Sur des mers plus ignorées…

Publié: 10/03/2010 dans Lecture, Roman
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Souvenez-vous : il y a déjà quelques temps, j’avais lu un super livre et j’avais conclu ma chronique en disant que je reviendrais définitivement vers cet auteur pour remettre le couvert. Après Les voies d’Anubis, je me suis donc pris Sur des mers plus ignorées. Un peu comme Santiago chroniqué quelques jours plus tôt, le quatrième de couverture avait de quoi de me faire jubiler. Jugez plutôt :

Fin du XVIIe siècle, dans le Nouveau Monde. Là seulement la magie continue de procurer la jeunesse éternelle, de ramener les morts à la semi-vie et de rendre fous d’horreur les rares Européens qui s’y aventurent ; tel ce père qui cherche à faire revivre sa femme dans le corps de sa fille… Voguant vers la plantation qui lui revient de droit, Chandagnac est capturé par des pirates et sera forcé de se joindre à eux. Pour sauver Beth des atroces pratiques magiques que son père s’apprête à lui faire subir, devra-t-il aussi s’initier aux fabuleuses puissances du vaudou et de ses loas ? Mener une lutte sans merci contre les magiciens et les pirates, les loas et les bocors, les zombies, la folie et la mort ?

Un livre avec des pirates ! Et accessoirement une couverture des plus moches… et qui n’a rien a voir avec le livre…

J’avais entendu parler de ce livre depuis un certain temps, il traînait dans ma bibliothèque depuis un temps certain, et je voulais le lire avant qu’il ne devienne hype et que tout le monde le lise. Mais pourquoi donc ce livre avec des pirates et des zombies deviendrait hype allez-vous me demander ?

Et bien figurez-vous que, contrairement à ce qui se dit, les scripts de la saga Pirates des Caraïbes portée par Johnny Depp ne sont pas inspirés du jeu Monkey Island mais bien de roman de Tim Powers, Sur des mers plus ignorées. Il est de toute façon évident que la saga des Monkey Island s’inspire aussi de ce même roman et la boucle de l’approximation est bouclée.

Aussi, pour le futur quatrième volet des aventures de Jack Sparrow actuellement en cours d’écriture, les producteurs ont tout simplement décidé d’assumer la paternité et d’acheter les droits de l’œuvre magico-piratesque de Powers et de l’adapter. En d’autres termes, j’ai lu le film avant qu’il ne soit pourri par la machinerie des grands studios de cinéma (cf. Pirates des Caraïbes 2 et 3…).

Qu’en est-il du livre ? Est-il aussi bon que l’était Les voies d’Anubis ? La réponse est non, loin s’en faut car le premier roman de Power relève clairement du chef-d’œuvre. Mais il reste toutefois très agréable à lire en dépit de son défaut majeur : trop c’est trop. Trop de péripéties, de personnages et d’intrigues secondaires et de rebondissements ont fini par nuire un peu le plaisir de lecture. J’ai raconté ce livre à une personne au fur et à mesure que je lisais, cette dernière hallucinait de la densité de l’aventure en l’espace de seulement 20 pages parfois. La conclusion se fait un peu dans la douleur et la longueur aussi.

L’autre défaut du livre est son caractère technique. En effet, il compte de nombreux termes liés à la navigation maritime et à la piraterie du 18ème siècle, ce qui le rend relativement hermétique au grand public (et parfois, même pour moi qui me considère comme légèrement plus culturé que la moyenne sur le deuxième sujet).

Ceci dit, la lecture fut très plaisante, c’est tout de même un livre où l’on retrouve toutes les plus grandes figures de la piraterie romancées ! Et c’est là où l’écriture très documentée de Tim Powers prend tout son sens : à partir de faits historiques parfois un peu nébuleux, il tire un vrai fil conducteur très riche. Les plus documentés d’entre vous reconnaîtront diverses anecdotes sur les pirates en vogue de l’époque (Barbe Noire pour ne citer que lui) ou sur la fontaine de jouvence (Juan de Ponces).

Malgré ses défauts, le livre reste un indispensable pour tout amateur de l’âge d’or de la piraterie (sans mentionner les fans de la licence Pirates des Caraïbes).

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commentaires
  1. […] que j’y ai retrouvé le même esprit, la même envie de ne pas lâcher ce livre avant la fin (même si certains pensent que les voies d’Anubis est bien supérieur) ce qui n’avait pas été le cas quand j’avais lu Les puissances de l’invisible […]

  2. Loula dit :

    Moi c’est l’inverse : j’avais d’abord lu celui-là (et pensé à Pirate des Caraïbes d’ailleurs!:) et là je viens de finir les Voies d’Anubis et j’ai été aussi emballée!!

  3. fenrhyr dit :

    Bienvenue dans l’asyum Loula. Merci pour le ping, c’est sympa. J’attends un peu avant de me refaire un Powers. J’ai trouvé un défaut dans son écriture, je suis curieux de voir si ça se limite à ces deux livres ou si c’est commun à son style : c’est diablement long sur la fin, usant de multiples rebondissements accessoires pour allonger la durée de vie de son livre. Ce qui n’empêche pas que ses livres sont excellents.

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