The Witcher 2: Assassins of Kings

Publié: 30/08/2011 dans Jeux Vidéo
Tags:, , , , , , , , ,

Ou comment j’ai assassiné Geralt de Riv…

Je ne saurais que trop conseiller aux lecteurs qui ne seraient pas familiers du Sorceleur, de son univers ou du premier opus vidéoludique, d’aller consulter avant cet article et celui-ci.

C’est bon ? Alors, c’est parti !

The Witcher 2 débute quelques temps après la fin de The Witcher 1, ce qui en fait une suite directe. Ceux qui, comme moi, n’ont pas joué au premier ou ne l’ont pas fini à cause d’un crash-disk aussi fourbe que dramatique peuvent être rassurer dès à présent : le premier est finalement optionnel et n’a pas autant d’impact qu’un Mass Effect 2 par rapport à Mass Effect 1. Au mieux, vous comprendrez certaines allusions, vous aurez trois pièces d’or en plus et une armure que vous récupérerez plus tard dans le jeu de toute façon.

En revanche, j’ai appris à mes dépends que The Witcher et The Witcher 2 se situent chronologiquement après la série de livres (publiés par Bragelonne/Milady en France). Si ça n’avait aucune incidence dans le premier avec l’amnésie salutaire de Geralt, ce n’est pas le cas dans le 2 : je n’ai pas fini de lire la saga et que le fait que Geralt se mette peu à peu à retrouver la mémoire spoile les livres ! Un peu ou beaucoup fonction d’où vous en êtes avec les romans. Prudence donc…

Après les événements du premier jeu, Geralt de Riv se retrouve garde du corps personnel du Roi Foltest et se retrouve contraint et forcé de le suivre un peu partout dans ses guerres. La guerre du moment en question, c’est le siège du fort des La Valette où les bâtards du Roi sont gardés prisonniers par leur mère. Je vous passe les détails du pourquoi du comment, l’important, c’est de savoir que cette première phase constitue un prologue flash-back pour apprendre à jouer et que l’intrigue commence avec notre ami Geralt enfermé dans un cachot et accusé du meurtre de Foltest. Va s’en suivre une aventure sur 3 actes et un épilogue pour démêler une intrigue politique tordue et rétablir le casier judiciaire du tueur de monstres.

Dire que j’attendais The Witcher 2 relève de l’euphémisme tant le premier jeu de CD Projekt avait su à l’époque proposer un soft d’une fraîcheur extrême dans le paysage morne des RPG sur PC. Les critiques de la presse étaient dithyrambiques, les vidéos avaient l’air toutes plus classes les une que les autres, bref, cela augurait du meilleur.

The Witcher 2 possède un nombre considérable d’atouts par rapport à la concurrence :

  • L’univers d’Andrzej Sapkowski, très mature, avec des thématiques ouvertement adultes et présentées sans détour (le racisme, le viol, etc.)
  • Un protagoniste charismatique et des personnages secondaires bien caractérisés et pas juste là en tant que faire-valoir,
  • Une histoire riche et profonde, avec des décisions parfois dures à prendre pour la faire avancer,
  • Des dialogues très bien écrits, bien ciselés,
  • Un moteur graphique de toute beauté qui permet d’afficher moult détails, des textures de hautes qualités, peu de PNJ clonés…

Et pourtant… Ce jeu est une véritable déception pour moi. Peut-être est-ce parce que je l’ai trop attendu ? Ou parce que je suis un vieux con avec les jeux vidéo ? Ou parce que je suis devenu un consommateur exigeant ?

Oui, le jeu est beau. Oui, l’univers est intéressant. Oui, c’est bien écrit. Mais cela ne suffit pas. J’ai lu sur un site dont je tairai le nom que The Witcher 2 devait être considéré comme une espèce de L’Empire Contre-Attaque de la série. Il n’est L’Empire Contre-Attaque de rien du tout : l’intrigue principale tient la route, mais elle ne m’a nullement retourné les chaussettes. C’est bien exécuté, certes, mais pas surprenant dans la mesure où Geralt  reste somme tout relativement observateur des événements, toujours à la traîne dans les explications et la prise d’initiative pour faire avancer le schmilblick. L’histoire est bonne, mais pas renversante. Mais bon, peut-être que par rapport à d’autres RPG, il sort de la médiocrité ambiante… Soit.

Premier point négatif. Et pour un amateur de bonne histoire, c’est peut-être le plus gros. A choisir, le premier opus était plus frais. Tant que je suis sur le scénario, il est à noter qu’on vous vend 16 fins possibles. Moi, quand j’entend « fin », je pense « cinématique qui déchire ». Et bien non ! Il n’y a pas 16 fins différentes, mais 16 façons différentes de finir le jeu, nuance. Aucune n’est plus impressionnante que les autres : sans spoiler, ce qui change, c’est qui part avec vous à la fin… yey… (au mieux, cela pourrait avoir un impact dans le 3… A voir… personnellement, j’en doute) Le jeu comporte des embranchements clés au moment desquels vous devez faire un choix. Un choix occulte tout l’autre pan du jeu. Certains apprécient ; j’appelle ça une augmentation artificielle de durée de vie qui vous force à rejouer 10 fois le jeu pour tout explorer (ce qui est sans intérêt ou presque, compte tenu de ma remarque sur le caractère bidon des fins).

