Le Voyageur Imprudent

Publié: 08/06/2010 dans Cher Journal..., Ecriture, Lecture, Roman
Tags:, , ,

J’ai passé un nombre d’heures incalculables dans le parc du château de Compiègne depuis que j’y suis. C’est l’un des rares endroits où l’on peut vraiment être au calme et où on se sent en sécurité. J’entends par là que jamais je ne sortirais mon Mac Book dans un « parc » de Paris, alors que là-bas, il y a quelques pages de Réveils qui s’y sont vues tapées. Je ne sais pas si ça tient à la débauche de verdure, à la présence de la forêt à proximité, au découpage à la française, aux odeurs de fleurs divers, aux arbres séculaires offrant de l’ombre, mais je l’aime bien ce parc.

J’y étais donc hier pour lire le dernier acte du Voyageur Imprudent de René Barjavel.

Le premier Barjavel que j’ai lu date de l’époque où j’étais un gros branleur du Français et où ça me soulait de lire des choses sans image et qu’on m’imposait. C’était en seconde et je n’avais pas aimé La nuit des Temps. J’ai lu le début et la fin, mais je ne suis pas certain d’avoir lu toutes les pages qui séparaient les deux extrémités. Toujours est-il que je regrette et que je donnais beaucoup pour revoir cet adolescent avec ce duvet dont il ne voulait pas se séparer pour lui filer deux bonnes claques de bon aloi pour sa condescendance et son ignorance !

Et la transition est toute trouvée avec cette histoire retourner dans le passé pour baffer son alter-ego.

Le Voyageur Imprudent est le deuxième roman de Barjavel après Ravage et narre les aventures de Saint-Menoux, le dit-voyageur qui va traverser les époques. Tout ce que vous avez pu lire sur les voyages dans le temps ne venait pas de H.G. Wells mais bien de ce roman car tout y est : la rencontre avec son propre soi, les réparations d’erreurs, la découverte de l’humanité dans 100 000 ans, le paradoxe du grand-père. Avec en marge de cela, la petite histoire d’amour qui prend toujours des proportions magiques sous la plume de l’auteur.

Barjavel est vraiment un magicien des mots et de la prose, il n’y a pas d’autres définitions qui s’appliqueraient plus justement.

Il y a deux sortes de compliments qui me vont droit au cœur vis-à-vis de mes écrits :

  • Le premier, le plus touchant, le plus pur, c’est quand on me dit que le texte qui vient d’être lu l’a touché, parfois au point de lui faire couler une petite larme. C’est déjà arrivé et quand on écrit un texte pour une personne en particulier, cette réaction est le plus joli des mercis que je pourrais entendre, même si le texte en question ne connaîtra jamais de carrière professionnelle.
  • Le deuxième, c’est la comparaison. On m’a dit un jour « Réveils, on dirait Blade Runner« , ça m’a fait plaisir car il n’y a pas – de mon point de vue – meilleure œuvre de science-fiction. Et une personne m’a aussi que mon écriture lui rappelait celle de Barjavel. Elle ne faisait peut-être pas référence au mot et au style mais peut-être plus au ressenti intérieur au moment de la lecture. Sachant que Barjavel est son auteur favori, le compliment m’était allé, une fois encore, droit au coeur.

Honnêtement, je doute de jamais avoir son talent. Les mots qu’il empruntent sont tellement parfaits, tellement purs qu’il n’est pas rare que je doive m’arrêter en cours de lecture et prendre mesure de la beauté de ce qu’il y a sous mes yeux. Ces mots d’amour, j’aimerais les arracher à leur contexte pour les offrir comme s’ils étaient miens…

J’espère qu’un jour, quelqu’un aura la même réaction avec mes écrits. En attendant, j’y travaille.

Tout ça pour dire que Barjavel est sans conteste un auteur extraordinaire et mon auteur francophone préféré (même s’il n’a pas vraiment de concurrence). Je suis ravi d’avoir mis moins de temps pour me (re-)mettre à Barjavel que pour Dollhouse. Et l’un dans l’autre, je ne le regrette pas et je pense que, moi aussi, je voudrais lire (ou écouter) l’intégralité de son œuvre. Le prochain sur la liste est d’ailleurs Colomb de la Lune, d’ici quelques semaines.

En attendant, je suis passé sur un autre de mes auteurs préférés : Neil Gaiman.

Publicités
commentaires
  1. […] Aujourd’hui : Le Voyageur Imprudent de René Barjavel. On continue sur les livres à base de voyage dans le temps et celui-là, je l’ai chroniqué. […]

  2. Naja dit :

    Ah ouais, ça fait envie comme chronique quand même ^^ tu vends bien ses bouquins ^^

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s