Je croyais passer une journée globalement naze. Elle n’aurait rien eu d’extraordinaire sans l’intervention de Krouki qui me tanait pour regarder un film. Et comme je n’avais pas envie de faire la même erreur deux fois (Dollhouse trauma inside), je m’y suis mis. La suite dans quelques paragraphes.

Depuis que j’ai fini Mass Effect 2, je me demandais quel jeu j’allais bien pouvoir faire à présent. Sachant que je n’ai pas envie de continuer Dragon Age, The Witcher ou, de manière générale, aucun autre jeu que je possède déjà, je cherchais un nouveau substitut ludique. Mon choix s’était finalement porté sur Batman: Arkham Asylum. Sur PC, parce que je n’ai toujours pas de 360. En même temps, j’aurais une 360, je prendrais Alan Wake… De toute façon, soyons réaliste, je n’aurais probablement jamais de xbox, je me sens tellement détaché du jeu vidéo sur console. Alors à quoi bon.

J’ai donc cherché à récupérer le susnommé Batman. Le micromania en face du boulot est toujours fermé. Le Virgin des Champs ne propose que la version collector (qui ne m’intéresse pas). Je fais le tour le Compiègne. Aucun des magasins à ma portée ne me le propose. Je pourrais le commander sur Amazon, mais comme je ne suis pas chez moi la semaine prochaine, c’est useless. Donc, voilà, après mes deux échecs sur Compiègne pour le récupérer, je considère que c’est deux signes de trop : je ne dois pas acheter de nouveau jeu. Est-ce que c’est pour me forcer à finir les jeux que j’ai déjà ? Est-ce que c’est pour me forcer à travailler quand absolument rien de bon ne sort de mon clavier ?

Sans jeu vidéo pour m’occuper, sans motivation pour travailler, je vais un tour des films à regarder.

Diary of the dead. De Romero. Encore une oeuvre avec des zombies pour donner au vieux réalisateur un alibi pour dénoncer les travers de notre société moderne, à savoir la manipulation de l’information par les médias et l’habituel « l’homme est un loup pour l’homme » (je pense qu’on l’a bien compris celui Monsieur Romero). Ce film est autant une perte de temps que l’a été ma recherche du jeu Batman. Useless ! Ennuyeux. Complètement ennuyeux. Mou du genou même. Le film est porté par une seule actrice à peu près potable, les autres font preuve d’autant de charisme que des acteurs en première année du cours Florent. Le scénario est inexistant et ne sert qu’à appuyer ce que j’ai mentionné plus haut. Les effets spéciaux sont bons, mais dès lors qu’on s’attache à ça pour sauver un film, on sait tous que c’est de la bobine de gâchée ! Franchement, pour un film caméra à l’épaule façon Blair Witch Project, autant regarder REC. Bref, Diary of the Dead n’est pas une bouse complète mais ne mérite pas le détour !

Ensuite, j’ai décidé de regarder la suite du remake de V. Ceux qui ne connaîtrait pas sont invités à relire un précédent article à son sujet. Finalement, contrairement à ce que j’ai pu dire dans le billet lié, c’est nul. Mou du genou. Mal fait. Mal écrit. Mal joué. Et sans intérêt. Visiblement, je dois me poser en rebelle puisqu’une saison 2 a été commandée… Et pendant ce temps-là, des séries absolument fantastique comme Dollhouse ne sont pas reconduites… V rejoint donc Heroes dans les séries que je ne finirai pas de regarder. J’ai assez d’une seule série minablissime pour m’occuper : Smallville.

Bon, là, on est rendu au moment de ma journée où je me demande pourquoi je me suis levé parce que globalement, disais-je, elle est bien naze et ressemble à une vaste perte de temps emplie de médiocritude.

C’est à ce moment-là que je lance les premières images de Moon.

Enfin un bon film ! Enfin un film intelligent et intelligemment fait ! Après toutes les chroniques de films/jeux/séries que j’ai pu faire, je tiens enfin une perle ! N’y allons pas par quatre chemins, ce film est une vraie réussite dans le monde de la science-fiction (totalement en berne depuis des années si ce n’était quelques rares exceptions telles que Sunshine). C’est bien simple, qualitativement, il faut ranger Moon sur la même étagère que Blade Runner !

Tourné dans des décors minimalistes, avec des effets spéciaux à l’ancienne (exit les images de synthèses qui vieillissent mal, vive les maquettes – on notera la mise en abîme subtile du protagoniste qui construit une maquette), pour un budget d’environ 5 millions de dollars (en d’autres termes : pour rien), Moon est l’antithèse des films de SF tournés à l’américaine et ça se voit. Pas de débauche de poudre aux yeux digitale, pas de casting gigantesque, pas de production tentaculaire et le résultat est juste bluffant.

Au scénario et à la réalisation, on retrouve Duncan Jones (il s’agit du fils de David Bowie et pourtant jamais le film n’a joué la carte du « fils de ») et force est de constater que pour un premier film et premier scénario, c’est juste à tomber par terre et remet en perspective la présence de film comme Avatar aux oscars. Je ne peux pas vous raconter le film sans spoiler alors je me contenterai du minimum syndical.

Sam Bell est l’unique employé d’une base lunaire chargée de récolter de l’hélium 3, la source d’énergie qui a apporté paix et prospérité sur la Terre. Il avait un contrat de 3 ans avant de rentrer retrouver sa femme et sa petite fille, ne manquait que deux semaines avant l’accident…

Ne vous y trompez pas, le scénario est vraiment intelligent et traite de la solitude, du libre-arbitre et de l’identité (rien de bien neuf pour les amateurs du genre, mais quand c’est bien fait/recycler, on n’a rien à critiquer). Le film en huis-clos est porté en intégralité et uniquement par Sam Rockwell qui signe une performance extraordinaire. A ses côtés, un robot old-school et profondément humain doublé par Kevin Spacey. C’est tout.

