman où j’ai rajouté quelque part le prix de sa côte).

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