Rubber

Publié: 07/11/2011 dans Cinema
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Rubber est un film écrit, réalisé et monté par Quentin Dupieux (Steak) avec Stephen Spinella (Harvey Milk) et Roxane Mesquida (Ka-Boom).

C’est l’histoire d’un pneu psychopathe qui explose la tête des gens…

C’est tout. Ou presque. Mais le pitch se limite réellement à ça. Un pneu qui tue des gens. Finalement, c’est l’un des pitchs les plus débiles que j’ai pu lire, c’est aussi l’un qui m’attirait le plus. Et puis, l’affiche est cool. Mais comment peut-on faire un film sur un pneu tueur ? Je m’étais imaginé beaucoup de choses et le résultat est pour le moins particulier.

Il faut savoir que le film s’ouvre une voiture qui renverse des chaises dans un pseudo-slalom d’une petite route d’un désert californien. D’icelle, sort un flic qui vous explique comment la plupart des films comportent des éléments qui arrivent sans raison. Et que le film que vous allez regarder est un « hommage » à ces choses qui arrivent sans raison. Un autre type donnent des jumelles à un groupe de spectateurs qui se mettent à regarder au loin dans le désert… Là où lentement s’éveille un pneu…

Le ton est donné. Ça va juste être n’importe quoi de bout de bout. Et le réalisateur assume complètement. Mieux, il revendique pleinement que son film laisse sur la touche tout spectateur incapable de se plier à l’exercice mental qu’implique un tel niveau de mise en abîme du film dans le film dans le burlesque.

J’avoue sans trop de honte que j’ai pas tout compris avec ses histoires de spectateurs dans le désert qui regarde un pneu qui tue des gens, de faux film et compagnie. Très honnêtement, je respecte la démarche de l’auteur, mais c’est juste pas mon trip. J’aurais préféré une série B premier degré à l’image de certaines œuvres de Stephen King telles que Christine ou Maximum Overdrive. L’un et l’autre étant plus jouissifs que ce Rubber à la bande annonce un peu mensongère.

Si le film ne s’était limité qu’au sus-écrit pitch, le film aurait était bien maigre. Certes. Mais le film dure 1h18, on a pleinement l’impression de voir des bouts qui ont été collé au matériau de base pour allonger la durée de vie. Et cette impression est clairement renforcée par le fait que le rythme du film est leeeeeeeeeeeeeeeeeent. Un choix, encore une fois, volontaire du réalisateur mais qui laissera, encore une fois, du monde sur la touche.

En d’autres termes, Rubber aurait pu faire un super court-métrage ! Parce que techniquement, Quentin Duprieux réalise un vrai tour de force avec sa petite caméra numérique, ses 14 jours de tournage, des trucages entièrement mécaniques (que ce soit pour faire rouler le pneu ou faire exploser une tête) et un pneu. Et la vraie réussite du film, c’est d’avoir humanisé un pneu ! Le bout de gomme noire est filmé de telle façon qu’on a réellement l’impression de voir la naissance d’un bébé, ses premiers pas, son tâtonnement dans le monde, ses premiers amours, son état végétatif devant la télé (sic), sa colère, etc.

Pour la petite histoire, Quentin Duprieux est aussi Mr Oizo, le compositeur de musique électronique (la marionnette jaune qui fume des saucisses). La musique du film est donc naturellement composé par lui-même.

Bref, Rubber est une espèce d’ovni cinématographique pour le moins hermétique niveau scénariste mais une bonne réussite niveau technique. Et puis, il y a Roxane Mesquida pour ceux qui auraient du mal à rentrer de dedans mais savent apprécier l’esthétique d’un film…

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commentaires
  1. Sachet dit :

    Hi!
    Perso j’ai adoré, mais … je sais pas trop pourquoi? J’avais surement besoin de rien sur le moment, j’ai été servi. En même temps, malgré l’absence de quasiment tout ce qui fait un film standard, je le trouve trés (trop) dense. Alors je vois surement des sens et des degrés de compréhension de l’image la ou il n’y a rien, mais je me suis pas ennuyé deux secondes. J’irai jusqu’a dire que la fin est galvanisante, épique … la nouvelle génération arrive, et ça va faire mal … J’ai l’impression que c’était une critique du cinéma actuel doublée d’une métaphore sur sa venue (a Duprieux et d’autres) dans le monde surréaliste et surfait du cinéma.

    Mais j’ai conscience que tout c’est dans ma tête, il n’y a rien c’est juste des pneus, rien que des pneus.

    • Oliver Castle dit :

      J’ai tendance à comprendre le chemin vers le surréalisme et la critique sous-jacente… sauf que si je rentre dans cette dimension, bah je trouve la démarche carrément prétentieuse !

      Je préfère me contenter de l’image « c’est un film avec un pneu psychopathe » et apprécier juste ce qu’il y a à apprécier dedans.

      Ceci dit, c’est vrai que la fin était cool, et continue de rentrer dans le processus d’humanisation (à un autre niveau) que j’avais loué dans le film.

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