La clope ? Vecteur social ?

Publié: 12/09/2008 dans Cher Journal...
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La cigarette est-elle un vecteur social ? Vous avez une demi-heure et je ramasse les copies ensuite.

Je me faisais la réflexion entre deux lignes excel aujourd’hui. De la façon dont cette usine à fric arrivait à rapprocher les gens. Pendant les poses, les goudronnés se retrouvent ensemble, un peu comme des parias (surtout à F4 où une grande campagne contre le tabagisme a été menée à grands renforts d’un livre best-seller dont l’auteur est justement mort d’un cancer des poumons). La cigarette semble être un excellent moyen de tisser des relations sociales, un moment où les gens sont un peu obligés de se parler ; fumer dans son coin, ça ne se fait pas. Du coup, car l’espace entre deux lignes excel est très grand, j’en suis venu à me demander (en écho avec le billet d’avant hier) si ma vie sociale aurait été plus remplie si j’étais du côté obscur du filtre.

C’est tout de même paradoxal, car à moins de dépenser autant d’argent dans des chewing-gums, les fumeurs ont généralement une haleine de poney, chose socialement rédhibitoire si ça arrive à un non-fumeur. Bon, à la rigueur, je m’en fiche, mon hygiène bucco-dentaire est irréprochable.

Ce qu’il y a de bien, quand on fume, c’est le côté mec cool. Bon, il ne faut pas fumer des gitanes, ça fait tout de suite passer pour un paysan. Ni des roulés, ça fait étudiant pauvre. Avec des Morley, on pue de la gueule, mais on est cool. Alors qu’aux yeux des fumeurs, on a une haleine normale, et on n’est pas plus cool que ça.

En fumant, j’aurais presque un quart d’heure de glande réglementaire par jour, à raison de 4-5 cigarettes plus le temps de monter, descendre et discuter. En ne fumant pas, si je descends avec les goudronnés pour discuter, ou si je glande pour de vrai à discuter ou à faire un webgame, tout de suite, on me montre du doigt comme le branleur de service. Enfin, ça ne change pas, au risque d’être boitacochon, les game designers sont tous considérés comme des branleurs. Je m’étonne aussi de ma propre stupidité, mais à posteriori, genre 4 heures après avoir loupé l’occasion de profiter d’une clope d’une part pour glandouiller et d’autre part pour discuter avec une demoiselle…

Je pense aussi que fumer me donnerait un air romantique, que ça renforcerait ma ténébritude. Ce qui serait d’autant plus un avantage pour les filles. Il parait qu’elles aiment les mecs ténébreux et secrets. Avec une haleine de cowboy aussi, visiblement, les doigts tachés et la peau du visage prématurément ridée. Je me fais toujours cette représentation de moi-même assis sur le rebord d’une fenêtre, le regard perdu dans le vide, la pluie qui tombe sur une ville triste, une cigarette se consommant peu à peu sans que je tire dessus. A part un cancer des poumons, ça ne m’apporterait absolument rien, mais le temps d’un cliché en noir et blanc, j’aurais juste la méga classe !

Le plus drôle dans cette histoire dont la chute n’arrivera probablement pas, c’est que j’ai juste envie de filer un taquet au gens que je vois fumer et un bon gros coup de batte de baseball cloutée pour ceux qui me réservent leur fumée pour me l’envoyer dans le nez. Romantique, ténébreux, cool, sympa ou mignonne. Le traitement serait le même pour tous. Enfin, je fais une exception pour mes potes. Et les jolies filles. Mais c’est tout.

Le deuxième truc le plus drôle dans cette histoire à tiroir sans queue ni tête sur la clope (et l’une des raisons pour laquelle j’écris), c’est qu’il m’arrive fréquemment de rêver que je fume. Avec toute les sensations que cela serait sensé m’apporter. Parce que je n’ai jamais touché à une clope de ma vie ! Je tire, j’inhale la fumée, je pense que ça me libère une petite dose de dopamine ou je ne sais quelle substance que je n’ai pas envie de chercher sur wikipédia. Ce genre de rêve m’obsède. Parce qu’il est tout aussi vrai que je n’ai jamais bu une bière de ma vie et pourtant je n’ai jamais rêve en boire une ou d’être bourré. Comment pourrais-je connaître cette sensation de fumeur sans l’avoir expérimenté ? Il est vrai que j’ai une imagination sans limite comme dirait Han Solo, mais tout de même.

Est-ce que la clope est une réminiscence d’une de mes vies antérieures ? Est-ce que les rêves seraient une porte vers une autre vie, un univers alternatif, une vision des possibilités à la Muad’did ?

Ou alors je suis juste un bon schizophrène onirique et ce n’est pas la peine d’aller plus loin ?

Demain, c’est samedi, et il est fort probable qu’on parle de psychitude (« p’saïkitude »).

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commentaires
  1. Leo dit :

    Les femmes détestent les fumeurs!!!

  2. Jaessa dit :

    J’avoue avoir aussi souvent ce réflexe d’imaginer que je fume alors que je n’y ai jamais touché. Je sais pas pourquoi.

    Et non, je pense pas que la cigarette renforcerait ta ténébritude 😀

    Et enfin, je plussoie Léo et ta réflexion sur l’haleine de chacal, tout ça tout ça.

  3. Perséphone dit :

    Oh pinaise, c’était vraiment pas le truc à lire pour moi, j’essaye désespérément de me faire une raison sur le fait que mon copain fume que c’est son ‘choix’ et qu’il n’y a rien que je puisse y faire et tu me flingues tout ça X)

    Je suis tellement d’accord avec 100% du post ; le coup des « parias » plus socialisés que les « non-parias » (sérieux parfois j’ai l’impression que c’est un cercle de drogués qui se complaisent dans leur dépendance et pourrait tout à fait me sortir un « mais tu peux pas comprendre » genre petit merdeux émo), du « t’es un glandeur si tu prends une pause qui s’appelle pas une pause dite ‘clope' ».
    Le pire c’est qu’on espérerait presque qu’il y a quelque chose d’exceptionnel dans ce machin immonde mais quand je l’interroge d’un « ça t’amène quoi ? » totalement innocent et objectivement curieux, l’intéressé me répond « Rien. »
    ….
    Dans ces moments, j’ai vraiment envie de le baffer du coup j’évite de poser la question X)

    Et y a des jours où comme toi j’ai vraiment envie de distribuer des gnons sur le coin de la gueule de tous les ‘cloportes’ que je croise sur les Champs, qui nous refilent gentiment leur fumée et qui, quand on y trouve à y redire, nous sortent un stoïque « c’est notre liberté non ? »
    Et nous, de pas chopper un cancer en tant que fumeur passif, c’est pas notre liberté aussi ? De pas marcher en zigzag en se contorsionnant parfois pour esquiver un fumet nauséabond ou de ne pas avoir à retenir son souffle tous les deux pas, c’est pas notre liberté aussi ??

    ‘Tin, mec, tu m’as pourrie ma journée T.T

  4. […] pour la santé et que je ne cautionne pas la mauvaise habitude de mon personnage, même en tant que vecteur social ! Après la mal-bouffe, il a de bien mauvaises […]

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