Le mythe de Lara Croft

Publié: 19/12/2008 dans Geekitude, Jeux Vidéo
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Encore une fois, j’ai beaucoup de retard : je voulais poster cet article à l’occasion de la sortie de Tomb Raider: Underworld. Mais bon, on ne fait pas tout ce qu’on veut avec son emploi du temps.

Je ne vais pas parler du jeu vidéo. D’une part parce que je vous ai déjà assomés avec The Witcher cette semaine, d’autre part parce que je n’y ai pas joué (et puis, les critiques ont l’air unanimes en disant « ouais, c’est sympa »). Je vais me fendre d’un billet sur le coeur même qui a fait le succès de la série : Lara Croft. Ou comment les geeks se sont appropriés le phénomène au point d’en faire la première vrai starlette virtuelle. Au point de presque détruire le personnage.

A l’origine, Lara Croft, c’était juste deux triangles de polygones siliconés autour desquels, il faut l’avouer, on nous a un peu vendu tout le concept du jeu (alors qu’on aurait mis Indiana Jones à la place, sur le même gameplay, je ne vous explique même pas le carton planétaire !)

Et avec le temps, c’est devenu ça !

Normal, la technologie évolue, il faut nous la rendre de plus en plus belle pour faire vendre. Ce que nous ne savez peut-être pas, c’est que pendant des années (juste avant que Crystal Dynamics reprenne la license en main pour en faire quelque chose de potable), Lara Croft était à la dérive. Les jeux étaient juste une succession d’histoires rocambolesques au gameplay mou vendues aux nerds avec l’érotisme sous-jacent qui émanait (émane toujours hein !) du personnage.

Il faut savoir que les marketeux ont très compris l’intérêt de jouer avec le personnage pour aller en faire une icône bien calibrée pour parler à la cible primaire : les joueurs, mâles, 15-25 ans. Et la cible secondaire : les geekettes, femelles, 20-30 ans.

Pour les demoiselles, le pitch de base suffit à plaire, ça reste une nana moderne, de caractère qui flingue du dinosaures et émascule tout porteur de chromosomes XY qui s’approche de trop près. Pas la peine de faire beaucoup plus d’efforts.

Pour les mecs, c’est autre chose. C’est plus subtil. Comparons sa dernière biographie officielle :

Nouvelle biographie tirée du jeu Tomb Raider Legend: Lara Croft.

Fille de Lord Richard Croft, grandit dans un milieu aristocratique. Tout était parfait jusqu’au jour où Lara et sa mère firent un voyage en avion au-dessus des montagnes du Népal. L’avion s’écrasa quelques instants après avoir subi de violentes turbulences. Lara et sa mère étant les deux seules survivantes, elles marchèrent dans la neige jusqu’à trouver un temple abandonné. Elles entrèrent et cherchèrent du bois pour faire du feu quand Lara vit une épée dans un socle. Elle la prit mais enclencha un mécanisme. Sa mère la poussa et se mit devant le socle qui avait à présent un cercle vert autour de lui. Elle entendit des voix qui lui dirent de reposer l’épée. Elle le fit mais disparut en même temps. Lara se sentit coupable. Quand elle fut calmée, elle décida de partir et de marcher jusqu’à trouver une tribu qui, par miracle, la sauva. Elle retourna en Angleterre quelques semaines plus tard. Un jour, son père partit au Cambodge où il disparut, lui aussi: Lara avait 18 ans et hérita de la fortune des Croft.

Et sa première biographie officielle, tirée de mon manuel du premier jeu sur Saturn.

