Twilight – Chapitre 1: Fascination

Publié: 27/10/2011 dans Cinema
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Twilight – Chapitre 1: Fascination est un film de Catherine Hardwicke (Lords of Dogtown) sur un scénario de Melissa Rosenberg adapté du livre de Stephanie Meyer, avec Kristen Stewart (Adventureland) et Robert Pattinson (Remember Me).

Bella Swan déménage dans la très déprimante petite ville où habite son père. Nouveau lycée, nouveaux amis, elle se sent étrangement attirée par un sombre garçon ténébreux. Les deux êtres tombent éperdument amoureux l’un de l’autre… Seulement voilà, Edward n’est pas ce qu’il semble être. C’est un vampire ! Bella va alors pénétrer dans le monde des ténèbres… Enfin… façon de parler, ce vampire brille au soleil…

J’en avais assez de ne pas participer à la destruction automatique du film Twilight quand il arrivait dans les conversations. Et comme je ne suis pas spécialement du genre à répéter les propos d’autrui et que j’aime bien avoir une opinion quand j’ouvre la bouche, j’ai donc pris le temps de me pencher sur le cas Twilight (enfin, juste le premier chapitre car je n’ai pas que ça à faire)(et juste au cinema parce que je n’ai pas que ça à lire).

Les âmes sensibles feraient bien de s’accrocher à leurs bretelles, je vais dire quelque chose de choquant… Twilight. N’est pas. Un. Mauvais. Film.

Quoi !

Oui, désolé. Mais toutes les personnes qui démontent le film (parfois sans même l’avoir vu) en criant à tort et à travers que Twilight est une bouse sont des moutons qui colportent des propos et des arguments entendus sans vraiment avoir conscience de ce qu’est Twilight.

Twilight est un mauvais film de vampires, certes ; mais en soi, ce n’est pas un mauvais film !

D’ailleurs, je ne sais même pas pourquoi ça s’appelle « vampire »… Enfin, si, j’y reviendrais plus tard. Chaque chose en son temps. Toujours est-il que le premier argument qui oppose Twilight à, au hasard, Entretien avec un Vampire est irrecevable. Parce que ce n’est pas un film de vampires et il est bien stupide d’aller regarder le film dans cette optique (ou de continuer à le détruire en usant de cette rhétorique après avoir lu ma chronique).

Twilight est un teen movie.

Quoi ?

Oui, Twilight est un teen movie, car il exploite nombre des interrogations adolescentes depuis la notion d’intégration à celle du regard des autres, en passant par la sempiternelle tentation du sexe. Entendons-nous bien, ce n’est pas un bon film à cause du reste, mais il reste plutôt juste dans son exploration de vie adolescente, ce qui en fait un teen movie tout à fait acceptable.

Mais n’importe quoi !

Encore une fois, désolé, mais sans me poser en expert, j’ai vu suffisamment de teen movies dans ma vie pour avoir une bonne idée d’où se place le premier film Twilight. De plus, je ne voudrais pas appuyer trop lourdement mon propos, mais le réalisateur du film n’est autre que Catherine Hardwicke, la responsable de Thirteen et du génial Lords of Dogtown, deux films très clairement dans cette catégorie (version dramatique, pas comédie) et le choix des producteurs était tout à fait justifié.

Maintenant que les pendules sont remises à l’heure et que nous avons une base commune pour juger le film, attardons-nous dessus. La partie teen du film est celle qui m’a le plus intéressé. Les errements de Bella dans son nouveau lycée, reconstruire une relation avec son père, se faire de nouveaux amis, son sentiment d’exclusion, les premiers émois incontrôlables pour le sexe opposé, le bal de fin d’année… (Zut alors, si on est pas dans un teen movie, je ne sais pas ce qu’il vous faut !) Tout cela a été très justement abordé par le scénario et a été subtilement mis en scène par Hardwicke (visiblement, trop subtilement puisque tout le monde pense que c’est un film de vampires…). De mon point de vue, c’est un sans-faute. Jusqu’à la rencontre avec les parents d’Edward…

Ensuite le film perd tout cette dimension teen pour recoller aux livres et, à partir de la partie de base-ball, j’ai décroché… Je ne suis même pas vraiment certain de savoir comment fini le film tant mon esprit était parti vagabonder tandis que j’enfilais déjà mon pyjama et me brossais les dents. Tout ce que je me souviens, c’est qu’une fois de plus, l’antagoniste est un gros crétin et qu’il préfère jouer avec sa bouffe (oui, Bella se fait kidnapper par un méchant vampire) plutôt que directement faire ce que n’importe quel vampire sensé aurait fait : manger. Bref, des antagonistes en mousse, ça tue rapidement un film.

