In Time est un film écrit, produit et réalisé par Andrew Niccol (Lord of War), Justin Timberlake (Bad Teacher), Amanda Seyfried (Mean Girls), Cillian Murphy (Sunshine), Olivia Wilde (Tron: Legacy, Echange Standard)

Dans le futur, le temps est vraiment devenu de l’argent. A partir de 25 ans, un petit compteur se déclenche sur votre bras. La bonne nouvelle, c’est que vous ne vieillirez plus jamais. La mauvaise, c’est que quand le compteur atteint 0, vous mourrez. Vous avez un an sur le compteur. Un café ? Trois minutes. Un voyage en bus ? Une heure. Une nouvelle voiture ? 59 années, sans les taxes. Voilà le concept. Will vit dans les quartiers pauvres, il connaît la valeur du temps, puisqu’il n’est pas rare qu’il ne se retrouve qu’avec 24 h seulement sur son compteur. Un jour, un mec blindé de temps fait son apparition et file 116 ans à Will. Ce dernier se retrouve accusé de meurtre par la brigade du temps et c’est parti pour une chasse à l’homme !

Par où commencer ? Par le titre français par exemple. Time Out. Je ne vais pas ergoter sur la richesse ironique du titre original (grossièrement traduisible par « Dans les temps »), mais sur la raison de remplacer des titres en anglais pas des titres en anglais en France… C’est à l’image de beaucoup de choses dans le milieu du cinéma et de beaucoup de choses en France : débile. Je sais bien qu’il n’est pas évident de trouver un titre à une œuvre, encore moins de traduire ce titre, mais quitte à faire de In Time, Time Out, autant ne rien faire (où alors, l’auteur du titre « français » possède un sens de l’humour particulier et s’est décidé à faire un jeu de mots particulier sur In/Out…). On appellera ça l’exception culturelle française.

Au casting, on retrouve Justin Timberlake qui a eu une année 2011 plutôt chargée au cinéma. Bientôt, on pourra dire qu’il est vraiment un acteur. On aura même oublié qu’il fut Monsieur Cameron Diaz, Monsieur Britney Spears et un ancien chanteur de boysband. Rassurez-vous, on est pas encore rendu au point où on l’appellera un « bon » acteur. Sa prestation dans In Time Out manquant particulièrement de profondeur, on peut raisonnablement dire qu’il n’est pas encore au point ou que les rôles dramatiques ne lui conviennent pas. De toute façon, la caractérisation de Will Salas se limitant à celle cliché du bon samaritain, on peut aussi dire qu’il fait ce qu’il peut avec ce qu’il a.

A côté du bellâtre qui profite toujours d’une faille du scénario pour nous montrer ses abdos (un peu comme Ryan Gosling ou surtout Ryan Reynolds), on trouve Amanda Seyfried. La candeur virginale au possible, embarquée dans un univers qu’elle ne connaît pas et sombrant telle une métaphore du Titanic dans le syndrome de Stockholm… Bref, du statut d’otage, elle va se retrouver sidekick du gentil Will Salas. Sa prestation se révèle à la hauteur de celle de Justin Timberlake, s’accordant pour être globalement inexpressifs, trop naïfs, et finalement bien peu investis dans ce film. Et surtout, c’est quoi cette coiffure pourrave ?

Pour rattraper le casting du naufrage dans la médiocrité, il faudra compter sur Cillian Murphy qui sait être bon acteur. Parfois. Dans In Time Out, on va dire qu’il fait ce qu’il peut…

Donc voilà, on ne peut pas dire que ce film brille de par les étoiles qu’Hollywood a bien voulu lui accorder. Mais comme je suis un aventurier, j’avais décidé de passer outre un casting dont je savais le duo Timberlake/Seyfried trop faible pour porter les intérêts d’un film d’anticipation signé Andrew Niccol. J’adore ce monsieur : Lord of War, The Truman Show et surtout Bienvenue à Gattaca ! Son retour à la science-fiction était pour le moins attendu !

Je suis du genre à croire que :

  • donner un mauvais scénario à de bons acteurs tend à pondre le film médiocre,
  • donner un bon scénario à de mauvais acteurs tend à pondre le film mauvais.

Je m’attendais donc à avoir un film de la deuxième catégorie.

En fait non, donner à scénario médiocre à des acteurs médiocres tend à pondre un film médiocre, limite mauvais. Le film part sur une idée pour le moins originale, basée sur l’idiome « Le temps, c’est de l’argent ». Toute la partie « exposition » du film est plutôt bien foutue. Disons que, pour généraliser parce que je ne vais pas non plus détailler un film pas terrible, le premier acte est sympa.

