The Runaways est un film réalisé par Floria Sigismondi, d’après un scénario d’elle-même et le livre autobiographique de Cherry Curry, avec Kristen Stewart (Adventureland, In the land of Women) et Dakota Fanning (Twilight), produit entre autres par Joan Jett.

Joan Jett et Cherie Currie sont deux adolescents un peu mal dans leur peau qui cherchent, chacune à leur manière d’échapper à leur quotidien. Sous l’impulsion de Joan Jett et de l’excentrique producteur Kim Fowley, elles vont fonder le plus célèbres groupes de glam rock féminin du monde et transformer à jamais l’hisoire de la musique. Au delà des paillettes et du star system, The Runaways, c’est avant tout l’histoire de ces deux jeunes filles, entre rêves et désillusions…

Allez, je vous ai gratifiés toute cette semaine de films ouvertement pourris ou limite bordeline moisis, je vous fais une fleur et décide de vous parler ce vendredi d’un film absolument génial ! The Runaways est donc un biopic sur le premier groupe de rock entièrement féminin, fondé par entre autres Joan Jett et Cherie Curry. Le poster sélectionné s’inspire entre autres d’une de leur chanson phare Cherry Bomb.

Quoi ? Pardon ? Qu’ouis-je, qu’entends-je ? Vous ne connaissez pas les Runaways ? Je me fais fort de réparer sur le champ cette faute de goût en vous proposant un interlude musical !

On est au milieu des années 70, et bien que David Bowie passe à autre chose dans sa carrière musicale, le glam est encore bien présent dans la musique un peu partout dans le monde. Alors The Runaways, c’est avant tout une carte postale de cette époque, avec des décors et des environnements suffisamment travaillés pour que le voyage dans cette décennie soit plus vrai que nature. Et force est de constater que, même si vous n’êtes pas fan des 70’s comme je le suis, le chef décorateur a fait un impressionnant travail de reconstruction historique ! Le maquilleur et l’accessoiriste aussi !

Au final, le film est une juste plongée dans l’univers si particulier entre glam, disco et une certaine émergence du punk (qui mettra plus de temps à arriver aux States mais dont l’influence sur le rock reste palpable à cette génération).

Au milieu de cela, on balance 3 acteurs charismatiques pour camper les piliers du futur groupe des Runaways : Kristen Stewart en Joan Jett plus vrai que nature, Dakota Fanning (une de ses copines aux dents pointues) et un excentrique Micheal Shannon (actuellement dans Broadwalk Empire et le futur Zod du reboot de Superman) absolument excellent en Kim Fowley à la fois arriviste et vétéran dans le monde de la musique avec un flair incroyable pour dénicher et produire les talents de demain (pour la minute culturelle, c’est aussi à lui qu’on doit la découverte des Stooges et Kiss).

Ceux qui pensent que Kristen Stewart se limite à passer ses cheveux derrière son oreille feraient bien de revoir leur copie car elle offre dans The Runaways sa plus remarquable prestation à l’écran, en Joan Jett adolescente propulsée au milieu de son rêve entre musique, sexe et décadence habituelle de la rockstar.

En fait, le troisième vrai pilier des Runaways, c’est Sandy West la batteuse, mais le film s’intéresse avant tout à la vie de Cherie Curry depuis sa banlieue pourrie sans avenir jusqu’à sa descente aux enfers à cause de l’alcool tandis que les Runaways sont tout simplement les reines du monde. Adaptation d’une autobiographie oblige.

Autour de l’ascension fulgurante du groupe très girl power s’articule de façon très intelligente la relation amitié/amour du couple Joan/Cherie. Floria Sigismondi signe un scénario très riche en évitant le biopic trop facile pour y introduire une vraie énergie autour des filles et de leurs vies hors musique. Il en résulte une œuvre ultra-fraîche, loin d’être convenue, et qui prend le temps d’explorer les personnalités adolescentes et les pressions qui s’exercent autour d’elles (encore une fois, je mets des s, mais c’est surtout vrai pour Cherie Curry, vis-à-vis de sa famille).

La réalisation est très propre, très léchée avec un excellent travail sur la photographie. Les amateurs de détails remarqueront que le début du film est très brillant et clinquant avec des paillettes et beaucoup de scintillements à l’écran et que plus le film avance, plus cet effet brillant se ternit à l’image de la triste dépravation alcoolique de la chanteuse blonde.

Au niveau de la musique, pas de surprise, on entendra essentiellement des partitions des 4 filles, interprétées par les actrices elle-même. Les plus curieux pourront faire la comparaison entre l’extrait du concert au Japon ci-dessus et le même passage dans le film. A côté de ça, on retrouve bien évidemment nombre des habitués des Top 50 de l’époque (Rebel Rebel de David Bowie, I wanna be your dog des Stooges, les Sex Pistols et j’en passe). Autant dire que les allergiques au rock (et accessoirement à de la bonne musique) risque d’avoir un peu de mal, mais que cela ne les décourage pas de se lancer dans l’aventure.

Signalons pour conclure que Joan Jett produit elle-même le film, ce qui reste un gage de qualité quant au caractère bio dans le pic de la vie du groupe.

Bref, The Runaways est un véritable bijou propulsé des années 70. C’est mon coup de cœur de la semaine et j’encourage tout le monde à s’y intéresser car il le vaut bien !

commentaires
  1. Entièrement d’accord avec toi, ce film est juste une tuerie et parvient à éviter les écueils qui plombent habituellement le biopic ! PS: Kirsten Stewart est effectivement une excellente actrice, je te recommande, si tu ne les as pas déjà vus, « Welcome to the Rileys » & « The yellow handkerchief »…

  2. […] Jones and th… on Twilight – Chapitre 1:…Twilight – Cha… on The RunawaysTwilight – Cha… on In The Land Of WomenTwilight – Cha… on Buffy, the […]

  3. […] J’ai déjà maintes fois évoqué mon amour pour les seventies, et en particulier pour la musique qu’elles nous ont légué. Si on me demandait de lister mes groupes ou artistes favoris, sans faire de statistiques foireuses, 82% des noms qui sortiraient seraient de cette folle décennie, ou presque. Alors à chaque fois que je peux me plonger dans un film qui parle de musique ET des années 70, je le fais avec délectation. (Et donc là, ça me semble le bon moment pour rappeler que, par exemple, j’ai chroniqué The Runaways…) […]

  4. […] Goldmine que je n’ai pas spécialement apprécié), parfois, c’est carrément génial (The Runaways ou Almost Famous). Pour le coup, Control est très clairement dans la deuxième catégorie […]

  5. […] également produit par Tony Visconti), Lou Reed, Roxy Music, les New York Dolls et même les Runaways. Avec l’arrivée du punk en 1976, le glam se métallise et devient la marque de fabrique de […]

  6. […] faite de Grease) mais j’apprécie les films à base musicale (genre les biopics façon Runaways ou les trucs un peu débiles comme Rock Academy). Mais Pitch Perfect, j’étais clairement pas […]

  7. […] moins qu’ils touchent par effet de bord un sujet que j’aime (genre biopic + musique = The Runaways/Control). Du coup, comme le film parle de baseball et notamment du premier Noir en Major League […]

  8. […] l’existence-même de cet étron et vous allez tous me faire le plaisir d’aller mater The Runaways à la place […]

Répondre à Reviews Films – Mars 2016 | Oliver Castle Annuler la réponse.

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