The Crow 4: Wicked Prayer est un film écrit et réalisé Lance Mungia, avec Edward Furlong (American History X), David Boreanaz (Buffy The Vampire Slayer), Emmanuelle Chriqui (Entourage), Dennis Hopper (Easy Rider), Tara Reid (American Pie) et Danny Trejo (Machete)

Jimmy Cuervo (Jean Corbeau, quoi – ah oui, parce que c’est tacite, mais pour se faire ressusciter par le corbeau, il faut que ton nom de famille rappelle l’animal) est un ancien délinquant au passé trouble qui essaie d’avoir une vie meilleure. Et le meilleur de sa vie s’appelle Lily (en même temps, mettez n’importe quelle Lily comme ça dans la vie d’un homme et cela ne peut que la rendre meilleure !). Pas de bol pour lui, Lily va mourir. Et lui avec. Je vous dirais bien la faute à pas chance, être là au mauvais moment, au mauvais endroit, mais non… En fait, tout ça, c’est la faute de Luke – un de ses anciens potes un peu plus délinquant que lui – qui sacrifie des gens pour remplir un rituel satanique et faire revenir le prince des ténèbres sur Terre afin de provoquer l’apocalyspe. La bonne nouvelle pour Jimmy, c’est qu’il va être l’élu du corbeau pour accomplir sa vengeance, donc revenir à la vie et hop, c’est parti pour une insupportable torture cinématographique !

Avertissement : Afin de rendre la lecture de cet article moins pénible pour tout le monde (a fortiori, moi, qui me suis tapé le film), j’ai décidé de l’agrémenter uniquement de photos d’Emmanuelle Chriqui !

Je crois avoir déjà mentionné ici ou là que j’étais un fan inconditionnel du premier film The Crow avec feu Brandon Lee, réalisé par Alex Proyas, d’après le comic-book de James O’Barr. Adapter cette BD fut un long parcours du combattant, un film porté par Brandon Lee et Alex Proyas quand les studios voulaient – véridique – en faire une comédie musicale avec Michael Jackson ! Au final, The Crow sera un pur chef d’œuvre gothique, esthétique et d’action prenant certaines libertés avec le matériau d’origine sans pour autant le trahir. Un film que j’ai envie de revoir encore, tiens !

Ensuite… Ensuite, c’est le drame. On a le droit à une suite littérale avec Vincent Pérez en apesanteur qui voyait des corbeaux sur le bord de la fenêtre de sa caravane en tournage et un Iggy Pop qui peine à remonter le niveau catastrophique du film.

Quitte à exploiter le filon, refaisons encore une suite dont j’ai oublié le nom mais qui ne sombre pas dans les abymes de ma mémoires grâce à la présence salvatrice de Kursten Dunst.

A ce moment-là, les producteurs ont bien compris que rien ne dépassera l’œuvre d’origine. Ils font alors une série avec Marc Dacascos (« et si on prenait un métis asiatique, ça rappellera bien Brandon Lee, non ? » un directeur de casting anonyme), complètement bidon de bout en bout, et risible de ce même bout jusqu’à l’autre.

On pourrait croire que c’est bon, on va enfin laisser les cendres d’Eric Draven en paix et mettre l’esprit du corbeau au repos ! MAIS NON !

Grâce à Lance Mungia, on prend une pelle et on déterre la licence pour nous faire un bel étron en réunissant un casting des plus improbables ! J’aime bien Edward Furlong en général, mais force est de constaté que le maquillage n’est pas ce qu’il lui réussit le mieux. Dennis Hopper en a visiblement plus rien à faire des films dans lequel il tourne et embrasse un côté très « Nicolas Cage » dans le choix de ses participations ! Danny Trejo est mis de base dans tous les films de série B dans lequel il y a une connotation « Amérique du Sud ». Je remercie Emmanuelle Chriqui de relever le niveau de la photographie au-dessus du zéro absolu. Quant à David Boréanaz, dans son nom, il y a naze ce qui résume assez bien ses compétences d’acteur.

