Super est un film écrit et réalisé par James Gunn (Horribilis) avec Ellen Page (Whip it), Rainn Wilson (The Office), Kevin Bacon (Footlose) et Liv Tyler (les clips d’Aerosmith…) et Nathan Fillon (Firefly).

Franck a une petite vie minable, mais ça lui convient. Il est marié à Sarah une ex-junkie et ce rayon de soleil suffit à éclairer sa vie morne. Sauf qu’un jour, Sarah se fait la malle. Plus exactement, elle s’en va dans les bras de Jock, le dealer du coin. Fragilisé, les nerfs à bout, Franck reçoit une révélation en regardant la télévision : il doit récupérer sa femme, il doit devenir le nouveau combattant du crime, il doit devenir The Crimson Bolt !

Super, c’est un peu le Kick-Ass pour adultes. En disant ça, je résume toute la complexité du film : passer après le rouleau-compresseur Kick-Ass en usant des mêmes ficelles pour aller beaucoup plus loin dans leur traitement et proposer des thèmes de réflexion bien plus profonds que son prédécesseur.

Film indépendant oblige, le budget ne lui permet pas de rivaliser avec le film de Matthew Vaughn sur la forme ; pour être tout à fait objectif, il faut les comparer sur le fond. Là où Kick-Ass propose l’air de rien du divertissement grand public, très formaté pour plaire à l’adolescent de base, Super ne s’invite ni dans la concession, ni dans la demi-mesure.

Sous ces airs d’une banalité affligeante si on ne lit que mon pitch, le scénario de Super est une vraie petite pépite bourrée d’humour, d’action, des personnages nettement plus profonds qu’ils n’y paraissent et de tacles bien sentis ici ou là pour Madame l’América. Super n’est pas une parodie, le caractère jusqu’au-boutiste du protagoniste, le goût douteux de certains gags et sa violence presque-gore premier degré n’en font pas le petit film qu’on se mate en famille avec le petit dernier et la grand-mère. Il finit par s’en dégager une espèce d’absurdité qui prête à sourire mais toujours justifiée par des personnages trop borderlines dans leur tête que le masque du quotidien dissimule à la perfection.

Car oui, au delà du simple mari qui veut récupérer sa femme ou de la petite employée de comic-shop se cache des personnages fracturés par la vie et son inquiétante banalité, tous au bord d’une folie aveugle, presque schizophrène (ce qui est fatalement, la juste définition de la plupart des super-héros modernes… hein Batman ?). En d’autres termes, les super-héros sont tous plus ou moins dérangés du bulbe, mais la vraie cause reste les modèles imposés par la société qui finissent par oblitérer le plus important chez l’Homme : sa quête de sens, pour lui et pour sa vie.

En un sens, le vrai propos de Super est ici : « la quête de sens »… Et ça passe par du fracassage (oui, je fais toujours des barbarismes si je veux) de crânes à coup de clé à molette !

A côté de cela, on tabasse aussi les diktats moraux imposés par la société qui se traduisent par l’extrême justice du Crimson Bolt. Et toujours avec ce même programme télévisé mené de main de maître par Nathan Fillon, ça casse un peu la télévision et le pouvoir des médias sur l’abrutissement des masses.

Bon, mise à part ça toute cette analyse un peu prise de chou, Super est vraiment super drôle !

Le casting est de très haute volée et il est clair qu’ils se font tous plaisir devant la caméra avec les rôles qui leur ont été proposés. Comme toujours, Ellen Page est toujours un cran au-dessus du reste tandis que Rainn Wilson semble cloisonné à des rôles finalement toujours proche de son Dwayne dans The Office (bon, il a un peu la gueule de l’emploi aussi…).

La réalisation, malgré un budget que l’on devine hyper serré, sert admirablement tous les propos du film, avec son côté aussi brut de décoffrage que les motivations de Franck (oui, frappé une tête avec une clé à molette, ça fait mal) et une efficacité qui contraste avec le côté cheap de la plupart des décors et costumes proposés. C’est très bien rythmé et déroule le scénario sur du velours.

Vous l’aurez compris, Super est un vrai coup de cœur, à tout point de vue. Plus profond que Kick-Ass, moins consensuel aussi, il s’agit encore d’un film qui va avoir du mal à trouver son public, qui aurait tôt fait de le classer dans la catégorie « films potaches pour décérébrés » s’il n’avait pas lu cet article. Mais comme vous êtes allés jusqu’à sa conclusion, vous savez désormais que Super est un excellent film qui ne doit pas souffrir de la comparaison avec son illustre aîné (qui est un excellent film aussi, ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit, il n’est juste pas vraiment pour le même public). Maintenant… Shut up Crime !

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commentaires
  1. […] fanboys, dans ce dessin animé, Hal Jordan est doublé par Nathan Fillon (Firefly, Serenity, Buffy, Super et j’en passe) […]

  2. […] Choc des Titans), sur un scénario de Zak Penn, avec Edward Norton (American History X), Liv Tyler (Super) et Tim Roth (Lie to […]

  3. […] on The A-TeamThe Incredible Hulk … on Green LanternThe Incredible Hulk … on SuperSchool of Rock … on The RunawaysJaessa on Indiana Jones and the Kingdom … […]

  4. […] et joué par Adrienne Shelly (Trust Me), avec Keri Russel (Mission Impossible 3), Nathan Fillion (Super), Jeremy Sisto (Suburgatory) et Cheryl Hines (Suburgatory […]

  5. […] et honnêtement, c’est pas spécialement le cas. A ce propos, je vous engage tous à voir Super, voilà un vrai film de super-héros trash ! J’ai trouvé aussi que de mettre le film […]

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