La musique est signée Clint Mansell et accompagne le film à la perfection.

Moon est un chef d’oeuvre qui bien évidemment n’est pas sorti au cinéma et qu’on devrait bientôt retrouver en DVD par chez nous. Une oeuvre intimiste au scénario solide et au jeu d’acteur impeccable qui surpasse de loin tout ce que vous avez pu voir dernièrement dans le genre. Son rythme lent pourra rebuter plus d’un, mais tant pis pour ceux qui choisirait de passer à côté car c’est vraiment, vraiment, vraiment une perle de la science-fiction et du cinéma tout court.

Ce film a sauvé ma journée…

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commentaires
  1. Maxime dit :

    Une fois encore, merci pour ce judicieux conseil :-). Ce film est formidable.

  2. fenrhyr dit :

    Et moi qui finissais par croire ce blog inutile. Merci ^^

  3. Caroldoc dit :

    Clint Mansell est, de mémoire, le mec à l’origine de la musique de « Requiem for a dream ».

  4. Perséphone dit :

    « (totalement en berne depuis des années si ce n’était quelques rares exceptions telles que Sunshine). »
    J’ai adoré ce film ! J’avais vu tous les Alien d’un coup pour la 1ère fois (et seul le 1er m’avait plus (oui je radote)) quelques temps auparavant, et Sunshine s’en est révélé un bien meilleur successeur que n’importe lequel des 3 épisodes suivants.
    De plus, j’aime beaucoup Sam Rockewell pour ne l’avoir pourtant vu que dans quelques films (je l’avais découvert dans Les Associés, et grâce à toi j’ai pu le voir de nouveau à l’oeuvre dans Confessions d’un homme dangereux). Bon on peut exclure Charlie’s Angels par contre 😛
    Ton article a l’air tellement enthousiaste (c’est suffisamment rare pour le souligner ^^) que je m’y plongerai avec plaisir !

  5. Narayana dit :

    @Caroldoc: Clint Mansell a aussi fait la musique de The Foutain qui est sublime.

  6. Jo dit :

    …La bande annonce que tu mets sur le site spoile complètement le film, par contre !
    Perso, j’ai été un peu déçu (c’est ça de vendre du rêve !) : le scenario est un peu trop accessible dès le premier quart d’heure, « les » personnage et les intrigues qui les lient ne vont pas assez loin… Ça plus la bonne grosse platrée de petits détails qui clochent (c’est pas un peu cruel, de lui filer une table de ping pong, à ce brave seul employé ?)…
    Bref, un faux air de Dollhouse, un faux air de Sunschine : I can see what you liked about it

  7. fenrhyr dit :

    @Caroldoc & Narayana : Clint Mansell signe la plupart des BO des films de Darren Aronofsky. C’est un peu le Danny Elfman de Tim Burton.

    @Jo: J’ai choisi la bande annonce car de mon point de vue, elle ne spoile pas le film. Je pense que tu es passé à côté d’une certaine partie du film. Le scénario ne devient accessible qu’a partir du moment où tu as compris, les personnages ne vont pas loin parce qu’ils n’ont pas à aller loin (ils sont caractérisés par leur temps de vie) et il n’y a pas lié d’intrigues entre eux parce que le lien entre est factice. Ils vont à l’essentiel dans leur objectif commun mais chacun poursuit ses propres besoins. La table de ping pong n’est pas cruelle puisqu’elle est utilisée contre un mur.

  8. Perséphone dit :

    Fenrhyr> oui enfin y a tout de même 2 raquettes 😛
    D’ailleurs cette scène m’a bien fait marrer ^^
    Je sais pas si c’est parce que j’ai vu le trailer que t’as montré avant mais ce film m’a beaucoup déçue du fait de son absence totale de surprise. J’espérais en permanence un retournement de situation et un twist final de tueur mais non, aucun suspense, aucun mystère, ce qui va se passer est si évident que ça ne touche pas. J’attendais beaucoup de la femme assise dans le fauteuil, de la silhouette aperçue avant l’accident, ou du saut d’image sur l’une des vidéos de sa femme.
    Aussi, savoir qu’ils sont des clones, ou de se faire couillonner par leur boîte n’a pas l’air de les déranger plus que ça. D’ailleurs, ils se retrouvent trop vite à 2 pour ressentir la solitude de « n°5 » (de Chanel…ok je sors). Et jamais tu n’as l’impression que c’est la même personne au final, tant l’un est à moitié défiguré et l’autre tout propre sur lui, en plus des caractères « avant/après 3 ans », qui n’ont tout simplement rien en commun (et il a à peine l’air de s’inquiéter de l’état de n°5, ou d’en chercher les causes, alors qu’il est évident que ça annonce son propre avenir).
    Bref assez déçue même si Sam Rockwell joue toujours aussi bien.

  9. fenrhyr dit :

    Le robot a bien le droit de jouer non ?
    La différence de personnalité est expliquée, il dit qu’au début il était impulsif et que finalement, ça l’a assagi et que ça a finalement fait du bien à son couple. Et la personnalité du début ne s’inquiète pas de l’état de l’autre, justement de part son arrogance.
    Pff, d’t’façon, z’etes nuls si vous aimez pas ^

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