Les fils de l'homme

Publié: 12/08/2009 dans Cinema
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J’étais en train de déguster un burger avec l’ami Krouki quand, une fois passées les habituelles discussions sur le boulot, nous partagions notre passion commune pour la science-fiction et le cinéma. Trouvant pour ma part le Minority Report de Spielberg comme plutôt un bon film compte tenu de la période de vache que nous subissons en la matière depuis une dizaine d’années, je le mettais au défi de me citer les bons films de SF issus de la période susnomée. C’est alors qu’il me cite Children of Men. Ne l’ayant pas vu, il me passe donc le DVD pour que j’élargisse ma culture.

Et force est de constater que les fils de l’homme est vraiment un excellent film d’anticipation, à tous points de vue.

Nous sommes en 2027, et aucun enfant n’est né depuis 2009. Alors, bien évidemment, le monde entier s’effondre et c’est le bordel partout, sauf en Angleterre qui s’efforce de maintenir un certain niveau de vie malgré les groupes de terroristes et l’afflux d’immigrés. Théo, ancien activiste politique, travaille aujourd(hui dans un bureau quelconque, vit seul, avec le souvenir de son fils mort quelques mois après sa naissance et une bouteille de scotch dans la poche. Un jour, Julian son ex-femme désormais dirigeantes d’un groupe terroriste lui demande des papiers pour une immigrante spéciale : Kee est la première femme enceinte depuis près de 20 ans…

La question du film n’est pas de savoir comment ni pourquoi elle est enceinte mais comment la protéger et la conduire auprès d’un groupuscule secret qui essaie de trouver un remède à l’infertilité. Le tout en glissant un certain nombre de thèmes qu’il est intéressant de relever dans les propos du film : violence et terrorisme (alors que  l’Angleterre s’étaient vue frappée d’attentats à l’occasion des jeux olympiques de 2012…), l’impact de la foi et de la religion (surtout chrétienne dont les références ne manque pas pour peu qu’on prennent le temps de s’y attarder – Theo et Kee restent une allégorie de Joseph et Marie), la révolution (le cochon baudruche dans le ciel n’est ni plus ni moins qu’une référence à la Ferme des animaux de Orwell), les massacres à grande échelle (difficile de ne pas voir des allusions aux camps de concentrations nazis, de passer à côté du tableau de Guernica, etc.) et enfin – et surtout – l’espoir (car mine de rien, ça reste le premier propos du film).

Le film regorge de références, de clins d’oeil et de symbolismes. J’invite ceux que ça intéresse à compulser la page wiki du film pour une fois plutôt bien fait et complète (et ça m’évitera de la recopier) (faîtes attention, elle contient de nombreux spoilers !).

Bien que située 20 ans dans le futur, cette dystopie est filmée sans renfort d’effets spéciaux ni de technologie délirante. Londres possède certes un petit cachet futuriste mais il provient surtout de part le traitement du design des éléments qui le composent : voitures d’aujourd’hui un peu remaniées, écrans de télévision omniprésents, technologie d’aujourd’hui poussée plus en avant (par exemple, l’affichage sur le parebrise, ça existe aujourd’hui mais c’est démocratisé dans le film). Tout le cela donne un cachet particulier, très loin d’un Blade Runner, pour nous rappeler que ce qui est dépeint dans le film n’est pas très éloignée de notre réalité, voire que, par de nombreux aspects, c’est ce que nous attend demain…

Côté acteur, rien à redire. Clive Owen, Julianne Moore, Michael Caine tiennent le haut de l’affiche. Eux comme tous les acteurs secondaires sont très juste dans leur interprétation.

Techniquement, tout est parfait également et la caméra d’Alfonso Cuaron (qui a réalisé Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, probablement le moins pire des films de la série) est très impressionnante. Le film est monté en très longs plans-séquence dont les transitions efficaces imposent aux spectateurs une plongée sans concession en 2027. On se retrouve au coeur du film, presque en sidekick de Clive Owen, si bien que ça finit par nous prendre aux tripes. Au delà du scénario et des thèmes abordés, je crois que c’est vraiment la réalisation et la photographie qui m’ont le plus scotché dans les fils de l’homme.

Je conclurai bien en citant la tripotée de nominations et de récompenses qu’a reçu le film, je vais me contenter de reporter les propos de Krouki : si vous n’avez pas vu Children of Men, vous devez le voir, c’est juste l’un des meilleurs film d’anticipation de ces dernières années. Il a tout a fait raison !

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commentaires
  1. Maxime dit :

    Hé bien, je fais bien de suivre tes recommandations … c’est de la bonne dis-donc. Merci de m’avoir fait découvrir ce film m’sieur ;-).

  2. fenrhyr dit :

    C’est pour ce genre de commentaires que je me dis que je ne perds pas spécialement mon temps à maintenir un blog. Merci à toi.

  3. Clive dit :

    Children of men ça fait longtemps que je veux le voir, la piqure de rappel est bienvenue.

    Merci de m’avoir fait découvrir Dead set au passage.

  4. fenrhyr dit :

    De rien Clive, ce blog sert entre autres à ça ^___^

  5. […] vous avez déjà vu tous les autres bons films que je conseille sur ce blog (au pif : là, là, là, là et là). Si vous n’êtes pas trop exigeant. Ou si vous aimez les films qui versent […]

  6. […] Of Anarchy est une série créée par Kurt Sutter (The Shield), avec Charlie Hunnam (Les Fils de l’Homme), Katey Sagal (Futurama), Ron Perlman (Conan The Barbarian) et Mitch Pileggi […]

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