Avaleur de mondes

Publié: 15/04/2009 dans Lecture, Roman
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Roman de Walter Jon Williams, traduit et édité par L’Atalante dans sa collection SF « La dentelle du Cygne ».

Selon le bon vieux théorème de l’achat compulsif : « c’est le dernier livre acheté qui est le dernier lu, même si vous en avez une pile d’un mètre à lire avant ». Achat compulsif sur la couverture (et pourtant, il n’y a pas de demoiselle dessus !) à cause de ce côté arabisant mélangé à des drônes, sur le titre « Avaleur de monde » car ça en jette un max l’air de rien (bien plus que « Implied spaces » ou « Espaces impliqués » de la version anglaise) et sur le quatrième de couverture.

« Quinze cents ans, murmure Aristide. Quinze siècles riches d’étonnants progrès… L’immortalité, le voyage interstellaire, la création de douzaines d’univers de poche taillés sur mesure pour le genre humain. Mais aussi quinze cents ans de délires, de gaspillages, d’occasions manquées et de stupidités. Quel est le bilan? L’univers abrite plus de milliards d’êtres humains indignes et inutiles que jamais, et tout ce que je trouve à dire pour le justifier, c’est qu’au moins nous n’avons plus connu de guerre… » Soupir. « Et voici qu’il nous en arrive une sur le coin de la gueule. »

Ça faisait un petit moment que j’avais pas lu un roman de SF et j’ai été ravi d’y retourner (rappelez-vous, ma dernière lecture de SF qui sorte de Dick, ça a été l’erreur Dune par le fils de). Du coup, j’ai été légèrement décontenancé.

Les premiers chapitres commencent dans un contexte proche de la couverture, dans un monde très arabisant inspiré du jeu de rôle (avec des trolls, des orcs, des épées « magiques », etc) avant de basculer de manière assez brutale dans de la SF bien SF (IA de la taille de planète, vie utopique dans des mégacités, sauvegarde d’esprit, chipset dans le cerveau, façonnage de corps, piratage d’esprit, etc.)

Le coeur du roman, ce sont les mondes créés de toute pièce par l’homme et reliés par des trous de ver à notre système solaire, dans lesquels vivent des milliards d’êtres humains capables de se réincarner dès lors qu’ils meurent pour une raison ou pour une autre. Dans ses mondes façonnés, il existe des espaces implicites, des choses qui sont mystérieusement créés alors que personne n’avait rien demandé. C’est en étudiant ces espaces dans les différents mondes que Aristide va mettre à jour un complot contre la race humaine…

Et je vous laisse le plaisir de découvrir le pourquoi, le comment, le quand et le dénouement de tout ça.

L’Avaleur de mondes est très cyberpunk avec ses histoires de piratages de corps (en même temps de la part de l’auteur de Cablé, ce n’est guère surprenant) et pourtant je ne suis pas hyper-branché cyberpunk (hu hu hu). C’est surtout à cause du traumatisme « Neuromancien »… Mais pourtant là, tout c’est bien passé, la lecture fut divertissante et rafraîchissante. On voyage beaucoup dans des univers différents aux tonalités bien particulières (fantasy, space-op, n’importe quoi, Nemo, etc.). L’histoire est prenante en dépit d’une fin qui, à mon goût, manque de patate épique et héroïque… Le personnage principal, Aristide donc, est sympa et la relation avec son chat amusante. Et puis, pour ne rien gâcher, en toile de fond, ici ou là, on trouve un second degré de lecture intéressant.

Pour conclure, l’Avaleur de mondes est un excellent livre de SF cyberpunk que je ne saurais que recommander aux amateurs du genre !

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