Departures

Publié: 05/07/2009 dans Cinema
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Departures est un film japonais de Yojiro Takita avec plein d’acteurs japonais (je pourrais les énoncer, mais ce serait faire une liste depuis allociné, ce qui n’a guère d’intérêt).

Daigo est violoncelliste professionnel. Il y travaille depuis des années, il ne sait faire que ça même s’il se trouve peu de talent. Son premier emploi au sein d’un orchestre tourne court lorsque celui-ci est dissous. Suivi de sa femme, il va quitter Tokyo et s’installer en province dans la maison de feu sa mère. Alors qu’il cherche un emploi, il trouve une petite annonce et sur un quiproquo, il se retrouve dans les pompes funèbres, à mettre les gens en bière pour le dernier voyage. Bien évidemment, Daigo va cacher cette profession taboue et peu honorante à sa femme…

Par où commencer ?

Par l’affiche qui ne manque pas de consacrer un neuvième de sa surface aux récompenses que ce film a reçu pas mal de prix dans son pays d’origine et l’oscar du meilleur film étranger. Je sais que les récompenses ne font pas la qualité d’une oeuvre, mais ça aide bien à faire le tri. D’autant plus que cette année, la compétition aux oscars voyaient entre autres s’affronter Departures, Entre les Murs (primé à Cannes) et Valse avec Bashir. C’est dire le niveau.

Force est de constater que l’oscar n’est pas volé ! Scénario, mise en scène, situations… Sans aller à dire que tout frôle le génie, tout est suffisamment bien exécuté pour nourrir une oeuvre d’une rare sensibilité. La comédie est légère, le drame poignant, et on nous fait passé du rire aux larmes avec une facilité déconcertante.

Vastes sont les sujets abordés. Le premier, cher au réalisateur, c’est bien évidemment la mort et l’accompagnement du défunt dans sa dernière demeure. Vient ensuite la profession en elle-même, taboue au Japon (guère plus exploitée dans les autres pays, bien que nettement plus décomplexée aux Etats-Unis par exemple), et ce qu’elle représente pour les vivants et pour les morts. S’en suivent, l’honneur, l’amour, la relation avec la figure paternelle, le poids du passé et bien d’autres choses encore.

Tout est réalisé avec délicatesse et humanisme qui rend l’oeuvre touchante, belle et d’une grande pureté.

Si vous vous souvenez, j’avais fait un article sur Bouquet Final. Et il est amusant de constater comment deux films aux pitchs finalement très proches finissent par avoir des traitements diamétralement opposés. A la comédie potache bien française, on a une comédie tout en retenue au japon. Ou comment la culture transcende un film (il faudrait que je fasse un article pour exposer comment les différences culturelles font des films différents). Bien évidemment, je préfère regarder 25 fois un Departures plutôt que 25 fois un Bouquet Final, mais c’est une affaire de goût personnel.

Alors on pourrait accuser le film d’user d’un certain classicisme dans le déroulement de l’histoire et de proposer des retournements de situations un peu clichés, mais on passe outre. On pourrait aussi accuser l’acteur principal de surjouer un peu mais je pense que c’est plus une manière japonaise de jouer la comédie qu’autre chose.

Les amateurs pourront retrouver Joe Hisashi à la composition musicale (il est à Hayao Miyasaki ce qu’est Danny Elfman à Tim Burton) ainsi que Ryoko Hirosue dans le rôle de la femme de Daigo. Mais si, vous la connaissez : c’est cette pop-idol japonaise que vous avez pu voir (comprendre « dû supporter ») dans le Wasabi produit par Luc Besson.

Pour conclure (parce que j’approche du nombre de mots critiques avec que le lecteur lambda finisse par se lasser), Departures c’est un excellent film, très humain, très poétique que je ne peux que conseiller à la majeure partie de la population cinéphile.

Par contre, je suis quasiment sûr que le projectionniste s’est planté dans l’ordre des pellicules, ou alors il y a 20 minutes de film qui ont été montées n’importe comment.

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commentaires
  1. dararara dit :

    c’est quoi cette histoire de bobines?
    moi y a rien qui m’a choqué quand jai vu le film…
    qu’est-ce qui s’est passé exactement?

  2. fenrhyr dit :

    Bah déjà, on voyait quand les bobines étaient changées, façon cinéma de quartier tenu par un stagiaire à la vente des tickets.

    Et puis, à un moment, on voit Daigo tout seul (on sait pas pourquoi), sa femme revient (on devine qu’elle est partie, on devine pourquoi), et il va mettre en bière la tenancière des bains qu’on n’a vu ni d’eve ni d’adam et c’est après qu’on nous la présente, son fils aussi… Enfin, c’était un peu chelou

  3. […] En dépit du thème pas forcément léger, la réalisatrice a choisi d’égayer ses images à grands renforts de luminosité et de tons jaunes, afin de soutenir au mieux les aspects comédie et drame de l’histoire. Ces choix, plus que judicieux, permettent de supporter au mieux le propos du film : ce n’est pas un film sur la mort, mais un film sur la Vie. Ce qui me rappelle instinctivement Departures… […]

  4. Naja dit :

    Fait envie ! Tu n’as pas l’air de le cataloguer comme chiant ?

    • Oliver Castle dit :

      Non, c’est un film que j’ai énormément apprécié regarder. Il a son côté contemplatif, mais c’est inhérent au cinéma japonais. Les personnages et les situations de vie sont très touchants. J’aimerais vraiment le revoir, tiens !

  5. Naja dit :

    ça y es, je crève d’envie de le voir ^^ Je t’en dirais des nouvelles 🙂

  6. Naja dit :

    Vraiment super, le film. Pas léger, en effet. Je le rentrerais pas dans la même catégorie que 2046, Lost in Translation etc. à cause du sujet lourd, justement. Ce que j’aime 2046 et ce genre de film lent et que j’appelle contemplatif c’est que, justement, le sujet est très léger, prête à rêver. On ne réfléchit pas et on se laisse emporter par les images, souvent magnifiques. Il y a qui trouvent que Avalon prête à réfléchir, mais perso, je me laisse juste embarquer par ces drôles d’images. De toute façon, Mamoru Oshii est juste un obsessionnel de la photographie.

    • Oliver Castle dit :

      T’as fait vite dis donc… C’est vraiment un film super, hein ? J’aime bien les gens qui aiment les films que je chronique où j’ai dit que c’était super.

      La contemplation de longs paysages ou d’une situation donnée, ça marche généralement mieux avec un thème un peu lourd et sérieux, ça permet – quand c’est bien fait – de faire des mises en abîmes des sentiments et pensées des personnages dans les scènes plus lentes, le spectateur a le temps d’essayer de comprendre et de se mettre à sa place. Si ya pas de fond, c’est juste des images qui durent des plombes…

      Dans cadre d’Avalon, j’ai entendu tout et son contraire, j’essaie de le mater pour me faire mon idée.

  7. Naja dit :

    2046, c’est un peu complètement des images qui durent des plombes. De belles images, avec surtout ce passage du chinois au japonais et du jap au chinois qui est merveilleux pour les oreilles, sans compter la musique divine en fond de tableau. Les images colorées, poétiques… Tout pour mettre son cerveau en off pendant une heure ou deux…

    Pareil pour Avalon, j’ai entendu tout (et j’entends toujours) tout et son contraire dessus. Hâte d’avoir ta chronique ^^

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