Une vierge chez les morts vivants

Publié: 03/10/2008 dans Cinema
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Une vierge chez les morts vivants… Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que ce film va avoir le même syndrome que Zombie Island Massacre. En effet, en dépit du titre, il n’y avait aucun zombie, aucun massacre, et cela ne se déroulait même pas sur une ile. Et bien, j’ai le sentiment qu’il n’y aura pas de morts vivants ; quant à la vierge, en regardant la jaquette, j’ai un tout petit peu envie de me gausser… (d’autant plus quand on sait que le titre est aussi connu sous Christina, princesse de l’érotisme) Pour briller en société, faites savoir à votre entourage que Jess Franco, le réalisateur, aurait voulu que ça s’appelle La nuit des étoiles filantes, là vous calmerez bien tout le monde avec cette anecdote !

Ça commence bien… On dirait un film de vacances dans un port d’Espagne (d’Honduras en fait), avec l’option caméra amateur et montage qui fout la gerbe. Le grain de l’image rappelle à ma mémoire qu’on est dans les années 70 avec tout ce que ça implique : plans d’une longueur insoutenable, zoom in sur les visages en quantité industrielle, plans boobs à la pelle, de surréalisme incompréhensible et tutti quanti. Je regarde la durée du film, 75 minutes, en divisant par 5 je devrais avoir la durée effective du film.

Allez, on attaque. Le père de Christina vient de mourir, elle débarque donc de Londres dans un bled paumé dans une cité côtière d’Espagne ou du Portugal pour poser ses affaires dans une auberge qui ressemble à s’y méprendre avec un décor recyclé d’un western. Christina (Christine Von Blanc à la carrière éphémère en dépit d’un physique pas dégueu), que nous appellerons aussi la pucelle, papote avec la tenancière et apprend que personne ne vit dans le manoir du Mont Serrate. Déjà je commencerais à m’inquiéter, mais notre gourdasse n’en croit pas un mot et va se pieuter.

Pour se réveiller en pleine nuit après un cauchemar. Elle descend donc dans la salle principale. Visiblement, je suis le seul à me rendre compte que sa petite culotte est transparente et qu’elle laisse apparaitre un tas de chose propre à exciter l’imagination. Dans la salle se trouve une nana qui écrit, on ne sait pas qui elle est et on s’en fiche parce que le cousin Basilio le simplet vient d’arriver (oui, en pleine nuit et il est joué par Jess Franco lui-même qui à n’en point douter joue aussi bien qu’il réalise) pour chercher la gourdasse et l’emmener au manoir.

On en profite pour caser un plan interminable en voiture où la pucelle se pose un tas de questions existentielles sur la Vie, l’Univers et le Reste à grands renforts de métaphores morbides. Au manoir, elle fait connaissance de l’oncle Edward, pianiste et poète de pacotille ; de Carmen C a.k.a. la grosse cochonne qui fera un smack sur la bouche de la pucelle pour l’accueillir ; de tante Abigael, philosophe de bas étage (« le temps qui passe est aussi long la nuit que le jour ») et d’une dame en noir qui fait des signes de croix sur un grimoire vierge (au moins, ça c’est sûr, contrairement à Christina). La pucelle n’a pas de chance, elle débarque au moment où une autre nana claque dans son lit (surement un obscure cousine, de toute façon, CDLS et ça sert à rien !). Mais ça permet d’enchainer avec une autre scène inutile où le monde récite des cantiques en latin comme moi je commanderais une pizza par téléphone.

Réveil de la pucelle. Et premier plan boobs, suivi dans un travelling d’un plan pussy. Et oui, notre innocente jeune fille a abandonné la petite culotte pour carrément dormir à poil. Elle enfile tout de même une robe de nuit pour faire un tour dans la maison et tomber sur le cousin débile qui tient un machin (bout d’animal ?) visiblement mort dans sa main. Ca ne sert à rien mais au retour dans sa chambre, ça permet d’introduire la pithie de la famille, qu’on n’avait pas encore rencontré. Elle raconte des conneries sur la pureté de l’âme et on passe au petit déjeuner. Que Christina est seule à prendre, au cas où l’allusion « mais mon oncle, vous êtes glacé » et de la tavernière n’avait pas suffit au spectateur pour se rendre qu’elle est entourée de revenants/fantômes/morts vivants. Puis elle se lève et annonce gaiement « je vais faire une ballade ». Je vous jure qu’au moment où je l’ai vu dans son mini-short vert j’ai dit « Toi, tu vas tomber sur une cascade, te mettre à poil et nager avant de te faire surprendre ». Et bim, ça n’a pas loupé : cascade, lac et nénuphar, à poil, nage, couple de pervers pour la mater et intervention du bogoss.

