La séparation

Publié: 27/11/2009 dans Lecture, Roman
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Il y a peu de livres qui me laissent sur le carreau. Ou bien c’est nul, et j’arrête de lire avant la fin ; ou bien je finis, parfois avec difficulté. La séparation de Christopher Priest est l’un des rares livres que j’ai lu jusqu’au bout avec perpétuellement le sourcil haussé.

Dans l’absolu, je voulais lire du Priest. Parce que j’avais bien aimé Existenz (le film). Parce que j’avais adoré Le Prestige (le film). Les deux étant issus d’une oeuvre de ce monsieur, j’ai donc décidé de prendre un livre. Mon choix s’était porté par défaut sur son dernier poche français en date. En plus, la quatrième de couverture vantait les récompenses qu’il avait gagné ici ou là pour ce livre.

On suit l’histoire de deux jumeaux portant les mêmes initiales (J. L. Sawyer) pendant la deuxième guerre mondiale, l’un pilote de la Royal Air Force, l’autre objecteur de conscience pour la Croix Rouge, amoureux de la même nana, ayant tout deux rencontré et oeuvré avec Churchill et son homologue allemand, Hess.

Je m’attendais à de la science-fiction, tout du moins à une revisitation de l’a seconde guerre mondiale avec un soupçon de fantastique (sans pour autant demander du Wolfenstein). Et bien non. Rien.

Le livre est particulièrement déroutant à plusieurs niveaux. D’une part, le narrateur n’est pas une source d’information factuelle et avérée. Comprendre que à mesure ce la lecture avance, ce qui avait été dit avant peu se retrouver invalidé sans plus d’explications. D’autre part, le livre se considère faussement comme une uchronie, mais le point de pivot entre l’Histoire et la fiction n’est jamais clairement défini, et pire de part le narrateur approximatif, ce point de pivot est sans doute multiple, un pour chaque frère, les deux complètement dissociés chronologiquement. En gros, c’est le bordel et Priest l’assume sans le cacher ni le justifier plus que par « j’avais envie d’écrire ça ».

Connaissant un peu l’auteur, au moins de réputation, je me suis forcé à aller jusqu’au bout pour au moins avoir le twist final qui explique tout. Et bien, il n’explique pas grand chose…

Et puis, il faut bien avouer qu’il ne se passe pas grand chose. De là à dire qu’on s’ennuie, il n’y a qu’un pas.

Au final, il en ressort une grande frustration du point de vue du lecteur, y compris l’impression d’être un gros blaireau pour avoir lu 400 pages sans avoir rien compris

Je reste persuadé que ce genre de livre n’existe et ne sont signé que sur la notoriété de l’auteur. Un jeune débutant (au hasard moi) aurait écrit ça, jamais il n’aurait été publié dans le cadre d’un premier roman, en dépit d’une construction intéressante et de l’effort de recherche historique.

Je voulais lire le Maitre du Haut Chateau de Philip K. Dick. D’après ce que j’ai compris, c’est tout aussi sutil que la Séparation… Je vais attendre un peu finalement. (Ceci dit mauvaise pioche, je sens que je vais avoir du mal à finir sans lutter le livre que j’ai commencé ensuite.)

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commentaires
  1. Jaessa dit :

    Pour le livre de Dick, je sais que Geob vient de le finir. Tu peux toujours essayer de lui demander son avis ou de lui soutirer le livre.

  2. darafoufoune dit :

    ah oué moi le maître du haut chateau j’ai abandonné au bout de 100 pages… en même temps c’était y a longtemps… (avant que je ne me mette à lire du dick…)

  3. […] amateurs de Priest et autres curieux pourront aussi aller lire ma chronique de La Séparation, sachant toute fois que j’ai très largement préféré La Fontaine Pétrifiante. Notez le : […]

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