Finstere Flure est un jeu de plateau pour 2 à 7 joueurs de Friedemann Friese, édité par 2F-Spiele et sous nos vertes contrées non bavaroises par Tilsit sous le nom La Créature de la Crypte. Mais comme Tilsit est aussi mort que la susnommée créature, votre seule alternative viable reste l’édition allemande. N’ayez crainte, point n’est besoin d’avoir pris Allemand LV1 au collège pour jouer !

Friedemann Friese fait partie de ces auteurs stars qui signent des jeux de société uniquement sur leur nom. Ils sont peu, mais ils arrivent à en vivre : Antoine Bauza, Stephan Feld, Martin Wallace, Corey konieczka… Il faut savoir que généralement, les auteurs connus finissent par se reconnaître à certaines caractéristiques communes dans leurs jeux. Par exemple, Antoine Bauza, il aime bien les trucs japonisants ; Stephan Feld, les dés à 6 faces ; Martin Wallace, les moyens de transport ; Corey Konieczka… bah, il est employé à plein temps chez FFG… c’est son truc. Friedemann Friese, ses trucs à lui sont :

  • Il a les cheveux verts,
  • Il porte des T-shirts verts,
  • Il faut que toutes les boites de ses jeux soient vertes,
  • Il faut que les titres de ses jeux commencent par la lettre F…

Quand je vous disais que les allemands étaient des gros déconneurs avec leurs jeux… Sur ces entre-faits culturels qui égayeront votre pause-café, passons au vif du sujet !

Dans Finstere Flure, chaque joueur va jouer un groupe (depuis celui des teenagers débiles jusqu’à celui des prêtres exorcistes) qui, pour une raison que je laisse au bon soin de votre imagination, se retrouve dans le château d’un professeur fou. Le but des joueurs, c’est d’amener le plus de ses pions d’un angle du plateau jusqu’à l’angle opposé.

Le plateau, représentant une grande pièce de ce château, est découpé en cases. Sur chaque pion personnage, un chiffre. Ce chiffre indique de combien de cases au maximum (et sans diagonale) il est possible de déplacer ce pion. Quand on a fini son déplacement, on retourne le pion, qui possède un autre chiffre, le nombre de cases duquel il sera possible de le déplacer au tour prochain. Donc chacun son tour, tous les joueurs vont déplacer leurs pions jusqu’à ce que tous les personnages aient été bougés.

C’est alors le tour du monstre, la fameuse créature. On tire donc une tuile « monstre » ; sur celle-ci, un chiffre : le nombre de cases duquel la créature de la crypte va se déplacer. Mais comment, allez-vous me dire ? Qui joue le méchant ? Et bien, personne. C’est un jeu avec une intelligence artificielle dedans !

Pour se déplacer, voilà ce que fait le monstre :

  1. Il regarde ; devant, puis à sa gauche, puis à sa droite.
  2. S’il a vu un personnage dans une des trois directions, il se tourne vers le plus proche (devant, gauche ou droite donc), et avance d’une case (en cas d’égalité de distance, il ira vers le premier personnage qu’il aura vu). S’il n’a vu personne, il avance d’une case devant.
  3. Si les conditions de la tuile « monstre » n’ont pas été remplies, retourner au 1.

C’est tout.

Les joueurs vont devoir user de stratégie et d’intelligence pure pour se jouer du monstre, se cacher derrière les éléments de décors et autres pour s’en sortir en vie (la pièce est remplie de pierre, cristaux de téléportation, flaques de sang, etc. tous placés par les joueurs au début, ce qui assure le renouvellement des parties par le renouvellement du plateau). Si le monstre arrive sur la case d’un personnage, la créature boulotte le personnage sans plus de formalité, ni sel, ni poivre. Le pion retourne sur la première case du plateau ou meurt définitivement suivant la phase de jeu.

Comme tous les jeux ou presque, il y a deux manières de jouer :

  1. La normale, vous essayez de faire en sorte que le monstre ne vous mange pas.
  2. La « coups de pute », vous essayez de faire en sorte que le monstre vous mange le moins possible (nuance !), tout en plaçant vos pions pour que le monstre bouffe le plus possible de pions adverses.

Bien évidemment, comme à Carcassonne, c’est la deuxième option qui est la plus rigolote !

Comme je vous disais, pas besoin de comprendre l’allemand pour jouer puisqu’il n’y a pas de texte en jeu. La règle a été traduite et trouvable n’importe où sur le web pour peu que l’on sache utiliser Google ou trictrac.net. Il faut par contre savoir que les règles françaises – même traduite stricto sensu de l’allemand – manque de clarté, de lisibilité et praticitude. Il m’a fallu plusieurs parties pour bien appréhender toutes les subtilités du monstre ou des éléments de décors, alors que fondamentalement, c’est assez bête comme chou.

Au final, Finstere Flure est un bon jeu de plateau avec de la stratégie dedans avec des parties rapides (45 minutes en moyenne) qui saura ravir les amateurs de séries B avec des monstres débiles. Thème rigolo et ambiance fun, c’est un indispensable d’une bonne ludothèque qui plaira autant aux joueurs amateurs de par sa simplicité qu’aux acharnés de par sa stratégie.

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commentaires
  1. […] je tape sur des samurais… Et pourtant, au regard des jeux de société que je crée ou de certaines pièces de ma ludothèque, je suis vraiment pas le dernier sur les thèmes à déconne. Mais là, la sauce n’a pas […]

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