Ensuite, c’est la foire au n’importe quoi ! Entre vengeance non assouvie, course-à-la-montre en mousse, romance à deux balles, re-visitation foireuse de Robin des Bois et mise à jour en carton du couple Bonnie & Clyde façon voleurs de temps, le script s’enfonce dans des circonvolutions convenues à l’intérêt bien limité. Pas ou peu de rebondissements, approximations et facilités en tout genre pour supporter les actions des héros (il faut savoir qu’il est visiblement plus facile de braquer une banque du temps que de simplement aller travailler ou mendier…). Je vais passer allègrement sur les interrogations existentielles du scénario puisqu’elle se limite à l’évidence ou à un manichéisme primaire.

Quel dommage. Le concept de départ était synonyme de vrais questionnements sur l’immortalité, le rapport du temps à l’argent et vice versa dans notre société… En d’autres termes, on avait l’occasion de voir une œuvre polémique, limite subversive et dénonciatrice, et on se retrouve un avec des gangsters au grand cœur qui vont changer la face du monde parce que, visiblement, les forces policières ne sont pas assez payées en minutes pour faire leur boulot efficacement et les arrêter.

Et dire que des gens comme moi attendaient un nouveau Bienvenue à Gattaca… On frôle l’epic fail si on cherche à faire une comparaison.

In Time (ou Time Out) dure environ deux heures. Si le temps était effectivement de l’argent, voilà deux heures de jetées par la fenêtre ou presque.

Pour info, un auteur – Harlan Ellison – a accusé In Time d’être un plagiat de sa nouvelle Repent Harlequin. Je vais peut-être me pencher sur la question. Quelqu’un l’a-t-il lue ?

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commentaires
  1. Kyalie dit :

    J’irais pas aussi loin que toi dans la critique mais il est clair que j’attendais autre chose qu’un film d’action, en s’appliquant par exemple à considérer la question de la natalité ; les riches ne connaissant pas la ménopause, vivant très longtemps et s’ennuyant, auraient à mon avis tendance à vouloir se réaliser au travers d’enfants. Or miss Seyfried est de toute évidence fille unique.
    A l’inverse, je ne vois pas les pauvres vraiment chercher à profiter de la vie en cherchant à oublier leur pauvreté, car ils ne peuvent vraiment pas se leur permettre, je pense qu’à leur niveau faire l’amour c’est déjà une perte de temps X) ; aussi, un enfant c’est un lourd investissement, d’autant plus lourd quand on n’a pas le temps dans tous les sens du terme de s’en occuper.
    Donc logiquement l’équilibre aurait du mal à être tenu.

    Ah oui, et Olivia Wilde porte des talons. Des ta-lons. Alors qu’elle est censée être du genre à souvent courir pour gagner du temps. Et on veut nous faire croire qu’elle court 1h30 en talons pour rejoindre son fils ? (y a bien des courses de femmes en talon, mais bon…) Ça c’est vraiment un truc qui m’a énormément choquée pendant tout le film XD Cela dit, je trouve très bien faite la relation mère/fils, on s’y fait étonnamment très vite.
    Aussi, si Cilian Murphy est bon acteur, je regrette vraiment son choix : en vrai, il a déjà 35 ans, et il les fait très largement (pas comme Vincent Kartheiser), très loin des 25 ans qu’il est censé faire.
    Mais globalement, j’ai trouvé que ceux qui étaient censés avoir bien plus de 25 ans au compteur, s’en sortaient vraiment bien pour se faire passer comme mentalement plus âgés (Olivia Wilde et Vincent Kartheiser en 1er plan).

    • Oliver Castle dit :

      Je suis quasiment certain que dans l’univers tel qu’il est présenter à l’image, il y a une loi type enfant unique ou bien les femmes sont génétiquement modifiées pour entre en ménopause après le premier enfant. C’est ce que moi j’aurais fait pour justifier le fait qu’il n’y ait pas d’explosion démographique.
      Quand t’es pauvre, tu t’amuses comme tu peux, c’est bien la raison pour laquelle il y a une une scène de sexe suggérée alors que très logiquement les Bonnie & Clyde du film étaient en cavale… Pour l’argent et les enfants, je sais pas trop, mais c’est une bonne remarque !
      Ca m’a choqué aussi les talons d’Olivia Wilde pour courir ! Elle serait surement arrivée à l’heure en prenant 5 secondes pour se déchausser.
      Et c’est vrai que les acteurs agés dans le script s’en sortent bien avec cette composante.
      Mais, ça reste tout de même un film hautement moyen !

  2. Kyalie dit :

    Justement ! Dans la vraie vie, les pauvres peuvent baiser autant qu’ils veulent, parce que c’est un plaisir/loisir gratuit, alors que dans un monde où temps=argent, ça n’est plus gratuit 😛

  3. […] 2) d’après le comic-book éponyme, avec Daniel Craig (La Boussole d’Or), Olivia Wilde (Time Out), Harrison Ford (Indiana Jones 4, oui, j’ai honte mais je n’ai que ce film pour des […]

  4. […] casting réunit un Justin Timberlake bien plus à l’aise que dans In Time et une Mila Kunis (qui finira cul nu) (oui, je vais toujours des vannes pourries si je veux) très […]

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