Drive est film réalisé par Nicolas Winding Refn (Bronson) avec Ryan Gosling (Crazy, Stupid, Love), Carey Mulligan (Never Let Me Go), Ron Perlman (Sons Of Anarchy), Bryan Cranston (Breaking Bad) et Albert Brooks (Taxi Driver), sur un scénario de Hossein Animi d’après le roman éponyme de James Sallis.

Un jeune homme solitaire, garagiste et cascadeur le jour, met ses talents de pilote hors-pair à qui souhaite l’employer pour des boulots criminels la nuit. Pour le moins froid et antipathique, il va toutefois s’éprendre d’Irène sa voisine et se prendre d’affection pour son fils Benicio. Un jour, le mari d’Irène finit par rentrer à la maison, non sans ramener des dettes contractées en prison qu’il doit maintenant payer au prix fort. Notre héros propose d’offrir ses servir pour l’aider à accomplir un casse… qui se termine mal. Le voilà seul, et le seul à pouvoir défendre Irène et Benicio…

Ce n’est jamais très facile d’écrire un pitch quand le protagoniste n’est même pas nommé dans le film. J’ai fait ce que j’ai pu.

Normalement, je devrais directement sauter à la conclusion et ne pas prendre la peine d’écrire un article pour ce film : Drive est une tuerie monstrueuse ! Arrêtez de lire mon blog et allez achetez le DVD ! Maintenant ! Si vous n’aimez pas Drive, vous êtes juste des gros nazes et je peux rien pour vous ! 

Un truc du genre. Parce que des fois, il faut savoir être tranché dans ses propos.

Mais je vais tout de même argumenter un brin pour étayer cette future conclusion. Et comme à chaque coup de cœur, il est délicat de savoir comment prendre la chose pour exprimer à quel point ce film est génial !

Commençons donc par le casting. Il suffit de le lire. Que des bons acteurs, toujours investi dans leurs rôles, toujours justes. Evidemment, le film est porté par Ryan Gosling. Parfait dans le rôle de ce conducteur sans nom, sans passé, incapable de laisser exprimer ses émotions autrement que de les vivre au travers de la musique qu’il peut entendre dans son auto-radio (je dis ça, mais ça reste mon interprétation au regard de l’utilisation de la musique). Son personnage est à l’image de ce cowboy solitaire qui peuplait les westerns des années 70 et sauvait la veuve et l’orphelin sans rien demander en retour. Il possède un talent que personne d’autre n’a (piloter une caisse), un sens de l’honneur exacerbé, un passé qu’on devine trouble et un charisme badass de mauvais garçon poseur. Un premier rôle comme on en trouve plus beaucoup et plus beaucoup de façon aussi bien exploitée.

Derrière lui, on trouvera une Carey Mulligan fragile et tiraillée entre ses nouveaux sentiments et son ancien mari, un Albert Brooks en méchant calculateur (un rôle déjà plusieurs fois récompensé), un Bryan Cranston toujours aussi fondu dans son personnage et Ron Perlman dans l’autre méchant aux dents longues.

Adapté d’un livre sombre, Drive fait dans l’apparente simplicité : un gentil qui essaie de protéger une donzelle de méchants qui veulent la tuer pour récupérer l’argent que possède le gentil. Mettez le scénario de Drive dans les mains de Michael Bay et imaginez le résultat que vous pourriez avoir (une bouse). Mettez le scénario dans les mains de Refn et vous avez un film qui se contrefiche des bagnoles, des courses-poursuite et des explosions pour s’intéresser aux personnages.

Car en dépit d’une bande-annonce bien gonflée à la testostérone pour marcher sur les plates-bandes de Fast & Furious (ce qui lui a d’ailleurs valu un procès d’une idiote d’américaine qui n’a visiblement rien pigé au film et l’attaque pour publicité mensongère – sic !), Drive est un film tout ce qu’il y a de plus existentialiste et s’intéresse avant tout au personnage sans nom et à son évolution dans l’environnement du moment (sa voiture, la ville, sa voisine, etc) et à sa caractérisation (décrite par ses réactions au dit environnement). Forcément, on perd la moitié du public qui cherchait des explosions !

Drive impose un rythme très lent (j’ai pas calculé dans le détail mais environ un plan sur deux est tourné au ralenti) afin de mieux supporter les émotions du personnage et sa façon de voir le monde : toujours sous son contrôle. Evidemment, avec un tel rythme, on perd encore un peu plus de spectateurs ! Mais Refn est un véritable maître de la précision dans sa mise en scène et rien n’est laissé au hasard dans la posture d’un personnage, dans ses gestes, son regard… C’est à ce moment-là que je glisse le prix de la mise en scène récupérée à Cannes l’année dernière pour appuyer mon propos.