Les quêtes, liées au choix que vous faites sont frustrantes. Si on apprécie s’être débarrassé des sempiternelles « Va me chercher 10 couilles de loup contre 5 PO », les quêtes secondaires manquent d’intérêt et doivent être faites avant celles de la trame principale ; sinon, vous vous faites avoir comme moi et le jeu avance sans vous (même si vous repassez voir plus tard le PNJ qui vous a donné la quête…). Les quêtes annexes rapportent une expérience négligeable, les quêtes principales vous font prendre 3 niveaux d’un coup (sic) ! Je passerai sur le troisième qui est juste une vaste blague en matière de quête et sur le tutorial qui ne remplit absolument pas sa fonction première qui est de nous apprendre à jouer.

De plus, The Witcher 2 a été équilibré avec les pieds ! Pour les quêtes déjà, mais aussi pour la difficulté générale. Le début est une véritable punition tellement Geralt est minable ; la fin est une promenade de santé sans intérêt où vous matraquez le bouton de la souris comme sur un Diablo sans réellement vous soucier de la stratégie (j’exagère à peine, même si j’étais bien aidé par mes bombes et sorts, un profil full guerrier doit se balader une main dans le slip et l’autre avec un cocktail).

Parlons des combats. J’aimais le système du premier, il était nouveau, bien pensé, exigeant, impressionnant dans les combos… Là, les designers ont choisi de le rendre plus dynamique… comprendre « adapté pour les handicapés qui jouent sur consoles ». Ça fait vraiment partie des choses qui m’énerve le plus dans un jeu PC : le gameplay pour consoles ! J’ai un clavier et une souris, mais non, tout est fait pour des consoleux. Il en résulte un système de combat où on passe son temps à esquiver l’ennemi par des roulades (super, pour un mutant supposé tout déchirer à l’épée). Le système de lock est plus qu’aléatoire et m’a valu plus d’une mort stupide parce que Geralt se jette au milieu de 5 adversaires après avoir finir une combo sur un mec que j’avais isolé…

Les combats intègrent à présent le mal absolu : les Quick Time Event. Ça sert à rien, mais c’est tendance.

Les phases d’infiltration sont juste inutiles. Tout comme la plupart des mini-jeux. Tout comme le fait d’avoir des pièces d’équipement pour booster ses armures ou armes. Tout comme les mutagènes. Tout comme les pièges à poser ou désarmorcer. Tout comme la possibilité de se faire fabriquer des objets moins intéressants que ceux lootés.

Pensée pour consoles, l’interface m’a fait bondir de mon siège avec ses menus déroulants avec une sélection focus qui cache des informations, avec ses boutons de validation ou d’échap planqués à trois bornes de l’endroit où je fais un choix…

Insérer ici un cri primaire

J’avais dit que le troisième acte était une blague, il en est de même pour certains passage du jeu où vous n’incarnez plus Geralt mais un autre personnage, juste pour éviter d’avoir à créer une cinématique ! Il en ressort inévitablement un côté cheap. (Sans parler du fait que ça m’énerve qu’on me force à jouer un autre personnage que le protagoniste !)

Bon, je pense que je n’ai pas besoin de cracher plus de bile sur ce titre dont j’attendais sûrement trop.

The Witcher 2 n’est pas un mauvais jeu. Il est de mon point de vue un jeu moyen dans lequels les créateurs se sont perdus à nous proposer trop de features sans intérêt pour le cœur même de l’expérience de jeu RPG. Je vais passer sur les bugs qui m’ont fait revenir sur le bureau pour simplement juger l’expérience ludique qu’on m’a proposée : elle n’est pas à la hauteur, car les designers n’ont pas été à la hauteur de nous fournir une expérience qui se tient de bout en bout, en ce concentrant avant tout sur ce qu’il savaient faire de mieux et sans céder à la facilité. Je ne sais pas pourquoi il a reçu des notes aussi élevées en test, il ne mérite qu’une note moyenne.

J’avais hâte de le finir parce qu’il m’ennuyait ce jeu. Je le ferai pour découvrir le deuxième de l’histoire que je n’ai pas exploré, mais il reste une grosse déception.

En plus, on n’a même plus les cartes sexy des filles avec qui on couche ! C’est bien la preuve que les features essentielles ont été sacrifiées au profit des choses inutiles !

Publicités
commentaires
  1. Jaessa dit :

    Tu résumes parfaitement ce que j’ai pensé. Et pourtant j’ai même pas fini le tuto. Et pour le gameplay console, ça me fait penser à un ami qui m’a fait hurler « Oh non mais ça se joue très bien au pad. ».
    MAIS JE VEUX PAS JOUER AU PAD BORDEL!!!!!!!

  2. Oliver Castle dit :

    Au risque de passer pour un extrémiste, on devrait pendre les game designers qui pensent leurs jeux PC avec une manette dans la main ! Et pour ceux qui me prendraient effectivement pour un extrémiste, tu confirmes que, dès le début du jeu, The Witcher 2 nous fait bondir de son siège tout vrai PCiste amateur de vrais RPG !

  3. Jaessa dit :

    Il donne clairement l’impression d’être un jeu console porté sur PC. Ça me hérisse le poil v_v
    J’aime mon clavier et ma souris. Sinon je jouerai sur console.

    • Oliver Castle dit :

      T’as qu’a revendre ton exemplaire PC et sagement attendre la version 360, qui va sortir dans quelques mois. Peut-être que l’expérience de jeu sera moins gâchée…

  4. Jaessa dit :

    Ahah, j’arrive pas à m’asseoir devant une console plus d’une heure. Ça me saoule.

  5. […] ! Les deux mois qui ont précédé sa sortie ont été d’une insupportable longueur que The Witcher 2 a peiné à combler convenablement. De plus, la campagne marketing autour du jeu a été tellement […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s