Street Dance 3D

Publié: 20/12/2011 dans Cinema
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Street Dance 3D est un film réalisé par Max Giwa et Dania Pasquini avec Nichola Burley (Love + Hate), Charlotte Rampling (Never Let Me Go) et plein d’autres danseurs qui se font acteurs.

Carly et son groupe de street dance viennent de se qualifier pour la finale des championnats anglais. Mais le départ de Jay, son partenaire et petit ami, remet tout en cause. Pas de bol, hein ? Sans salle de répétition, c’est encore plus la galère pour s’entraîner. C’est alors qu’intervient le hasard et Helena, professeur à l’Académie de Ballet de Londres. Celle-ci lui propose gratuitement une salle pour s’entraîner si elle prend dans son groupe 5 danseurs classiques. Le choc des cultures va être violent…

Enfin, violent… Rassurez-vous jeunes filles en fleur qui passeraient par hasard sur ce blog, on ne verra pas une goutte de sang. Car Street Dance 3D, c’est avant tout un film sur la tolérance et les mérites du travail honnête. Pour ceux qui s’étonnent que je chronique un film de danse, c’est parce que je l’ai piqué à ma maman, dans sa DVDthèque.

Parce que je possède un fond de curiosité mal placée, tout simplement. Et puis, parce que j’aime bien les films de genre. Et que le film de danse (ou basé sur un art, comme le chant… ou des pom-pom girls) est un film de genre, très proche du film de sport dans sa construction en fait :

  • A la fin, il faut une épreuve importante, capitale même !(genre la finale d’un truc) (attention, la victoire des gentils est accessoire durant cette épreuve, ça va dépendre de la morale à insuffler dans l’histoire… et de la pression des projections-tests)
  • Toujours à la fin, il faut qu’on croit que, jusqu’au dernier moment, les méchants vont gagner (parce que l’équipe n’est pas au complet, qu’il manque la clef de voûte, etc.),
  • Il faut placer un tas de plans de coupe courts qui montrent l’équipe en train de s’entraîner dur, tout le temps,
  • L’antagoniste, c’est toujours l’équipe adverse, que l’on rencontrera durant l’épreuve importante de la fin,
  • Bien sûr, il faut que l’antagoniste rencontre les gentils plus tôt dans le film et qu’il leur mette une bonne rouste de façon à ce que les gentils se disent « Nan, mais ils sont trop forts, ça sert à rien »,
  • Comme ça, ça donne l’occasion au leader des gentils de faire son beau discours pour remotiver les troupes (souvent – toujours – à base de « restons-nous même et prenons avant tout du plaisir dans ce que nous faisons »),
  • Mais avant de faire des beaux discours presque totalement improvisés, le gentil doit affronter une crise d’identité dans laquelle il n’a pas totalement fois dans ses compétences,
  • Il faut que les gentils connaissent des dissensions au sein de leur groupe, que des personnalités fortes s’affrontent au départ de façon à ce que tout le monde se rendent compte vers le milieu du film (après la rouste des méchants et le discours du leader) que c’est ensemble et de leurs différences que naîtra leur victoire durant l’épreuve finale.

En gros.

Prenez American Girls, The Indians, High School Musical, Bandslam, Youngblood et plein d’autres qui ne me viennent pas instantanément à l’esprit, vous verrez que la structure est strictement la même, celle décrite ci-dessus.

La bonne surprise en mettant la galette dans le lecteur, ce fut de voir le logo de la BBC. J’ai donc pu profiter de cet agréable accent britannique (indécrottablement associé au Doctor Who… d’ailleurs, il manquait de Dalek ce film…). Il faut savoir aussi que Street Dance 3D est le premier film européen en prises de vue réelles entièrement en 3D. Ca vous la coupe, hein ? Comme je l’ai maté en 2D, bah, ça n’apporterait rien, hormis les habituels plans bidons qui doivent impressionner quand on a une paire de lunettes débiles sur le nez.

Street Dance 3D est né de la volonté du producteur fan de film de danse (Dirty Dancing, Footloose et compagnie) de produire un film de danse à la mode. Surfant sur le succès de Sexy Dance sorti 4 ans plus tôt et la révélation de La Grande-Bretagne a un incroyable talent (un groupe de street dance que l’on retrouvera dans le film), le film est mis en branle et des réalisateurs-clipeurs débauchés. Commandé auprès d’un scénariste pas vraiment connu (enfin, au moins de ce côté de la Manche), le film va scrupuleusement suivre mon schéma précédent. Tellement scrupuleusement que le film en perd toute saveur du fait de son manque totale de surprise. Enfin, c’est pas comme si on n’avait pas déjà compris que le film étant une excuse pour se faire une montagne de fric rapidement…

En gros, vous n’irez pas regarder Street Dance 3D de la même façon que vous regarderiez Taxi Driver (oui, je place Street Dance 3D et Taxi Driver dans la même phrase si je veux !). Vous ne le regarderez ni pour son scénario ni pour sa qualité d’interprétation (globalement pas terrible puisque souvent les acteurs sont danseurs avant tout). Je ferai une exception pour Nichola Burley (oui, c’est une fille) qui – d’après la légende du making off pas vraiment en accord avec wikipédia – ne savait pas danser avant le film et nous livre une prestation pour le moins acceptable en nouvelle meneuse de groupe. Et je ne dis pas uniquement cela parce qu’elle est mimi…

Si ce n’est pour son scénario ou ses acteurs, vous regarderez Street Dance 3D parce que vous kiffez grave les films de danse. Ou que vous êtes bien peu exigeants avec que vous mettez sous vos yeux (comme moi, quoi). Par contre, de la street dance, vous allez en bouffer. Tant et si bien que le film se relève bien plus du fan-service que du 7ième art. Vous sentez bien l’influence du producteur qui veut mettre absolument dans son film des stars du milieu : s’en suivent 2 scènes sans aucun intérêt pour le scénario mais joliment exécutées.

Ajoutons à cela quantité de plans bouche-trous avec des plans sur Londres. Pour rappeler que c’est un film européen, oui madame !, et que nous les européens, on n’a pas peur de mettre des plans qui servent à rien et de dire dans le making qu’on voulait faire en sorte que Londres deviennent un personnage à part entière du film…

Parmi les choses qui ne servent à rien, on notera aussi des personnages un peu en carton et l’utilisation de la caméra dite Matrix pour faire style. Supprimez tout ce qui ne sert à rien pour faire avancer l’histoire et vous obtenez un film de 70 minutes, nettement plus digeste.

A part ça, vous aller aussi bouffer de la musique de rue en permanence. Un salut vous sera accordé avec le Lac des Cygnes. Bref, ça manque non seulement de Daleks mais aussi de guitares électriques et de chevelus…

Street Dance 3D est une espèce de gigantesque clip d’une heure et demi qui plaira essentiellement aux amateurs de danse de rue. Scénario sans intérêt, calibré pour les masses et pour engranger un maximum de recettes sans prendre de risques, il ne transcende absolument rien et ne se laissera regarder qu’en mettant son cerveau de côté pour les quelques courageux qui s’y attaqueront.

Je dis ça, je dis rien, mais quitte à mater un film sur l’univers de la danse, allez plutôt mater Black Swan (oui, je compare Black Swan à Street Dance 3D aussi si je veux !)

commentaires
  1. […] Vow est un film de Michael Sucsy avec Channing Tatum (Sexy Dance), Rachel McAdams (Morning Glory), Jessica Lange (American Horror Story) et Sam Neil (Jurassic […]

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