A une mise en scène chiadée s’ajoute un montage sonore de dingue ! Que ce soit les chansons sélectionnées ou bien la musique d’accompagnement, tout l’environnement sonore s’attache à concorder à l’humeur du personnage et révèle des émotions que Ryan Gosling renferme. Calme, énervé, en plein nervous breakdown, perdu, amoureux… tout est supporté par la musique. C’est à ce moment-là que je cite la nomination aux Oscars pour le meilleur montage sonore pour appuyer mon propos.

Drive fait partie de ces films qui en disent donc plus longs par leurs silences que par des dialogues sans fin. Rien que la relation Driver-Irène, il y avait une infinité de façon de la représenter et de la massacrer, le film a choisi un angle à l’image du protagoniste : discret et classe.

Le film en lui-même comporte une esthétique proche des années 70 (les voitures, le héros, les thématiques) et rappelle bien évidemment Bullit et Taxi Driver. Il possède cette touche de simplicité comme on en trouvait dans les années 80 (il suffit de voir les crédits d’ouverture pour s’en convaincre). Mais Drive se regarde aussi comme on lirait une bande dessinée pulp et gore, avec des gros hommages au genre (forcément, ça rappelle Pulp Fiction) avec sa violence exacerbée et situations ahurissantes (de toute façon, il suffit de mettre un marteau dans une scène pour la rendre culte).

Drive est un film d’une intelligence narrative et filmique plutôt rare en ce moment, qui pourrait décevoir si on s’attendait à une n-ième pulpe moisie à la Fast & Furious featuring Gone in 60 seconds. Drive est un film pop et centré sur l’humain, pas sur des bagnoles. Drive est un véritable bijou à tous les points de vue, surtout ceux qui ne sont pas expressément évoqués.

Bref !

Drive est une tuerie monstrueuse ! Arrêtez de lire mon blog et allez achetez le DVD ! Maintenant ! Si vous n’aimez pas Drive, vous êtes juste des gros nazes et je peux rien pour vous ! 

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commentaires
  1. lesfilmsdunet dit :

    Salut, je viens de voir ce film avant-hier et je trouve qu’il est drôlement bien réussi. En fait, ce qui m’a le plus plu, c’est le rôle de Ryan Gosling. Je trouve que son personnage a beaucoup de profondeur et de charisme. On était loin de se douter qu’il pouvait être aussi violent à partir du moment où il rencontre le type qui est venu le tuer dans l’ascenseur. Bref, moi je donne un bon 8/10 à cet excellent long-métrage.

    • Oliver Castle dit :

      Bonjour ! Je suis assez d’accord. C’est en ça que le film se rapproche d’un Quentin Tarantino et de l’ambiance Pulp. Le film surprend dans le bon sens en permanence. Ceci dit, on se rend compte que le personnage est dangereux bien avant la scène de l’ascenseur, quand il commence à frapper la femme dans la chambre d’hôtel pour obtenir des informations. La scène de l’ascenseur, ça renforce son côté psychotique (ça me rappelait une scène de ce film horrible de Ozon où Dupontel éclate la tête d’un mec à coup d’extincteur, on est dans le même trip de psychose sur-protectrice et incontrôlée).

  2. Wilfried. dit :

    Un film magistral, je partage entièrement l’analyse faite ici ! Ceci dit, sans vouloir trop souligner ce point de détail monté en épingle semble-t-il par cette idiote d’américaine, la BA laissait clairement supposer d’un film plus nerveux en terme de scènes d’action, de bagnoles, etc… (d’ailleurs toutes les scènes de ce type du film y sont compilées…) et force est de reconnaître que l’on peut s’attendre légitimement à un tout autre film. D’où une légère insatisfaction de ce point de vue là lorsque j’en suis ressorti…

    Bon, une insatisfaction d’autant plus coupable et finalement bien vite balayée que comme je le disais, ce film est une perle, et aimerait en voir plus souvent.

    • Oliver Castle dit :

      Bienvenue Wilfried ! Quant à l’histoire de BA, il faut bien se rendre compte du marché ultra-concurrentiel des sorties cinéma et il faut se faire une place rapidement. D’où l’orientation actuelle des BA qui résume à peu près la moitié des points-clé du film et bourre au max des scènes d’action ou toutes les vannes amusantes… Après, je peux comprendre qu’on puisse se sentir floué, hein ? Faut juste savoir faire la part des choses : Drive est une tuerie. Je suis pas sûr d’en dire autant sur, par exemple, Fast & Furious Tokyo Drive… 🙂

  3. Wilfried. dit :

    Fast & Quoi?!… Bon ok, j’ai des besoins primaires à assouvir, mais là c’est too much pour moi…

    Sûr qu’il faut arriver à émerger de l’offre pléthorique proposée chaque semaine, mais c’est aussi un petit effet pervers qui peut affecter le ressenti, et donc le succès d’un film, toute proportion gardée évidemment.

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