En soi, le plus gros changement est la disparition du mari ! Pourquoi ? Pour ne pas donner de passé amoureux à la belle. Pas de passé, donc tout est possible pour le geek à l’imagination débordante qui, d’une pression du pouce, asservit la poupée numérique au moindre de ses désirs. En enlevant la composante mâle, on peut facilement introduire aussi une composante féminine et jouer sur le caractère ambigu de sa sexualité (ça a l’air de faire fanstamer les geeks, deux filles ensemble… c’est au moins deux fois plus que ce qu’ils ont, à l’approximation mathématique près)

L’autre atout marketing supplémentaire pour attirer le chaland, c’est la personnification du personnage. Allez chercher une vraie demoiselle en chair et en os pour donner du concret à la licence et surtout la promotionner même en dehors des sorties de jeu. Alors on a eu… plein ! Huit, comme le nombre de jeux. Dont :

Et la dernière en date, Alison Carroll :

Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ne s’y sont pas trompés sur la nouvelle égérie. Non seulement, forte de ses talents de gymnaste, elle est capable de nous reproduire les cabrioles de l’avatar numérique mais son côté trashouille à tout pour plaire et vendre au mieux l’image de marque du jeu, rameutant nombre de jeunes en chaleur à chacune de ses apparitions scéniques.

Morceau choisi d’une interview:

« Je suis célibataire et je m’amuse, je ne recherche pas une relation de longue durée, parce que la plupart des hommes n’arrivent pas à suivre. Mais incarner Lara Croft, la plus sexy des héroïnes de jeu qui soit, devrait me permettre de décrocher plus de rendez-vous. »

On est prévenus. C’est une grosse cochonne opportuniste et bien coachée qui ne peut vraiment attirer que le nerd en surproduction hormonale.

Bien évidemment, toute la communication de Tomb Raider: Underworld s’est fait autour d’elle, et au delà du caractère déprimant que c’est pour le monde du jeu vidéo (non, je ne mettrai pas les vidéo promotionnelles où on la voit faire des séances photo et raconter à quel point elle se sent Lara Croft), quand je vous disais que le mythe de Lara Croft tombait en miettes

commentaires
  1. Jenny dit :

    Non mais attends c’est Lara quoi ! Même si le mythe tombe, on s’en fout, pour le moment il n’y a jamais eu d’icône féminin plus percutant/attractif/sexy qu’elle sur nos consoles. C’est justement parce qu’elle s’embellit de plus en plus qu’il y aura toujours des gens pour l’aimer et la manier, même si le gameplay est pas a la hauteur toussa toussa. Et puis peu importe si on réécrit son histoire, ce qui reste c’est la miss qui va combattre des T-rex en mini-short. L’aventurière ! La raideuse ! Que même Indiana avec son nom de chien il peut aller se rhabiller.
    Bon, t’auras compris que je suis hyper fan du personnage, mais c’est parce que quand j’étais petite, je voulais être comme elle. Lara c’est mon idole. Forever.
    *____*

  2. darafoune dit :

    Alors autant les Lara publicitaires sont chouettes (la dernière notamment qui nous montre son entrejambe sans qu’on lui ait rien demandé (ah joies de la gymnastique)),
    autant les Lara virtuelles ne m’ont jamais fait rêvé: sans parler du corps, elles ont toujours eu des gueules de travelos brésiliens…
    J’espère que ça n’éduque pas les goûts des jeunes garçons du 21e s ce genre de filles…

  3. Kalys dit :

    Vendre du cul, ça fonctionne depuis des millénaires. Pourquoi à notre époque de solitude par écrans interposés ça devrait s’arrêter ?

    Non, non, nous n’avons jamais été aussi seuls que maintenant, je ne vois pas pourquoi une icône sexy de pré-pubère ne fonctionnerait pas. C’est à mettre en parallèle avec les corps huilés des divers boyz band(ent).

    Bon.
    Je confesse.
    Au FJV, j’ai louché dessus AUSSI 😦

  4. fenrhyr dit :

    Comme quoi, ils sont forts ces marketeux, hein ?

  5. Perséphone dit :

    Bei nque crachant sur toute forme de cosplay (enfin ceux mal faits, soit portés par des gens ne ressemblant même pas de loin au personnage, soit, en l’occurrence, ‘non amateurs’), j’avais été assez impressionnée par les talents de gymnaste d’Alison Carroll en voyant des vidéos (à part que nv QI ça a l’air assez limite pour elle…).
    Je trouve malgré tout que c’est la 1ère la plus ressemblante, du moins aux 1ères versions (oui je sais que c’est hyper low-poly donc on est censé rien distinguer, mais quand même).

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