Tron Legacy

Publié: 05/09/2011 dans Cinema
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Tron l’Héritage est un film de science-fiction, réalisé par l’illustre inconnu Joseph Kosinski et produit par les studios Disney. Au casting, on retrouve Jeff Bridges, Olivia Wilde et un acteur au charisme de moule dont j’ai oublié le nom et la flemme de chercher. Par égard pour les scénaristes, je ne citerai pas leurs noms.

Kevin Flynn était un informaticien de génie qui, dans les années 80 a créé un univers virtuel et une machine capable de le projeter dedans. Sam Flynn est le fils de Kevin Flynn. Cherchant à percer le mystère de la disparition de son père depuis des années, il reçoit un jour un mystérieux message qui l’invite à se rendre dans la salle d’arcade du paternel. Derrière une borne d’arcade, il trouve un accès au laboratoire de Kevin et se retrouve malgré lui propulsé dans l’univers virtuel susnommé. Sauf que ce monde est une tyrannie, gouverné par un clone de son père et régi par pléthores de vilains programmes et des jeux mortels… Sam réussira-t-il à quitter ce monde ? Retrouvera-t-il son père ?

Vous le saurez en perdant deux heures de votre vie pour regarder cet étron (hu hu !) cinématographique !

Il est des films, la plupart issus des années 80, à propos desquels il existe un accord tacite qui fait qu’on n’y touche pas : Retour vers le futur, ET, Qui veut la peau de Roger Rabbit, Blade Runner, Tron… Aucun producteur n’a encore été assez fou pour oser un remake de ces films. Par contre, visiblement on commence à s’autoriser à penser à des suites, des préquelles… (D’ailleurs, Mr Ridley S. est prié de laisser Blade Runner tranquille.) Tron Legacy est la suite de Tron. Et je suis sûr qu’il aurait préféré qu’on le laisse tranquille et seul sur son étagère des films cultes.

Si Tron possède le charme suranné d’une production 80’s vue par une génération de gosses qu’on n’appelait pas encore des geeks, si Tron vendait du rêve en barre pour ces mêmes gosses qui découvraient tous les jours de nouveaux mondes virtuels grâce à l’émergence des consoles et autres PC, sa suite est une vaste fumisterie destinée à relancer une licence juteuse et tendance à grands renforts de 3D.

N’y allons pas par quatre chemins, Tron 2.0 est une bouse 2.0.

Le scénario est des plus convenus et se paye en même temps le luxe inutile d’une complexité dont on se serait bien passée (je pense notamment à tout le côté « corporate » décrit en début de film et qui ne sert à rien, je pense notamment à la ré-injection anecdotique du personnage de Tron en qualité de méchant, etc.). Qui n’a pas encore débranché son cerveau passer les vingt premières minutes devinera tout le film avec plusieurs minutes d’avance sur la bobine. La caractérisation des personnages frôle le zéro absolu ; pire, elle s’enfonce dans le cliché. Exemple :

Bonjour, je m’appelle Sam Flynn. Mon père a disparu quand j’étais jeune, ce qui fait que je n’avais pas de figure paternelle pour me guider. Alors je suis devenu un gros rebelle. La preuve, j’ai une moto et un blouson en cuir. Tu peux pas test !

Il y a eu au moins 8 scénaristes à passer sur ce film et on sent derrière le cahier des charges des producteurs :

— Bon, coco, faut nous mettre une course de moto avec des traînées derrière, c’est emblématique.

— Mais le protagoniste ne sait pas faire de moto !

— T’es viré, on va trouver quelqu’un pour nous changer ça.

— Mais moi, j’avais surtout penser l’univers de CLU 2.0 comme une métaphore de l’après-vie !

— J’ai dit que t’étais viré. Et tes conneries de métaphore sur la mort, ton remplaçant fera ce qu’il en veut avec.

Alors le protagoniste sait faire de la moto, des arts martiaux, du piratage informatique de haut-vol, il vit dans une baraque au bord de la mer pour vaguement signifier son goût de la liberté, il est actionnaire majoritaire de la plus grosse boîte du monde et comme il est le fils de son père, c’est tout à fait normal de se retrouver dans un monde virtuel sans perdre son sang froid, sa santé mentale ou même arquer le sourcil.

Je passerai sur le méchant trop trop méchant, les traîtres versatiles, les vagues de sentimentalisme qu’on arrache aux spectateurs à coups de pathos bien lourd, la fin bien consensuelle et portnawak…

La direction artistique pique un peu les yeux mais elle a le mérite d’exister et de proposer un monde virtuel esthétiquement cohérent et une intéressante mise à jour par rapport au modèle d’origine, que ce soit sur les décors où les costumes. L’avancée des techniques 3D ont permis l’intégration d’un Jeff Bridges avec 30 piges de moins. Malheureusement, ce genre d’incrustation reste toujours flagrante et dérangeante dès qu’on s’en aperçoit. Autant ça passe dans le monde virtuel, autant ça choque dans le monde réel (la fameuse Uncanny Valley pour ceux à qui ça parle).

J’ai déjà dit que le héros avait un charisme de moule. Jeff Bridges semble verser dans la caricature de ses propres personnages en surjouant un peu trop à mon goût…

Mais alors, n’y a-t-il rien pour sauver ce film de la défragmentation sauvage ?

Si, deux choses.

  1. La bande originale des Daft Punk, très inspirée.
  2. Olivia Wilde

Et pas pour son jeu d’actrice minimalisé. Uniquement pour l’esthétique.

Oui, la dernière était totalement gratuite !

Pas la peine de vous faire perdre plus de temps avec Tron Legacy. Un film inutile qui a permis de donner de la visibilité à Olivia Wilde au-delà de House et de relancer la carrière moribonde de Jeff Bridges (avec True Grit). Passez votre chemin car il est des héritages dont on aimerait bien se passer ! Sinon, vous avez été prévenus…

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commentaires
  1. Jaessa dit :

    On sent la conscience de fan qui a regardé le film tout en sachant que ça allait forcément être une bouse. Bravo!

    Préviens-moi le jour où ils refont Blade Runner, que je m’ouvre les veines par avance.

    • Oliver Castle dit :

      J’avais pas réellement conscience que ce serait une bouse. J’en attendais rien de particulier parce que, pour une fois, j’en avais rien entendu de particulier. Enfin, bon, je me doutais que, comme toutes les suites, ce ne serait pas aussi bien…
      Quant à Blade Runner, Ridley Scott a officiellement signé pour réaliser soit une suite, soit une préquelle. Pas de remake en perspective, c’est déjà ça…

  2. […] Noceur), Ryan Reynolds (Green Lantern), Jason Bateman (Comment tuer son boss) et Olivia Wilde (Tron: L’héritage), par les scénaristes de Very Bad […]

  3. […] Timberlake (Bad Teacher), Amanda Seyfried (Mean Girls), Cillian Murphy (Sunshine), Olivia Wilde (Tron: Legacy, Echange […]

  4. […] je suis en train de dire qu’un biopic sur le duo de la bande originale de l’étron Tron 2 aurait été plus intéressant et plus grand public (limitant aussi l’échec public de ce […]

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