Batman est un film de Leslie H. Martinson (Manimal), d’après un scénario de Lorenzo Semple Jr (Jamais Plus Jamais) avec Adam West (as le Batman), Burt Ward (as Robin), Cesar Romero (as le Joker) et Lee Meriwether (as la Femme-Chat).

Les plus affreux super-vilains de Gotham City se sont ligués pour accomplir le plus gros coup d’éclat contre Batman et son acolyte en collant, Robin. Usant d’ingénieux coups tordus, de kidnappings sauvages, de sous-marins pengouins, d’illusions de paquebot et autres subterfuges bien abracadabrantesques, ils vont réussir à créer une machine à déshydrater (sic) les hommes pour mettre le boxon aux Nations Unies et prendre le contrôle du monde. Comme toujours c’était sans compter sur le dynamique duo !

Je ne remercierai jamais assez mon meilleur pote Syrius pour m’avoir fait découvrir le meilleur film de Batman au monde, il y a de cela presque dix ans. Oui, le meilleur. Disons, celui que je n’hésiterai jamais à mettre dans ma platine DVD pour me divertir, en lieu et place presque de The Dark Knight (de toute façon, je n’ai toujours pas ce DVD…).

En premier lieu, il convient de dire que ce film date de 1966 et qu’il s’inscrit dans la batmania de l’époque, qui repose uniquement sur la série télévisée pour le moins haute en couleurs et qui aura pourri la ténébritude de Batman jusqu’à ce que Frank Miller prenne les choses en main avec The Dark Knight Returns (même si on saluera l’effort de remise au propre de Neil Adams dans les années 70). Afin de capitaliser sur le succès de la série, un long métrage fut mis en branle, avec les acteurs de la série.

On retrouve donc Adams West en Batman bedonnant et Bruce Wayne bidonnant, Burt Ward en sidekick survolté et au langage plus que châtié (« Nom d’une pipe en bois ! » – sic). Le duo fonctionne sur la dynamique prof-élève, avec un élève nettement plus vif que son prof.

Côté méchant, la clique habituelle reprend du service et tend à faire passer le joker du dessin animé pour un déprimé sous prozac tant ils sont généreux dans leur interprétation. Vous noterez la moustache de César Romero sous le maquillage blanc, l’acteur refusant de la raser. Vous pourrez aussi noter le sex-appeal de miss Meriwether, donnant une profondeur pour le moins esthétique à la Femme-Chat, sans pour autant atteindre la celle de l’interprète originale dans la série Julie Newmar (et à n’en point douter l’une des incarnations les plus sexy du personnage).

On retrouve aussi tout ce qui fait le charme de la série :

  • du kitch partout où on pose les yeux,
  • la bat-cave avec les petits mots sous tout et n’importe quoi pour ne pas confondre le bat-fer à repasser et le bat-phone rouge,
  • la bat-mobile, le bat-copter, le bat-bateau, le bat-sidecar,
  • les whimp, bim, poum quand on se bat,
  • le déluge de bat-gadgets tous plus inutiles les uns que les autres (et pourtant, on a tous besoin d’un bat-spray anti-requin quand on se fait attaquer par un requin en mousse…)
  • les personnages très cartoonesques
  • l’humour à deux dollars d’avant la crise (« qu’est-ce qui est jaune, dans un arbre et dangereux ? Un poussin avec une mitrailleuse »)
  • les gimmicks pour bien faire comprendre l’état émotionnel des personnages (comptez le nombre de fois où Robin se tape le poing de rage, de désespoir, de courage, etc.)
  • une histoire complètement folle, occasionnant des situations qui frôle le surréalisme total (dont celle d’anthologie où Batman n’arrive pas à se débarrasser d’une bombe).


Histoire qui de mon point de vue fut mûrement réfléchie pour proposer un fan-service total (incorporer plein de méchants, plein de gadgets, etc) et du grand spectacle. Au scénario, il ne s’agit rien de moins que Lorenzo Semple Jr, responsable de Jamais plus Jamais, Papillon, Les Trois Jours Du Condor… et ok, Flash Gordon. Toujours est-il que le délire me semble complètement assumé, tant et si bien que le taxer de nanar, navet ou mauvais film relève tout simplement de la faute de goût (ou alors vous êtes aigris de la vie et je ne peux rien pour vous).