Je vous passe la scène sur le retour avec la chapelle sainte Cécile, ça ne sert qu’à justifier le troisième titre, comme quoi des morts reviendrait sur terre pour s’emparer de la vie pendant la période de l’année où les étoiles filantes sont les plus abondantes.

En rentrant au manoir, notre ingénue Christina qui n’a pas peur de faire du nudisme trouve des chauve-souris mortes sur son lit et commence à jouer la panique dans son répertoire d’expressions faciale et cours dans la première chambre venue, pour tomber sur la grosse cochonne à poil en train de sucer du sang goût confiture de fraise sur la poitrine de la pythie, elle-même nue (ce qui me permet de replacer les mots-clé « expérience saphique » pour mes statistiques). Quand elle revient dans sa chambre, les mini batman en plastique ont disparu et, ça y est, la pucelle commence à yoyoter.

Hop, on place un plan du manoir avec un filtre violet pour dire que c’est la nuit. Christina dort (elle passe sont temps à dormir et se réveiller de toute façon) se réveille, on devine que c’est un rêve, c’est servi avec de la musique psychédélique. Elle se met à courir partout, la dame en noir bizarre la suit, et finalement elle tombe sur une baraque perdue dans la pampa pour voir son père pendu mais vivant.

Je vous passe les détails, mais elle se réveille à nouveau (nue, bien sûr, c’est la seule façon de maintenir l’éveil du spectateur désormais). La grosse cochonne la matait depuis une heure, elle aussi quasi en tenue d’Eve. Bon, c’est pas tout ça, mais faut raccrocher à la suite du scénar, c’est là qu’intervient la venue du notaire (qui accessoirement était aussi le type qui la matait dans la piscine aux nénuphars). S’en suit une scène risible au pénultième degré et enfin, toute cette baraque de fous appartient à la pucelle. Qui demande à toute sa famille de freaks de rester car ils lui apportent tant d’affection. En retournant dans sa chambre, on aura le droit au plan « déplacement de l’ombre mystérieuse », mais ça sert à rien !

Christina se réveille encore, et encore elle est à poil. Attention, c’est la scène la plus drôle du film. Car dans un plan travelling arrière un peu tremblant on découvre que sur le sol, dans sa chambre, il y a… euh… comme dire… une représentation phallique fièrement dressée. Elle approche doucement, tente de s’en saisir avant de la jeter au loin (je vous laisse interpréter ça comme vous le désirez). Et là, la pythie aveugle coincé dans un coin de la pièce, se met à hurler : « Tu as brisée le grand pénis sacré, le malheur va s’abattre sur toi. Tu dois t’en aller ! ». Je vous jure que c’est vrai !

Après, le cousin simplet étrangle l’aveugle, qui s’est encore mise à poil pour nous garder éveillé et parce que c’était probablement dans le script.

Christina entend des voix. Elle monte dans le bureau et tombe sur son père, qui garde la classe en toute circonstance avec son noeud de corde autour du cou. Il dit lui aussi à sa fille de fuir, explique que csa famille l’a tué, que la reine des ténèbres est venue le prendre et qu’elle va aussi la prendre si elle ne s’enfuit pas. La reine des ténèbres apparait derrière le fauteuil (oh surprise, c’est la dame en noir), et le fauteuil disparait dans le noir grâce au travail de deux techniciens costauds. Christina suit son père qui vole dans la forêt jusque dans la cabane perdu dans la pampa (ouais, le fond du jardin). Vous ne comprenez plus rien au film ? C’est normal, vous êtes vous aussi dépassé par la portée poétique de la chose. Dans la cabane, la pucelle se fait agressée par les autres membres de la famille et ça vire moitié au viol, mais ses cris se contenteront de faire la transition dans un fondu au noir avec la prochaine scène.

Où elle se réveille, encore à moitié nue. Et un docteur (l’autre type qui la matait dans la piscine aux nénuphars) lui fait une piqure dans la fesse. Ça ne sert à rien, mais ça place un plan fesse. Oui, c’est long.

Scène quasi finale. Christina est encore toison pubienne à l’air, allongée sur un tapis à l’hygiène douteuse. L’oncle Edward est aussi là. Le père avec son noeud de cravate en chanvre aussi. La princesse des ténèbres aussi (à poil, bien évidemment). Et voici que cette dernière se met à ramper sur le corps de la pucelle pour me donner une autre excuse pour placer le mot saphique pour mes stats et pour vous définir la pleine puissance de l’éros mêle au thanatos quand la dame en noir mais sans vêtement se met à poignarder la pucelle (vous ferez vous-même les rapprochements nécessaires entre le poignard, la vierge et tout le côté freudien de la scène qui n’a absolument rien de gore).

