Primer est un film de science-fiction, écrit, réalisé, produit, monté et joué par Shane Carruth.

Abe et Aaron sont deux ingénieurs qui ont passé des heures de leur temps libre à travailler sur une machine capable de réduire la masse des objets. Au cours d’une expérience, ils réalisent que leur invention possède une propriété inattendue : l’échelle temporelle n’est pas la même à l’intérieur et à l’extérieur de la boite où ils mettent leur objet. Comme ils sont très intelligents mais ont visiblement passé plus de temps à résoudre des équations qu’à regarder des films sur les voyages dans le temps, ils vont construire une machine dans laquelle ils pourront s’enfermer et remonter le temps pour faire joujou avec la bourse. Mais comme ils n’ont pas vu ou lu les classiques du genre, disais-je, ils vont rapidement se retrouver dépassés par la situation…

Si jamais vous avez trouvé Inception trop compliqué et mind-fucking, si jamais l’Effet Papillon vous avait déjà vrillé le cerveau, ne regardez pas Primer ! Ça faisait très, très, très longtemps que je n’avais pas vu un film aussi prise de tête et exigeant. Déjà que les voyages dans le temps, c’est un sacré bordel, mais Primer atteint des sommets qui, forcément, divisent les critiques.

Le scénariste part du postulat – pas forcément débile – que tout voyage dans le temps implique la création d’une nouvelle ligne temporelle. Soit. Sauf que dans son film, il y a tellement d’implications, de lignes temporelles filles et petites-filles d’autres lignes temporelles, que – je l’avoue – j’ai eu recours à un schéma après le film pour bien tout comprendre (et comprendre que je n’avais pas tout compris). Vous êtes prévenus, ce n’est pas le genre de films à mater après une dure journée de boulot ou pour se détendre.

En soi, Primer fait partie des films – comme Triangle, comme Moon– dont on n’entend jamais parlé mais qui méritent à être connus. Preuve de son succès critique : les récompenses au festival de Sundance 2004. Mais ça ne suffit pas à faire sortir le film du cercle élitiste dans lequel il se retrouve malgré lui enfermé.

Shane Carruth a un peu le même profil que moi : diplômé en mathématiques, il plaque son boulot d’ingénieur pour se consacrer à sa passion. Il écrit et réalise son premier film en 5 semaines pour un budget ridicule de 7000$ (!). Pour information, à l’époque où j’avais des velléités de réaliser un court-métrage, c’était le budget pour 15 minutes de films et 3 jours de tournage ! Rien que pour le fait d’avoir été produit, Primer mérite qu’on se penche dessus.

Alors bien sûr, il n’est pas parfait. Le scénario, comme je le soulignais au départ, est relativement hermétique et il est facile de passer à côté (à côté genre à 12 bornes, en fait). De plus, il n’est pas aidé par une réalisation que j’ai trouvé très lente (et le film ne fait que 1h17 pourtant…). Ceci dit, le travail sur l’image est très intéressant et il faut vraiment avoir lu mon blog pour avoir conscience des limitations budgétaires (ouais, ou lire allocine.fr… aussi). Le réalisateur souligne d’intéressantes perpectives d’évolutions en parallèle des personnages dans deux mondes en usant des miroirs (physiques ou métaphoriques avec l’opposition visuelle à l’écran).

Au-delà de l’explication scientifique (lourde) et de personnages assez creux au premier abord (seulement au premier, car c’est dans l’adversité que les caractères se révèlent), il est intéressant de voir – encore une fois – l’attrait du pouvoir et de l’argent sur des types normaux. J’ai bien aimé la façon où tout se met a déraper, et où plus ça essaie de réparer, plus tout part dans un bordel sans fin.

Ça rappelle un peu Memento, ça a le potentiel de Richard Kelly, ça n’atteint nullement la grâce d’un 12 Monkeys Army mais Primer est un film porté à bout de bras par un seul homme, il ne paye pas de mine, vous apprécierez ou vous détesterez, mais il mérite d’être regardé ! Et puis, il est surtout inventif ! Et dans un monde régi par les copies de copies, les remakes, les reboots, les suites… ça fait un bien fou, en fait ! Je pourrais aussi faire une blague sur la fraîcheur, les fruits, les légumes, les primeurs mais vous avez compris l’idée…

Cadeau Bonux : Uniquement pour ceux qui ont vu le film, le schéma qui explique tout.

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commentaires
  1. […] films totalement sous estimés”. Le genre d’articles qui pourrait parler à loisir de Primer, par exemple. John August faisant tout de même office de grosse référence dans le milieu du […]

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