La réalisatrice y met également tout son savoir-faire (Manimal, Arnold et Willy, Wonder Woman, le Frelon Vert, et j’en passe un tas) au service de ce scénario pour contribuer au grand n’importe quoi jouissif qu’est ce Batman.

Ensuite, il serait facile d’accuser le film d’avoir pris un sérieux coup de vieux avec ses effets spéciaux minables (la fameuse remonté d’immeuble horizontale, les incrustations foireuses, etc.) mais ce serait passer à côté du meilleur du film !

Ce Batman de 1966 est un vrai bon film à mater pour une tranche de rire en cette période de crise. Un film généreux, avec des acteurs généreux et des situations savoureuses. C’est toujours un de mes films préférés, 10 ans après sa découverte et que je ne peux que vous conseillez de découvrir cette facette de Batman qu’on dénigre trop, souvent sans même y avoir jeter un œil.

Ah ! Je regarde toujours mes films en version originale. Pour celui-ci, je ne peux vous encourager à faire une entorse et le regarder dans sa délicieuse version française !

Batman : Robin, écoutes ces énigmes. Dis moi si tu les interprètes comme moi. La première : « Qu’est ce qui a la peau jaune et écrit ? ».
Robin : Une pointe « bic » dans une banane.
Batman : Bravo ! Deuxième : « Que fais un blanc qui est enduit de suie ? ».
Robin : Il se lave. S’lave. Un Russe !
Batman : Bravo ! Alors que veulent dirent ses deux réponses ?
Robin : Banane. Russe. Euréka ! Sûrement un Russe qui va glisser sur une peau de banane et se rompre le cou !
Batman : Précisément Robin ! Je ne vois pas d’autres sens possible !

Et si vous êtes sages, je vous parlerai un jour de Dans la grotte de Batman

commentaires
  1. Et oui c’est vrai qu ‘on s’est poilé comme des cons devant ce film mythique avec Syrius.

    C’est du grand n’importe quoi tant au niveau des jeux de mots, que des scènes d’action ou du scénario. Du Ridicule avec un grand « R ».

    Mais c’est surtout un vrai bon film a mater au 1er coup de blues. Les médecins devraient le prescrire aux dépressifs et la Sécu rembourser l’achat du DVD.

    Ce qu’on retiens surtout avec Syrius c’est Bruce wayne qui se retient au « paquet » de son ravisseur sur les parapluies volants, les enigmes du sphinx a pisser de rire et la tonne de batgadets et véhicules (mention pour le sous-marin prénucléaire déguisé en pingouin).

    Seul bémol si on est vraiment fan du chevalier de gotham: le coté ténébreux totalement absent de l’univers. Ici c’est du kitsch, les forces de police saluent le passage de batman en bathélico dans le ciel d’azur… tout est dis. Heureusement Tim Burton repassera sur le personnage 23 ans + tard pour reprendre le tout (personnage et univers) et l’élever au rang de légende du cinéma. (avant que Schumacher ne remassacre le batuniverse).

    Bref je mate régulièrement Batman 1966, mangez-en, c’est tordant.

    • Oliver Castle dit :

      Toi aussi, va répandre la bonne parole un peu partout ! Merci de préciser les histoires du paquet et du sous-marin prénucléaire, il faut le savoir ! Les fans du Batman ténébreux iront mater les Nolan.

      • Il faut aussi prévenir tes lecteurs qu’en mer ils pourront toujours compter sur le sacrifice des cachalots pour les sauver de tirs de torpille.

      • Oliver Castle dit :

        C’est vrai, car si on a des bat-spray anti-requin, il faut savoir compter sur la noblesse des cétacés pour sauver de la mort les Batman prisonniers d’une bouée aimantée… Car non, Batman ne se déferra jamais de sa Bat-ceinture pour se sortir d’un mauvais pas, Batman est l’ami des bêtes qui le lui rendent bien !

  2. […] puis la télévision. Inutile de mentionner les séries télévisées de Wonder Woman, Batman (et les pim pam poum d’Adam West et Burt Ward), mais j’ai découvert les images de la première série animée de Superman des studios […]

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