Dans la catégorie « Je mate des films totalement improbables », Southland Tales se pose là !

Le casting en lui même est déjà totalement improbable : Dwayne « The Rock » Johnson, Sean William Scott (dans un rôle hyper sérieux), Sarah Michelle Gellar, Justin Timberlake, Kevin Smith, Mandy Moore, Christophe Lambert…

De quoi ça cause ? (Accrochez-vous à vos bretelles parce que c’est pas évident à piger.)

2005, une bombe nucléaire explose sur le sol américain. La troisième guerre mondiale commence (USA contre Moyen-Orient, pour faire simple). Les Etats-Unis d’Amérique deviennent complètement parano et commencent à surveiller les cyberespace (en gros, ça vire légèrement à la démocratie fascisante). En même temps, un mouvement néo-marxiste monte. De plus, en guerre contre les pays producteurs de pétrole, les Etats-Unis doivent se trouver un alternative propre : un type réussi à inventer une machine à mouvement perpétuel à partir de l’océan et une nouvelle énergie, le Karma Fluid.
2008, c’est bientôt les élections présidentielles. C’est hyper serré entre les deux camps américains. Tout va se jouer sur le vote de la Californie.
Boxer Santaros (The Rock) est un acteur marié à la fille d’un sénateur, il disparait une semaine sans laisser de traces, puis réapparait mais amnésique. Il se met à alors avec Krista Now (Gellar), ex-actrice porno qui diversifie son activité au travers de boissons, parfum, CD et réality-show. Krista et Boxer écrivent alors un scénario qui décrit avec exactitude l’apocalypse telle qu’elle va avoir lieu.
Au milieu de ça, il y a un groupe de militants contre une loi visant à réduire les libertés individuelles. Ils louent les services d’un vétéran d’Iraq qui a subi des expériences avec des drogues tirées du Karma Fluid, le tout en essayant de piéger Boxer pour piéger sa belle-famille pleine de sénateurs.
A part ça, le cerveau des gens se dérègle et ils n’arrivent plus à contrôler leur accès de violence. C’est à cause de la machine à Karma Fluid qui ralentit la rotation de la Terre.
Et pendant qu’on y est, l’apocalypse est pour dans 3 jours, c’est le narrateur omniscient (Timberlake) qui le dit parce que Boxer l’a écrit.

J’ai essayé de faire court et concis. L’air de rien le film dure 2h30

Tiré d’un comic-book de Richard Kelly, mis en scène par le réalisateur de Donnie Darko (ça tombe bien, c’est le même Richard Kelly). Tourné en 2005, présenté à Cannes en 2006 (attention, c’est un indice sur le degré d’intellectualitude de l’œuvre), sorti direct-to-DVD en 2008 à grands renforts de bande annonce alléchante pour justifier les 15 millions de dollars consacrés au budget.

Comment qualifier au mieux cette chose d’une pédantitude absolue ? Je suppose que soit on adhère à fond, soit on n’adhère pas du tout. Pour ma part je suis partagé parce qu’il se dégage du film quelque chose qui le rapproche indéniablement de l’univers de Philip K. Dick. Il a aussi un côté comic-book vraiment appréciable.

Mais il faut se rendre à l’évidence, c’est long et ennuyeux. Tout la thématique autour de la religion et de la rédemption est introduite de manière suffisamment bancale pour que même des gens motivés comme je l’étais finissent par se demander s’ils ne devraient pas faire autre chose… C’est dommage parce que le plus intéressant, c’est le personnage de Boxer et son histoire autour de la faille temporelle et c’est noyé au milieu de beaucoup trop d’autres choses (c’est bête on n’aurait pu avoir un film de 1h30 bien construit…). Sinon, beaucoup de choses restent dans le domaine de l’anecdotique, comme le rôle de Christophe Lambert. En gros, l’histoire est suffisamment mal construite et expliquée pour qu’on n’arrive pas à accrocher (dès lors qu’on vous explique pendant 10 minutes en début de film ce que vous devez savoir, vous savez qu’il y a un problème…). En plus de ça, les dialogues sont aussi nuls que vulgaires.

Je n’arrive pas à savoir si les acteurs sont vraiment mauvais en surjouant ou si c’est normal (je me pose la question pour The Rock et Gellar ceci dit) parce qu’au milieu de tout ça Sean William Scott reste crédible dans son rôle de flic un peu dépassé par les évènements. La version française est bien risible et n’arrange pas les affaires du casting initial.

Même pour 15 millions de dollars, on a encore des effets spéciaux totalement cheap. Même pour 15 millions de dollars on n’évite pas les scènes totalement incongrues pseudo-mystico-symbolique comme la danse à la fin ou le trip de Justin Timberlake qui chante. Même pour 15 millions de dollars on n’évite pas le discours en toile de fond sur les Etats-Unis et la guerre en Iraq.

Notons un deuxième point positif avec le côté Dick : la bande son. Muse, Pixies, Moby, Black Rebel Motorcycle Club…

Finalement, Southland Tales, c’est l’histoire d’une série B de luxe de dingues qui tourne mal par excès de prétention du scénario et de la réalisation. Pour les gros amateurs hardcore du genre SF qui auraient de l’argent et/ou du temps à perdre. C’est même pas assez amusant pour sur une soirée entre potes.

Dommage…

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commentaires
  1. dararara dit :

    C’est marrant, c’est la 2ème fois qu’on me parle du film aujourd’hui… Et a priori, rien qui ne me donne envie de le voir… Par contre, je me dis que je devrais vraiment voir Donnie Darko, c’est un gros manque dans ma culture apparemment…

  2. fenrhyr dit :

    Je pense que je devrais aussi le voir, ce Donnie Darko. Quant à Southland Tales, tu ferais mieux de mater un film avec Tori S. ou Tiphany A. T., tu perdrais moins ton temps je pense…

  3. gorgonzola3000 dit :

    Ce film a été conspué à Cannes à tord.
    A mon sens, c’est un bel OVNI qui traite parfaitement de la Pop Culture, qui rappelle pas mal les films de William Klein. Le seul problême de ce film est qu’il peut être assez hermetique.

  4. fenrhyr dit :

    Il EST TOTALEMENT hermétique. Si ce film était une métaphore, ce serait un tupperware…

  5. gorgonzola3000 dit :

    meuh non

  6. […] vision plus globale de l’univers de Richard Kelly, je vous invite à relire ma chronique de Southland Tales. Il est fort probable qu’aujourd’hui, je serai un peu moins sévère avec ce film car, […]

  7. […] (Goon : The True Story of an Unlikely Journey Into Minor League Hockey), avec Sean William Scott (Southland Tales), Kim Coates (Sons of Anarchy), Eugene Levy (American Pie), Alison Phil (Scott Pilgrim) et Liev […]

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