Mais ce n’est pas un film de vampires. Si Stephanie Meyer a décidé de les appeler ainsi et non pas « Vlodriock » ou « Aspardal » ou je-ne-sais-quoi, c’est juste pour surfer sur un nom connu et s’attirer plus de monde avec une stratégie marketing adéquate. Des vampires, c’est sombre, c’est gothique, c’est sexuel, c’est dangereux, ça a des dents pointues et ça ne brille pas au soleil… Mais bon, voilà, elle est romancière, elle fait ce qu’elle veut. Alors c’est plus facile de surfer sur des lieux communs (elle avoue elle-même ne pas du tout avoir fouillé la mythologie vampirique pour écrire). Du coup, on retrouve un peu de Underworld avec la guerre contre les loup-garous (guerre elle-même pompée sur d’autres références, à commencer par Shakespeare), un peu de Roméo & Juliette, un peu de Biff ? Baffie ? Ah Buffy ! avec le couple Angel-Buffy littéralement copié-collé (et nettement plus prude)… Bref, sans vouloir être mauvaise langue, Twilight est exactement comme Matrix : ça pompe suffisamment de bonnes idées un peu partout et c’est suffisamment bien maquillé pour que ça parle à l’inconscient du plus grand nombre afin d’en faire un succès.

Kristen Stewart nous sort son plus grand jeu d’ado torturée, ce pour quoi on l’a embauchée, en récupérant sa prestation de In the land of women. Ça pourra énerver, je le conçois. De toute façon, c’est loin d’être son meilleur rôle. Pour mémoire, je rappelle qu’il se trouve dans The Runaways et que vous n’avez aucune excuse pour ne pas le regarder si vous avez pris le temps de vous mater la saga Twilight. Son alchimie avec Robert Pattinson est bien présente, dommage que l’interprétation d’Edward Cullen soit si minimaliste ou au contraire trop poussé dans la ténébritude solitaire (quand je disais que ça a tout volé à Angel…). Le reste du casting remplit sa part du gâteau, avec une mention bien pour les acteurs côté vampire et une mention LOL pour les acteurs côté loup-garous…

Au final, tout ce qui pue dans Twilight, à la fois dans le scénario et dans la réalisation, touche au surnaturel et n’est pas teen. Allons nous balader dans les bois façon Tigres et Dragons du pauvre, effets de vitesse risible, méchants bidons et j’en passe. En plus, le film est un poil trop long pour pouvoir être réellement efficace.

Pour conclure, j’espère qu’après avoir lu cette chronique sur le premier film Twilight vous saurez élever le débat au-dessus de son habituelle stérilité quand il viendra dans une conversation et ainsi briller en société. Twilight est un mauvais film sur les vampires, un film très moyen à cause de son scénario mi-figue mi-raisin et un bon teen movie grâce au savoir-faire de Catherine Hardwicke. Qu’on se le dise !

Sachant que le réalisateur change pour les autres films que je ne me sens pas plus d’humeur à élever le débat plus que ça, la probabilité pour que je me penche sur les suites tend vers 0. Il faudra vous trouver d’autres arguments construits pour les défendre !

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commentaires
  1. […] pour que cela ne vire pas (trop) dans le graveleux. A quelques rares exceptions débiles comme Twilight, évidemment […]

  2. […] sacro-saint argument Murtaugh : “Je suis trop vieux pour ces conneries”. Et pourtant, les histoires de teenagers et de vampires, je prends le temps de m’y attarder ! Mais là, c’était au-dessus de ma […]

  3. […] par exemple). Le film n’avait pas de raison de m’intéresser non plus. Mais comme Twilight, je suis curieux, alors je regarde. Et puis, l’air de rien, dans les arguments positifs que […]

  4. […] sous forme de manga. Il faut dire aussi que je suis plein de préjugés sans fondement à cause de Twilight et que je ne passe jamais par ces rayonnages quand je suis dans une librairie. Je n’avais […]

  5. […] vous le savez, j’aime rester au top de la vague hype de films pour midinettes. Twilight, Hunger Games et compagnie. Autant de livres que je ne lirai jamais mais dont les films pourraient […]

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