Le casting est donc une faute de goût sans nom (ah si, Tara Reid). L’histoire s’appuie sur un roman que je n’ai pas lu (déjà que je prends le temps de regarder des films pourraves, je suis pas non la mère Theresa de la sous-culture), difficile de dire où se situe donc la véritable médiocrité : dans le roman ou dans le film…

Force est de constater que le quatrième film reprend quasiment point par point, scène par scène, celui d’Alex Proyas :

  • Le retour dans la piaule du héros qui se rappelle de sa vie d’avant qu’elle était trop cool,
  • Le côté psycho-empathique de l’élu du corbeau avec tout ce qu’il touche et surtout la façon dont c’est ré-utilisé,
  • La symbolique du miroir, des photos,etc,
  • Le vilain avec une pétasse mystique,
  • Les flashbacks,
  • Le flic qui traque le gentil,
  • Les sous-généraux du méchant (avec, comme de juste, une baston dans un bar, une baston dans un église…)
  • L’attaque sur le corbeau pour faire perdre les pouvoirs au gentil…

Ctrl-C, Ctrl-V, Crtl-Foutage de gueule. Rajoutez un peu de mystissitude maya dans le tas et hop, emballez, c’est pesé ! Le scénario se limite donc à une vaste blague, des personnages tous plus foireux les uns que les autres et des dialogues absolument risibles.

Lance Mungia (qui visiblement s’est arrêté après un tel échec) nous pond une réalisation digne d’un épisode du Rebelle, avec des combats qui feraient passer ceux Walker Texas Ranger pour du grand art ! C’est filmé avec les pieds et monté par un épileptique en crise. Aucun effort nulle part, abondance de médiocrités en tout genre ailleurs. N’est pas Alex Proyas qui veut !

Honnêtement, je pensais qu’on avait touché le fond avec La Cité des Anges… je me pose parfois la question. Mais pour revoir mon jugement, il faudrait que je revois aussi cette bouse. Et ça, c’est au-dessus de mes forces ! Je ne sais pas où est le plus pathétique :

  • La copie éhontée du premier opus
  • David Boring & Naze, en roue libre dans un trip satanique en carton,
  • La déchéance de Dennis Hopper,
  • Le rituel mystico-maya pour réparer le corbeau tout mort,
  • Les petites vannes façon Peter Parker,
  • La réalisation,
  • Le thème général, risible et bien série Z du retour de Satan et des 4 cavaliers de l’Apocalypse (ah oui, parce que j’ai pas dit, mais les vilains portent tous des pseudos bibliques : Famine est un cuisinier qui empoisonne ses clients, Pestilence est un cancéreux au dernier degré pour avoir passer sa vie à travailler dans des mines toxiques, Guerre est un gros psychopathe qui tue tout ce qui bouge…)
  • Le fait que tout le monde sache que « ah oui, Jimmy, tu es le Crow, c’est évident… Après tout, c’est la seule explication logique pour expliquer que tu sois pas mort et le fait que tu sois devenu du jour au lendemain une petite lolita gothique… », c’est sûrement devenu culturel…
  • Il manque Ryan Reynolds ou des Transformers pour parachever le ridicule,
  • Le fait que je prenne autant de temps pour rédiger cette chronique !

Bref, The Crow 4: Wicked Prayer, c’est la belle grosse bouse mystique de la semaine. La fausse bonne nouvelle, c’est que le remake du premier opus est en route ; elle a toutes les peines du monde à se monter, mais c’est en route…

Cela dit en passant, si des producteurs me lisent, je veux bien écrire un scénario pour The Crow, avec des cowboys et des indiens, un western gothique… A bon entendeur ! (Surtout que, quoi qu’il arrive, je pourrais pas descendre plus bas la réputation autour de la licence, c’est du win-win pour tout le monde comme situation !)

The Crow 4, c’est tellement trop la misère comme film que sa bande-annonce n’existe qu’en pauvre screener !

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commentaires
  1. Un point positif pour la série The Crow, on pouvait entendre quelques secondes de la sublissime musique de Graeme Revell pour le 1er film

    apres effectievement les suite de The Crow ont toutes été des grosses bouses incapable de parvenir a la cheville du film original. et c’est fort dommageable tant la licence est puissante

    • Oliver Castle dit :

      C’est pas tant la licence qui est puissante, c’est surtout l’œuvre original et le comic-book. Aucun des auteurs qui ont succédés n’ont réussi à trouver la bonne formule entre la ré-interprétation du mythe pour éviter le copier-coller et le renouveau pour proposer un truc sans tout dénaturé.

      Bien évidemment, je reste toujours open pour proposer ma vie de la chose, hein, messieurs les producteurs… 😉

  2. DR67 dit :

    Non, vous êtes méchants. Il n’y a pas de sénar’ dans le 2. Mais l’esthétique se tient. Juste l’esthétique, OK. Mais c’est déja joli. Pas de quoi changer ma vie, comme film. Mais à regarder, c’est OK.

    • Oliver Castle dit :

      L’esthétique/photogragphie d’un film, c’est à peu près l’avant-dernier argument que tu sors pour le sauver de l’oubli intersidéral, juste avant « les pop-corns étaient pas dégueux… »

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