Vous vous demandez peut-être où sont passés la grosse cochonne et le beau gosse, n’est-ce pas ? Et bien, on ne sait pas. De toute façon, Jess Franco, il fait ce qu’il veut avec son film.

Christina se réveille, oui encore, mais elle porte une chemise de nuit et c’est dans l’auberge du départ.  JE m’attendais au twist classique « en fait, elle a rêvé tout le film » mais non, la nana du départ explique qu’on la retrouve dans la pampa et que depuis elle délire. Elle délire tellement qu’elle pousse un dernier et meurt en en tendant la main vers quelque chose (et oui, la rigidité cadavérique n’attend pas pour servir un scénario aussi profond que le lac au nénuphar).

S’en suit la dernière scène d’un onirisme complètement raté où Christina tendait la main vers la princesse des ténèbres pour qu’ensuite toutes deux plongent dans ce fichu lac, sous les yeux de toute la famille. L’oncle Edward poète en profite pour lâcher une tirade abyssale sur la mort, le styx et les vingt centimètres d’eau dans lequel tout le monde s’enfoncera alors que le spectateur sera enfin libéré par le mon fin qui s’inscrit sur l’écran.

Allez, je vous file encore une anecdote pour vous la péter dans les soirées mondaine, Jess Franco s’est inspirée d’un poème espagnol du XIXème siècle signé Gustavo Adolfo Bécquer pour réaliser ce qu’il considère comme son chef d’œuvre. Du coup, j’ai peur de mater un autre de ses 180 films qu’il considère comme moyens…

Je l’avais bien dit : pas de vierge, pas de morts vivants ! Une série B d’une platitude affligente, tant au niveau des dialogues que de l’interprétation que dans la réalisation qui se perd dans des expérimentations d’avant garde que même un public des années 2000 est incapable de supporter. Assurément l’un des plus mauvais films de série B ou Z qu’il m’ait été donné de voir, par très très loin de Zombie Island Massacre. Oui, c’est ça, un navet dans la marre (aux nénuphars, métaphore foireuse du Styx)…

Demain, on parlera musique.

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commentaires
  1. Caroldoc dit :

    « De toute façon, Jess Franco, il fait ce qu’il veut avec son film. »
    spéciale dédicac’ à Clem’

    j’ai bien fait de ne jamais le choisir sur ta pile de dvd. Non pas qu’un bon navet ne me fasse pas plaisir, mais là, il y a vraiment trop de filles à poil. Par contre, je pense que tu surestimes Zombie Island Massacrer. Parce que dans ZIM, ils marchent dans la forêt pendant bien une heure sans qu’il n’y ai de plan cul, sans qu’il n’y ait de sénario.

    Y a pas un changement d’heure bientôt???

  2. Jenny dit :

    Rien qu’en voyant les tags j’ai eu peur. Maintenant que j’ai tout lu, je me dis que j’aurais du me contenter des tags… T___T

    Vivement demain, je sens que ça va être bien.
    Et si tu pouvais revenir la, maintenant, tout de suite, ce serait bien…

  3. fenrhyr dit :

    Caroldoc -> Le changement d’heure, ça me tombe toujours dessus sans me prévenir. Et ouais t’as eu raison de toujours l’esquiver, c’était bien nul ! Mais rien que le coup du pénis sacré, ça valait le coup pour la crise de rire.

    Jenny -> Attends, la critique de série B, c’est ma grande passion. Bon, évidement, pour une première expérience, c’est un peu douloureux. Il y en a des plus softs dans les posts précédents. Des plus intéressants aussi… parce que là… mon humour a vraiment fait tout ce qu’il a pu pour sauver cette bouse de l’oubli !

    Je crois que le prochain, c’est « Jack Frost » ou « le retour de la créature du lagon noir »,un truc du genre

  4. Caroldoc dit :

    ça fait longtemps que j’ai pas vu un particulièrement Dalph film. Disons que la prochaine, j’en suis (si tu veux de ma présence et si c’est après samedi prochain pour cause de dead line musicale tu connais le reste)
    sinon deux choses :
    1. il faut que tu mattes Clerks 2 (de préférence après avoir vu le 1 et mall rats et Big jay et silent Bob contre-attaquent) que j’ai laissé sur ton ordi. Sure, ça va parler à ton petit coeur de geek.
    2. je peux passer ce soir récupérer ma vaisselle? en plus j’ai des trucs qui ont besoin de ton avis critique.

  5. […] suite au jour des morts-vivants, remaké en Dawn of the Dead je crois). Pour votre information, une vierge chez les morts-vivants n’a rien à voir la […]

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